PH et RedOx, le sol et l'humain par Laurence Gallais, Pierre-Emmanuel et Olivier Husson

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Dans cette masterclass, Laurence Gallais, Pierre-Emmanuel Radigue et Olivier Husson croisent agronomie, élevage et santé humaine autour du pH et du potentiel RedOx. Leur idée centrale : le vivant repose partout sur des échanges de protons et d’électrons, mesurables dans les sols, les plantes, les animaux et l’humain. La santé d’un milieu ou d’un organisme dépend d’une homéostasie fine ; quand elle se dérègle, maladies, stress et déséquilibres apparaissent. Les intervenants montrent que ces paramètres influencent la nutrition des plantes, l’activité microbienne, la sensibilité aux bioagresseurs, la qualité de l’eau et l’équilibre digestif des animaux comme des humains. Olivier Husson relie ces mécanismes aux processus agronomiques, Pierre-Emmanuel Radigue illustre leur application en élevage, et Laurence Gallais insiste sur la notion de terrain, l’importance de l’eau et de l’alimentation physiologique pour préserver les capacités de régulation du vivant.

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Résumé
Dans cette masterclass, Laurence Gallais, Pierre-Emmanuel Radigue et Olivier Husson croisent agronomie, élevage et santé humaine autour du pH et du potentiel RedOx. Leur idée centrale : le vivant repose partout sur des échanges de protons et d’électrons, mesurables dans les sols, les plantes, les animaux et l’humain. La santé d’un milieu ou d’un organisme dépend d’une homéostasie fine ; quand elle se dérègle, maladies, stress et déséquilibres apparaissent. Les intervenants montrent que ces paramètres influencent la nutrition des plantes, l’activité microbienne, la sensibilité aux bioagresseurs, la qualité de l’eau et l’équilibre digestif des animaux comme des humains. Olivier Husson relie ces mécanismes aux processus agronomiques, Pierre-Emmanuel Radigue illustre leur application en élevage, et Laurence Gallais insiste sur la notion de terrain, l’importance de l’eau et de l’alimentation physiologique pour préserver les capacités de régulation du vivant.

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Nous démarrons donc aujourd'hui avec Laurence Gallais et Pierre-Emmanuel Radigue sur la thématique pH et RedOx : principes de vie du sol à l’humain !


00:01:40 et 01:07:59 Laurence Gallais

00:15:10 Olivier Husson

02:03:04 Pierre-Emmanuel Radigue




Introduction

Bienvenue à cette master class consacrée au redox et au pH. La séance réunit trois intervenants aux approches complémentaires :

  • Laurence Gallais, bioélectronicienne, psychologue et naturopathe ;
  • Pierre-Emmanuel Radigue, vétérinaire, spécialiste de la mesure de terrain et de l’application de la bioélectronique à l’élevage ;
  • Olivier Husson, chercheur, qui a largement contribué à documenter scientifiquement la thématique redox/pH par ses publications.

L’objectif de cette conférence est de montrer que le pH et le redox ne concernent pas uniquement la production agricole, mais l’ensemble du vivant : les sols, les plantes, les animaux et les humains. La bioélectronique est présentée ici comme une grille de lecture universelle des processus de vie.

Le pH et le redox comme base universelle du vivant

Selon Laurence Gallais, la matière vivante est constituée de molécules, elles-mêmes formées essentiellement de protons et d’électrons en mouvement. Mesurer le pH et le redox revient donc à mesurer ces dynamiques fondamentales du vivant.

L’idée centrale est la suivante : toute forme de vie existe grâce à des échanges de protons et d’électrons, qui créent des microcourants. Ces microcourants permettent le mouvement, les échanges, et donc la vie elle-même.

Pour que ces échanges soient possibles, il faut des barrières et des membranes. Le vivant fonctionne grâce à des différences de potentiel, de concentration et d’état de part et d’autre de membranes. C’est cette organisation qui rend possibles les flux et le maintien de la vie.

