Agroforesterie en viticulture, avec Marceau Bourdarias, Alain Canet & Hervé Coves
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Aujourd'hui, on continue le cycle avec Marceau Bourdarias, Alain Canet & Hervé Coves : Agroforesterie en viticulture : règles élémentaires et principes premiers pour La Belle Vigne.
En partenariat avec Arbre & Paysage 32 & Pour une Agriculture du Vivant
Introduction
Cette rencontre en ligne s’inscrit dans le cadre de La belle vigne, une initiative destinée à rassembler, pour les vignerons, les approches agronomiques, écologiques et systémiques déjà en cours dans d’autres secteurs agricoles. L’objectif annoncé est de construire une viticulture du XXIe siècle capable de produire un vin de qualité, tout en restaurant les sols, en renforçant la biodiversité et en répondant aux enjeux climatiques.
Après une introduction générale, les interventions principales sont assurées par Marceau Bourdarias, Hervé Covès et Conrad Schreiber, avec les retours de terrain de Jean-François Aguttes.
La belle vigne : une démarche agronomique globale
La belle vigne est présentée comme une déclinaison viticole des grandes démarches déjà engagées ailleurs :
- en maraîchage, avec le maraîchage sur sol vivant ;
- en grandes cultures, avec la conservation des sols ;
- en élevage, avec les approches fondées sur l’autonomie et les prairies.
L’idée centrale est de proposer aux vignerons une approche systémique fondée sur les sols vivants, avec une exigence forte : couvrir les sols horizontalement et verticalement, afin de mieux gérer l’eau, le carbone, la fertilité et les effets du réchauffement climatique.
Selon Conrad Schreiber, les conditions sont désormais réunies pour cela : les savoir-faire existent, les techniciens sont là, les expériences s’accumulent, et il devient possible d’agréger ces compétences pour construire une vigne plus résiliente.
La vigne, une liane qui a coévolué avec l’arbre
Un point de départ important de la discussion consiste à rappeler la naturalité de la vigne. La vigne est décrite comme une liane ayant coévolué avec l’arbre, notamment dans les ripisylves. Dans son fonctionnement originel, elle pousse en prenant appui sur d’autres végétaux pour développer sa surface foliaire et accéder à la lumière.
Cette lecture change le regard porté sur la viticulture :
- la vigne n’est pas naturellement une plante isolée ;
- elle est historiquement liée à des milieux arborés ;
- elle peut donc être pensée dans des systèmes agroforestiers.
Cette coévolution avec l’arbre est utilisée comme base pour repenser les formes viticoles actuelles, souvent très simplifiées, voire déconnectées de leur fonctionnement écologique d’origine.
Sols nus, sols couverts, sols vivants
Une idée revient tout au long de la rencontre : la différence majeure entre des vignobles qui se dégradent et des vignobles qui se régénèrent tient largement à la couverture des sols.
Le constat posé est sévère :
- les sols nus se dégradent ;
- ils s’érodent ;
- ils perdent de la matière organique ;
- ils chauffent, se dessèchent et deviennent moins fertiles ;
- ils favorisent le ruissellement et les pertes d’eau.
Conrad Schreiber résume cela par une formule simple : « sol nu, sol foutu ».
Il insiste sur le fait que la crise actuelle est d’abord une crise du sol nu et du travail du sol, plus qu’une simple crise climatique. Pour lui, tant que l’agriculture et la viticulture laisseront des sols à nu ou les perturberont trop fréquemment, elles continueront à aggraver leurs propres difficultés.
À l’inverse, couvrir le sol permet de :
- protéger sa surface ;
- nourrir la vie biologique ;
- augmenter l’infiltration de l’eau ;
- reconstituer la matière organique ;
- favoriser la porosité ;
- restaurer la fertilité.
Le modèle de référence : la prairie
Pour Conrad Schreiber, le système agricole le plus abouti du point de vue écologique est la prairie. Elle constitue un modèle de fonctionnement pour penser les vignobles de demain.
La prairie se caractérise par :
- une combinaison de plantes ;
- une couverture permanente ;
- une photosynthèse active une grande partie de l’année ;
- un sol jamais travaillé ;
- une forte production de biomasse ;
- un recyclage continu de la matière organique ;
- une très forte activité biologique.
