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De Triple Performance
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Sur 120 ha de terres très pauvres, sableuses, hydromorphes ou séchantes, réparties sur trois sites, cette agricultrice raconte sa transition vers le semis direct sous couvert végétal (SCV), amorcée en 2008 pour rendre son système viable. Formée sur le terrain, puis fortement inspirée par les conseils de Lucien Séguy après un voyage au Brésil, elle a adapté les grands principes du SCV à ses sols : couverts permanents, mélanges d’espèces, cultures rustiques, réduction forte des intrants et observation fine du vivant. En 13 ans, les résultats sont nets : sols plus foncés, grumeleux, mieux couverts, hausse marquée de la matière organique, meilleurs rendements et plus grande résilience face à l’hétérogénéité des parcelles. L’intervention souligne aussi l’intérêt des cultures associées, des doubles cultures et des couverts longs pour restaurer la fertilité, sécuriser la production et avancer vers une agriculture plus autonome et agroécologique.  +
Philippe, agriculteur bio en Mayenne depuis 1998 et éleveur de porcs biologiques, présente 10 ans d’expérimentations autour de la réduction du travail du sol. Son système repose sur une rotation très diversifiée, adaptée à l’autonomie alimentaire de l’élevage, sur des sols limono-sableux acides. Il insiste sur un point essentiel : il ne livre pas une recette, mais un retour d’expérience en évolution permanente. Aujourd’hui, il combine plusieurs leviers selon les cultures : semis direct limité mais prometteur, non-labour avec binage, semis sous couvert et labour agronomique. Certaines pratiques donnent de bons résultats, comme la féverole après maïs grain, le colza ou le maïs en non-labour, ou encore l’implantation de prairies sous couvert. D’autres restent plus délicates, notamment le semis direct généralisé et le relay cropping. Son objectif est clair : poursuivre la baisse du labour en s’appuyant sur les échanges entre agriculteurs, les essais et l’observation du sol.  +
Dans cette conférence, Stéphane Boulakia présente dix ans de recherche-développement sur le semis direct au Cambodge. Il replace d’abord son travail dans un contexte de fortes migrations agricoles, d’extension rapide des cultures de rente (maïs, manioc, soja) et de pression croissante sur les forêts. Son approche repose sur un diagnostic agraire, l’expérimentation de systèmes de culture en semis direct avec couverture végétale, puis leur test chez les agriculteurs. Les résultats montrent que ces systèmes peuvent restaurer progressivement la fertilité des sols dégradés, améliorer les rendements et stabiliser les marges, notamment dans les rotations maïs-soja-manioc. Mais l’adoption reste limitée chez les petites exploitations les plus fragiles : au-delà de la performance technique, l’accès au foncier, au crédit, à l’organisation collective et aux débouchés est décisif. La présentation s’ouvre ainsi sur une réflexion plus large : comment passer de l’innovation locale à un véritable changement d’échelle, articulant agriculture familiale, agro-industrie et aménagement durable du territoire.  +
Sur la ferme familiale de Christian Abadie, dans le Gers, le semis direct sans travail du sol est pratiqué depuis près de 20 ans sur une centaine d’hectares en polyculture-élevage. Son constat est clair : la clé du système, ce sont les couverts végétaux, diversifiés et adaptés au contexte, bien plus que des “recettes” toutes faites. En associant graminées, légumineuses et crucifères, il améliore la structure du sol, recycle les éléments nutritifs, limite l’érosion et réduit fortement les herbicides, insecticides et fongicides. Les résultats sont marquants : rendements en maïs supérieurs d’environ 40 %, moins d’eau d’irrigation, plus de mycorhizes et davantage de carbone stocké dans les sols. Christian Abadie défend une agriculture inspirée du fonctionnement naturel : ne pas toucher le sol, le couvrir en permanence et miser sur la biomasse pour retrouver fertilité, autonomie et robustesse économique.  +
Sur sa ferme alsacienne, Roland Wendling revient sur 12 ans d’agroforesterie et sur le sens de sa démarche : restaurer la fertilité des sols, stocker du carbone et préparer l’avenir. Ancien éleveur de lapins et céréalier, il a constaté la baisse de l’humus et de la vie du sol depuis la disparition de la polyculture-élevage. En 2012, il plante donc près de 100 arbres par hectare — noyers, érables, tilleuls, cormiers, poiriers sauvages, robinier faux-acacia — pour recréer, à terme, un sol plus vivant grâce aux feuilles, aux racines profondes et à un meilleur microclimat. Il explique aussi les choix techniques : densité, taille annuelle, gestion de l’enherbement, associations avec blé, luzerne ou tournesol. Convaincu que “l’humus, c’est la vie”, Roland Wendling défend une agriculture plus sobre en intrants, où l’arbre redevient un allié central de la production.  +
