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Pucerons

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Pucerons verts du pois


Les pucerons sont de petits insectes suceurs de sève qui représentent la super-famille des Aphidoidea qui regroupe environ 4 000 espèces d'insectes de l'ordre des hémiptères, réparties en dix familles. Parmi ces espèces, environ 250 sont des nuisibles agricoles ou forestiers, généralement connues sous le nom de « pucerons ». Leur taille varie d'un à dix millimètres de long.

L'une des espèces ravageuses les plus connues est le phylloxéra, qui a atteint la quasi-totalité du vignoble français au XIXe siècle.Extrait de Wikipedia (CC-BY-SA)


Description

Le cycle de vie type des pucerons implique des femelles incapables de voler donnant naissance à des nymphes femelles sans la participation des mâles (parthénogenèse), les nouveau-nées peuvent être déjà gravides, un comportement nommé « développement télescopique ». La reproduction étant prolifique, le nombre de ces insectes se multiplie rapidement, et une fois la population bien développée, des femelles ailées naissent afin de coloniser de nouveaux milieux. Dans les régions tempérées, une phase de reproduction sexuée a lieu à l'automne, les insectes passant souvent l'hiver sous forme d'œufs.


1 femelle engendre entre 40 et 60 descendants, jusqu’à 20 générations/an.

Certaines espèces font leur cycle sur 1 seule famille de plantes, elles sont dites monœciques. D’autres espèces se reproduisent et hivernent sur une famille végétale (hôtes primaires 1), et colonisent d’autres familles végétales au printemps/été (hôtes secondaires 2), par exemple entre une culture et une plante ligneuse. Elles sont dites diœciques.


Certaines espèces se nourrissent d'un seul type de plante, tandis que d'autres sont généralistes et colonisent de nombreux groupes de plantes. Environ 5 000 espèces de pucerons ont été décrites, toutes comprises dans la famille des Aphididae. Environ 400 d'entre elles se trouvent sur des cultures vivrières et des plantes à fibres, et beaucoup sont de sérieux parasites pour l'agriculture et la sylviculture, ainsi qu'une gêne pour les jardiniers. Certaines familles de fourmis ont construit une relation mutualiste ayant mené à une coévolution avec les pucerons, les élevant et les protégeant des prédateurs afin de récolter leur miellat.


Les pucerons sont parmi les insectes nuisibles les plus destructeurs pour les plantes cultivées dans les régions tempérées. En plus d'affaiblir la plante en aspirant sa sève, ils agissent comme vecteurs de virus végétaux et défigurent les plantes ornementales en y déposant du miellat et par la croissance ultérieure de fumagine. En raison de leur capacité à augmenter rapidement leur nombre par reproduction asexuée et développement télescopique, ils constituent un groupe d'organismes très performant d'un point de vue écologique.


La lutte contre les pucerons n'est pas facile. Les insecticides ne donnent pas toujours des résultats fiables, étant donné leur résistance à plusieurs classes d'insecticides et le fait que les pucerons se nourrissent souvent sur la face inférieure des feuilles. À l'échelle du jardin, des jets d'eau et des pulvérisations de savon sont assez efficaces. Les ennemis naturels du puceron sont les coccinelles prédatrices, les larves de syrphes, les guêpes parasitoïdes, les larves de cécidomyie du puceron, les araignées-crabes, les larves de névroptères et les champignons entomopathogènes. Une stratégie de lutte intégrée contre les parasites utilisant des moyens biologiques peut fonctionner, mais elle est difficile à réaliser, sauf dans des environnements fermés comme les serres.

Concernant les vols des pucerons, on parle d'émigration lorsqu’ils vont d'un hôte 1 à un hôte 2, et vice versa (printemps et automne) et de dissémination lorsqu'ils vont d'un hôte 2 à un hôte 2 à la recherche de nouvelle nourriture (printemps/été).


