Réaliser son bilan humique

De Triple Performance
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Humus


Le bilan humique a pour but de comparer les gains et les pertes d’humus à l’échelle de la parcelle, associé à un itinéraire technique. Les gains d’humus proviennent de l’apport ou de la restitution de matières organiques au sol alors que les pertes résultent de la minéralisation de l’humus. Le bilan humique permet de modéliser les effets des différentes techniques culturales sur l’évolution à long terme du stock d’humus. Un tableur Excel disponible sur Maraîchage Sol Vivant permet de faciliter la réalisation du bilan humique.


Établir son bilan humique

Calculer les pertes d’humus

Les pertes d’humus ont lieu lors de la minéralisation secondaire caractérisée par le coefficient de minéralisation K2. Exprimé en %, il traduit la part d’humus dégradée par la pédofaune. Il varie en fonction de la texture du sol et des pratiques agricoles choisies. En MSV on choisira donc SCV (semis direct sous couvert végétal) s’il n’y a aucun travail du sol ou TCS (technique culturale simplifiées) si un travail superficiel est réalisé.

Motte de sol avec couche de matière organique superficielle


Calculer les gains d’humus

Les gains d’humus sont associés aux MO ou résidus de cultures apportées à la parcelle. Le gain d’humus est calculé en multipliant la biomasse restituée par le coefficient K1 (coefficient d’humification) des résidus : exprimé en %. Il correspond au rendement de la transformation des MO en humus stable. Il varie en fonction de la nature et de la composition de la plante.

Interpréter son bilan humique

Le bilan humique est le solde entre les gains et les pertes d’humus. Dans notre exemple, il est égal à 6,45t/ha soit un ajout de 0,19 point de MO.

SOLDE POSITIF SOLDE NÉGATIF
Humification > minéralisation

Taux de MO augmente

Humification < minéralisation

Taux de MO diminue

Résultat obtenu grâce à l’apport de matières organiques et à l’arrêt du travail du sol qui permet l’arrivée de la pédofaune

Sol ayant une bonne résilience structurale.

Résultat causé par la restitution trop faible de matières organiques et l’intensité du travail du sol.

À long terme on risque une perte de stabilité structurale du sol donc une menace pour la fertilité

Le bilan humique doit avant tout être utilisé pour comprendre l’impact de nos pratiques. Ainsi n’hésitez pas à “ jouer” avec le tableur pour voir dans quels cas les pratiques ont un bilan humique positif ou négatif.

Attention

Le bilan humique n’est qu’une modélisation des pratiques agricoles. Ce n’est pas la réalité. Un important travail de mesure de l’évolution du taux de MO sur plusieurs années par analyses laboratoires doit consolider ces bilans humiques. On notera également que le calcul du bilan humique se base sur des critères dont les valeurs théoriques peuvent être remises en question (la profondeur du sol retenue, les valeurs des coefficients K1 et K2 variables selon les propriétés du sol et les conditions climatiques, les restitutions dues aux racines et aux produits extra-racinaires) ; autant de variations capables d’influer sur le résultat final du bilan. Malgré tout, il reste un bon outil d’évaluation du stock de carbone organique du sol, pratique pour la gestion de la restitution et de l’apport de MO dans la parcelle.

Bilan Humique.jpg


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