Dans cette vidéo, **Vincent Vaccari**, technicien à l’Alliance BFC et responsable de la ferme expérimentale de **Fromont**, présente le bilan de **14 ans d’essais** comparant agriculture de conservation des sols (ACS) et travail du sol sur plateau argilo-calcaire bourguignon. Les résultats montrent des **rendements globalement équivalents** entre systèmes, avec des écarts selon les cultures et les années, très dépendants de la météo, de la gestion des couverts, des adventices, des limaces ou encore des campagnols. Si l’ACS entraîne des **charges opérationnelles plus élevées** (couverts, glyphosate), elle réduit fortement les **coûts de chantier**, ce qui améliore au final la **marge semi-nette**. Le point central porte sur l’azote : les essais montrent que, malgré les couverts, l’azote disponible peut rester **limitant en ACS**, notamment au printemps. Vincent Vaccari souligne ainsi la nécessité d’un **pilotage spécifique de la fertilisation**, différent du travail du sol, et juge la directive nitrate actuelle inadaptée à ces systèmes.  +
Installé depuis 2017 à Anzère, près du Rhône, Jean‑Marie cultive Les Jardins de Pompoko sur 1 ha, dont 1 300 m² de serres. En reconversion, il a construit une microferme maraîchère vivante, inspirée de Jean‑Martin Fortier, François et Cyril et fondée sur de forts apports de matière organique locale, une mécanisation légère et une installation progressive sans crédit. Avec sa conjointe Mélanie, il commercialise via la vente à la ferme, une AMAP, quelques restaurants et une épicerie. La ferme atteint environ 63 à 65 000 € de chiffre d’affaires, avec une faible part d’achat-revente. L’organisation du travail, l’automatisation de l’irrigation et une planification fine lui permettent aujourd’hui d’atteindre son objectif : 1 500 € nets par mois tout en libérant ses après-midis. Ce portrait montre une ferme très autonome, inventive et ancrée dans son territoire, où le réseau local joue un rôle clé dans la réussite.  +
Installé à Plonévez-Porzay, dans le Finistère, à 1,5 km de la mer, Erwan Caradec conduit 165 ha de cultures en semis direct depuis 2006, après un passage par les TCS. Son système repose sur une rotation alternant légumineuses et céréales à paille pour entretenir la fertilité, stocker du carbone et sécuriser l’azote. Il met en avant plusieurs piliers techniques : semis direct intégral, couverts systématiques, association colza-trèfle puis blé, mélanges variétaux en céréales et valorisation des légumineuses. Le duo colza-trèfle / blé est, selon lui, particulièrement performant : moins d’adventices, peu de maladies, bonne portance des sols et niveaux de protéines élevés. Erwan souligne aussi la disparition progressive du pâturin depuis le passage au semis direct. Dans un contexte breton humide et sous fortes contraintes environnementales sur l’azote, il cherche avant tout à produire efficacement avec peu d’intrants, en s’appuyant sur la biologie du sol et la couverture permanente.  +
Felipe Montesinos, agriculteur chilien, partage son retour d’expérience sur 1 800 hectares cultivés dans la région d’Osorno, au sud du Chili. Il décrit des sols volcaniques très riches en matière organique, souvent acides, avec de fortes contraintes liées à l’aluminium extractable, ainsi qu’un climat très humide en automne-hiver qui complique fortement les chantiers. Son témoignage retrace l’évolution des pratiques depuis le brûlage des pailles vers le semis direct et la gestion des résidus, avec de nombreux essais pour limiter les problèmes de ray-grass, limaces et implantation. Il détaille aussi l’organisation de l’exploitation familiale, les rotations mises en place — blé, colza, orge, avoine, pois, lupin — ainsi que les débouchés locaux, notamment pour la meunerie et l’alimentation du saumon. Au fil de cette présentation très concrète, Felipe Montesinos met en avant une agriculture d’adaptation, fondée sur l’observation, l’expérimentation et les échanges techniques, notamment avec des agriculteurs français.  +
À la Ferme du Hingair (56), Germain Maheo retrace son parcours de forestier à maraîcher bio installé depuis 2013. Après une reprise en association puis seul en 2018, il fait évoluer la ferme vers le maraîchage sur sol vivant (MSV), d’abord avec prudence, puis à 100 % sur une microferme de 8 000 m² cultivés. Sa démarche repose sur l’observation agronomique, l’arrêt du travail du sol, la couverture permanente des parcelles et l’autonomie en matière organique grâce à près d’1 hectare de luzerne, récoltée en enrubannage pour fertiliser et pailler les cultures. Il partage ses essais, ses réussites comme ses échecs, sur la gestion de l’eau, les cultures primeurs, les rotations, les ravageurs ou encore les maladies. À travers ce portrait, il montre comment le MSV lui a permis de gagner en cohérence, en biodiversité, en résilience et en confort de travail, tout en maintenant la viabilité économique de la ferme.  +