Organes atteints Cycles Hôte primaire Céréales

et maïs

Tournesol Pois/Luzernes

Légumineuses

Colza

Brassicacées

Puceron des épis

Sitobion avenae

Epi Monœcique - X
Puceron du merisier à grappes

Rhopalosiphum padi

Feuilles Diœcique Merisier à grappes Prunus padus X
Puceron du rosier et des céréales

Metopolophium dirhodum

Feuilles Diœcique Plantes du genre Rosa: Rosier, églantier... X
Puceron cendré du chou

Brevicoryne brassicae

Feuille Hampe florale Monœcique - X
Puceron vert du prunierBrachycaudus helichrysi Feuilles Diœcique Plantes du genre Prunus: pécher, cerisier, fruitiers… X
Puceron vert du pêcher

Myzus persicae

Feuilles Diœcique Prunus spp X X X
Puceron noir de la fève

Aphis fabae

Tige, feuille Diœcique Fusain d’Europe viorne obier, seringat X X X
Puceron vert du pois Acyrthosiphon pisum Fleur tige Monœcique - X


Anatomie

Aphid-sap2 (cropped).jpg

Les pucerons sont de petits insectes mesurant généralement entre 1 et 4 millimètres, dont le corps mou peut être vert, noir, brun, rose ou presque incolore. Leur tête est ornée d'antennes composées de deux segments basaux courts et larges et jusqu'à quatre segments terminaux minces. Chacun des yeux composés comporte un tubercule oculaire à l'arrière et au-dessus, constitué de trois lentilles (appelées triommatidia).


Les pucerons se nourrissent de sève en utilisant des pièces buccales suceuses appelées stylets, enfermées dans une gaine appelée rostre, qui est formée à partir de modifications de la mandibule et du maxillaire des pièces buccales de l'insecte. Les pièces buccales ou les yeux peuvent être difficilement visibles voire manquants chez certaines espèces.


Ils ont de longues et fines pattes avec un tarse à deux articulations et deux griffes. La plupart des pucerons possèdent une paire de cornicules (siphunculi), des tubes abdominaux situés sur la surface dorsale de leur cinquième segment abdominal, par lesquels ils exsudent des gouttelettes d'un liquide défensif à durcissement rapide contenant des triglycérides appelé cire de cornicule. D'autres composés défensifs peuvent également être produits. Ils ont une protubérance en forme de queue appelée caudale au-dessus de leurs ouvertures rectales.


La majorité des espèces est dépourvue d'ailes mais lorsque la qualité de la plante hôte devient mauvaise ou que les conditions atmosphériques deviennent difficiles, certaines espèces produisent une progéniture ailée (alates) qui peut se disperser vers d'autres sources de nourriture.


Symptômes d'une attaque de pucerons

  • Crispation et/ou décoloration des feuilles
  • Enroulement des feuilles en spirale (céréales)
  • Déformation des hampes florales (colza)
  • Avortement des fleurs (pois)
  • Transmission de virus: Jaunisse nanisante de l’orge (JNO ou BYDV), virus énation du pois (PEMV), mosaïque du pois (PSbMV), jaunisse occidentale de la betterave sur colza (BWYV)
  • Développement de fumagine (un champignon noir): les pucerons sucent la sève et rejettent le sucre de celle-ci sous forme de miellat


Facteurs favorisant le développement des pucerons

  • Températures chaudes : 4-22°C (optimum de pullulation)
  • Humidité
  • Fertilisation azotée élevée.

Les pucerons sont résistants à de grandes amplitudes de températures : de -12 à 30°C.

Facteurs défavorisant le développement des pucerons

  • Pluie
  • Vent fort
  • Gel prolongé sous -5°C

Les prédateurs des pucerons

Les pucerons sont mangés par de nombreux oiseaux et insectes. Les principaux prédateurs étant le chardonneret jaune (Spinus tristis), dont les pucerons constituent 83 % de l'alimentation, et le bruant vespéral (Pooecetes gramineus). Les insectes qui s'attaquent aux pucerons comprennent les adultes et les larves de coccinelles prédatrices, les larves de syrphes, les microhyménoptères parasitoïdes du genre Aphidius et Aphelinus, les larves de cécidomyie du puceron, les larves de chrysopes, certaines punaises, les araignées-crabes, les larves de névroptères et les champignons entomopathogènes.


Parmi les coccinelles, Myzia oblongoguttata, qui est spécialisée, se nourrit uniquement de pucerons des conifères, tandis que la coccinelle à deux points (Adalia bipunctata) et la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata) sont généralisées et se nourrissent d'un grand nombre d'espèces. Les coccinelles pondent leurs œufs par lots, chaque femelle en pondant plusieurs centaines. Les Syrphidae femelles pondent plusieurs milliers d'œufs. Les adultes se nourrissent de pollen et de nectar, mais les larves se nourrissent voracement de pucerons. Le syrphe des corolles (Eupeodes corollae) adapte le nombre d'œufs pondus à la taille de la colonie de pucerons.


