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Limace

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Limace


Limace est un nom vernaculaire ambigu désignant en français certains gastéropodes sans coquille externe appartenant à l'infra-ordre des stylommatophores. Elles peuvent être phytophages ou carnivores. Les limaces mesurent de 1 à 30 cm. Les plus grandes limaces sont aussi appelées des loches. Extrait de Wikipedia (CC-BY-SA)


Description

1) Queue
2) Bouclier ou manteau
3) Tentacules supérieurs
4) Tentacules inférieurs
5) Pneumostome
6) Pied
7) Sole de reptation

Le corps des limaces est allongé et peut être divisé ainsi :

  • Crête médiodorsale
  • Bouclier ou manteau
  • Tentacules
  • Glande muqueuse caudale
  • Sole de reptation

La tête est munie de quatre tentacules situés au-dessus de la bouche, les tentacules supérieurs portent à leur extrémité les yeux mais constituent aussi des organes tactiles et olfactifs. La bouche comporte deux mâchoires avec de petites dents et une langue, la radula, elle aussi dentée.

Le bouclier ou manteau derrière la tête recouvre quelques grains ou une petite lamelle de calcaire que l'on appelle la limacelle. On observe, sur la droite du bouclier, l'orifice respiratoire de l'animal que l'on appelle aussi pneumostome.

La partie caudale est la partie située en arrière du bouclier.

Le pied est la partie ventrale et musclée de l'animal. Il adhère au sol grâce à la sole de reptation.


Biologie

La limace est un animal à sang froid, essentiellement nocturne ou qui n'est actif que par temps très humide. Son activité varie beaucoup selon les périodes de l'année, la température et l'humidité.


Le cycle de vie des limaces, tout comme leur densité de population, la vitesse de leur reproduction et leur croissance sont conditionnés par les conditions climatiques, la lumière et la nourriture disponible. Les hivers doux favorisent le taux de survie des œufs, des jeunes limaces et leur développement. Les hivers secs et froids peuvent induire une diminution des populations vivant sur une parcelle.


Cycle de vie des limaces grises et noires sur colza

Ecologie

L'activité de la limace varie beaucoup selon l'espèce et au sein de l'espèce selon les individus, et pour un même individu, d'un jour à un autre.

Enterrées durant la journée, les limaces sortent en général la nuit et ne s'activent que dans une fourchette de conditions thermo-hygrométriques (minima/maxima).


Les limaces horticoles s'immobilisent en dessous de 5 °C. L'optimum de températures des limaces grises se situe aux alentours de 18 °C. Elles sont inactives à 0 °C. Les limaces meurent à −3 °C, mais elles se sont en général enfouies en profondeur avant l'arrivée du gel.

Sans eau ou humidité, la limace ne peut pas produire de mucus et par conséquent ne peut pas se déplacer. Elle se réfugie dans le sol pour attendre le retour des pluies.


Alimentation

Les limaces sont omnivores : elles ont une nourriture variée, le plus souvent composée de tissus végétaux mais elles peuvent aussi consommer des champignons et des déchets animaux, être détritivores, voire carnivores (limace léopard).


La grosse limace et la petite limace grise consomment plutôt les plantes à la surface du sol et semblent attirées par des plantes déjà endommagées. En période de sécheresse, les petites limaces vivent plutôt dans le sol et grignotent alors les parties souterraines des plantes ou les champignons poussant sur des végétaux en décomposition.


Une limace peut ne pas manger durant plusieurs jours et ingérer jusqu'à l'équivalent de la moitié de son poids en une seule nuit. La limace grise absorbe entre 30 et 50 mg par jour, mais la grosse limace peut ingurgiter entre 5 et 10 g par jour. Certaines limaces se nourrissent en une seule fois, d'autres s'alimentent à plusieurs reprises au cours d'une même nuit.


Il existe également des limaces carnivores, comme les Testacelles, qui se nourrissent notamment de vers de terre ou d'autres mollusques.


Reproduction

Comme l'escargot, la limace est hermaphrodite, c’est-à-dire qu'un même individu est à la fois mâle et femelle. Les organes mâles sont d'abord activés, puis c'est au tour des organes femelles. Le déclenchement de ces deux phases de l'activité sexuelle est régulé par un système hormonal.

La femelle pond les œufs entre quelques jours et plusieurs semaines après l'accouplement selon l'espèce. Une limace peut pondre entre 100 et 500 œufs en paquets de 10 à 50. Elle les dépose dans un trou creusé dans la terre ou sous un abri. Les œufs sont sphériques, jaune blanchâtre ou transparents.


La durée d'incubation des œufs dépend des conditions climatiques, en particulier des températures. À 5 °C, l'incubation durera jusqu'à trois mois alors qu'à 20 °C, deux à trois semaines suffisent. L'humidité du sol doit être comprise entre 40 et 80 %.


