Sainfoin

De Triple Performance
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Production

Le sainfoin, aussi appelé esparcette cultivée ou esparcette à feuilles de vesce, est une Fabacée pouvant atteindre une hauteur de 50 à 70 cm de haut et d’une durée de vie de deux à cinq ans selon les variétés. Très reconnaissable par ses fleurs roses groupées en grappes allongées très appréciées des pollinisateurs, le sainfoin était cultivé partout au début du siècle mais a ensuite perdu du terrain, notamment face à la luzerne. Sa rusticité, sa souplesse d'utilisation et ses qualités nutritives lui ont valu un regain d'intérêt chez les éleveurs, notamment dans les régions calcaires sèches.

En France, le sainfoin est cultivé dans de nombreuses régions, mais il est particulièrement présent dans le Sud-Ouest et le sud de la France, où les conditions sont idéales pour son développement.

Caractéristiques

Le sainfoin s’adapte très bien aux sols calcaires peu profonds mais aussi aux sols sableux et caillouteux. En effet ses racines profondes (environ 3 à 4 mètres) permettent de puiser l'eau en profondeur ainsi que les minéraux nécessaires à sa croissance. Cette Fabacée supporte ainsi très bien la sécheresse mais également le froid, elle peut résister au gel de printemps jusqu’à -4°C[1]. Elle est cependant sensible aux fortes chaleurs au moment du semis[2].

De plus, le sainfoin vit en symbiose avec des bactéries appelées rhizobiums qui se développent dans de petits nodules sur ses racines. Ces bactéries ont la capacité de capter l'azote de l'air et de le transformer en une forme utilisable par la plante. Elle est donc déconseillée sur sols argileux : des sols argileux ou hydromorphes empêchent les bactéries symbiotiques qui lui apportent de l’azote de se développer[3].

Par ailleurs, le sainfoin est adapté aux sols à pH alcalin ou neutre mais déconseillé sur sol acide[3]. Il est également sensible au piétinement, aux excès d’eau et il est conseillé de surveiller les sitones à l’implantation[4].

Intérêts et utilisations

Fauche

Une des utilisations du sainfoin peut être la fauche. Celle-ci donne de très bons rendements les premières années en première coupe (4 à 6 tMS/ha). Le stade optimal pour la fauche est le début de la floraison (avant 1050 °CJ) car les valeurs nutritives du fourrage ont tendance à diminuer dans le cas d’une récolte plus tardive. Le sainfoin est une légumineuse fragile comme la luzerne. Pour une récolte en fourrage sec, il est conseillé d’éviter de le travailler en plein soleil pour ne pas briser les feuilles. Il est préférable de le travailler plutôt en fin de journée, voire de nuit, pour récolter la plante entière et conserver au mieux la qualité du fourrage[1].

Le fauchage du sainfoin est un geste important, surtout s'il est utilisé comme fourrage. Voici quelques conseils pour réussir cette étape :

  • Outil : Pour de petites surfaces, une faux ou une débroussailleuse peut être utilisée. Pour des surfaces plus grandes, il est préférable d'utiliser une faucheuse mécanique.
  • Hauteur de coupe : Il est déconseillé de couper trop ras. Laisser une hauteur de coupe d'au moins 5 à 7 cm du sol permet à la plante de bien redémarrer pour la coupe suivante.
  • Séchage : Il est conseillé de laisser le sainfoin coupé sur le terrain pour qu'il sèche. Vous pourrez ensuite le botteler pour le stocker et en faire du foin[2].

Pâturage

Le sainfoin peut aussi être utilisé en pâturage. En effet, la plante est très appétente pour les animaux, mais elle est également riche en tanins condensés et non météorisante[1]. Les tanins condensés permettent de limiter le passage de l’azote dans les urines des animaux, et une plante non météorisante évite le gonflement de la panse des ruminants. Ainsi, le sainfoin limite les émissions d’azote et de méthane des élevages.

Le sainfoin est également riche en protéines et équilibré en énergie, il est ainsi digestible et bon pour la santé des animaux[5].

Le pâturage peut commencer à partir de 30 à 40 cm. Le sainfoin est sensible au piétinement et au pâturage trop intensif. Il faut éviter de laisser « raser » la parcelle sinon les repousses et la pérennité seront limitées. Un déprimage modéré tôt au printemps est possible mais il est déconseillé si l’on souhaite assurer la première coupe avant les périodes sèches de l’été.  Le pâturage à l’automne après un semis au printemps est possible, mais certains éleveurs préfèrent l’éviter pour ne pas risquer de fragiliser le sainfoin jeune[1].

Engrais vert et structure du sol

Le sainfoin est considéré comme une plante améliorante pour le sol, principalement pour deux raisons, sa capacité à fixer l'azote et ses racines profondes qui agissent sur la structure de la terre.

La capacité du sainfoin à fixer l’azote par les nodosités de ses racines lui confère de nombreux avantages agronomiques. C’est une plante pionnière, qui va coloniser une parcelle avant les adventices indésirables, du fait de sa ressource en azote. Le système racinaire profond (jusqu’à 4 mètres) et pivotant du sainfoin permet également de décompacter le sol, de favoriser un meilleur drainage et de remonter en surface eau et éléments minéraux qui profiteront aux cultures. En se décomposant, la racine laisse de la matière organique en profondeur, ce qui améliore la fertilité et la rétention d'eau du sol sur le long terme[3].