Santé et homéostasie

La santé est présentée comme le maintien performant de ces systèmes d’échanges. Si les membranes se colmatent, si les échanges ne se font plus correctement, alors apparaissent les déséquilibres, puis la maladie.

Cette logique vaut pour tous les niveaux :

  • le sol ;
  • la plante ;
  • l’animal ;
  • l’humain.

La bioélectronique montre que chaque forme de vie évolue dans une zone de pH et de redox bien précise. La santé correspond donc au maintien d’une homéostasie, c’est-à-dire d’un équilibre dynamique. Cet équilibre n’est jamais fixe : il est continuellement perturbé, puis régulé.

Les intervenants insistent sur le fait que le corps, comme le sol ou la plante, dispose de nombreux systèmes tampons et de régulation. Tant que ces systèmes fonctionnent, l’organisme reste vivant et capable de s’adapter.

La notion de terrain

Un message fort de la conférence est que l’on « n’attrape pas » une maladie comme un phénomène purement extérieur. On développe une maladie sur un terrain devenu favorable.

Dans cette approche, virus, bactéries ou champignons ne sont pas considérés comme des causes isolées, mais comme des formes de vie qui se développent lorsque le terrain devient compatible avec leurs exigences de pH et de redox.

Le message est résumé ainsi :

  • on ne « prend » pas une maladie ;
  • on crée les conditions de son développement ;
  • l’enjeu majeur est donc la qualité du terrain.

Cela vaut autant pour l’humain que pour le sol, la plante ou l’animal.

Claude Vincent et Jeanne Rousseau

Laurence Gallais rend hommage aux grandes figures de la bioélectronique :

  • Claude Vincent, ingénieur hydrologue, à l’origine de la bioélectronique ;
  • Jeanne Rousseau, pharmacienne, qui a poursuivi et enrichi ces travaux, notamment sur l’eau, les sols et les influences cosmiques.

Claude Vincent est présenté comme quelqu’un qui s’est d’abord intéressé à l’eau de boisson. En observant des différences de mortalité selon les lieux, il a eu l’intuition que la santé des populations pouvait être liée à la qualité de l’eau. Il a ensuite cherché à caractériser le vivant à partir de trois paramètres :

  • le pH ;
  • le redox ;
  • la résistivité.

Jeanne Rousseau, quant à elle, a beaucoup travaillé sur l’eau, les sols, les végétaux, et sur les incidences de l’environnement électromagnétique et cosmique sur le vivant. Ses travaux sont évoqués comme essentiels pour comprendre la structuration de l’eau et le rôle des influences extérieures.

En bioélectronique, on mesure avant de penser

Un point méthodologique important est souligné : en bioélectronique, on ne part pas d’une théorie abstraite. On mesure, puis on réfléchit à partir des mesures.

Les mesures permettent d’objectiver les états du vivant. Elles servent à confirmer ou corriger les impressions subjectives. Une personne peut avoir l’impression de ne pas aller mieux, alors que ses paramètres bioélectroniques montrent un retour vers un meilleur équilibre.

La bioélectronique est donc présentée comme une approche concrète, mesurable, et non comme un simple discours théorique.

Le schéma fondamental : eau, pH et redox

Olivier Husson rappelle un schéma de base :

  • sur un axe, le pH : gagner des protons acidifie, perdre des protons alcalinise ;
  • sur un axe perpendiculaire, le redox : gagner des électrons réduit, perdre des électrons oxyde.

Ces deux axes décrivent les états du vivant. Dans l’eau, les deux sont liés : perdre des électrons produit de l’oxygène et des protons, donc l’oxydation tend à s’accompagner d’acidification.

Il existe ainsi une pente naturelle à 45°, et ce qui importe est la position par rapport à cette pente d’équilibre.

La grande réaction qui amène vers le bas à gauche du diagramme, c’est-à-dire vers un état acide et réduit, est la photosynthèse. C’est elle qui accumule l’énergie sur Terre.

Le rôle central de la photosynthèse

La photosynthèse est présentée comme la base de toute énergie disponible dans le vivant terrestre. Les plantes captent l’énergie lumineuse et l’accumulent sous forme chimique.

