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Cultiver des associations d'espèces annuelles

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1. Présentation



Caractérisation de la technique

Description de la technique :

Lutte contre les courriers indésirables : Pour utiliser ces adresses, remplacer (at) par @

L'association d'espèces annuelles est une culture simultanée de deux espèces ou plus sur la même surface. Les espèces ne sont pas nécessairement semées et récoltées en même temps mais doivent cohabiter pendant une période significative de leur croissance. Les plantes peuvent êtres mélangées dans la parcelle (semis d'un mélange de graines ou semis en plusieurs fois), ou cultivées en rangs ou bandes alternées. L'association d'une céréale et d'une légumineuse est la plus courante. Les cultures peuvent être récoltées en grains secs, en foin, voire en ensilage par les éleveurs ou les céréaliers (alimentation du troupeau, assez fréquente ou commercialisation, moins fréquente). Le choix des espèces est fonction des débouchés possibles, des caractéristiques physiologiques des espèces associées (précocité, hauteur) afin de récolter le mélange dans de bonnes conditions, et des objectifs recherchés (limiter le salissement, éviter les maladies, résistance à la verse, etc).

Exemple de mise en oeuvre :

Exemple pour l'ensilage. Semer fin octobre - début novembre en sol sain et profond un mélange triticale / pois fourrager / vesce respectivement à 290, 15 et 15 grains/m². semer à 2-3 cm de profondeur. Pas d'apport d'azote minéral si épandages de matière organique à l’implantation ou si reliquat de plus de 50 unités à la sortie de l’hiver. Dans le cas contraire, 50 à 60 unités d’azote maximum apportés à partir du stade épi 1 cm du triticale (mi-mars). Aucune spécialité commerciale n’est homologuée pour cette culture. Récolter avec séchage 1 ou 2 jours si récolte précoce ou récolte directe dans la journée si tardive. Exemple construit à partir de (BRUNSCHWIG et al. 2009). Autres exemples d'associations : caméline / lentille, la caméline devant compenser le déficit de compétitivité de la lentille par rapport aux adventices.



Période de mise en œuvre

Sur culture implantée



Echelle spatiale de mise en œuvre

Parcelle



Application de la technique à...

Neutre

Toutes les cultures :

Généralisation parfois délicate

Manque de reference pour la plupart des espèces de grandes cultures. Cette technique est plus développée dans les élevages en recherche d'autonomie.





Neutre

Tous les types de sols :

Généralisation parfois délicate

Sur les sols hydromorphes, les associations céréales - légumineuses peuvent rencontrer un problème de perte hivernales de pieds de légumineuse qui déséquilibre le mélange. Une association entre une céréale et une luzerne (en semis sous couvert vivant) nécessite par exemple de tenir compte de la teneur en calcaire actif et du pH.





Positif

Tous les contextes climatiques :

Facilement généralisable



La réduction de l'impact des maladies est liée à l'année climatique  : plus la pression maladie est forte, plus le mélange est intéressant et valorise les différences de sensibilité entre les espèces.





Réglementation



2. Services rendus par la technique



3. Effets sur la durabilité du système de culture



Critères "environnementaux"

Positif

Effet sur la qualité de l'air :

En augmentation

émission phytosanitaires : DIMINUTION

émission GES : INCONNUE



Positif

Effet sur la qualité de l'eau :

En augmentation

N.P. : DIMINUTION

pesticides : DIMINUTION



Positif

Effet sur la consommation de ressources fossiles :

En diminution

consommation d'énergie fossile : DIMINUTION



Neutre

Autre :

Pas d'effet (neutre)

Air : Diminution de l'utilisation de pesticides. Diminution vraisemblable des GES si réduction du nombre de passage et des apports d'engrais.

Eau : Diminution de l'utilisation de produits phytosanitaires et/ou d'engrais azotés si mélange d'espèces avec légumineuses (ex. triticale/pois).

Energie fossile : Diminution du nombre de passages mécaniques, et éventuellement de l'utilisation d'engrais si introduction de légumineuses.







Critères "agronomiques"

Positif

Productivité :

En augmentation

Rendement du mélange généralement supérieur à celui des espèces pures cultivées séparément. Le rendement du mélange est aussi plus stable d'une année à l'autre (moindre sensibilité au stress climatique).





Fertilité du sol :

Variable

Si utilisation de légumineuses dans le mélange, effet généralement positif sur la structure.





Positif

Stress hydrique :

En diminution

Les cultures associées sont souvent plus résistantes à la sécheresse que les cultures d'espèce unique.





Positif

Biodiversité fonctionnelle :

En augmentation

Augmentation de la biodiversité végétale domestique et diversification des habitats et ressources offerts par l'agro-écosystème. Augmentation de la diversité intra-parcellaire.





Neutre

Autres critères agronomiques :

Variable

Teneur en protéines des céréales associées à des légumineuses : Augmentation

La teneur en protéines ou en azote des céréales du mélange est généralement améliorée.

Capacité de prédiction des proportions des différentes espèces à la récolte : Diminution

Il est difficile de prévoir la propostion des différentes espèces à la récolte.

Maîtrise des bio-agresseurs : Variable

Si les associations d'espèces semblent en général moins sensibles aux bioagresseurs, cet effet est variable et à étudier au cas par cas. Certains bio-agresseurs sont parfois favorisés, par exemple les pucerons attirés par des céréales riches en azote dans une association céréales-légumineuses ou les maladies du pied des céréales favorisées par un microclimat humide lié à la densité du couvert.







Critères "économiques"



Positif

Charges opérationnelles :

En diminution

Diminution de l'utilisation de produits phytosanitaires et/ou d'engrais azotés si mélange d'espèces avec légumineuses (ex. triticale/pois).