Les pucerons sont souvent infectés par des bactéries, des virus et des champignons. Ils sont affectés par les conditions météorologiques, telles que les précipitations, la température et le vent. Parmi les champignons qui s'attaquent aux pucerons se trouvent Neozygites fresenii, Entomophthora, Beauveria bassiana, Metarhizium anisopliae et des champignons entomopathogènes tels que Lecanicillium lecanii. Lorsqu'un puceron frôle les spores microscopiques du champignon, celles-ci collent au puceron, germent et pénètrent dans sa peau. Le champignon se développe dans l'hémolymphe du puceron. Au bout de trois jours environ, le puceron meurt et le champignon libère d'autres spores dans l'air. Les pucerons infectés sont recouverts d'une masse laineuse qui s'épaissit progressivement jusqu'à ce que le puceron soit caché. Souvent, le champignon visible n'est pas celui qui a tué le puceron, mais une infection secondaire.


Les pucerons peuvent être facilement tués par des conditions météorologiques défavorables, comme les gels printaniers tardifs. Une chaleur excessive tue les bactéries symbiotiques dont dépendent certains pucerons, ce qui les rend stériles. La pluie empêche les pucerons ailés de se disperser et les fait tomber des plantes, les tuant ainsi sous l'impact ou par famine. Ce n'est cependant pas une méthode efficace pour se débarrasser des pucerons.


Moyens de lutte

Coccinelle mangeant des pucerons
  • La lutte insecticide contre les pucerons est difficile, car ils se reproduisent rapidement, de sorte que même de petites zones manquées peuvent permettre à la population de se rétablir rapidement. Les pucerons peuvent occuper la face inférieure des feuilles là, où la pulvérisation ne les atteint pas, tandis que les traitements systémiques ne se déplacent pas de manière satisfaisante dans les pétales des fleurs. Enfin, certaines espèces de pucerons sont résistantes à des classes d'insecticides courantes, notamment les carbamates, les organophosphates et les pyréthrinoïdes.
  • Les populations de pucerons peuvent être tuées à l'aide de pièges Moericke. Ce sont des récipients jaunes avec de l'eau qui attirent les pucerons. Les pucerons réagissent positivement au vert et leur attirance pour le jaune peut ne pas être une véritable préférence de couleur mais être liée à la luminosité. Leurs récepteurs visuels ont une sensibilité maximale de 440 à 480 nanomètres et sont insensibles dans la région rouge. Volker Moericke a découvert que les pucerons évitaient de se poser sur les revêtements blancs et étaient encore plus repoussés par les surfaces brillantes en aluminium. La lutte intégrée contre les diverses espèces de pucerons peut être réalisée à l'aide d'insecticides biologiques à base de champignons tels que Lecanicillium lecanii, Beauveria bassiana ou Cordyceps fumosorosea. Les champignons sont les principaux agents pathogènes des pucerons; les entomophthorales peuvent rapidement réduire le nombre de pucerons.
  • Les agriculteurs biologiques peuvent utiliser en arboriculture et en maraîchage des produits homologués à base de savon de potassium et des insecticides végétaux à base de Neem, pyrêthre, huile de colza ou cassia. Il est aussi utile d'enlever les plantes-hôtes à proximité des cultures attaquées, par exemple le plantain, le rumex et le cerfeuil en cas d'attaque par le puceron cendré du pommier (Dysaphis plantaginea). Les bandes collantes sur les troncs empêchent le passage des fourmis.
  • Les pucerons peuvent également être contrôlés par le lâcher d'ennemis naturels, en particulier des coccinelles et des guêpes parasitoïdes. Toutefois, comme les coccinelles adultes ont tendance à s'envoler dans les 48 heures suivant le lâcher, sans pondre d'œufs, des applications répétées d'un grand nombre de coccinelles sont nécessaires pour être efficaces.
  • Eviter les semis trop précoces de céréales en automne.
  • Raisonner la fertilisation azotée.
  • Sur céréales il est inutile de traiter avant l'épiaison pour les pucerons des épis localisés sur feuilles, même si la population est importante car c'est non efficace et ça détruit les auxiliaires.


Sources


Annexes

Ce bioagresseur est évoqué dans les exemples de mise en œuvre suivants :


 

Pratiques diminuant la présence de ce bioagresseur

Auxiliaires régulant ce bioagresseur