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Dans cette intervention, **Patrice Lefeuvre**, agriculteur bio en polyculture-élevage en Mayenne, revient sur **20 ans de non-labour** au sein de son exploitation. Installé depuis 1994 et converti en bio en 1997, il conduit aujourd’hui 108 hectares, majoritairement en prairies, avec un troupeau de vaches laitières et quelques cultures diversifiées. Son système repose sur de longues prairies temporaires, des cultures de printemps et d’hiver, ainsi qu’un travail du sol **très superficiel**, point clé de sa stratégie. Il explique ses essais, ses adaptations d’outils, ses réussites comme ses limites : gestion des adventices, implantation du trèfle blanc, féverole, maïs, couverts, ou encore dégâts de hannetons. Son retour d’expérience montre qu’en élevage bio, le non-labour peut fonctionner durablement, avec une amélioration de la matière organique, une bonne infiltration de l’eau et des performances économiques suffisantes, à condition d’observer finement les sols et d’ajuster les pratiques.  +
Dans cette séquence tournée au jardin de Manspach, Fabrice Meyer présente l’évolution de ses planches de culture, autrefois adaptées au travail du sol à cheval avec des passages plus larges. Aujourd’hui, ces espaces sont progressivement comblés afin de gagner en surface cultivable et d’obtenir des planches plus planes, mieux adaptées notamment au semis à la volée. Une surface nivelée évite que les graines roulent dans les sillons et permet une répartition plus homogène. Pour combler les creux, il utilise de la matière organique : branches issues d’élagage récupérées ici et là, puis différentes couches de fumier, avant de pailler l’ensemble avec du foin. Cette méthode enrichit le sol tout en restructurant les anciennes buttes ou billons. Fabrice précise qu’il applique ce principe progressivement dans tout le jardin, un travail commencé deux ans plus tôt et déjà visible sur plusieurs zones.  +
Dans cette séquence de la visite du jardin de Manspach, Fabrice Meyer présente ses essais de semis à la volée sur carottes et betteraves, sans enfouir les graines. Il détaille plusieurs techniques pour favoriser la levée : léger recouvrement au compost, arrosages fréquents, ou encore enrobage façon « billes d’argile » inspiré de Masanobu Fukuoka. Il insiste aussi sur l’intérêt du pré-germage des graines pour gagner du temps et économiser l’eau. Sous les asperges, il décrit une association culturale avec pois au printemps puis chou en été, dans une logique de couverture permanente du sol. Fabrice évoque également la gestion des adventices par bâchage et faux-semis répétés afin d’épuiser le stock de graines sans travailler le sol. Enfin, la discussion s’élargit aux dérives de pulvérisation, aux résidus de pesticides et aux limites du système agricole actuel, largement orienté par les aides et les contraintes économiques.  +
Dans cette séquence tournée au Jardin de Manspach, Fabrice Meyer présente ses essais de culture de choux après couverts végétaux. Il explique que plusieurs modalités ont été testées pour améliorer la reprise des plants et la qualité du sol, avec des couverts assez proches les uns des autres selon les parcelles. L’objectif est de mieux gérer l’enherbement, de protéger le sol et d’apporter de la matière organique avant l’implantation des choux. Il évoque aussi l’intérêt de compléter le dispositif avec du paillage, notamment à base de paille ou de broyat de bois sur environ 5 cm, afin de renforcer la couverture du sol. Les choux sont mis en place vers le début du mois de septembre, après destruction ou gestion du couvert, souvent avec du seigle cité comme référence. Fabrice Meyer souligne enfin que les résultats entre cultures et modalités restent encore contrastés, avec des essais qui ne sont pas tous concluants, mais riches d’enseignements pour améliorer les itinéraires techniques.  +
Dans cette séquence filmée au Jardin de Manspach, l’intervenant présente un essai d’association entre courges et maïs sur couvert végétal bâché. Sur une zone humide, où les jeunes plants poussent difficilement à cause de nombreuses sources en dessous, des tas de fumier semi-composté ont été placés sous la bâche tous les 2 mètres. Les courges sont plantées directement dans ce compost afin de mieux occuper l’espace. Le maïs apporte une structure verticale, tandis que la courge couvre le sol : une association classique inspirée des pratiques amérindiennes, même si le haricot, souvent présent dans ce type de système, n’a pas été implanté ici. L’intervenant rappelle que les associations culturales sont plus faciles à gérer sur petites surfaces ou à certaines saisons, car elles restent techniquement complexes à grande échelle. Plus loin, sur une digue non bâchée, des courges ont aussi été implantées sur une terre plus favorable, avec une quinzaine de variétés présentées.  +