Dans ce modèle, le végétal produit du carbone, une grande partie retourne au sol, et la biodiversité assure le recyclage. L’enjeu serait donc de rapprocher la viticulture de ce type de fonctionnement, en introduisant :
- des couverts végétaux diversifiés ;
- des plantes pérennes ;
- des arbres ;
- un recyclage maximum sur place.
Le carbone comme colonne vertébrale du système
Le carbone est présenté comme la base de la fertilité. Plusieurs intervenants rappellent que le carbone, c’est la vie.
Dans cette logique :
- les plantes captent le carbone atmosphérique ;
- elles produisent de la biomasse ;
- cette biomasse nourrit le sol ;
- le sol vivant recycle cette matière et soutient à nouveau la plante.
La question n’est donc pas seulement de fertiliser, mais de restaurer un cycle du carbone fonctionnel. Cela suppose :
- de produire beaucoup de biomasse ;
- d’en laisser une grande partie sur place ;
- de limiter les exportations inutiles ;
- d’éviter le travail du sol qui accélère l’oxydation de la matière organique.
Conrad Schreiber rappelle qu’en système vivant, la fertilité ne se réduit pas à l’apport d’engrais : elle dépend de la capacité du système à faire pousser des plantes et à recycler leurs résidus.
Mycorhizes, réseaux du sol et échanges invisibles
Hervé Covès développe longuement l’importance des réseaux mycorhiziens. Il montre que la plante nourrit très tôt son environnement souterrain et qu’une part significative de son énergie sert à construire ces associations avec les champignons.
Selon lui :
- dès la germination, une grande partie des réserves de la graine sert à l’édification du système racinaire et du réseau mycorhizien ;
- ensuite, une part importante de l’énergie issue de la photosynthèse continue d’alimenter ce réseau ;
- ce réseau n’est pas accessoire, il fait partie intégrante du fonctionnement de la plante.
Les mycorhizes permettent :
- d’explorer le sol ;
- d’accéder à l’eau et aux nutriments ;
- de multiplier les zones de contact avec le milieu ;
- de créer des connexions entre plantes différentes.
Hervé Covès insiste aussi sur le fait que les réseaux fongiques peuvent mettre en relation des plantes très diverses. Ils contribuent à la circulation de substances, d’informations et même, selon les travaux évoqués, à des formes de signalisation plus fines entre plantes.
Les plantes font société
Un des fils directeurs de l’intervention d’Hervé Covès est que les plantes apprennent à vivre ensemble. Elles construisent progressivement un milieu commun et développent des relations de coopération.
Cette idée conduit à plusieurs conséquences :
- le vivre-ensemble végétal ne s’improvise pas ;
- il demande du temps ;
- toutes les associations ne fonctionnent pas immédiatement ;
- les plantes pérennes jouent un rôle majeur dans cette mémoire écologique.
Autrement dit, une vigne, un arbre, une plante compagne ou une haie n’entrent pas automatiquement dans une relation harmonieuse. Cela se construit, notamment par l’intermédiaire des réseaux mycéliens et de la continuité écologique.
D’où l’importance de :
- maintenir des plantes pérennes ;
- conserver des zones spontanées ;
- relier les parcelles à leur environnement ;
- créer des continuités entre ripisylve, haies, lisières et vignes.
Le rôle des arbres dans le vignoble
L’arbre est présenté à plusieurs reprises comme :
- un outil de production ;
- un outil d’aide à la décision ;
- un régulateur ;
- un amortisseur climatique ;
- un producteur de biomasse ;
- un support de biodiversité ;
- un élément de paysage et de connexion.
Les formes d’intégration évoquées sont nombreuses :
- arbres dans l’interrang ;
- arbres en bordure ;
- arbres fruitiers ;
- arbres conduits en trogne ;
- vieux arbres ;
- alignements ;
- haies et lisières connectées au vignoble.