Positif

Charges de mécanisation :

En diminution

Réduction du nombre de passages dans la parcelle.





Marge :

Variable

Variable selon les conditions climatiques de l'année, les prix de vente et la valorisation du mélange car : 1) diminution des charges phytosanitaires (au moins poste fongicide) mais 2) peut s'accompagner d'un coût supplémentaire de tri des graines à la récolte. Ces mélanges sont très intéressants pour une valorisation en consommation animale (ensilage, fourrage ou récolte en grains).





Neutre

Autres critères économiques :

Variable

Consommation de carburant : Diminution

Réduction du nombre de passages dans la parcelle.

Débouchés : Diminution

Des tests de tri du mélange, après récolte, ont été réalisés en Poitou-Charentes (Terrena, agriculture conventionnelle) ou en Midi-Pyrénées (agriculture biologique) mais les coûts sont pour l'instant trop élevés et non rentabilisés.







Critères "sociaux"



Positif

Temps de travail :

En diminution

Réduction du nombre de passages dans la parcelle.





Négatif

Période de pointe :

En augmentation

Technicité de la récolte : Augmentation

Plage d'intervention courte pour l'ensilage de céréales-légumineuses et la valorisation en élevage en général.





Positif

Effet sur la santé de l'agriculteur :

En augmentation

Diminution du risque d'exposition aux pesticides pour les applicateurs.





Neutre

Temps d'observation :

Variable

Les maladies étant retardées et freinées, le risque "d'accident cryptogamique majeur" est nettement diminué. Ceci induit un "besoin de surveillance" à la baisse, et peut autoriser un programme fongicide allégé déclenché à un stade bien choisi.







4. Organismes favorisés ou défavorisés



Bioagresseurs favorisés



Bioagresseurs défavorisés



Auxiliaires favorisés



Auxiliaires défavorisés



Accidents climatiques et physiologiques favorisés



Accidents climatiques et physiologiques défavorisés



5. Pour en savoir plus

  • Detailed studies of how undersowing with clover affects host-plant selection by the cabbage root fly.
    -Morley K. ; Finch S. Bulletin OILB/SROP Volume: 26 Issue: 3 Pages: 155-161 Published: 2003, 2003

Article de colloque. Sur la lutte contre la mouche du choux par association choux / trèfle.

  • Ensiler des associations céréales - protéagineux pour sécuriser son système fourrager
    -Philippe BRUNSCHWIG (Institut de l'élevage) ; Nicolas BULOT (CA Sarthe) ; Jean-Paul COUTARD (CA Maine-et-Loire) ; Stéphanie GUIBERT (CA Mayenne) ; Julien JURQUET (contrôle laitier Vendée) ; Myriam LAURENT (CRA Pays de Loire) ; Yvelyse MATHIEU (contrôle laitier Loire-Atlantique) ; Frédéric MAZOUE (CA Vendée) ; Emmanuel MEROT (CA Loire-Atlantique) ; Innocent PAMBOU (CA Maine-et-Loire) ; Patrice PIERRE (CA Mayenne) Chambre d'Agriculture des Pays de Loire, Brochure technique, 2009 lien vers la brochure
  • Essai Association Céréales-Pois protéagineux en Agriculture Biologique - Campagne 2008 – 2009
    -Prieur Loïc (CREAB Midi-Pyrénées) Laffont Laurent (CREAB Midi-Pyrénées) CREAB Midi-Pyrénées, 2009

Compte-rendu d'expérimentation

  • Est-il possible d’améliorer le rendement et la teneur en protéines du blé en Agriculture Biologique au moyen de cultures intermédiaires ou de cultures associées ?
    -Justes E (INRA) ; Bedoussac L. (INRA) ; Prieur L. (CREAB Midi-Pyrénées) Innovations Agronomiques (2009) 4, 165-176, Acte de congrès, 2009 Communication de colloque
  • Les associations céréales-protéagineux - Produire des protéagineux en bio en Alsace
    -OPABA OPABA (Organisation Professionnelle de l’Agriculture Biologique en Alsace), Brochure technique, 2005 lien vers la brochure
  • Les associations à base de triticale/pois fourrager en agriculture biologique
    -L. Fontaine (ITAB) ; G. Corre (ESA Angers) ; I. Chaillet (ITCF-UNIP) ; V. Biarnès (UNIP) ; J.-P. Coutard (CA 49/Ferme de Thorigné d’Anjou) ; B. Chareyron (CRA Franche- Comté) ; C. Denis (CA de l’Yonne) ; A. Lecat (CA du Nord) ; E. Maille (Agrobio Poitou-Charentes) ; J.-L. Audfray (CA 56) ITAB, Brochure technique, 2003 lien vers la brochure
  • Les effets des cultures associées sur les bioagresseurs
    -Rusch Adrien (INRA / INA) INRA / INA, 2006 Rapport bibliographique
  • Mélanges d’espèces : des possibilités illimitées
    -Jean-Martial Poupeau Biofil - Grandes cultures n°71, juillet-août 2010, Article de presse, 2010 Lien vers le site
  • Sols, biodiversité et pratiques culturales
    -Steinberg Christian (UMR MSE INRA/Université de Bourgogne) ; Alabouvette Claude (UMR MSE INRA/Université de Bourgogne) Phytoma - la défense des végétaux, Article de presse, 2010 Article

6. Mots clés



Méthode de contrôle des bioagresseurs :

Contrôle cultural

Mode d'action :

Atténuation

Type de stratégie vis-à-vis de l'utilisation de pesticides :

Reconception

Annexes

Cette technique est évoquée les exemples de mise en œuvre suivants :