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Implanter des légumineuses en interculture

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Icone categorie Pratiques.png Pratique agro-écologique

1. Présentation



Caractérisation de la technique

Description de la technique :

Lutte contre les courriers indésirables : Pour utiliser ces adresses, remplacer (at) par @

Implanter des légumineuses en interculture pour enrichir le sol en éléments minéraux, notamment en azote. Les légumineuses peuvent être implantées pures (pois, féverole, trèfle, vesce…) ou en mélange avec d'autres espèces (avoine, moutarde, phacélie, tournesol…). Afin de conjuguer les objectifs de "capitalisation" d'azote et de "piégeage" de l'azote disponible dans le sol, les associations de cultures sont à privilégier ("moutarde + féverole", "avoine + vesce", ...). Elles augmentent les chances de réussite du couvert (développement) et permettent aussi d'augmenter la biomasse produite. Du fait des cumuls de température nécessaires à leur développement, les légumineuses sont à implanter plus précocément  (fin juillet/début août) que les cultures intermédiaires classiques. Un semis à la volée est possible mais il doit être suivi d'un déchaumage superficiel ou d'un roulage  pour enfouir légèrement les graines et tasser le sol.  Les techniques de semis direct ou en ligne sont préférables et permettent de mieux maitriser l'homogénéité du semis. Le semis du couvert peut également être réalisé pendant la culture précédente au printemps, pour assurer un relais jusqu'à la culture suivante et permettre une production de biomasse plus importante. La réussite d'une implantation en culture relais est très dépendante des conditions climatiques (disponibilité en eau...) et est surtout pratiquée en agriculture biologique (moindre concurence de la culture commerciale pour la lumière). Compte-tenu de leur vitesse de développement relativement lente, les légumineuses sont à privilégier pour les intercultures longues (avant culture de printemps). Afin de valoriser au maximum la capitalisation d'azote et d'éviter tout risque de lessivage d'azote après destruction du couvert, une destruction mi-janvier est nécessaire. Pour des cultures à "semis précoce" (ex. début février pour orge de printemps), une destruction début janvier du couvert est nécessaire, dans le cas d'un semis mi-avril (tournesol, maïs), le couvert pourra être maintenu jusqu'à début février. Dans tous les cas, la destruction du couvert devra être réalisée 1 à 1,5 mois avant l'implantation de la culture suivante.

Exemple de mise en oeuvre :





Période de mise en œuvre

Pendant l'interculture

La mise en œuvre de la technique concerne l'interculture, mais les pratiques en agriculture biologique montrent que le semis peut également être réalisé sous couvert de la culture précédente.



Echelle spatiale de mise en œuvre

Parcelle



Application de la technique à...

Neutre

Toutes les cultures :

Généralisation parfois délicate

Sur les cultures à récolte précoce et les légumineuses.

Dans le cas de rotation intégrant des légumineuses comme culture de vente, les espèces hôtes de pathogènes communs (ex. aphanomyces)  sont à proscrire. Il est aussi inutile d'implanter des légumineuses avant une culture de "protéagineux" (pois, lupin, féverole, soja, ...).





Positif

Tous les types de sols :

Facilement généralisable

La technique est facilement généralisable à de nombreux sols à condition d'adapter le choix des espèces au type de sol, en particulier pour leurs facilités de destruction (espèces gélives ou non).  

Les niveaux de développement des cultures intermédiaires (biomasse produite par hectare) sont fortement influencés par le type de sol, en particulier par la disponibilité en eau du sol (réserve utile).



Positif

Tous les contextes climatiques :

Facilement généralisable



Technique facilement généralisable à condition d'adapter le choix des espèces au climat.  Cependant, le contexte climatique influence fortement les niveaux de développement des cultures intermédiaires (biomasse produite par hectare) ; les climats plutôt "secs" en été et à l'automne (ex. Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes) ne permettent pas aux cultures intermédiaires de se développer même si elles ont été implantées dans de très bonnes conditions. Dans ce cas, l'objectif recherché par la technique n'est pas remplie.