Les limaces peuvent donner naissance à une génération par an, une tous les deux ans ou deux par an. Les périodes les plus favorables pour la reproduction sont l'automne et le printemps.


À l'éclosion des œufs, les limaçons mesurent quelques millimètres et sont transparents. Les limaces vivent de neuf à dix-huit mois selon les espèces et la région. La limace grise, par exemple, évolue en une génération par an dans les régions à hiver rigoureux, en deux générations par an dans les régions à hiver doux.


En revanche, la limace noire se développe en une seule génération par an quelle que soit la région.


Déplacements

Les limaces se déplacent peu. Elles peuvent parcourir en conditions optimales entre 4 et 7 m quotidiennement pour la limace grise, 2 et 3 m pour la limace noire. Lorsqu'elles se situent dans une parcelle où la végétation est abondante, les limaces ne se dispersent pas de plus de 50 cm par jour.

Elles repèrent leur nourriture grâce à leurs organes olfactifs et à des papilles gustatives.


Cultures touchées et dégâts

La limace est considérée comme un ravageur sur colza, tournesol, maïs et céréales à pailles (seigle, triticale, orge d’hiver).

Les dégâts que l'on peut observer sont des manques à la levée, des feuilles effilochées (il ne reste que les nervures) et trouées.

Une limace peut consommer jusqu’à 50% de son poids par nuit


Facteurs favorisant le développement des limaces

  • Sols argileux et motteux avec cavités
  • Temps frais (13-18°C) et humide
  • Plante appétante
  • Bois/haie/prairie aux abords de la parcelle
  • Débris végétaux frais, chaumes, couverts végétaux

Facteurs défavorisant le développement des limaces

  • Adultes et œufs sont très sensibles à la dessiccation
  • Sécheresse et inondation
  • Sols limoneux et sols sableux
  • Hiver avec longues périodes de gel, T°C inférieure à -3°C

La loche grise est moins sensible à la sécheresse que les autres limaces et résiste au froid jusqu'au gel!


Régulation des populations

Facteurs de développement des limaces

Certains facteurs favorisent le développement des limaces :

  • Humidité : hygrométrie de l'air ou humidité du sol dans les 5 premiers centimètres de la surface.
  • Température : la quantité de nourriture ingérée dépend de la température : maximum entre 15 et 20 °C.
  • Type de sol : sols aérés, motteux et caillouteux, surtout argileux et argilo-calcaires, parfois les sols limoneux, rarement dans les sols sableux. La présence de matière organique, débris végétaux, résidus de récolte et la proximité de talus, de bois, de prairies et de jachère sont également des facteurs propices.
  • Préparation du sol : réduction de la façon culturale et semis trop superficiels.
  • Précédent cultural : colza, céréales à paille, prairies et jachère, débris après moisson, plantation de culture intermédiaire.
  • Autres facteurs : irrigation, semis directs, présence de paille.


Prédateurs

Les limaces possèdent de nombreux prédateurs :

  • La plupart des oiseaux, notamment les poules et le canard coureur indien, très utilisés en permaculture pour lutter contre les limaces.
  • De nombreux insectes dont les carabes (en particulier : Anchomenus dorsalis, Carabus auratus et Carabus monilis, Pterostichus vulgaris, Poecilus cupreus, Pseudoophonus rufipes et Abax ater), le ver luisant et ses larves, les chilopodes, Ischyropsalididae (un faucheux qui mange surtout des escargots), Ocypus olens.
  • L'escargot de Bourgogne qui mange les œufs.
  • Des mammifères tels que les taupes, les hérissons, les musaraignes, les rats et les blaireaux.
  • Les crapauds, les grenouilles, les orvets et les lézards, mais ils n'éliminent jamais la totalité des limaces.


Lutte

Méthodes naturelles de lutte

Destruction de l'habitat et exposition à la sécheresse

  • Déchaumage juste après récolte, plusieurs passages
  • Broyage des pailles et menues-pailles + répartition homogène
  • Labour par temps sec ou durant l’été
  • Travail superficiel sur les parcelles libres au printemps et en début d’été, et laisser sécher le sol
  • Casser les mottes : Préparation fine du lit de semence + Roulage après semis
  • Eviter les repousses du précédent

Collecte manuelle

Cette méthode consiste à ramasser ces indésirables après un épisode pluvieux ou un arrosage, idéalement à la tombée de la nuit, du fait de l'activité nocturne des limaces. Il est recommandé d'enfiler des gants afin de se prémunir contre le mucus gluant et collant qu'elles secrètent, voire se munir d'une lampe de poche et d'un récipient pour y mettre les limaces collectées.