Pour Olivier Husson, les plantes constituent ainsi le point d’entrée énergétique fondamental des écosystèmes. Les animaux et les humains récupèrent indirectement cette énergie en consommant la biomasse produite.

Dans cette logique, la qualité du fonctionnement redox/pH des plantes est au cœur de toute la chaîne du vivant.

Le système sol-plante comme système électrique

Le sol et la plante forment un système électrique.

Olivier Husson propose l’image suivante :

  • les feuilles sont des panneaux solaires ;
  • le sol contient une batterie ;
  • l’activité biologique charge cette batterie ;
  • la conductivité électrique conditionne la puissance du système.

Il distingue plusieurs dimensions :

  • le carbone stable correspond à la taille de la batterie ;
  • le carbone vivant et l’activité biologique correspondent à la charge de la batterie ;
  • la conductivité électrique influence la puissance de production.

L’hypothèse avancée est que les systèmes agricoles modernes ont perdu de la matière organique, donc de la capacité de stockage. Pour maintenir les rendements, on a augmenté la conductivité via les engrais chimiques. Cela permet une production élevée à court terme, mais vide la batterie encore plus vite si les feuilles et la photosynthèse ne rechargent pas en permanence.

Pourquoi les sols doivent rester couverts

Dans cette logique, il est essentiel de garder les sols couverts.

Si le sol n’est pas couvert :

  • il n’y a plus de photosynthèse ;
  • il n’y a plus d’apport d’énergie neuve ;
  • les rayons UV frappent directement le sol ;
  • des réactions oxydantes attaquent la matière organique.

Le couvert végétal est donc indispensable pour recharger la batterie du sol et éviter son épuisement.

Le rôle de la matière organique, de la structure et de la biologie des sols

La matière organique est décrite comme une réserve d’électrons. Elle joue un rôle tampon majeur.

Un sol bien structuré et biologiquement actif amortit les fluctuations brutales de pH et de redox. À l’inverse, un sol compacté, pauvre en matière organique et en activité biologique peut passer très vite :

  • vers des conditions trop réduites en situation d’engorgement ;
  • vers des conditions trop oxydées en situation de sécheresse.

Ces fluctuations extrêmes sont très difficiles à supporter pour les plantes.

Le vivant a besoin de gradients, de micro-écarts, de diversité de conditions locales. Mais il a besoin aussi d’un cadre global stable, que seule une bonne structure de sol peut offrir.

Rhizosphère et régulation par la plante

La plante ne subit pas passivement son milieu. Elle régule activement son environnement immédiat, notamment au niveau de la rhizosphère.

Elle peut :

  • acidifier ou alcaliniser localement ;
  • réduire ou oxyder localement ;
  • relâcher des exsudats racinaires ;
  • nourrir et orienter la microflore ;
  • mobiliser certains éléments minéraux.

Certaines plantes peuvent même oxygéner localement leur rhizosphère lorsqu’elles sont en sol engorgé, en transportant de l’oxygène jusqu’aux racines.

La microflore joue ici un rôle essentiel. Les micro-organismes, trop petits pour réguler seulement en interne, régulent beaucoup leur milieu externe. Ils deviennent des acteurs majeurs des équilibres redox/pH.

Solubilité des éléments nutritifs : le pH ne suffit pas

Olivier Husson insiste sur le fait que la disponibilité des éléments nutritifs ne dépend pas seulement du pH, comme on l’enseigne souvent, mais aussi du redox.

Le fer, par exemple, n’est disponible pour la plante que dans certaines conditions conjointes de pH et de redox. On peut donc avoir :

  • un sol très acide avec toxicité ferreuse ;
  • ou au contraire une carence en fer dans un autre contexte acide mais oxydé.

Le manganèse, l’azote et d’autres éléments dépendent eux aussi de cette double lecture.

La plante corrige localement ces paramètres, mais cela lui coûte de l’énergie. Plus l’environnement s’éloigne de l’équilibre, plus la plante dépense d’énergie à se réguler au détriment de sa croissance et de sa résistance.

