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Lin

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Linum Linum usitatissimum


Le lin cultivé (Linum usitatissimum) est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Linaceae, originaire d'Eurasie. C'est une plante herbacée annuelle, largement cultivée pour ses fibres textiles et ses graines oléagineuses. Suivant les critères de sélection, elle comprend des variétés dont la production principale est la fibre et d'autres la graine.


Description

Linum usitatissimum, a: fruit, b: graine
  • Le lin se présente généralement sous l’aspect d’une tige unique (ou légèrement ramifiée à la base) pouvant atteindre une hauteur voisine de 1 m pour un diamètre au collet de l'ordre de 2 mm.
  • Sur cette tige se répartissent 80 à 100 feuilles simples, lancéolées, sessiles, possédant trois nervures. La disposition de celles-ci est spiralée ; elle forme 3 hélices à partir de la troisième feuille, les deux premières ayant une disposition opposée alterne par rapport aux cotylédons. Pour trouver deux feuilles successives sur une même génératrice, il convient de faire trois tours de tige et de compter 8 insertions foliaires. L’intervalle qui les sépare correspond à la distance interfoliaire. Elle détermine la longueur maximale des fibres élémentaires.
  • Le lin possède une racine pivotante pouvant descendre à plus de 1 mètre de profondeur dans les terres profondes et émettant de nombreuses radicelles.
  • L'inflorescence en forme de cyme porte de nombreuses fleurs dont la couleur varie d'un bleu pur jusqu'à un blanc plus ou moins rosé, selon les variétés. La floraison étagée peut durer jusqu'à 15 jours. Les fleurs comptent 5 pétales obovés, de 5−10 mm et ont une durée de vie brève (une journée). Le pollen demeure viable pendant 5 à 7 heures seulement, depuis la déhiscence des anthères jusqu'à celles des pétales. La reproduction se fait principalement par autopollinisation, quoique les fleurs peuvent occasionnellement être visitées par des insectes, assurant ainsi une pollinisation croisée.
  • Chaque fleur donne un fruit : une capsule, ovoïde, de 6-10 sur 5−10 mm, à cinq loges contenant chacune deux graines et séparées par une fausse cloison plus ou moins ciliée. Ces capsules présentent une légère pointe au sommet. À maturité, les capsules sont plus ou moins déhiscentes selon les variétés.
  • Les graines sont lisses, plates, oblongues, petites et légères (entre 4 et 7 grammes les mille grains) et de couleur brune à maturité. Elles se terminent par un bec légèrement recourbé.

La graine de lin est riche en huile, celle-ci représente 35 à 50 % de sa masse sèche. L'acide linolénique (oméga 3) peut représenter 55 à 75 % des acides gras qui composent cette huile.

La distinction variétale se fait essentiellement par les caractères des fleurs et des capsules (couleur des pétales, des étamines et des styles, moucheture des sépales, ciliation des cloisons des capsules, etc.).


Les variétés

Lin en fleur

La sélection du lin se caractérise par un effort permanent d'amélioration du rendement en fibres et en graines, de la résistance à la verse et de la tolérance à plusieurs maladies (fusariose, brûlure, moisissure blanche (oïdium), verticilliose, etc). À ces critères de base s’ajoutent la recherche de variétés plus résistantes aux amplitudes thermiques et dont les fibres ou les graines pourront être valorisées sur de nouveaux marchés.

En 2016, une quarantaine de variétés de lin textile et presque autant de lin oléagineux sont inscrites au catalogue officiel[1]. Par leur réponse aux conditions de sol et au climat, par leur résistance aux maladies, par leur tenue de tige, les qualités de leurs fibres et, bien sûr, par leur productivité, elles constituent un élément clé de la rentabilité de la culture.

Aspects économiques

Lin oléagineux

  • Surface française : environ 25 000 ha
  • Débouchés :
    • alimentation animale : plus de 80 % de la production après extrusion ou trituration
    • alimentation humaine : graine entière
    • utilisation industrielle : huile (encre, peinture…)
  • Production souvent réalisée sous contrat
Soit une marge brute 335 à 560 €/ha[2]
Charges opérationnelles en €/ha Produit
Semences : 50€
Fertilisation : 120€
Herbicides : 90€
Fongicides : 80€
Rendement : 15 à 20 q/ha
Prix de vente : 450 €/t
Total : 340€ Total : 675 à 900 €


La place du lin dans la rotation des cultures

98 % des surfaces de lin fibre et 50 % des surfaces de lin graine sont emblavées avec des variétés de printemps. Dans cette version, le lin représente une tête de rotation très complémentaire des céréales d’hiver. Le lin montre cependant quelques exigences : il affectionne les terres à tendance légèrement acide (pH d'environ 6,5), profondes et surtout très bien structurées.