Piège à bière

Pot rempli d'un peu de bière et de limaces de toutes tailles
Piège à bière

Cette méthode consiste à déposer sur le sol dans des endroits stratégiques des coupelles contenant un peu de bière. L'odeur de la bière les attire et elles s'y noient. C'est en réalité le houblon qui les attire, qu'elles confondent avec la chicorée dont elles raffolent.

Méthode controversée. Ce piège fonctionne tellement bien qu'il attire également les limaces du voisinage. Il tue, certes, mais notamment des limaces qui ne seraient pas venues sans le piège. D'autre part, il est dangereux pour les insectes qui peuvent s'y noyer.

Plantes attractives

Les limaces peuvent être éloignées en plaçant une plante qu'elles apprécient particulièrement (consoude, œillet d'Inde) qui fera qu'elles délaisseront les plantes à protéger.

Plantes répulsives

On entoure les plantes à protéger (salades, choux-fleurs...) de plantes barrière (ail, civette, hysope géranium, digitale, fenouil, oignons, moutarde, trèfle, cerfeuil, capucine, bégonias, cassis...) nettement moins appréciés des limaces.


Appétance des cultures pour les limaces


Favoriser les prédateurs

En laissant des endroits non entretenus dans le jardin ou des zones de refuge (pierres, tas de bois, tas de feuilles), on favorise le développement des prédateurs naturels des limaces. Par exemple, un crapaud, qui appréciera lui aussi les planches ou tuiles "pièges" pour se cacher au frais le jour. Mais aussi les carabes, corneilles, merles, [Étourneau sansonnet|étourneaux]], grives, taupes, musaraignes,...

Les poules

Elles consomment certaines limaces et sont aussi très friandes de leurs œufs. Il est possible de les lâcher au potager, en particulier aux heures où les limaces sortent. On peut aussi poser une planche de bois ou des tuiles où les limaces se réfugient la nuit. Au matin, il suffit de les retourner et les oiseaux et autres animaux (comme les orvets, etc.) se délecteront de ce mets délicieux.

Le canard coureur indien

Son efficacité est de plus en plus reconnue. Certains jardiniers ont tendance à les déconseiller de par leur alimentation opportuniste. Les canards coureurs indiens peuvent en effet se nourrir des plantes potagères.


Barrière physique

Au sol

Un purin ou un simple paillage de fougère aigle permet également de les éliminer de façon naturelle. La cendre de barbecue ou de cheminée peut être étalée sur 1 cm d'épaisseur pour protéger une zone sans limaces, de même que du sable, de la terre de diatomée ou de la pouzzolane qui constituent des barrières minérales naturelles. Elles sont aussi gênées pour glisser par les cheveux ou les poils ainsi que le marc de café.

Sur une paroi

Schéma d'une barrière anti-limaces et escargots.

Méthode particulièrement adaptée aux potagers en carrés légèrement surélevés. Elle est constituée d'un tasseau fixé sur chaque côté de la planche de cultures et de cornières métalliques fixées en dessous du tasseau. Les cornières peuvent également être remplacées par un ruban en plastique. Le but est d'obliger les limaces à descendre pour monter dans la planche de culture, ce qu'elles sont incapables de faire.


Limacides

Les produits utilisés pour éliminer les limaces sont appelés molluscicides ou "limacides".

Anti-limaces à base de phosphate de fer

Il existe sur le marché des produits biologiques à base de phosphate de fer, en particulier l'orthophosphate de fer sous forme de granulés (ferramol) qui tuent les limaces en paralysant, après absorption, leurs mandibules ou déshydratent l'animal qui ne produit plus de mucus et va se mettre à l'abri avant de mourir. Utilisable en agriculture biologique, ils ne sont toxiques que pour les limaces et les escargots.

Anti-limaces à base de nématodes

Certains produits sont à base de nématodes qui parasitent et tuent les limaces comme Phasmarhabditis hermaphrodita, mais ces parasites s'attaquent aussi aux escargots dont se nourrissent les hérissons.

Métaldéhyde

Les granulés à base de métaldéhyde permettent d'éliminer les limaces par application sur les zones infestées. Ces granulés sont très toxiques pour l'homme ou les animaux domestiques (chats, chiens) attirés par les granulés ou ceux qui consomment les limaces intoxiquées qui les avalent et s'empoisonnent à leur tour, notamment les hérissons.


Annexes

Ce bioagresseur est évoqué dans les exemples de mise en œuvre suivants :

Pour plus de précision consultez les pages suivantes :

Pratiques et cultures qui peuvent augmenter la présence de ce bioagresseur

Pratiques diminuant la présence de ce bioagresseur

Guides et outils renseignant ce sujet



Sources

Page Wikipedia sur la limace