Plante mellifère

Le sainfoin est également très attractif pour les abeilles et d’autres pollinisateurs. Cette plante mellifère stimule l’activité des abeilles pour la fabrication du miel et contribue à améliorer la biodiversité des parcelles. Le miel de sainfoin, prisé pour son goût unique, peut fortement augmenter la valeur ajoutée de ce couvert végétal[3]. Les agriculteurs récoltant les graines ont tout intérêt à permettre une bonne pollinisation pour favoriser le brassage génétique et la qualité des graines. La sortie des abeilles a lieu en journée, il est donc important de faucher tôt le matin ou tard le soir pour ne pas fragiliser voir tuer les abeilles[1].

Couvert végétal

Au vu de toutes ses caractéristiques intéressantes (fixation de l'azote, résistance à la sécheresse et au froid, plante mellifère, système racinaire profond et pivotant), le sainfoin est un couvert végétal polyvalent.

Itinéraire technique

Choix de la variété

Il existe deux grands types de variété de sainfoin :

  • Le sainfoin simple, qui donne un cycle de floraison par année et donc une seule fauche possible. Sa pérennité est de 3 à 5 ans. Ce type de variété est bien adapté au pâturage.
  • Le sainfoin double qui peut faire deux cycles de floraison par année et donc plusieurs coupes sont possibles si les conditions sont favorables. Il est donc plus productif mais sa pérennité est plus faible : 3 ans maximum[1][5].

Semis

Le semis du sainfoin peut s’effectuer au printemps (entre février et mai) ou bien en fin d’été (août-septembre). La densité de semis dépend de la forme des graines : 140 à 150 kg par hectare pour des graines encore en cosse, autour de 50 kg/ha pour des graines décortiquées, plus chères. La profondeur de semis du sainfoin varie entre 2 et 4 cm, selon l’humidité du sol[3]. Le semoir utilisé peut être un semoir à dent ou à disque[4].

Bien que le semis direct ait donné des résultats intéressants, une préparation du sol (par exemple avec un labour) peut être utile pour augmenter les chances de réussite. Il est également conseillé d’éliminer les adventices car le sainfoin est une culture peu compétitive en phase d’implantation. Le terrain doit être ensuite "rappuyé" en profondeur, et nivelé avec soin mais en un minimum de passages. Le sainfoin est cependant moins exigeant que la luzerne[5].

Point de vigilance : Bien qu’il soit résistant une fois développé, au semis le sainfoin ne tolère pas de températures supérieures à 30°C. Il s’adapte par contre à une sécheresse modérée du lit de semence[3].

Fertilisation

Grâce à sa symbiose et à son système racinaire profond, le sainfoin est autonome en azote et économe en intrants. Il est possible d'apporter du fumier ou de l'engrais binaire PK 15 t/ha de fumier de bovins ou 10 t/ha de fumier d’ovins et 40 P et 160 K pour compenser les exportations[1][4].

Récolte

Comme vu précédemment, le sainfoin peut être utilisé de différentes manières :

  • en fauche au printemps, au stade "début floraison", pour assurer des réserves de qualité,
  • en pâturage au printemps, car le sainfoin démarre assez tôt à cette époque,
  • en pâturage d'automne, même tard en arrière saison car il résiste bien aux gelées précoces[5].

Voici quelques conseils pour la récolte :

  • Période de récolte : Une coupe par an.
  • Partie de la plante : La plante entière.
  • Stade : Récolte au stade "début de floraison" pour le fourrage[2].

Rotations et associations de culture

Rotation conseillée

Le sainfoin est un excellent précédent pour toutes les céréales, dont il pourra augmenter le rendement suite à l’apport d’azote de ses nodosités. Il est également intéressant avant un colza, aux besoins en azote souvent élevés.

Rotation déconseillée

Un couvert permanent de sainfoin est impossible à combiner avec des betteraves, du fait de la trop forte concurrence sur la culture.

Associations conseillées

Le sainfoin peut se cultiver pur ou en association au sein de mélanges fourragers diversifiés. Valorisé en pâturage, le sainfoin associé à des graminées telles que la fétuque ou le dactyle permettent de produire une alimentation complète. L’ajout au sainfoin très rustique d’une autre légumineuse telle que la luzerne, plus sensible aux sécheresses mais productive, permet également de maintenir la production du couvert sur toute sa durée d’implantation.

Associations déconseillées

Dans un mélange avec des espèces très vigoureuses (brome ou certaines crucifères), le sainfoin à la croissance plus lente pourrait être étouffé par ces dernières et donc ne pas se développer. On privilégiera donc des plantes de vigueurs semblables pour un couvert associé au sainfoin[3].

Maladies et ravageurs

Le sainfoin, globalement résistant aux maladies et ravageurs, est une culture économe en produits phytosanitaires[2][5].

Sources

Annexes