Couverture des sols

De Triple Performance

OFB Couverture sol.jpg Couverts végétaux, couverts permanents, semi-direct, CIMS, etc...

Couverture des solsCouverts végétaux, couverts permanents, semi-direct, CIMS, etc...OFB Couverture sol.jpg

 


Un sol couvert implique le maintien d’une végétation vivante ou morte à la surface de celui-ci

Objectifs

Cette méthode permet de capter des nutriments du sol, de stocker du carbone, d’améliorer la structure du sol, d’augmenter le taux de matière organique du sol[1], conserver l’humidité du sol, maintenir une bonne portance et de protéger la surface du sol contre l’érosion et les excès du climat.


Bénéfices attendus

Un sol couvert permet de réduire considérablement l’érosion. La différence entre la formation annuelle des sols et l’érosion naturelle est en moyenne inférieure à 0,2 mm par an[2]. Il faut donc au minimum 50 ans pour créer 1 cm de sol.


Au contraire, un sol non couvert peut s’éroder de plus de 1 mm par an, entraînant une forte baisse de fertilité du sol. Un sol couvert durablement, combiné à des aménagements spécifiques pour limiter les transferts de boues, permettrait d’atténuer considérablement les phénomènes de ravines lors des fortes périodes d’érosion. La couverture permanente des sols permet également l’augmentation de la matière organique en surface du sol[3]. Celle-ci est amplifiée si le sol est très peu, voire plus du tout, travaillé[4]. Le maintien d’un couvert vivant sur une période de 6 à 8 mois lors de l’interculture pourrait permettre la séquestration de 126 kg de C/ha/an[5].


La matière organique en surface permet de maintenir un bon niveau d’humidité mais aussi un abri et une ressource alimentaire pour l’ensemble de la vie du sol. Cette faune permet d’augmenter la mésoporosité (0,2 à 50 μm) du sol en profondeur[6], ce qui facilitera la prospection des racines en profondeur et l’infiltration de l’eau lors des épisodes d’orage violent.


Elle permettra également l’augmentation de la réserve utile du sol et réduira le ruissèlement en surface. L’humus a un pouvoir de rétention de l’eau de 5 à 6 fois son poids.


Pour l’ensemble de ces raisons, les cultures peuvent être plus résilientes aux changements climatiques. Les résidus de cultures ou d’engrais vert laissés à la surface du sol, ont pour intérêt de limiter les agressions physiques du climat : trop forte chaleur ou forte pluie, durant la transition avant un nouveau semis. Les couverts ont aussi un rôle de gestion des adventices.


Enfin ces engrais verts créent des abris et couverts à toute la faune sauvage en période hivernale aussi bien pour les espèces sédentaires (perdrix grises, lièvres, etc) que migratrices (alouette des champs, caille des blés, etc.)[7]. Certaines abeilles sauvages (ex : abeille à culotte) sont des abeilles dites terricoles. C’est-à-dire qu’elles pondent et passent l’hiver dans la terre dans les parcelles agricoles. Elles peuvent creuser des galeries allant jusqu’à 30 cm. Un travail du sol profond n’est pas sans conséquence sur ces espèces.


Parole d'expert

«  Diversifier les cultures dans le temps et dans l’espace, avec couverts végétaux pendant les intercultures, limitera les périodes de sol nu (donc limitera l’érosion), et améliorera la séquestration de carbone, l’infiltration des eaux de pluie et la structure du sol. Par conséquent, la meilleure fertilité du sol lui procurera un potentiel de productivité plus important.» Jean Pierre Sarthou, Agro Toulouse INP, INRAE AGIR.


A noter

  • Les Tersilochinae sont des micro-guêpes parasitoïdes des larves de méligèthes. Ces insectes hivernent dans des galeries souterraines. Ils émergent des blés de colza en général à la mi-février. Les deux facteurs importants pour ces espèces sont la disponibilité en fleurs à leur émergence et un travail du sol peu profond.
  • L’humus a un pouvoir de rétention de l’eau de 5 à 6 fois son poids.

Comment mettre en place cette pratique sur mon exploitation ?

Les engrais verts composés de plusieurs espèces sont préconisés car un semi monospécifique ne peut répondre à tous les objectifs. De plus, un couvert diversifié permettra une diversité d’actions des plantes sur le sol : arbustives, buissonnantes, grimpantes, ras du sol ou perforatrices.


Les engrais verts diversifiés complexes sont généralement plus productifs que les mélanges simples. Dans un mélange complexe, il y aura toujours quelques espèces qui arriveront à se développer quelles que soient les conditions climatiques. Un couvert favorable à la biodiversité doit être suffisamment :

  • Couvrant pour créer un abri en période hivernale et concurrencer les adventices
  • Circulant pour que la petite faune sauvage puisse se déplacer facilement[8].


OFB Chaumes Couverts.png


Le programme Agrifaune a testé et validé un certain nombre de couverts permettant de concilier agronomie, économie et la faune sauvage. Retrouvez-les ici.


Pour aller plus loin

La couverture des sols combinée à une limitation du travail du sol profond, sont des leviers importants pour favoriser la vie du sol comme les vers de terres, les mycorhizes ou les insectes terricoles. Pour plus d’information, voir la page Maintenir les chaumes de céréales en interculture pour préserver la biodiversité lors du semis de CIPAN.


Limite réglementaire

La couverture des sols pendant l’interculture, c’est-à-dire l’implantation d’une culture intermédiaire également dénommée «  culture dérobée », «  engrais vert », «  CIPAN » ou «  couvert végétal », peut être volontaire ou facultative en France selon les situations.

Elle obéit à 3 règlementations distinctes :

  • la directive nitrates
  • la règlementation PAC SIE
  • la règlementation PAC diversité d’assolement


Les SIE «  cultures dérobées » doivent être présentes pendant une période de 8 semaines, non pas choisie par l’agriculteur mais définie de manière uniforme par département. Cette surtransposition française limite parfois l’intérêt écologique de ce dispositif.


Récapitulatif des 3 cadres règlementaires


Détail de la règlementation PAC/SIE


Détail de la certification maïs


Articles dans cette thématique

Portraits de ferme et retours d’expérience

Pratiques

Vidéos



Sources


  1. Labreuche J. et al ; 2011. Cultures intermédiaires Impacts et conduites, Arvalis institut du végétal, p231
  2. Montgomery D. R. ; 2007. Soil erosion and agricultural sustainability, USDA, U.S. Department of Agriculture., PNAS Direct Submission, Vol 104, n°33.
  3. homas F. et al. ; 2016. Les couverts végétaux gestion pratique de l’interculture, Edition La France Agricole, 302p
  4. Dimassi et al. ; 2016. Long-term effect of contrasted tillage and crop management on soil carbon dynamics during 41 years, Agriculture, Ecosystems & Environment, Volume 188, Pages 134-146
  5. Pellerin S. et al. ; 2019. Stocker du carbone dans les sols français, quel potentiel au regard de l’objectif 4 pour 1000 et à quel coût ? Synthèse du rapport d’étude, INRA, 114P
  6. Gicheru et al. ; 1994. Effects of residue mulch and tillage on soil moisture conservation, Soil Technology, Volume 7, Issue 3, Pages 209-220
  7. Barré K. et al. ; 2018. Weed control method drives conservation tillage efficiency on farmland breeding birdsAgriculture, Ecosystems and Environment, Elsevier Masson, 2018, 256, pp.74-81
  8. Heckenbenner B. et al. ; 2011. CIPAN : quand l’outil règlementaire devient un atout agronomique et faunistique, Faune sauvage, n°291, p11-19.

Annexes