Gestion des maladies et des ravageurs en maraîchage

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Les travaux de John Kempf montrent que la plante fabrique en premier lieu des sucres simples puis, si elle a besoin de se défendre et si elle est bien nourrie, elle produit des chaînes carbonées de plus en plus complexes : protéines (étage 2), lipides (3) et métabolites secondaires (4 : huiles essentielles et tanins).


De nombreuses questions se posent concernant la problématique des maladies et des ravageurs :

  • Doit-on lutter ou faire avec ?
  • Quel est leur rôle écologique ?
  • Sont-ils le signe d’un déséquilibre ?
  • Pourquoi cet équilibre est-il rompu ?
  • Comment se développent les prédateurs du ravageur ?

Approche physiologique

Étant démontré que l’utilisation d’insecticides et/ou de fongicides puissants est néfaste pour la biodiversité des sols[1] et donc contradictoire avec le développement d’une bonne auto-fertilisé, il est nécessaire d’aborder autrement la question.

Pour nous aiguiller, les travaux de Olivier Husson montrent l’importance de l’état de santé de la plante, mesurable par le pH et le potentiel d’oxydo-réduction, sur le développement des ravageurs[2]. La figure ci-dessous montre la zone de pH-Eh du développement des pathogènes et de l'équilibre de la plante. John Kempf[3] montre que la plante fabrique d’abord des sucres simples puis, si elle a besoin de se défendre et si elle est bien nourrie, des chaînes carbonées de plus en plus complexes : protéines (étage 2), lipides (3) et métabolites secondaires (4 : huiles essentielles et tanins). Or, les protéines sont difficilement digestes par les larves et insectes suceur. Les lipides protègent des bactéries et oomycètes (tel le mildiou). Et les huiles essentielles et tanins offrent une résistance contre les nématodes, virus, coléoptères et champignons. Kempf décrit donc avec une autre approche les mécanismes de défenses naturels des végétaux. Ainsi Olivier Husson et John Kempf nous expliquent qu’il est possible via une bonne nutrition de la plante d’empêcher le développement des ravageurs. La mauvaise santé d’une plante peut se mesurer par : son pH, son potentiel redox Eh, et ses carences en minéraux (mesures foliaires de Novacrop - 20 €). Un travail conséquent reste à faire pour établir les références de bonne santé (pH, Eh, minéraux) de chaque légume. La méthodologie et le pilotage de la santé de la plante sont aujourd’hui validés pour d’autres cultures comme le riz, le blé ou le colza.

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Stratégie de gestion

Afin de prioriser l’action du maraîcher, nous proposons une approche de gestion dans l’ordre suivant :

  1. Avoir un sol bien nourri pour des plantes bien nourries donc résistantes (cf Husson et Kempf)
  2. Créer un écosystème équilibré (bandes enherbées, haies, mares)
  3. Comprendre les besoins (nourriture et habitat) des ravageurs et y répondre
  4. Se fixer un seuil raisonnable de perte (environ 15 %) et accepter des dégâts en dessous de ce seuil
  5. Réagir en cas d’urgence


Le maraîcher peut perdre beaucoup de temps s'il ne réagit pas : replanter plusieurs fois une série de salades ou choux mangés par les limaces, laisser le mildiou se développer sur la tomate sans prendre les mesures préventives (cf ci-dessous), ou encore voir les doryphores détruire complètement le feuillage des pommes de terres.

La difficulté de la gestion du ravageur est donc de réagir proportionnellement aux dommages qu’il peut causer : accepter sa présence s'il est peu offensif mais réagir activement si les risques sont trop élevés ; l’expérience jouera grandement ici.

En préventif, l’usage de produit naturel a un impact non négligeable sur la gestion des ravageurs, cependant, si une culture importante économiquement est fortement attaquée, l’utilisation opportune de produit plus puissant peut endiguer une prolifération et sauver la culture malgré les effets secondaires engendrés.