Effets du pH du sol sur la plante

Des résultats expérimentaux sur le blé montrent que des pH extrêmes, trop acides ou trop alcalins, réduisent fortement le développement des racines et des parties aériennes.

Un point souligné est qu’un pH très alcalin peut être aussi pénalisant qu’un pH très acide, car le chargement du phloème en sucres dépend des gradients de protons.

Quand le milieu est trop alcalin, ce fonctionnement est perturbé, et la plante ne parvient plus à charger ni à transporter correctement ses sucres.

Stress oxydant et dérèglements de la plante

Les déséquilibres de pH et de redox induisent du stress oxydant dans la plante.

Ce stress peut être provoqué par :

  • le climat ;
  • la sécheresse ;
  • l’engorgement ;
  • les carences ou toxicités minérales ;
  • les déséquilibres nutritionnels ;
  • les pratiques culturales.

La plante répond au stress en produisant des composés antioxydants. Si elle a suffisamment de réserves et d’énergie, elle entre dans une phase de résistance. Si le stress est trop intense ou trop durable, elle s’épuise, ses réserves s’effondrent, et elle devient alors très sensible aux maladies et ravageurs.

Maladies, ravageurs et position redox/pH de la plante

Olivier Husson propose une lecture bioélectronique des bioagresseurs. Selon lui, champignons, bactéries, virus, nématodes et insectes se développent préférentiellement dans certaines gammes de pH et de redox.

On peut ainsi distinguer :

  • des champignons nécrotrophes plutôt liés à des tissus plus acides et oxydés ;
  • des champignons biotrophes dans d’autres plages ;
  • des bactéries plus souvent en conditions alcalines ;
  • des virus dans des milieux réduits mais se développant quand certains compartiments de la plante s’oxydent ;
  • différents types d’insectes selon qu’ils exploitent le xylème, le phloème ou d’autres tissus.

La plante jeune, la plante vieillissante, les racines, les feuilles, le xylème, le phloème et les espaces extracellulaires n’ont pas les mêmes équilibres bioélectroniques. La maladie apparaît quand certains compartiments sortent de leur zone normale.

Effets des stress abiotiques

Les stress climatiques peuvent décaler la plante dans le diagramme pH/redox :

  • un fort ensoleillement ou des températures extrêmes bloquent la photosynthèse et entraînent une oxydation ;
  • la sécheresse affecte fortement les racines ;
  • l’engorgement réduit le sol, asphyxie les racines, transforme l’azote et finit aussi par perturber l’équilibre global de la plante.

L’engorgement a ainsi un effet complexe : il réduit fortement les racines localement, mais il bloque aussi la photosynthèse, ce qui entraîne ensuite d’autres dérèglements, y compris aériens.

Forme de l’azote et sensibilité aux maladies

La forme de l’azote absorbé par la plante influence fortement sa position redox/pH et donc sa sensibilité aux maladies.

En simplifiant :

  • une nutrition ammoniacale et nitrique ne produit pas les mêmes effets ;
  • cela change la rhizosphère ;
  • cela modifie la physiologie de la plante ;
  • et cela favorise ou défavorise certains groupes de pathogènes.

La bioélectronique permet ainsi d’expliquer des résultats agronomiques qui semblent contradictoires lorsqu’on ne regarde que le pH.

Produits de traitement, antioxydants et pulvérisation

Les intervenants soulignent que tous les produits appliqués sur la plante ne vont pas dans le même sens.

Certains produits sont oxydants, d’autres réducteurs. Certains agissent par contact, d’autres de manière systémique. Il faut donc comprendre ce qu’on cherche à faire :

  • maintenir la plante en équilibre ;
  • l’aider à produire ses propres antioxydants ;
  • ou déclencher une réaction ponctuelle.

Un point pratique important concerne la pulvérisation. Un produit potentiellement antioxydant peut perdre une grande partie de son effet si la pulvérisation elle-même oxyde fortement le mélange, par exemple par excès de pression, turbulence ou atomisation.