Les intervenants insistent cependant sur le fait qu’il ne suffit pas de planter des arbres. Pour que cela fonctionne, il faut réfléchir :
- à la bonne essence ;
- au bon emplacement ;
- à la densité ;
- à la forme ;
- à la hauteur ;
- à la gestion dans le temps ;
- à la circulation de l’air ;
- aux interactions avec les couverts et la vigne.
Il est également rappelé que l’arbre ne doit pas être pensé seul, mais dans un ensemble comprenant le sol couvert, la vie biologique, les champignons et la gestion de la vigne elle-même.
La taille de la vigne selon Marceau Bourdarias
L’intervention de Marceau Bourdarias constitue un moment central de la rencontre. Il développe une lecture architecturale et physiologique de la vigne, en insistant sur la nécessité de respecter sa naturalité.
La vigne construit du bois, des réserves et de la résilience
Marceau Bourdarias rappelle qu’une vigne est une plante ligneuse pérenne qui développe :
- une croissance primaire, avec les rameaux, les feuilles et le système racinaire fin ;
- une croissance secondaire, c’est-à-dire la fabrication de bois en épaisseur.
Ce bois n’est pas seulement une structure mécanique. Il sert aussi à :
- conduire la sève brute ;
- stocker des réserves ;
- soutenir la croissance future ;
- permettre à la plante de redémarrer ;
- donner de la résilience face aux aléas.
Les réserves carbonées, essentiellement sous forme de sucres polymérisés, sont stockées dans le bois. Elles jouent un rôle dans :
- le maintien des cellules vivantes en hiver ;
- le redémarrage du printemps ;
- la sortie des bourgeons ;
- la capacité de la plante à repartir après un gel ou une grêle ;
- l’alimentation des microorganismes du sol.
Le lien entre réserves et résistance
Marceau Bourdarias suggère qu’une vigne qui a pu constituer des réserves dispose d’une plus grande capacité de résistance. Cela concerne :
- les stress climatiques ;
- les accidents comme le gel ;
- la grêle ;
- les périodes défavorables à la photosynthèse ;
- la concurrence éventuelle avec d’autres végétaux.
Sans affirmer un mécanisme unique, il insiste sur l’idée qu’une plante riche en réserves est plus solide et plus apte à encaisser les perturbations.
Comprendre l’allongement naturel de la vigne
Un point décisif de son exposé est que la vigne construit chaque année une nouvelle couche de plante au-dessus de la précédente. Cette logique d’édification impose de ne pas nier l’allongement naturel.
Selon lui, une partie des problèmes actuels vient du fait que l’on empêche la vigne de progresser dans sa structure, en cherchant à la maintenir trop courte ou en réalisant des coupes mal placées.
Il insiste sur une idée importante : respecter la naturalité de la vigne ne signifie pas la laisser s’allonger sans limite, mais accepter un minimum d’allongement.
Les plaies de taille et leurs conséquences
À partir de coupes de bois et d’animations, Marceau Bourdarias montre que les grosses plaies ont des effets profonds sur le système vasculaire de la vigne.
Chaque coupe importante provoque :
- une déshydratation jusqu’à sa base ;
- une perte de continuité des flux ;
- une compartimentation ;
- un abandon de certaines parties du bois ancien ;
- une diminution de la capacité de stockage des réserves.
Ainsi, une plante peut paraître saine extérieurement tout en ayant déjà perdu une partie de sa fonctionnalité interne.
Il montre que des pratiques de taille qui choisissent simplement « la plus belle baguette » sans prendre en compte la continuité physiologique conduisent à des abandons répétés de flux de sève et à une dégradation progressive de l’architecture du cep.
Accepter plus de bois pour gagner en résilience
Marceau Bourdarias défend l’idée qu’une vigne avec davantage de bois n’est pas un handicap, mais une force, à condition qu’elle soit bien conduite.
Une vigne plus développée peut selon lui :
- stocker plus de réserves ;
- mieux résister ;
- mieux supporter les aléas ;
- être plus résiliente face à la concurrence ;
- être plus compatible avec une viticulture agroécologique et agroforestière.
Il conteste l’idée selon laquelle une vigne basse et courte produirait forcément mieux. Pour lui, ce raisonnement est biaisé par des modes de taille qui dégradent déjà la plante. Si la taille respecte la structure et la continuité des flux, une vigne plus développée devient un atout.
