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Semer un couvert végétal

De Wiki Triple Performance
Icone categorie Pratiques.png Pratique agro-écologique
Semer un couvert végétal

Semer une culture intermédiaire est une gageure. Il faut viser une bonne levée du couvert sans trop favoriser les repousses de céréales tout en limitant les coûts au maximum. L’implantation a souvent lieu sur un précédent céréales à paille sans labourer.


La date de semis va dépendre de l’espèce choisie

Le semis des cultures intermédiaires s’étale sur une période très longue : certains agriculteurs le positionnent juste après la moisson, voire pendant et d’autres attendent la limite réglementaire mi-septembre. Chaque stratégie a ses avantages, mais à partir de la fin août/début septembre, le choix des espèces se restreint.


Les semis très précoces :

  • Ils bénéficient de l’humidité résiduelle à la récolte et de jours longs (sommes de température élevées) pour croître. Semer très tôt est donc la stratégie permettant de viser les productions de biomasse les plus élevées.
  • Quelques difficultés peuvent cependant survenir :

-stress hydrique pendant la période estivale,

-manque d’azote disponible conduisant le couvert à présenter un rapport C/N élevé (mauvaise restitution d’azote à la culture en cas de non-légumineuse),

-absence de possibilité de détruire les repousses avant le semis du couvert, risque de montée à graine de certaines adventices à cycle court.

Les semis précoces de juillet ou tout début août conviennent à la majorité des espèces hormis celles à cycle rapide pouvant fleurir rapidement (ex : moutarde blanche).


Des semis un peu plus tardifs, proches des dates habituelles sur colza :

  • Facilitent la gestion de la parcelle.
  • Ils permettent encore d’atteindre des biomasses assez élevées à condition de choisir des espèces adaptées et d’obtenir une levée rapide.

Les légumineuses deviennent « limites » sur ce créneau de date. Il faut notamment opter pour les espèces les plus vigoureuses (vesces, lentille…).


Sur des semis plus tardifs de début à mi-septembre :

Les sommes de températures deviennent réellement limitantes pour produire de la biomasse avant l’hiver. Des espèces peu gélives comme certaines graminées sont parmi les plus adaptées.

Le tableau ci-après récapitule l’adaptabilité des espèces d’interculture aux dates de semis.


Date semis couvert vegetal.jpg

La technique de semis doit être adaptée à l’espèce choisie

Semer un couvert végétal en interculture implique de pouvoir faire face à la gêne potentielle des pailles et à un risque de sécheresse élevé (selon les orages qui voudront bien tomber). Quand la pluie tombe peu après le semis, toutes les techniques d’implantation donnent satisfaction. C’est en condition hydrique limitante que les soins apportés au semis prennent toute leur importance.


Plusieurs techniques de semis possibles

  • Le semis sous la coupe : la graine est déposée sur le sol et recouverte de paille broyée. Elle impose un semis précoce. Les résultats sont plutôt bons avec des petites graines (crucifères en particulier…) en valorisant l’eau du sol qui reste à la moisson. Cette technique est très économique mais nécessite un peu d’attention lors de la récolte.
  • Le semis direct sur chaume : il permet de ne pas trop stimuler la levée des repousses, ce qui est intéressant pour semer dans un délai très court après moisson. La qualité des levées est aléatoire en conditions sèches (selon la quantité de paille que les disques peuvent bourrer dans le sillon). Les semoirs à dents adaptés au semis sur chaume donnent un meilleur contact sol-graine que les disques mais stimulent un peu plus la levée des repousses.
  • Le semis à la volée sur un outil de déchaumage juste après moisson : le semis après déchaumage peut donner des levées intéressantes mais l’utiliser directement sur chaume va favoriser une forte levée des repousses, ce qui peut parfois être gênant (étouffement du couvert semé, pression parasitaire…). On peut aussi installer des semoirs pneumatiques à petites graines sur le déchaumeur.
  • Le semis sur sol déchaumé : si les pluies ou l’humidité du sol permettent la levée des repousses après moisson, ces dernières devraient être moins abondantes dans le couvert. Semer un couvert sur sol déchaumé facilite le fonctionnement de certains semoirs, améliore le contact sol-graine mais a tendance à favoriser l’évaporation de l’eau du sol. La levée du couvert est souvent plus homogène sur sol déchaumé que dans le cas d’un semis direct sur chaume. En revanche, la levée est plus dépendante des pluies car la couche déchaumée est souvent desséchée. Le semis du couvert est également retardé d'au moins 10-15 jours par rapport à un semis juste derrière moisson, ce qui peut être gênant pour semer tôt des légumineuses au nord de la Loire.


Différentes techniques de semis utilisables sur sol préalablement déchaumé

  • Le semis avec un semoir traditionnel ou adapté au semis direct : sécurise le bon enfouissement de grosses graines mais technique coûteuse. Le caisson du semoir permet d'avoir une bonne autonomie, même avec des grosses graines.
  • Le semis à la volée sur un déchaumeur : ce dernier peut détruire les adventices levées suite au premier déchaumage. Selon l’endroit où les semences tombent (devant des éléments de travail du sol comme des disques ou au niveau du rouleau), les graines seront plus ou moins enterrées, ce qui convient plus ou moins selon la taille des graines. Le semis à la volée sur déchaumeur est la technique offrant le meilleur rapport qualité-prix pour celui qui souhaite semer un couvert sur sol déchaumé.
  • Le semis à la volée (centrifuge ou pneumatique), éventuellement suivi d’un passage de rouleau : les graines restent en surface ou sont à peine enterrées. Les levées sont totalement dépendantes des pluies. Les crucifères comme la moutarde tolèrent plutôt bien ce mode de semis.


Performance de différents chantiers de semis de cultures intermédiaires derrière un précédent paille restituée :


Différentes techniques de semis sous couvert


Sources