Ravageurs Conditions propice de développement Moyen de gestion le plus simple
Maladies fongiques
Mildiou tomate Plante en déséquilibre. Excès d’humidité ET fraîcheur Bonne aération, réduction arrosage, taille en conditions séchantes. Pulvérisation petit lait
Mildiou sur cucurbitacées Plantes fragiles. Humidité sur les feuilles. Aspersion uniquement si temps séchant. En curatif, il n'y a malheureusement que le cuivre qui fonctionne.
Botrytis et sclérotinia Conditions trop humides, plantes fragiles Aération des abris, réduction des densités de plantation
Oïdium Sur cucurbitacées, chaleur et forte humidité relative, sans eau libre Bassinages, soufre, huile essentielle d’orange amère
Verticilliose Plantes déséquilibrées

Maintien humide et pas trop aéré pour réduire la demande climatique.

Préventif : greffage sur certaines espèces.
Ravageurs aériens
Pieride du chou, ou chenille en générale Mauvaise nutrition du chou Filet si possible, Bacillus thuringiensis (BT) en curatif sur jeunes individus
Tuta Absoluta sur tomate Plantes déséquilibrées ? Combinaison de méthodes : pièges, phéromones et auxiliaires
Mouche de la carotte Pression importante sauf sur variété Rouge sang Filet dès le semis jusqu’à la fin des vols (septembre), Sélection variétale
Mouche du poireau Mouche présente mais dégâts mineurs si poireaux en bonne santé Filet en période de vol (de août à novembre)
Doryphores Se développe si pas de rotation Ramassage à la pelle et balayette, géré par les rotations ou pulvérisation de Bacillus thuringiensis (BT)
Altises Temps sec et plantules fragiles aux premiers stades Filet dès le semis, Décoction d’ail
Pucerons Plante en déséquilibre Les coccinelles interviennent rapidement dans un écosystème riche. Pulvérisation de savon noir, d’ail ou d’huile essentielle d’orange amère
Acariens Sec et chaud Maintien de l'hygrométrie, lâchers d'auxiliaires, traitements en curatif, huile essentiel d’orange amère
Thrips Chaud et sec Bassinages
Punaise verte sur tomate Sous serre Filet à l’entrée des serres, Pas de traitement chimique efficace autorisé en AB
Ravageurs terricoles
Taupins & tipules Excès d’eau et/ou de matières organiques mal aérées Aérer par couverture végétale vive

Poules à court terme

Nématodes Sol pauvre en MO, faible AB Apports de matière organiques énergétiques
Autres
Limaces Temps humide et absence de nourriture Utiliser de l’anti-limace (Ferramol ou Sluxx surtout en condition humide), apporter de la nourriture fraîche aux limaces, présence d’animaux d’élevage.
Campagnols Peu de prédateurs car écosystème faible Chats à court terme, destruction galerie à l’outils, Poulailler
Cloportes Beaucoup de bois ou de compost non humidifié et manque d’eau Nourriture fraîche, humidifier le sol

FICHES RAVAGEURS


CAMPAGNOL

Présentation : Le campagnol terrestre (ou rat taupier) est un rongeur trapu, à queue courte et velue, à très petites oreilles. Il est fouisseur (creuse des trous ou des galeries).

Habitat : Il vit dans des galeries souterraines (parfois empruntées aux taupes) et est attiré par les herbages permanents sur les surfaces agricoles.Alimentation : Il est végétarien et mange tous les jours son équivalent en poids de racines de légumes ou d’arbres fruitiers. Il est responsable de destructions importantes au sein de la ferme, notamment vis-à-vis des pommes de terre.

Prédateurs : Belette, hermine, couleuvre, vipère, aigle, buse, faucon, renard, poule, chat domestique, chouette, putois, sanglier, héron.

Caractéristiques et chiffres-clés : Il vit environ 2 ans et présente un potentiel de reproduction impressionnant, jusqu’à 100 petits par couple et par an.

Moyen de gestion : On vise la régulation par les prédateurs, belettes, rapaces, reptiles, renards et chats.

ALTISE

Présentation : Petit coléoptère sauteur d’environ 2 à 5 mm, de couleur sombre.

Habitat : Surnommées les “puces de terre”, elles prolifèrent dans les sols labourés et croûtés, où elles adorent pondre.

Alimentation : Les larves consomment de manière négligeable les racines puis les adultes les feuilles. L’altise s’attaque à de nombreuses cultures, surtout des brassicacées comme les navets ou les choux, certaines altises attaquent les pommes de terre. Leurs attaques sont surtout problématiques pour les jeunes plants.