Dans cette séquence tournée au jardin de Manspach, Fabrice Meyer présente une parcelle de pommes de terre cultivées sous mulch. Il montre le début du développement des plants et explique le rôle essentiel du couvert végétal : il limite l’évaporation, garde l’humidité du sol et réduit la concurrence de l’herbe. Le paillage utilisé est composé notamment de gazon broyé et de matières végétales laissées sur place ou déplacées selon les besoins du jardin. Fabrice évoque aussi la concurrence entre les cultures et les arbres, notamment par les racines qui viennent pomper l’eau. Malgré cela, il observe de bons résultats sur ses pommes de terre. Il souligne surtout l’absence de doryphores depuis trois ans avec cette méthode, alors que d’autres jardiniers en subissent encore. La vidéo illustre ainsi une pratique de jardinage fondée sur la couverture du sol, l’observation et l’adaptation au terrain.  +
Dans cette séquence tournée au Jardin de Manspach, Fabrice Meyer explique comment faire cohabiter arbres et cultures en agroforesterie de proximité. Il évoque l’implantation de quelques fruitiers dans des zones bien ouvertes, en choisissant des arbres peu concurrents au niveau racinaire. La principale difficulté reste en effet la compétition des racines avec les cultures. Pour la limiter, il présente plusieurs techniques : le passage d’une dent profonde pour sectionner les racines latérales, pratique utilisée régulièrement en agroforesterie, ou encore le travail du sol afin d’encourager les racines à descendre plus profondément. Il souligne aussi l’importance de maintenir un sol toujours occupé par des cultures ou des racines vivantes. Enfin, il décrit la technique de la trogne : tailler régulièrement les branches provoque le renouvellement des racines, qui prélèvent alors moins près des cultures. Une méthode utile surtout pour les arbres destinés au bois plutôt qu’aux fruits.  +
Dans cette séquence de la visite du Jardin de Manspach, Fabrice Meyer explique la gestion du maraîchage diversifié, entre production, semences et organisation du travail. Il montre notamment que certaines plus belles salades sont conservées pour la montée en graines. Il insiste aussi sur l’intérêt d’avoir des stagiaires ou du renfort : cela permet de mieux faire face aux aléas, comme les limaces, de replanter rapidement et d’oser davantage d’expérimentations. La seconde partie est consacrée aux asperges, cultivées ici avec les carottes. Fabrice décrit la plantation des griffes au fond du sillon, l’importance de l’arrosage au démarrage et le rôle des réserves racinaires de cette plante vivace. Il distingue asperges vertes et blanches : c’est la même plante, mais les blanches sont butées pour pousser à l’abri de la lumière. Enfin, il précise qu’une aspergeraie entre en production à partir de la troisième année et peut rester productive de nombreuses années.  +
Dans cette séquence tournée au Jardin de Manspach en 2018, Fabrice Meyer présente une association culturale originale : des concombres plantés au milieu de petits pois. Il explique l’intérêt de cette implantation conjointe, qui permet d’optimiser l’espace au potager tout en profitant de la complémentarité entre les espèces. Les petits pois occupent d’abord le terrain, puis les concombres prennent progressivement le relais lorsque la première culture arrive en fin de cycle. La visite met en avant une approche pratique du maraîchage, fondée sur l’observation, le bon timing de plantation et la recherche d’une production continue. Fabrice Meyer détaille aussi les conditions de développement des concombres, leur installation dans la planche de culture et la logique globale de cette organisation. Une vidéo concrète et pédagogique, centrée sur les associations de cultures et la gestion efficace du jardin.  +
Dans cette visite du jardin de Manspach, Fabrice Meyer présente sa façon de conduire des fraises sur prairie, sur un sol jamais travaillé. Les fraisiers sont implantés directement dans l’herbe, puis protégés avec des feuilles mortes et parfois du bois broyé. L’objectif est de garder le sol couvert pour limiter la levée des adventices : sans lumière, l’herbe germe beaucoup moins. Il explique aussi le rôle des stolons, qui colonisent naturellement l’espace disponible. En hiver, il complète ce paillage par une occultation avec des bâches, entre décembre et février, afin d’étouffer les herbes avant la reprise de végétation au printemps. En mars, les fraisiers redémarrent depuis les racines et les jeunes feuilles. Fabrice Meyer évoque enfin différents matériaux possibles pour couvrir le sol, comme le plastique, le carton ou de nouvelles toiles de chanvre, intéressantes pour remplacer les bâches sur certaines surfaces.  +