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Mise en place d'un système de récupération des eaux pluviales

De Triple Performance
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Agriculture-bio.pngAgriculture Biologique
Mare © Ferme de la Renaudière


Face à des besoins croissants en eau liés aux épisodes de sécheresse plus fréquents et intenses, La Ferme de la Renaudière, située à Ecueillé dans la région Centre-Val de Loire, décide de mettre en place un système de récupération des eaux pluviales sur son exploitation. Joseph Morin nous présente ici son fonctionnement.


Contexte de la mise en œuvre

Joseph Morin est maraîcher bio depuis de nombreuses années. En 2008, il change ses pratiques culturales et décide de travailler en permaculture. Il cultive sur 7 000 m2 plus de 110 variétés (légumes, fruits et petits fruits, aromates) en planches de 1 m de large et 40 m de long, et utilise en priorité des engrais verts et des paillages pour couvrir ses sols ainsi que de la toile tissée. L’arrosage est réalisé en goutte-à-goutte et est adapté selon les cultures et les besoins.


Depuis quelques années, face aux épisodes de sécheresse de plus en plus récurrents et intenses, lui et son fils doivent faire face à des manques d’eau et des problématiques d’arrosage. Initialement, ils arrosaient leurs cultures avec un puits présent sur l’exploitation mais la réserve en eau du puits a fortement diminué. Ils ont donc décidé de mettre en place un système de récupération des eaux de pluies pour pouvoir arroser les cultures et faire face aux épisodes de sécheresse et aux pénuries d’eau. L’objectif pour eux est de parvenir à être le plus autonome possible notamment concernant la ressource en eau.


Système de récupération des eaux pluviales

Le système de récupération des eaux pluviales mis en place sur La ferme de la Renaudière se décompose en 3 parties :

1) Récupération des eaux de pluie de la maison principale

Mare © Ferme de la Renaudière

Les eaux de pluie de la maison principale sont récupérées sur la façade Sud. La maison étant sans fondation sur l’argile, il est important de laisser couler l’eau sur la face Est pour humidifier l’argile au sol afin d’éviter de déstabiliser le bâtiment et de créer des craquelures (la gouttière nord est dirigée vers le pignon Est). L’eau de pluie est récupérée grâce aux gouttières présentes sur la maison et la véranda et passe dans des gouttières enterrées qui amènent l’eau directement dans une mare située à une trentaine de mètres en face du bâtiment. Ils ont construit la mare qui peut accueillir un volume d’eau de 90 m3. Afin d’éviter les pertes d’eau, la mare a été bâchée (sur le fond et les parois latérales).


2) Récupération des eaux de pluie des jardins par drainage

Le terrain étant en pente, l’eau de pluie est également drainée dans les jardins grâce à des drains (tuyaux) placés en amont qui permettent à l’eau de descendre et d’arriver dans une mare creusée en aval sur la propriété (mare de 200 m3). Quand elle est remplie, elle se déverse sur une deuxième mare de 90 m3. Initialement, Joseph avait construit uniquement la première mare mais elle ne suffisait pas à arroser l’ensemble des cultures. Il a donc construit une deuxième mare et a créé une connexion entre les deux. Les eaux de pluies de chalets en bois à proximité sont aussi récupérées grâce aux gouttières des bâtiments et à des gouttières enterrées par canalisation et sont amenées à la même mare.


3) Etang de récupération des eaux de pluie

Progressivement, ils se sont rendus compte que leur système de récupération des eaux de pluie n’était pas optimisé car ils perdaient de l’eau (le trop plein se déversait) et que leurs besoins en eau continuaient d’augmenter. Face à ce constat, ils ont construit un étang de 600 m2 de surface et de 2 m de profondeur, qui permet d'accueillir un volume de 1000 à 1200 m3. La deuxième mare de 90 m3 se déverse dans l’étang. Il s’agit d’un système de vases communicants qui peut aller dans les deux sens (s’ils souhaitent par exemple que l’étang ramène l’eau dans la petite mare). Pour l’arrosage, c’est l’eau de la deuxième petite mare de 90 m3 qui est utilisée. Joseph arrose ses cultures majoritairement en goutte à goutte et paille ses cultures pendant toute la saison chaude de manière à économiser l'eau au maximum.


Le coût

Pour construire ces différents systèmes de récupération des eaux de pluie, aucune subvention n’a été obtenue auprès de la Direction Départementale des Territoires (DDT), bien qu’une demande ait été faite.

Le coût de mise en place d’un système de récupération des eaux pluviales est moins élevé que pour un forage. A titre d’exemple, pour l’exploitation de La Ferme de la Renaudière, le coût de construction d’un forage à 60 m de profondeur (niveau où ils pouvaient avoir suffisamment d’eau en abondance sur leur terrain), s’élevait à plus de 10 000 €. Pour construire l’étang de 600 m2, cela leur a coûté environ 5000 €. Ce tarif peut augmenter s’il y a des travaux de terrassement à réaliser.


Quelques conseils :

  • Il est important de récupérer uniquement l’eau issue du ruissellement et non l’eau des cours d’eau.
  • Si le terrain est en pente, enterrer des drains en amont et les faire descendre vers l’étang.
  • Pour construire une mare ou un étang au-dessus de 1000 m2 il est obligatoire d’avoir un permis de construire.


Bilan

Le système de récupération des eaux de pluie mis en place par Joseph est assez rapide à mettre en place mais il s’est monté ici progressivement sur quatre ans en fonction des besoins de l’exploitation. Il a constitué un énorme soutien face aux gros épisodes de sécheresse et aux pénuries d’eau. Cette année, l’étang n’était pas complètement plein. Joseph et son fils espèrent parvenir à le remplir suffisamment pendant l’hiver (le remplissage étant dépendant des précipitations) afin de pouvoir arroser ses cultures, et notamment ses arbres fruitiers au moins deux fois par mois (l’idéal étant deux fois par semaine sur les arbres fruitiers de juin à septembre).


Au-delà du système de récupération des eaux de pluie, d’autres pistes peuvent être étudiées pour faire face aux problèmes de sécheresse, comme par exemple l’utilisation de voiles d’ombrage pour protéger les cultures fragiles (essentiellement à la plantation) ou encore l’utilisation de variétés plus résistantes telles que les cultures d’été lentes à monter en graines. La Ferme de la Renaudière a perdu quelques fruitiers cette année mais certains pêchers ont moins souffert de la chaleur et ce, même sans arrosage.

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