Longévité potentielle des vignes
Interrogé sur la durée de vie des ceps, Marceau Bourdarias répond qu’une vigne bien greffée, bien enracinée, bien taillée et implantée dans un sol fonctionnel peut devenir extrêmement durable, voire, dans son principe, quasi immortelle.
Il rappelle que :
- des vignes de deux cents ans existent ;
- une taille respectueuse renouvelle continuellement la plante ;
- les grands problèmes viennent souvent de la combinaison entre taille destructrice, greffage imparfait, enracinement déficient et sols mal gérés.
Les systèmes racinaires et les limites du matériel végétal
En fin d’intervention, Marceau Bourdarias attire l’attention sur la qualité des systèmes racinaires issus du bouturage industriel.
Il montre que certaines vignes présentent :
- de nombreuses racines issues du même point ;
- un enchevêtrement qui finit par provoquer des étranglements ;
- des flux limités ;
- une alimentation moins efficace ;
- des fragilités accrues en période de sécheresse.
Il estime donc que la réflexion agroécologique ne peut pas se limiter aux arbres, aux couverts et à la taille : elle devra aussi s’intéresser à la manière de produire du matériel végétal plus cohérent avec l’objectif de résilience.
Couverts végétaux et gestion des plantes spontanées
Le rôle des couverts végétaux est central dans l’ensemble de la discussion. Ils sont vus comme des outils pour :
- nourrir le sol ;
- produire de la biomasse ;
- limiter l’érosion ;
- réguler l’eau ;
- favoriser les champignons ;
- structurer biologiquement le milieu ;
- faire revenir des équilibres.
Mais plusieurs intervenants rappellent aussi qu’au-delà des semis, il faut apprendre à observer et gérer les plantes spontanées.
Jean-François Aguttes explique qu’il cherche à comprendre ce que les adventices tentent de réparer dans le système. Il considère que certaines plantes dites envahissantes signalent en réalité des déséquilibres et participent à une remise en ordre biologique.
L’enjeu devient alors moins de lutter systématiquement que :
- d’identifier les plantes présentes ;
- de comprendre leur cycle ;
- de voir ce qu’elles indiquent ;
- de décider quand les accompagner ou les réguler.
L’expérience de Jean-François Aguttes
Jean-François Aguttes apporte plusieurs retours de terrain sur la couverture des sols et les essais conduits dans ses parcelles.
Des parcelles pauvres qui répondent bien
Il décrit des situations de parcelles très difficiles, parfois aménagées autrefois au bulldozer, avec peu de terre végétale et un fonctionnement dégradé.
Dans ces secteurs, l’apport de matière carbonée et la mise en place de couverts ont produit des résultats qu’il juge très encourageants :
- amélioration de l’état des sols ;
- progression du potentiel de rendement ;
- meilleure maturité des raisins ;
- évolution globale du comportement de la vigne.
Trèfles souterrains et légumineuses
Il évoque notamment l’usage de trèfles souterrains dans le rang. L’idée est de s’appuyer sur des plantes capables :
- de couvrir ;
- de produire de l’azote ;
- de coloniser ;
- puis de se ressemer naturellement.
Ces espèces peuvent permettre de construire progressivement un sol vivant, avec de moins en moins d’intervention mécanique.
Le semis comme chemin vers l’autonomie
Dans son échange avec Conrad Schreiber, l’idée apparaît que le semis n’est peut-être qu’une étape. À terme, sur une culture pérenne comme la vigne, il pourrait être possible de s’appuyer davantage sur les flores spontanées, à condition que le système soit redevenu fonctionnel.
Cette autonomie suppose toutefois :
- de comprendre les équilibres entre graminées et légumineuses ;
- de gérer les cycles ;
- de surveiller la nutrition ;
- d’apprendre à lire les dynamiques végétales.
Biodiversité et auxiliaires
La biodiversité n’est pas présentée comme un supplément esthétique ou un simple objectif réglementaire. Elle est décrite comme un outil de production.