Prédateurs : Oiseaux (mésange, rouge-gorge), crapaud, carabe, chrysope, coccinelle.

Caractéristiques et chiffres-clés : Les altises sont surtout actives en mai et juin.

Moyen de gestion : La pose d’un filet dès le semis est judicieux.

MOUCHE DE LA CAROTTE

Présentation : Diptère dont l’adulte mesure 4,5 à 6 mm avec la tête principalement jaunâtre et le corps noir. La larve mature mesure 7,0 mm et le corps est fuselé et de couleur blanc crème.

Habitat : Culture d’Apiacées.

Alimentation : Les femelles, orientées par les odeurs, viennent pondre dans le sol à proximité puis, après éclosion, les larves parasitent les racines qui deviennent plus sensibles à la pourriture.

Prédateurs : Peu documentés, carabes et staphylins.

Moyen de gestion : Les filets spécifiques pour la mouche de la carotte sont la meilleure protection. Posés dès le semis et jusqu’à la fin des vols vers septembre-octobre. On peut aussi privilégier les variétés résistantes (Rouge sang).

MOUCHE DU POIREAU

Présentation : L’adulte est une petite mouche grisâtre d’environ 3 mm, avec un front et un dessous de l’abdomen jaunes. La larve est d’un jaune pâle et d’environ 6 mm.

Habitat : Culture d’Alliacées.

Alimentation : La femelle se nourrit en pompant la sève, occasionnant des piqûres blanches sur le feuillage. Elle pond dans les tissus des feuilles externes et ses larves creusent des mines dans la partie verte et dans le fût.

Prédateurs : Peu documentés, syrphe et micro-guêpes parasitoïdes.

Caractéristiques : Pour le poireau, le premier vol a lieu entre avril et juin. Le second entre août et novembre.

Moyen de gestion : Placer des filets, en évitant le contact avec le feuillage en période de vol, c’est-à-dire en fin d’hiver et à l’automne. Il n’est pas nécessaire de laisser les filets durant la période de récolte hivernale. De nombreux maraîchers n’utilisent pas de filets car la mouche ne fait que des dégâts superficiels ne nécessitant le retrait que de 3 feuilles maximum.

LIMACE

Présentation : Gastéropode pulmoné terrestre sans coquille externe. Les espèces les plus communes sont la loche, la limace horticole, la grosse limace rouge. Active dans les premiers centimètres du sol, la limace se révèle souvent être très vorace donc gênante pour les cultures.

Habitat : Active dans les premiers centimètres du sol, elle sort principalement la nuit aux alentours de 18°c et a besoin d’humidité pour produire son mucus et ainsi se déplacer.

Alimentation : Très variée, principalement des tissus végétaux (surtout ceux des plantes endommagées) mais aussi champignons ou déchets animaux. Elle ingurgite 30 à 40 fois son propre poids en 24 heures. Elles apprécient surtout les salades et les jeunes plants.

Prédateurs : Crapaud, orvet, staphylin odorant, grive musicienne, canard, poule, oie, ver luisant, hérisson, carabe.

Caractéristiques et chiffres-clés : Dans des conditions idéales, une limace peut vivre jusqu’à 18 mois. Sa période de reproduction est l’automne et le printemps.

Moyen de gestion : Usage de molluscicides autorisés en AB est un bon compromis entre efficacité et temps de travail : Slux et Ferramol dont le composé actif est le phosphate ferrique. La présence de certains animaux d’élevage peut être une piste (coq, canard).

DORYPHORE

Présentation : Coléoptère d’1 cm de long, reconnaissable par ses élytres jaunes rayées de noir.

Habitat : Pouvant voler sur des centaines de kilomètres, il couvre des espaces importants. Les adultes hibernent dans le sol (25-40 cm

de profondeur) et sortent au printemps, après les premières pluies, quand les températures approchent 14°C.

Alimentation : Il est phytophage et consomme surtout des solanacées. Aussi nommé chrysomèle de la pomme de terre, il s’attaque en effet de préférence à cette culture, dévorant feuilles, tiges et tubercules. Les adultes peuvent dévorer 10 cm² de feuilles par jour.

