Réussir un couvert végétal

De Triple Performance
Couvert végétal (féverole)


Un couvert végétal désigne un ensemble de végétaux recouvrant le sol de manière permanente ou temporaire. Il présente de nombreux intérêts :

  • Capte et restitue les éléments minéraux
  • Entretient la biodiversité
  • Améliore la structure du sol
  • Active la vie biologique des sols
  • Protège contre l’érosion

Tous ces effets ne sont pas nécessairement à rechercher en même temps, il faut savoir identifier le plus important pour son cas et orienter ses choix pour le privilégie. Quel que soit l’objectif, l’efficacité dépend de la quantité de biomasse produite.


Réussir l'implantation et le développement du couvert

Mélanger les espèces

Au moins 4 espèces et 3 familles différentes. Ce type de mélange permet de :

  • Garantir une bonne couverture (compensations possibles en cas de mauvais développement d’une des espèces).
  • Optimiser l’occupation de l’espace avec des plantes complémentaires au niveau racinaire et aérien. Pour ce qui est de la partie visible, préférer des espèces produisant beaucoup de biomasse avec des ports érigés. Au niveau souterrain, l’objectif est de travailler les différents horizons. Seuls les mélanges y arriveront, avec le recours à différents systèmes racinaires (pivotant et fasciculé).
  • Combiner différents avantages (effet structurant des graminées, « chasse d’eau » des crucifères, apport d’azote par les légumineuses, action allélopathique de certaines espèces comme l’avoine, le seigle, le sarrasin ou des crucifères…).
  • Casser les cycles des adventices et des maladies avec des espèces peu ou pas cultivées dans la rotation.


Des semences en quantité suffisante, semées dans de bonnes conditions

Pour réussir le semis :

  • Une bonne densité de semis : à titre d’exemple pour un couvert d’hiver entre 2 maïs, avec une base de féverole, il faudra prévoir au moins 120 kg / ha (par exemple 80 à 100 kg de féverole, 15 à 20 kg de seigle fourrager et 2 kg de radis et/ou phacélie). Si on sème à la volée, il faudra densifier davantage.
  • Bien choisir la date de semis. La date de semis est à adapter en fonction des espèces. Ce choix est déterminant pour la réussite du couvert :
    • Des bonnes conditions de semis : pour les couverts d’hiver, semer le plus précocement possible (idéalement avant le 15 octobre). Semer dans les 4 j qui suivent la récolte pour bénéficier de l’humidité résiduelle ou alors s’assurer d’un apport d’eau dans les 15 j qui suivent le semis. La profondeur de semis doit être calée sur la plus petite profondeur de la plus petite graine (profondeur entre 1.5 cm et 2.5 cm, usuellement recommandée). Le semis à la volée est possible si la structure du sol est bonne (assez grumeleuse pour garantir un contact sol-graine), s’il n’y a pas de risque de rémanence de produits phytosanitaires (sulfonylurés) et suffisamment d’humidité. C’est avec le semis direct (semoirs type semeato ou great plains) qu’on observe le moins de perte à la levée.
    • Rapidité d’implantation : afin d’assurer une bonne levée, notamment pour les petites graines, il faut profiter de l’humidité résiduelle de la culture précédente pour implanter son couvert. De plus, les journées de juillet-août présentent des cumuls de températures et de durée d’ensoleillement bien supérieurs à septembre. Le développement des espèces semées à cette période sera donc plus rapide. Un bon rappuyage du sol favorise également une levée rapide et régulière des espèces. Le semis doit donc être soigné.

Des espèces adaptées au sol

Il faut bien choisir ses espèces selon le niveau de matière organique des sols. Dans les sols avec des niveaux hauts, rapport C/N (carbone/azote) élevé, mieux vaut s’orienter vers des couverts avec des C/N faibles à moyens. Ces derniers fourniront un humus labile, plus facilement utilisable pour la culture suivante. À l’inverse, dans les sols à C/N faible, l’objectif sera de les enrichir en matière organique avec des couverts ayant des C/N élevés (plus riches en fibres). Leur restitution directe sera donc plus lente.


Conduire son couvert comme une culture

  • Choisir des semences de bonne qualité (vérification du taux de germination recommandée)
  • Irriguer quand c’est possible, un apport de 10 mm peut permettre une bonne implantation et un bon développement du couvert
  • Fertiliser son couvert permet d’augmenter la production de biomasse et constitue une avance pour la culture suivante. (La règlementation autorise 50 Kg d’azote efficace sous forme organique).


Détruire au bon moment et facilement

Pas trop tôt pour bénéficier du rôle agronomique du couvert qui va produire plus de biomasse au début du printemps (en particulier pour les légumineuses).

Ni trop tard pour :

  • Eviter la concurrence en eau sur des sols à faibles réserve utile (RU).
  • Permettre au sol de se réchauffer avant l’implantation de la culture.
  • Limiter les faims d’azote (dans le cas de couvert avec des graminées ou des crucifères) : 3 ou 4 semaines avant le semis usuellement recommandé dans ces cas. Pour une destruction mécanique il faut aussi choisir le moment en fonction des stades de développement des espèces du couvert : au moment de la floraison ou de l’épiaison pour les graminées, les plantes sont plus sensibles à la destruction.


Destruction mécanique à privilégier "Pré digestion" du couvert en surface : Rouleaux hacheurs, broyeurs, rolofaca.


Attention au labour : éviter d’enfouir des matières vertes dont la fermentation serait préjudiciable à la culture suivante. Risques de repiquage avec les graminées : il vaut mieux les coucher que les couper.


Réseau de mesures MERCI

En quantifiant les restitutions potentielles en N,P,K, la mesure MERCI vous permet de diminuer vos apports de fertilisants en conséquence et de réaliser ainsi des économies. Depuis quatre ans, la Chambre d'Agriculture des Landes réalise ces mesures chez des agriculteurs intéressés ce qui permet d’obtenir des références locales pour différents types de couverts, dans différents contextes pédoclimatiques et avec différents types d’implantations.

ReussirCouvert Carte.jpg

Consultez sur une carte les couverts présentant les meilleurs résultats de 2017 à 2020 sur le département des Landes. Retrouvez ces résultats en cliquant ici. Cliquez sur un point de cette carte et les caractéristiques et les résultats des couverts s’afficheront. Zoomez si besoin. A noter qu’il est raisonnable de prendre une marge de sécurité sur les chiffres des restitutions (diminuer de 30%) surtout si le couvert n'est pas enfoui.


Cette action "mesures MERCI" est conduite avec le soutien financier du Conseil Départemental et de l’Agence de l’Eau.


Attention : la gestion des couverts en termes de choix d’espèces, de temps de présence, de modes de destruction peut être réglementée dans différents cadres : zone vulnérable, PAC (SIE, OCACIA). Pour connaitre le détail de ces réglementations et compléter les informations techniques, consultez le site de la Chambre d’agriculture (guide des couverts/ Guide de destruction).

Pour aller plus loin

Annexes

Cette culture est évoquée dans les exemples de mise en œuvre suivants :

Voir les cultures suivantes :


Sources