Les haies, lisières, vieux arbres, plantes compagnes et couverts créent des habitats qui permettent le maintien de nombreux auxiliaires :
- insectes prédateurs ;
- pollinisateurs ;
- chauves-souris ;
- oiseaux ;
- carabes ;
- syrphes.
Hervé Covès souligne que plus il existe de diversité végétale autour de la parcelle, plus on offre d’habitats à des cortèges variés d’êtres vivants. Ceux-ci peuvent ensuite contribuer à la régulation des ravageurs.
Il est aussi rappelé que ces auxiliaires ont besoin de continuités écologiques pour circuler. Une haie seule ne suffit pas toujours si la parcelle reste nue et peu accueillante.
Bioclimatisme du vignoble
Dans l’exercice final de dessin collectif, les intervenants abordent la question du bioclimatisme appliqué à la vigne.
L’idée est de penser la parcelle comme un habitat à aménager pour améliorer les conditions de vie de la vigne. Cela implique de prendre en compte :
- l’exposition ;
- le relief ;
- les flux d’air ;
- les accumulations de froid ;
- le rôle des arbres ;
- les effets d’ombrage ;
- la circulation des masses d’air.
Un point important concerne la gestion du froid. Dans une parcelle en coteau, l’air froid descend et s’accumule en bas. Il faut donc éviter de créer des obstacles qui bloqueraient cette circulation dans les zones sensibles au gel.
Cela conduit à des principes comme :
- ne pas fermer totalement les bas de parcelles ;
- remonter les couronnes de certains arbres ;
- utiliser des formes comme les trognes ;
- organiser les arbres de manière à amortir sans piéger le froid.
La trogne comme figure centrale
L’arbre têtard, ou trogne, est présenté comme une forme particulièrement intéressante. Il devient presque un fil conducteur symbolique de la rencontre.
La trogne permet de :
- produire de la biomasse ;
- gérer les hauteurs et la lumière ;
- conserver des cavités favorables à la biodiversité ;
- maintenir des circulations d’air ;
- produire du bois raméal ;
- inscrire l’arbre dans une gestion régulière et paysanne.
Elle apparaît comme une forme compatible avec la vigne, dès lors qu’elle est pensée dans un projet global.
Indicateurs de résultat et nouvelle manière de piloter
Un autre thème fort de la rencontre est le passage d’une logique d’objectifs de moyens à une logique d’indicateurs de résultat.
Les intervenants invitent à observer concrètement :
- combien de jours le sol reste couvert ;
- quelle quantité de biomasse est produite ;
- ce qui se passe dans le sol ;
- comment évoluent les rendements ;
- comment se comporte la vigne ;
- quelles transformations sont visibles à la parcelle.
L’enjeu est de ne plus raisonner seulement en interventions, mais en fonctionnement réel du système.
Formation, compétences et changement de regard
Plusieurs intervenants soulignent que le verrou principal n’est pas seulement technique : il est aussi dans l’accès à la connaissance et dans la montée en compétence.
Cela concerne notamment :
- la lecture des sols ;
- la gestion des couverts ;
- la compréhension des mycorhizes ;
- l’observation des plantes spontanées ;
- la taille de la vigne ;
- l’agencement agroforestier.
Il est annoncé que les formations en ligne deviennent possibles via les fonds de formation, ce qui ouvre la voie à de nouvelles modalités d’apprentissage et à une diffusion plus large des expériences.
Conclusion
Cette rencontre pose les bases d’une viticulture agroécologique et agroforestière fondée sur quelques idées fortes :
- la vigne doit être replacée dans son fonctionnement de liane ;
- le sol nu est un problème majeur ;
- la couverture végétale est un socle ;
- la fertilité dépend du carbone et de la vie du sol ;
- les mycorhizes et les réseaux biologiques sont centraux ;
- l’arbre doit être pensé comme un allié structurant ;
- la taille de la vigne est une question décisive ;
- la biodiversité est un outil de production ;
- les projets doivent être conçus de façon systémique, du paysage jusqu’au cep.
Au fil des échanges, se dessine une conviction commune : il ne s’agit pas seulement de planter des arbres ou de semer des couverts, mais de reconstruire un fonctionnement vivant, capable de rendre la vigne plus durable, plus résiliente et plus féconde.