Le mode de préparation et de pulvérisation est donc jugé déterminant.

Comment observer le redox dans les sols

La mesure directe du redox dans les sols est jugée délicate, car il fluctue fortement selon l’humidité, la saison et les conditions du moment.

Olivier Husson estime qu’il est souvent plus pertinent de suivre :

  • la structure du sol ;
  • les plantes bio-indicatrices ;
  • et les réponses des plantes elles-mêmes.

Un sol bien structuré et vivant tamponne les variations. C’est donc la structure qui devient le meilleur indicateur de fond.

L’analogie entre sol, plante et animal

Pierre-Emmanuel Radigue insiste sur les analogies de fonctionnement entre sol, plante et animal.

Pour lui, le sol est comme un système digestif :

  • la macrofaune et la microflore brassent et digèrent ;
  • les racines et mycorhizes jouent un rôle analogue à celui des surfaces d’absorption intestinales ;
  • l’arrêt du brassage ou la destruction de la biologie du sol évoquent une altération majeure du tube digestif.

Passer un coup de charrue revient, dans cette analogie, à bloquer brutalement les mouvements péristaltiques et à détruire des structures fonctionnelles essentielles.

L’absence de couvert végétal correspond à une forme de jeûne prolongé du sol. Or, un jeûne trop long affaiblit le système.

L’eau, élément fondamental du vivant

Laurence Gallais revient longuement sur le rôle de l’eau.

L’eau n’est pas seulement un support d’hydratation. Elle est :

  • solvant ;
  • support des échanges ;
  • élément structurant du vivant ;
  • support des propriétés électromagnétiques du milieu intérieur.

Elle rappelle que les tissus du corps contiennent des proportions d’eau variables selon les organes, et que la qualité de cette eau est aussi importante que sa quantité.

Une eau pure est décrite comme plus solvante, donc plus apte à dissoudre et éliminer les déchets. À l’inverse, une eau déjà très chargée est moins capable d’assurer cette fonction.

Eau de source, eau stockée et résistivité

Les intervenants distinguent l’eau de source émergente, encore dynamique, de l’eau stockée longtemps ou transportée, dont les caractéristiques changent.

Ils expliquent que l’eau évolue avec l’environnement et que ses propriétés ne se réduisent pas à sa seule composition chimique brute. La résistivité ne doit pas être pensée uniquement comme l’inverse mécanique de la conductivité : il existe aussi une dimension liée à la dynamique et à la structuration de l’eau.

Le mouvement, notamment le vortex, est présenté comme important pour redonner à l’eau certaines propriétés favorables au vivant.

Structuration de l’eau, silice et membranes

En s’appuyant sur Jeanne Rousseau, Laurence Gallais évoque l’idée que l’eau peut se structurer en réseaux, avec un rôle particulier de la silice. Cette structuration contribuerait à son pouvoir tampon et à sa capacité d’amortir les agressions électromagnétiques.

Selon cette vision, une eau bien structurée favoriserait l’homéostasie, alors qu’une eau stagnante perdrait progressivement ces propriétés.

Eau, environnement électromagnétique et dia-magnétisme

L’environnement électromagnétique est présenté comme un facteur réel d’influence sur le vivant.

Laurence Gallais explique que les champs électriques, magnétiques et électromagnétiques modifient les caractéristiques de l’eau, et donc indirectement l’état des organismes.

Elle introduit aussi la notion de dia-magnétisme : pour elle, le vivant en bonne santé doit pouvoir opposer une réponse aux perturbations extérieures. Cette capacité d’opposition dépendrait notamment de la qualité de l’eau et de son caractère suffisamment résistif.

L’eau pour l’usage domestique et agricole

Il est conseillé, si possible :

  • d’utiliser une eau de pluie correctement récupérée et stockée ;
  • ou de recourir à une eau osmosée, éventuellement retravaillée et redynamisée ;
  • et de mesurer la qualité de l’eau utilisée.