Réglementation

POSITIVE

En zone vulnérable, le 4ème programme d'action de la directive nitrate impose , dans la majorité des départements, la couverture des sols pendant l'hiver (obligation progressive jusqu'en 2012 - se référer à l'arrêté de votre département). Les couverts de légumineuses pures sont proscrits mais des dérogations existent en agriculture biologique notamment.



2. Services rendus par la technique



3. Effets sur la durabilité du système de culture



Critères "environnementaux"

Positif

Effet sur la qualité de l'eau :

En augmentation

N.P. : DIMINUTION

pesticides : DIMINUTION

turbidite : DIMINUTION



Neutre

Effet sur la consommation de ressources fossiles :

Variable

consommation d'énergie fossile : VARIABLE



Neutre

Autre :

Pas d'effet (neutre)

Transfert polluant vers eaux (N, P, phyto ...) : Diminution

Le couvert capte l'azote, le phosphore, la potasse, ... du sol et évite leur lessivage. De plus, il existe des effets (encore peu connus) sur la cinétique de dégradation des molécules phytos dans le sol et leur transfert vers les eaux, liés à l'activité microbienne autour de la zone racinaire et à l'augmentation de MO dans les sols (la MO a tendance à favoriser le "stockage" des pesticides dans le sol et limiter leur transferts vers les eaux). L'implantation de légumineuses non gélives en interculture peut cependant s'accompagner d'une augmentation du recours aux herbicides pour leur destruction.

Transfert polluant vers air (N, P, phyto ...) : pas d'effet (neutre)

Consommation d'énergie fossile : variable

légère consommation pour semis ou destruction mais faible

Dégagement de GES : variable

Dégagement de CO2 par la consommation de carburant pour la gestion du couvert (semis/destruction). Cependant, le couvert en produisant de la biomasse stocke du carbone.







Critères "agronomiques"

Positif

Productivité :

En augmentation

Normalement, la culture suivante bénéficie de l'amélioration de la fertilité du sol (mais aussi les cultures suivantes si la démarche est répétée et inscrite dans la durée). Cette amélioration n'est appréciable et importante qu'après plusieurs années de mises en oeuvre de la technique.                                                                             

Attention : en cas de mauvaise gestion des cultures intermédiaires, en particulier leur destruction (mauvaises conditions, destruction partielle, ...), des pertes de rendement peuvent être observées.





Positif

Fertilité du sol :

En augmentation

Recyclage des éléments minéraux du sol (N, P, K, …) et activation de l'activité biologique.





Neutre

Stress hydrique :

Variable

L'implantation de cultures intermédiaires peut engendrer des problèmes de disponibilité en eau pour la culture suivante si elles sont détruites trop tardivement ou si le climat automnale et hivernale de l'année ("sec") ne permet pas de reconstituer la réserve utile du sol. Pour éviter tout effet pénalisant, une destruction avant le 15/02 (avant un tournesol, maïs) est à privilégier.                                                                                                                                                              

A long terme, l'introduction systématique de cultures intermédiaires occasionne des effets positifs en contribuant à enrichir le sol en MO, cette pratique est favorable à une augmentation de la capacité du sol à stocker l'eau.





Positif

Biodiversité fonctionnelle :

En augmentation

Le couvert apportera refuge et nourriture au gibier, aux auxiliaires et pollinisateurs à un moment de l'année où les ressources sont limitées. Le nombre et la diversité des espèces du couvert permet d'augmenter l'impact sur la biodiversité.



Neutre

Autres critères agronomiques :

Variable

Maîtrise des adventices :

variable

Le couvert apportera refuge et nourriture aux auxiliaires et pollinisateurs à un moment de l'année où les ressources sont limitées. Les vers de terre sont favorisés. Le nombre et la diversité des espèces du couvert permet d'améliorer l'impact sur la biodiversité.