Ces éléments sont à prendre en considération avant même l’implantation de la culture, en lui donnant priorité quant au choix des parcelles y compris par rapport au précédent cultural, en effet le potentiel du lin s'exprime d'autant mieux que sa racine pivotante ne rencontre pas d'obstacle, que le couvert végétal est homogène et que la croissance des plantes est régulière. Il faut une implantation soignée et homogène sur un sol régulier. Le meilleur précédent du lin est une céréale à paille.

Les effets bénéfiques du lin sur les autres cultures

Dans l’assolement, le lin peut avoir des effets bénéfiques sur les autres cultures en structurant les terres et en réduisant certaines pressions exercées par les bioagresseurs. Son introduction dans les rotations permet :

  • d’allonger le délai de retour des autres cultures et de limiter ainsi les maladies et les ravageurs qui se conservent dans le sol,
  • de rompre le cycle de certaines adventices
  • de contrôler celles qui sont difficiles à détruire dans d’autres cultures (géraniums, crucifères, graminées estivales annuelles ou vivaces)
  • d’alterner les matières actives utilisées dans une même parcelle, généralement, un étalement du temps de travail lors des périodes de semis et de récolte


L’effet bénéfique du lin fibre sur la structure du sol se traduit le plus souvent par une hausse moyenne de rendement de 5 % de la culture suivante.

Le respect d'un intervalle de 6 à 7 ans entre 2 lins

Comme tête de rotation, le lin ne doit pas revenir trop souvent pour ne pas favoriser la multiplication de champignons telluriques responsables de maladies graves, tels Fusarium oxysporum f.sp. lini, agent de la fusariose vasculaire ou Verticillium dalhiae, agent de la verticilliose. Une fréquence de retour de 6-7 ans constitue un rythme raisonnable, même si la plupart des champignons pathogènes ont une durée de conservation bien supérieure.


La croissance et le développement des plantes

Plantules : les 2 cotylédons laissent entrevoir la première feuille
Lins atteignant une hauteur de 15cm
Lins matures

La croissance du lin fibre est rapide. De la levée à la maturité, il s'écoule environ 120 jours au cours desquels les tiges atteignent leur hauteur maximale et mûrissent. Les étapes de son développement sont nettes. On peut en distinguer six :

  • De l’émergence à la levée : cette période correspond au « point de départ » de la végétation. C'est à ce moment que les plantes sont les plus sensibles au gel, aux amas d’eau et aux ravageurs.
  • De la levée au stade 4 cm : les lins couvrent leurs besoins en zinc. S’ils ne peuvent pas en disposer, ils souffriront d'une carence qui se manifestera vers 10 cm. À 4 cm, la longueur des racines est normalement 10 fois plus importante que la hauteur des plantules.
  • Du stade 4 cm au stade 10 cm : cette étape dure environ 1 mois. Les racines explorent la terre jusqu’à une profondeur de 60 cm. Elles puisent au moins 50 % de l’azote nécessaire à la croissance des lins.
  • Du stade 10 cm à la première fleur : c’est à ce moment que la croissance des lins se fait rapide. En conditions douces et humides, ils peuvent gagner jusqu’à 5 cm par jour. Vers 40 cm, les plantes passent du stade végétatif au stade reproducteur. Leur couleur, caractéristique, tire sur le vert tendre. En 2 semaines, elles peuvent atteindre 80 cm. C'est pendant cette étape rapide que la sensibilité des lins à la verse est maximale.
  • La floraison : elle intervient aux environs du 15 juin. Elle est étagée. Les champs se parent alors d’une subtile couleur bleue entre 1 et 3 semaines selon les conditions météorologiques. Les fleurs s'ouvrent généralement entre 10 h et 13 h (phénomène de thermonastie). Quand la floraison s’achève, les plantes forment des fruits appelés capsules et les feuilles en bas de tiges commencent à tomber.
  • La maturation : après floraison, les lins virent du vert tendre au jaune, leurs capsules brunissent, les tiges se défolient presque entièrement et les graines mûrissent. Le moment de la récolte est arrivé. Celle-ci peut commencer vers le 15 juillet.

99 % des variétés cultivées en 2013 sont de type "printemps". En fonction des conditions climatiques, les semis ont lieu entre le 1er mars et le 30 avril. Un peuplement de 1 500 à 1 600 plantes viables par mètre carré est optimal. Cette densité assure le meilleur rapport entre le rendement, la résistance à la verse et les qualités de fibres.


Grâce à son système racinaire pivotant, le lin fibre montre une grande capacité à prélever les éléments minéraux du sol pour assurer sa croissance, son développement, et pour produire des fibres et des graines. De ce fait, les apports d’azote, de phosphore et de potassium peuvent être modérés. L’apport de zinc est quant à lui indispensable.


La réussite du désherbage est un des points clé de l’itinéraire cultural car la plupart des adventices représentent une concurrence importante pour le lin à tous les stades. Les exigences qualitatives des filateurs et des tisseurs incitent à diversifier les moyens de lutte.