En agriculture, la qualité de l’eau de pulvérisation est jugée cruciale. Une eau déséquilibrée peut altérer l’efficacité des produits appliqués, en particulier lorsqu’il s’agit de préparations vivantes, fermentées ou peu stables.

Alimentation humaine, digestion et terrain

Pour l’humain, Laurence Gallais insiste sur l’importance d’une alimentation physiologique, c’est-à-dire adaptée au fonctionnement du tube digestif.

Elle rappelle que le tube digestif humain fonctionne d’abord avec des enzymes, avant l’intervention des flores de fermentation dans le côlon. Si l’alimentation n’est pas adaptée, une partie des aliments n’est pas digérée correctement dans l’intestin grêle et part fermenter plus loin.

Les signes d’une alimentation non physiologique sont, selon elle :

  • ballonnements ;
  • gaz ;
  • fatigue après les repas ;
  • troubles digestifs chroniques.

Un intestin sain doit être plutôt silencieux et efficace.

Place des aliments

Laurence Gallais défend une alimentation omnivore, avec une base importante de légumes, des protéines animales en quantité adaptée, et une limitation des excès de féculents, céréales et sucres.

Elle critique l’idée qu’il faudrait consommer beaucoup de féculents ou de fruits. Selon elle, l’intestin grêle a une capacité limitée pour assimiler les sucres, et les excès alimentent surtout les fermentations coliques.

Les aliments fermentés sont au contraire intéressants, car ils apportent des enzymes et soutiennent la digestion.

L’équilibre acido-basique chez l’humain

L’équilibre acido-basique est présenté comme une succession de régulations dans différents compartiments du corps.

Par exemple, dans le tube digestif :

  • le milieu est très acide dans l’estomac ;
  • puis il devient alcalin plus loin.

Dans le reste du corps, d’autres systèmes tampons interviennent, notamment :

  • les gaz du sang ;
  • le système rénal.

Le pH urinaire ne doit donc pas être interprété de manière simpliste. Des urines acides peuvent parfaitement traduire une bonne élimination et un système régulateur fonctionnel.

Le diagramme bioélectronique humain

Laurence Gallais montre que l’état de bonne santé humaine se situe dans une zone précise du diagramme pH/redox. Autour de cette zone se trouvent différentes familles de micro-organismes : champignons, virus, bactéries, mais aussi enzymes et vitamines.

L’idée importante est que nous vivons avec ces formes de vie. Elles font partie de notre environnement interne et externe. Elles ne deviennent problématiques que lorsque notre terrain dérive suffisamment pour leur devenir favorable.

Le constat d’une oxydation généralisée

Laurence Gallais rapporte avoir constaté, fin 2019, un grand nombre de bilans humains montrant une forte oxydation. Elle s’interroge alors sur l’effet de facteurs environnementaux globaux, notamment électromagnétiques et cosmiques.

L’idée défendue est que des perturbations extérieures croissantes mettent les organismes sous tension. Ceux qui disposent encore de bonnes capacités de régulation les amortissent ; les autres dérivent vers des états oxydés favorables aux déséquilibres.

L’élevage comme modèle d’intégration

Pierre-Emmanuel Radigue présente l’élevage comme un modèle central pour l’agriculture, en particulier dans des systèmes de polyculture-élevage et d’agro-sylvo-pastoralisme.

Pour lui, la présence des animaux est indispensable si l’on veut des systèmes agricoles équilibrés, autonomes et moins dépendants des engrais, pesticides et correctifs.

Son parcours de vétérinaire l’a conduit à chercher non pas seulement à soigner, mais à paramétrer les fermes pour éviter que les animaux tombent malades.

Deux modèles d’élevage opposés

Il compare deux mondes :

  • des systèmes intensifs, avec animaux enfermés, maïs, soja, concentrés, durée de vie courte et nombreuses pathologies dégénératives ;
  • des systèmes herbagers, avec foin, herbe, autonomie, longévité des animaux et meilleure santé globale.

Cette opposition est interprétée en bioélectronique comme une opposition de terrains digestifs, métaboliques et hydriques.