Prédateurs : Carabe et staphylin pour les larves. Oiseaux, musaraigne, hérisson, couleuvre. Caractéristiques et chiffres-clés : Le doryphore se reproduit très vite, une femelle peut pondre jusqu’à 2500 œufs qui donnent naissance au bout de 10 jours à des

larves très voraces. Il vit entre un et deux ans.

Moyen de gestion : Respecter les rotations qui les gênent et surtout les ramasser avec une pelle et une balayette

PUCERON

Présentation : Petit insecte ailé ou non, de 1 à 3 mm. Il vit en colonies denses et est actif dès que la température atteint 5°C.

Habitat : Il vit sur les plantes . Certaines espèces de pucerons évoluent sur une seule plante-hôte, d’autres sont migratrices. Les pucerons ailés, attirés par la couleur des végétaux, permettent la colonisation d’une nouvelle plante pour s’y sédentariser.

Alimentation : Il suce la sève des plantes pour en extraire les éléments nutritifs dont il a besoin. Il apprécie particulièrement la sève riche en substances solubles présente dans les jeunes plants ainsi que les légumes ayant une nutrition déséquilibrée. Les pucerons s'attaquent à un grand nombre de cultures, tel que les tomates, courgettes, concombres, aubergines, melons ou encore haricots.

Prédateurs : Coccinelle, syrphe, punaise, guêpe, araignée, carabes, chrysopes et divers oiseaux (mésanges bleues et charbonnières).

Caractéristiques et chiffres-clés : Un puceron vit un ou deux mois. Il se multiplie rapidement en alter nant reproduction sexuée et parthénogenèse : un une année, un seul individu pourrait en donner 600 milliards.

Moyen de gestion : Une biodiversité bien installée à proximité est un bon moyen de gestion. En complément, on peut opter pour la pulvérisation de savon noir et d’ail.

MILDIOU

Présentation : Il s’agit de maladies cryptogamiques causées par différentes espèces d’oomycètes pathogènes selon les espèces hôtes. Ces maladies se manifestent par des tâches brunes ou une apparence de moisissures blanches et cotonneuses.

Habitat : La maladie se développe surtout dans des conditions humides et à une température de plus de 17°C : les cultures sous serre notamment la tomate et autres solanacées sont donc sa cible privilégiée.

Alimentation : Parasite de la plante hôte. Caractéristiques : Le risque est surtout pour les solanacées et les cucurbitacées.

Moyen de gestion : L’année 2021 a été particulièrement difficile pour de nombreux maraîchers face au mildiou sur la tomate, toutefois certains, grâce à des mesures adaptées ont pu assurer une récolte suffisante : respecter des rotations pour les cultures sensibles, sélectionner des variétés résistantes, favoriser une bonne aération des cultures (abris, arrosage au sol, circulation de l’air entre les plantes), réduire les arrosages en période pluvieuse, faire l’entretien des plants (taille, récolte, effeuillage) en bonnes conditions météo avec destruction des débris de culture et des plants atteints. Surtout en préventif, l’utilisation de purin, de décoction et d’huiles essentielles peut donner des résultats (petit lait chèvre dilué, purin de prêle, huiles essentielles de romarin à cinéole). Si la maladie se développe de manière inquiétante, l’utilisation de fongicide comme la bouillie bordelaise peut endiguer la maladie (attention, effets secondaires non négligeables). De bons retours sont donnés par du petit lait de chèvre coupé de moitié à l’eau pulvérisé sur les feuilles pour renforcer l’immunité de la tomate.

TAUPIN

Présentation : Coléoptère dont il existe plus de 8000 espèces. Celles à cycle long vivent 5 ans dont 4 à l’état de larve jaune, celles à cycle court, 2 à 4 ans.

Habitat : Les adultes sont attirés par les légumineuses et les graminées. Les prairies constituent ainsi un site de ponte idéal. Les oeufs sont déposés dans le sol, surtout s’il est riche en matière organique, où les futures larves vivent et se déplacent verticalement.

Elles peuvent aller jusqu’à 60 cm de profondeur.

Alimentation : C’est sous la forme de larves que le taupin cause le plus de dégâts. Il est polyphage et s’attaque à de nombreux végétaux notamment les tubercules et les légumes racines mais aussi les salades qu’il attaque par la racine.

