Logo MSV Normandie officiel.png

Ferme Jamato - ITK Maraîchage Sol Vivant

De Triple Performance
Aller à :navigation, rechercher

Présentation du contexte et des itinéraires techniques mis en place par Clément Lechartier à la ferme Jamato, petite surface en maraîchage sol vivant à Gonneville-la-Mallet (76). Les informations présentées sur cette page sont issues de plusieurs comptes rendus de visites de ferme réalisées depuis 2019.


Contexte de la mise en œuvre


Historique

  • 2013 : Installation sur 2,1 ha avec 1,5ha de culture dont 0,12ha sous serre.
  • 2022 : 2ha de plein champs et 0,15 sous serre et arrêt de la traction animale.


Organisation et temps de travail

Clément travaille 4 jours par semaine et il y a également 2 salariés présents 3 jours par semaine.


Commercialisation

Il produit pour deux AMAP dans lesquelles il vend 100 paniers (50 paniers chacune) par mois à 14 € l’unité. Cette année (2023) il démarre une 3ème AMAP. Il fait un marché pendant un mois au printemps pour vendre un peu de plants maraîchers.


Irrigation et serre

Irrigation

Il récolte l’eau de pluie qui est stockée dans une mare, alimentée au besoin par l’eau de réseau. Il est actuellement en réflexion pour améliorer ce système imparfait, en vu du changement climatique et des besoins limités mais néanmoins nécessaires. L'irrigation se fait au goutte-à-goutte (+ aspersion générale sous serres), alimentés par une pompe liée à la mare.


Serre

Il y a au total 1 500 m2 de serres (non travaillées depuis 2016).


Ressources en matière organique

Achat de compost (quantité variable) et de paille (10 ballots l’année environ), reliquats d’adventices et de tout les légumes laissés sur place lors du désherbage ou de la récolte.


Gestion des jardins

Une couche chaude est fabriquée sur place et sert à gérer les semis de tomates en février-mars uniquement (elle reste utile pour les autres légumes d’été qui nécessitent de la chaleur pour germer), et ce uniquement dans la serre à plants. Pour réchauffer les sols plus rapidement ou maintenir un hors gel, il utilise des tunnels nantais et des bâches d’ensilages noires pour certaines cultures.

Les plants de légumes d’été qui ne germent pas en Seine-Maritime (tomate, poivron, aubergine,…) ne sont pas en semis direct.

Les planches font 80cm de large, avec 40cm de passe-pieds qui servent de passage aux roues du tracteurs.


Itinéraires techniques

Il n'est pas en autoproduction de semences, c’est un budget à part entière. Il reproduit quelques légumes pour un petit réseau de semences inter-maraîcher, mais presque toutes les graines sont achetées (pas d’hybride en tout cas).

Lorsqu'il est nécessaire, la désileuse (achetée 7000€ sur Leboncoin) sert à appliquer une couche de compost ou gazon sur les planches qui en ont besoin.


Tomates

Semis 1ère semaine de février.

Variété : Redis Greenwich, Rose de Berne et Marmande.

Variété très précoce en population : Matina - 10 jours avant mais pas excellente.

Il ne réalise aucun tuteurage pour les tomates, uniquement un voile d’hivernage.

Arrivée des tomates : Mi-Juillet.


Courges

Il laisse les graines affleurer pour favoriser la germination lors du semis.


Aubergines / Poivrons

Il n’utilise pas de table chauffante. Variété Aubergine : Shakira / Black Diamond (Aucune différence entre F1 et population).


Oignons

Variété : Red barron et Rouge d'Abbeville.


Endives

Ils sont mis en place fin février (S5) sous serre, sortie 1 mois et demi plus tard (S9). Lors de la récolte, il y a en moyenne 80 kg de racine par série ce qui équivaut à "12 caisses noires de 50cm de long". Il planifie 4 a 5 semaines d'endives par an pour sa vente de paniers.


Artichauts

Cette culture est conduite en annuelle pour une récolte à l’été/automne mais ce sont de petits artichauts.

Conseil : En ce qui concerne le gel, il n’utilise pas de protection et il y a 50% de reprise en moyenne.


Navets

Variété : Boule d'or.


Carottes

Elles sont semées en novembre sous compost après la culture de haricots à rame. Il passe en moyenne 2h de désherbage par planche.

Densité : 1 coup de fourche pour 1 botte de carotte.

Variété : Amsterdam et Rodelika.


Les mulots

Les mulots sont un problème récurent sur toutes nos surfaces de cultures, surtout sous serres et sous les bâches, où la prédation est de fait très limitée. Un chat efficace, des renards de passages, des buses et busards occasionnels et une (ou deux ?) couleuvre(s) aident énormément. Il faut également déranger les mulots en déstructurant leur galeries dès que possible.


Astuces et particularités de la ferme

  • Serre : Sur presque chaque pied d'arceau il insère une vivace à la place d'un rumex. Ce qui lui permet de garder un certain contrôle sur ce type de plante. Il y a une demi planche de culture au niveau des bords intérieurs des serres tunnels, et leurs "préparations" avant plantation ou semi sont suffisantes pour limiter l’arrivée des adventices, qui généralement sont un problème à ces endroits pour les maraîchers (notamment le chiendent qui s’invite lentement mais sûrement). Il a préféré ajouter des vivaces sur les arceaux pour faciliter l’entretien et surtout amener une biodiversité en fleurs. Celles-ci ne se vendent pas, mais offrent un gîte à des insectes pollinisateurs et/ou auxiliaires. Il est donc important de choisir ces fleurs pour en attirer certains (spécifiquement les mangeurs de pucerons : chrysope, et les bourdons, indispensables à la fructification des courgettes et tomates sous serre). Aussi, en limitant le travail de la planche à ces endroits, il offre une sécurité pour les hivernages des crapauds. Au final, le peu de place "perdue" est dérisoire face aux bienfaits de la biodiversité.


  • Arbre : Ils sont très nombreux et variés. Il y a des parcelles découpées et entourées de haies, qui sont élaguées, taillées, et tondues assez régulièrement. Il faut faire la balance entre ensoleillement et puissance de la vie du sol, l’arbre étant un élément indispensable à la bonne tenue de ce dernier (rhizomes et terroir), et servant de support à tout les niveaux des réseaux trophiques. Le rumex n’est pas un vrai problème, le chiendent étant plus difficile à contenir. Le stockage de l’eau dans le sol est bon sur les sols argileux, et la haie de saule est sur la partie en contrebat pour absorber un excès en cas d’hiver très pluvieux, comme on en a eu cette année 2022-2023. Notre taux de matière organique suffit à maintenir une terre drainante sur les parcelles.


Galerie photos

Les photos datent du printemps 2022.


Annexes





Partager sur :