Structure du sol :

Augmentation

Le couvert, s'il est développé, va concurrencer les adventices et empêcher leur développement et ainsi diminuer le stock semencier de la parcelle. Attention, à ce que la culture intermédiaire ne devienne pas une adventice pour la culture suivante.







Critères "économiques"



Neutre

Charges opérationnelles :

Variable

Achat des semences (40 à 100 €/ha) + coût de destruction du couvert.

Mais diminution de fertilisants pour la culture suivante et eventuellement de l'usage d'herbicides (étouffement des adventices).

L'effet "restructurant" du couvert permet de limiter le travail du sol pour implanter la culture suivante.



Négatif

Charges de mécanisation :

En augmentation

Cette technique engendre une augmentation des charges de mécanisation : semis + destruction du couvert. Les coûts sont variables en fonction des techniques utilisés :   

- semis : de 5 €/ha (semis à la volée + déchaumage) à 40 €/ha (déchaumage + semoir combiné herse rotative) - destruction : 0 (gel) à 40 €/ha (broyage ou glyphosate).





Marge :

Variable

Achat des semences mais azote recyclé, structuration et enrichissement du sol en matière organique  => économie en terme de travail du sol et fertilisation pour la culture suivante.                                                                                                                                 

Le gain de productivité est variable suivant la culture suivante et le niveau d'intensification du système : peut-être fort sur des cultures exigentes et/ou en systèmes à faibles niveaux d'intrants (ex : maïs, AB), plus faible sur des cultures peu exigentes (ex : tournesol) et/ou en systèmes intensifs.





Neutre

Autres critères économiques :

Variable

Consommation de carburant : variable

Diminution de la consommation de carburant si : - les techniques de semis/destruction sont simples (ex. semis à la volée/couvert gélif) - le couvert permet de limiter les déchaumages et reduit les apports d'azote sur la culture suivante Augmentation si : - le couvert ne se développe pas ou peu - le semis/destruction spécifiques au couvert sont consommateurs en carburant (semis en ligne, labour, ...).







Critères "sociaux"



Neutre

Temps de travail :

Variable

semis des cultures intermédiaires à un moment où la disposition en main d'œuvre peut être faible (août-septembre) ou en concurrence avec d'autres chantiers (10 à 35 minutes/ha pour l'implantation et 0 à 35 minutes /ha pour la destruction). L'implantation en culture-relais (sous couvert d'une culture commerciale au printemps) est mooins exigeantes en main d'oeuvre, mais la réussite est très dépendante des conditions climatiques.

.





Neutre

Temps d'observation :

Pas d'effet (neutre)







4. Organismes favorisés ou défavorisés



Bioagresseurs favorisés



Bioagresseurs défavorisés



Auxiliaires favorisés



Auxiliaires défavorisés



Accidents climatiques et physiologiques favorisés



Accidents climatiques et physiologiques défavorisés



5. Pour en savoir plus

  • 2009 Minette S. (CRA Poitou-Charentes) Les Cultures Intermédiaires
    -Minette S. (CRA Poitou-Charentes) Brochure technique, 2009
  • Cultures intermédiaires - Des légumineuses pour fournir de l'azote au maïs suivant
    -Cohan J.P., Pauget J. (Arvalis) Perspectives agricoles n°380, p44-48, Article de presse, 2011
  • Dossier Couverts végétaux
    -Thomas F. (TCS) TCS.n°33, Article de presse, 2005
  • Implanter une légumineuse à l'interculture : un piège à nitrate à double effet
    -Le Souder C., Labreuche J. (Arvalis) Perspectives agricoles n°333, p 63-65, Article de presse, 2007
  • Légumineuses comment les utiliser comme cultures intermédiaires ?
    -Minette S. (CRA Poitou-Charentes) Brochure technique, 2010

6. Mots clés



Méthode de contrôle des bioagresseurs :



Mode d'action :



Type de stratégie vis-à-vis de l'utilisation de pesticides :

Annexes

Cette technique est évoquée les exemples de mise en œuvre suivants :


Voir les les cultures suivantes :

Pratiques complémentaires