Ce que veut un herbivore

Selon Pierre-Emmanuel Radigue, l’herbivore est un être :

  • hydrique ;
  • potassique ;
  • sodique ;
  • légèrement alcalin au niveau sanguin ;
  • et conçu pour vivre dans des climats tempérés.

Il n’est pas fait pour manger du maïs, du sorgho ou des concentrés en grande quantité. Son alimentation naturelle devrait se rapprocher d’herbes, de foin, de feuilles et d’aliments ayant des caractéristiques bioélectroniques proches :

  • pH autour de 6,5 à 7 ;
  • redox relativement réduit ;
  • faible conductivité ;
  • richesse en potassium et calcium.

Le rumen comme équivalent fonctionnel du sol

Le rumen est présenté comme un milieu comparable au sol, mais en anaérobie. On y retrouve :

  • digestion microbienne ;
  • récupération d’eau ;
  • récupération d’ions ;
  • récupération d’énergie.

Le bon fonctionnement du rumen demande un équilibre précis. Si l’alimentation déséquilibre ce système, l’animal passe une grande partie de son énergie à tenter de se rééquilibrer au lieu de produire du lait, de la viande ou de la santé.

De la ration au sang, puis au lait et aux excrétions

Pierre-Emmanuel Radigue explique qu’on peut suivre tout le trajet bioélectronique :

  • l’eau bue ;
  • les fourrages ;
  • le contenu ruminal ;
  • les matières fécales ;
  • le sang ;
  • les urines ;
  • le lait.

Cela permet d’avoir une lecture dynamique du fonctionnement de l’animal et de comprendre où se situent les déséquilibres.

Les urines et le lait sont présentés comme des supports de mesure particulièrement pratiques pour le suivi courant des élevages.

Exemples de suivi en élevage

En pratique, plusieurs outils simples peuvent être utilisés :

  • pH-mètre ;
  • lecteur redox ;
  • réfractomètre Brix ;
  • mesure de densité urinaire.

Ces mesures permettent de savoir rapidement si l’on est plutôt :

  • en excès d’énergie fermentescible ;
  • en excès protéique ;
  • en déséquilibre acido-basique ;
  • en déshydratation ;
  • ou en dysfonction digestif.

Interprétation générale des profils digestifs

Quelques grands profils sont évoqués :

  • matières fécales liquides, acides, sucrées : excès d’énergie, trop d’amidon, mauvaise digestion ;
  • urines très concentrées : déshydratation ;
  • excès de protéines : besoin d’élimination accru, mobilisation de l’eau, perturbations digestives et urinaires.

L’objectif n’est pas seulement de soigner les animaux, mais de corriger l’alimentation, l’eau et le système fourrager pour rétablir l’équilibre.

Critique des systèmes compartimentés

En conclusion de son intervention, Pierre-Emmanuel Radigue critique la spécialisation excessive du conseil agricole :

  • un technicien pour le sol ;
  • un autre pour les cultures ;
  • un autre pour les phytos ;
  • un autre pour les animaux.

Selon lui, la bioélectronique permet justement de retrouver une vision globale reliant :

  • le sol ;
  • l’eau ;
  • la plante ;
  • l’animal ;
  • l’humain.

Conclusion

Cette master class défend l’idée que le pH et le redox constituent une clé de lecture commune à tout le vivant.

Les grandes idées qui en ressortent sont :

  • la vie repose sur des échanges de protons et d’électrons ;
  • la santé correspond à la qualité de ces échanges et au maintien de l’homéostasie ;
  • le terrain conditionne le développement des maladies ;
  • l’eau est un élément central, à la fois support, solvant et organisateur ;
  • le sol, la plante, l’animal et l’humain doivent être compris comme un continuum ;
  • l’agronomie, l’élevage, l’alimentation et la santé humaine gagnent à être pensés ensemble.

La bioélectronique est ainsi présentée non comme une spécialité marginale, mais comme un langage transversal du vivant, permettant de relier des domaines trop souvent séparés.