Prédateurs : Taupe, musaraigne, carabe, oiseaux, poule.

Caractéristiques et chiffres-clés : Le taupin se développe surtout en été. L'humidité et la matière organique mal aérée favorise l’apparition des larves.

Moyen de gestion : La présence de poules peut résoudre le problème à court terme. Une couverture végétale dense aérant le sol peut être conseillée.

TIPULE

Présentation : Connu sous le nom de “cousin”, c’est un diptère ressemblant à un énorme moustique.

Habitat : Sa larve, un “vers gris”, se développe sous terre, plutôt dans les terres fraîches, et remonte à la surface après l’hiver.

Alimentation : La larve consomme des racines fines des plantes, particulièrement les jeunes plants, le gazon, les prairies fleuries mais peut aussi attaquer des rhizomes et autres tubercules, diminuant l’efficacité du système racinaire.

Prédateurs : Poules, hérissons, grenouilles, taupes, oiseaux, ...

Caractéristiques et chiffres-clés : Le tipule se développe surtout en été. De l’humidité et de la matière organique mal aérée favorise l’apparition des larves. Une femelle pond 300 oeufs à chaque fois qu’elle se pose sur le sol.

Moyen de gestion : Une couverture végétale dense aérant le sol peut être conseillée et limiter l’arrosage qui favorise leur mue.

PIERIDE

Présentation : Papillon à robe blanche ou jaunâtre, variée de noir tel que la brassicaire, dont la chenille est nuisible aux différents types de choux

Habitat : Présente partout, même en ville, la piéride apprécie surtout les crucifères pour en faire ses plantes-hôtes, mais aussi les capucines. Ses oeufs sont déposés au revers des feuilles nourricières, par lots de 20 à 50 unités. Les chenilles restent ensuite sur les feuilles puis les quittent pour se chrysalider.

Alimentation : La chenille se contente des feuilles périphériques. Elle est surtout dérangeante parce qu’elle entraîne une accumulation des excréments dans les plis et replis de la plante.

Prédateurs : Syrphe, chrysope, guêpe, gastéropodes, oiseaux (mésange), parasites (apanteles glomeratus, pteromalus, ichneumon, mouche tachinaire).

Caractéristiques et chiffres-clés : Jusqu'à 3 générations par an.

Moyen de gestion : On privilégie les filets et en cas de pullulation, on les écrase à la main. Quand le système est équilibré, la pose de filet n’est pas nécessaire.

NOCTUELLE

Présentation : Papillon nocturne. Les 750 espèces en France sont réparties en deux principales familles : les terricoles et les défoliatrices. Les chenilles, grises, mesurent 5 cm de long.

Habitat : Pour les terricoles, les larves vivent sur et dans le sol, les papillons sont sédentaires. Pour les défoliatrices, les larves se développent sur le feuillage des cultures légumières et les papillons sont migratoires.

Alimentation : Les noctuelles sont en majorité polyphages. Très voraces au stade chenille, les défoliatrices s’attaquent au feuillage ou aux fruits, les terricoles aux collets des cultures.

Prédateurs : Merle, corneille, mésange, taupe, carabe, chauve-souris, poule, nématodes parasites. Caractéristiques et chiffres-clés : Les chenilles hivernent en hiver et se développent en mars-avril. Les larves apparaissent de juin à juillet. Une femelle pond entre 800 et 1200 oeufs et il peut y avoir deux générations, notamment lors des étés secs et chauds.

Moyen de gestion : Dès que vous observez les premiers dégâts, recherchez les larves dans la terre dans un périmètre de 20 cm autour de la plante à l’aide d’un couteau et détruisez-les. Attaques rares avec des sols en bonnes santé.

ACARIEN

Présentation : Plus précisément Tetranychus urticae pour les acariens ravageurs, il s’agit d’arachnides de taille minuscule.

Habitat : Particulièrement présent dans les environnement sec et chaud, comme pour les cultures sous abri de solanacées et de cucurbitacées.

Alimentation : Les acariens piquent les feuilles à la face inférieure provoquant des dessèchements du feuillage et de la plante entière. Dans les cas graves, la plante est recouverte de toile et les fruits dépréciés.