Les altises et les thrips sont les ravageurs les plus fréquents et les plus nuisibles. Nématodes, tipules, noctuelles, tordeuses se manifestent épisodiquement, sous certaines conditions. Plus rarement encore, quelques espèces d’oiseaux, de rongeurs et de gibier peuvent être dommageables au lin.


Comme beaucoup d’espèces, le lin est sujet aux attaques de champignons pathogènes qui peuvent provoquer une fonte des semis ou le dessèchement des plantes, entraînant ainsi des pertes de rendement en paille, en fibres et/ou en graines, et une dépréciation des qualités des produits récoltés. Les maladies du lin sont souvent liées à un état dépressif des plantes. Les bonnes pratiques culturales (respect d’un intervalle d’au moins 6 ans entre deux lins, nettoyage des matériels, semis de variétés résistantes) représentent les moyens les plus efficaces de s'en prémunir.


L'arrachage

Arrachage du lin.

L’arrachage correspond à la première étape de la récolte. Il intervient quand les lins sont matures. Ce terme est employé pour signifier que les plantes ne sont pas fauchées pour que l’opération puisse se faire rapidement et afin de ne pas perdre les fibres présentes dans la partie basse des tiges.

Dans la pratique, l’opération consiste à :

  • tirer fortement sur les plantes dont les tiges cassent au niveau du sol et les racines restent en terre,
  • maintenir les tiges parallèles les unes par rapport aux autres et les déposer sur terre en bandes (ou nappes) continues appelées andains.

L’arrachage mobilise des machines spécifiques, automotrices, appelées arracheuses. Celles-ci pincent les tiges de lin à mi-hauteur entre poulies et courroies et les arrachent par l’effet d’avancement. La multitude des points de pincement sur la largeur de travail d’une arracheuse contraint la machine à regrouper l’ensemble des prises pour former deux andains de tiges et à les faire passer de la position debout à la position couchée à l'aide de courroies quart de tour.


Le rouissage

Tiges de lin fibre disposées en andains, avant rouissage.
Tiges de lin fibre disposées en andains, rouies.

Après leur arrachage, les pailles de lin disposées au champ, en andains, subissent le rouissage. Cette étape détermine en grande partie la qualité du lin. Elle correspond à l’action des micro-organismes du sol (champignons, bactéries) sur les tiges. À la faveur d’une bonne humidité (rosées, pluies) et de températures douces (>10°C), ceux-ci sécrètent des enzymes qui fragilisent les tissus qui entourent les faisceaux de fibres. En créant une perte de la cohésion tissulaire, le rouissage facilite l’extraction mécanique des fibres. Son défaut : il est une étape empirique qui dépend énormément du climat. Il faut en effet que l’attaque microbiologique des pailles soit suffisante pour les fragiliser, mais que cette action reste limitée pour que les micro-organismes n’aient pas le temps d’endommager les fibres.

Le rouissage se traduit par un changement de couleur des pailles qui prennent une couleur brune à grisée. Il est jugé optimal quand les tiges présentent une couleur homogène et quand on peut sans effort extraire les fibres qu’elles contiennent. On dit alors que le lin est "teillable".

Le vent est à la fois un ennemi et un allié du lin lors du rouissage. Quand il souffle très fort, les pailles de lin peuvent être emportées sur plusieurs centaines de mètres mais il est nécessaire au séchage, et c'est l'alternance de périodes sèches et humides qui favorise un bon rouissage. Toutes ces difficultés font que la production de lin est limitée à certaines régions, et est très hétérogène d'une parcelle à l'autre (un orage localisé suffit à altérer la qualité). Comme pour le vin, on parle souvent de crus pour le lin.

Le retournage et l'enroulage

Les pailles rouies sont enroulées.

Il est généralement nécessaire de retourner le lin pour obtenir un rouissage homogène.

Quand les lins sont rouis, les pailles sont enlevées du champ par enroulage. L’opération consiste à enrouler les andains pour former des balles rondes tout en :

  • conservant aux tiges leur disposition parallèle,
  • permettant aux balles de se dérouler ultérieurement, pour reformer l’andain et autoriser l’extraction des fibres.

L’enroulage mobilise une machine spécifique appelée enrouleuse. Celle-ci soulève les pailles et les entraîne vers une cellule dont la dimension s’ajuste au diamètre des balles. L’originalité de l’enroulage du lin repose sur l’insertion de 2 ficelles sur l’andain de pailles afin de permettre le déroulage des balles et l’extraction des fibres qui composent les tiges.

Les pailles de lin récoltées bien sèches et stockées dans de bonnes conditions se conservent de nombreuses années. Elles peuvent alors subir le teillage (opération mécanique qui s’exerce sur les tiges de lin rouies, pour en extraire les fibres).


Annexes

Cette culture est évoquée dans les exemples de mise en œuvre suivants :

Voir les cultures suivantes :

Pratiques s'appliquant à ce type de culture

Guides et outils renseignant ce sujet



Sources

Page Wikipedia sur le lin