Prédateurs : Certains acariens et coléoptères

Moyen de gestion : La lutte biologique est complexe car le développement des auxiliaires en milieu sec et chaud est ardu. Cependant, le maintien de l’hygrométrie, les lâchers d’auxiliaires et l’usage de traitements en curatif peuvent résoudre le problème.

FAVORISER L’ÉMERGENCE D’UN AGROÉCOSYSTÈME POUR UNE GESTION HOLISTIQUE DES RAVAGEURS

Comme on peut le voir avec les différentes techniques mises en œuvre au sein du réseau, beaucoup de maraîchers comptent sur l’action d’autres espèces, à l’image des coccinelles, des chats ou encore des rapaces, pour contrer les attaques de ravageurs. Les principaux ennemis des cultures sont en effet des insectes et des rongeurs. Or, ceux-ci ont de nombreux ennemis parmi les microorganismes, les mammifères, les oiseaux dont notablement les rapaces, les amphibiens et même les insectes. Ainsi, afin d'autoréguler ravageurs et prédateurs, il semble souhaitable de faire vivre la biodiversité sur la ferme. Il faut pour cela que les prédateurs s’installent de manière pérenne sur la ferme, ce qui demande un travail de longue haleine, certaines populations pouvant mettre plusieurs années à s’installer. Le maraîchage sur petite surface, caractérisé par la polyculture (diversité de ressources et d’abris), et sur sol vivant (riche en ressources alimentaires et stimulant l’activité biologique) avec une utilisation limitée de pesticides (notamment de ceux qui ont une action non ciblée), favorise déjà la biodiversité dans son système. Cependant, les cultures ne favorisent pas un établissement durable de population, car elles ont une durée de végétation définie dans le temps. Il est donc nécessaire de garder des milieux naturels autour des cultures, pour que les prédateurs y trouvent les ressources nécessaires à leur survie. Cela leur permettra notamment d’être présents et actifs dès le commencement du printemps, à l’apparition des premiers nuisibles. Quelques aménagements pouvant améliorer la présence de la biodiversité sur la ferme :

  • Des bandes fleuries : Elles sont composées de fleurs vivaces ou annuelles. Il faut de préférence proposer une diversité de structures et de feuillages mais surtout garantir une disponibilité constante de nectar et de pollen, en choisissant les fleurs en fonction de leur période de floraison afin de créer une succession. Les espaces ne doivent pas être isolés, le mieux est de prévoir des bandes assez larges (2-6 m) et reliées entre elles.
  • Des haies : Pour qu’elles soient encore plus attractives, sélectionnez des espèces d’arbres et d’arbustes florifères, ainsi que quelques fruitiers pour les oiseaux. Il est important de présenter une diversité d’espèces, environ 10-15, aux ports et feuillages différents. De plus, il est pertinent d’assurer le recouvrement du sol par une herbacée.
  • Des abris : Il est possible de construire assez facilement, ou de se procurer, des nichoirs à oiseaux ou encore des dortoirs à chauve-souris. De la même façon, des amoncellements de feuilles mortes, branches ou roches feront d’excellents hôtels pour la biodiversité. Le but est de proposer à la faune de nouveaux sites de refuge. Des perchoirs peuvent aussi être installés pour attirer les rapaces, qui réguleront ainsi les rongeurs.
  • Des mares : Rien de tel pour proposer de l’eau à la faune locale et accueillir les amphibiens. Les mares peuvent être temporaires ou pérennes, selon la volonté du maraîcher. Mares, fossés temporairement remplis d’eau sont clés pour hydrater l’écosystème tout au long de l’année.


  1. Geiger, F., et al (2009). Persistent negative effects of pesticides on biodiversity and biological control potential on European farmland. Basic and Applied Ecology
  2. Husson, O., et al. (2021). Soil and plant health in relation to dynamic sustainment of Eh and pH homeostasis: A review. Plant Soil 466, 391–447
  3. Plant Health Pyramid, John Kempf 2019, https://www.youtube.com/watch?v=D1wJefaFrVI Voir également la retranscription / traduction de Gâssler https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/pdf/pyramide_de_sante__des_plantes-j.kempf-traduction-mt_gaessler.pdf
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