14 ANS D'ESSAIS : L’azote disponible peut-il être un facteur limitant en ACS

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Dans cette vidéo, **Vincent Vaccari**, technicien à l’Alliance BFC et responsable de la ferme expérimentale de **Fromont**, présente le bilan de **14 ans d’essais** comparant agriculture de conservation des sols (ACS) et travail du sol sur plateau argilo-calcaire bourguignon. Les résultats montrent des **rendements globalement équivalents** entre systèmes, avec des écarts selon les cultures et les années, très dépendants de la météo, de la gestion des couverts, des adventices, des limaces ou encore des campagnols. Si l’ACS entraîne des **charges opérationnelles plus élevées** (couverts, glyphosate), elle réduit fortement les **coûts de chantier**, ce qui améliore au final la **marge semi-nette**. Le point central porte sur l’azote : les essais montrent que, malgré les couverts, l’azote disponible peut rester **limitant en ACS**, notamment au printemps. Vincent Vaccari souligne ainsi la nécessité d’un **pilotage spécifique de la fertilisation**, différent du travail du sol, et juge la directive nitrate actuelle inadaptée à ces systèmes.

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Résumé
Dans cette vidéo, **Vincent Vaccari**, technicien à l’Alliance BFC et responsable de la ferme expérimentale de **Fromont**, présente le bilan de **14 ans d’essais** comparant agriculture de conservation des sols (ACS) et travail du sol sur plateau argilo-calcaire bourguignon. Les résultats montrent des **rendements globalement équivalents** entre systèmes, avec des écarts selon les cultures et les années, très dépendants de la météo, de la gestion des couverts, des adventices, des limaces ou encore des campagnols. Si l’ACS entraîne des **charges opérationnelles plus élevées** (couverts, glyphosate), elle réduit fortement les **coûts de chantier**, ce qui améliore au final la **marge semi-nette**. Le point central porte sur l’azote : les essais montrent que, malgré les couverts, l’azote disponible peut rester **limitant en ACS**, notamment au printemps. Vincent Vaccari souligne ainsi la nécessité d’un **pilotage spécifique de la fertilisation**, différent du travail du sol, et juge la directive nitrate actuelle inadaptée à ces systèmes.

Présentation par Vincent Vaccari de Aliance BFC qui gère la ferme de Fromenteau dans le 21




Introduction

L’azote est présenté comme un sujet majeur en agriculture, et plus encore en agriculture de conservation des sols (ACS), où le sol est peu travaillé, voire pas travaillé du tout. Pour répondre aux questions sur la disponibilité de l’azote et son éventuel caractère limitant en ACS, une interview a été réalisée avec Vincent Vaccari, technicien à l’Alliance BFC et responsable de la ferme expérimentale de Fromanteau, en Bourgogne.

L’objectif de cette intervention est de revenir sur 14 ans d’essais conduits sur la ferme de Fromanteau, afin de comparer des systèmes en agriculture de conservation des sols à des systèmes avec travail du sol, et d’en tirer des enseignements sur :

  • les rendements,
  • les charges opérationnelles,
  • les coûts de chantier,
  • les marges,
  • et le rôle de l’azote minéral dans ces systèmes.

Présentation de Vincent Vaccari et de la ferme de Fromanteau

Vincent Vaccari se présente comme technicien à l’Alliance BFC, qui regroupe trois coopératives :

  • Dijon Céréales,
  • Bourgogne du Sud,
  • Terre Comtoise.

Il cumule deux fonctions principales :

  • responsable de la ferme expérimentale de Fromanteau, dispositif de longue durée mis en place à l’automne 2011 ;
  • animateur du club Agroéco, créé en 2016 pour accompagner les agriculteurs intéressés par :
    • le semis direct,
    • l’agriculture de conservation des sols,
    • les couverts végétaux,
    • les plantes associées.

Au moment de l’intervention, le club Agroéco regroupe 57 exploitations, soit environ une centaine de membres répartis sur neuf départements.

Le contexte de la ferme expérimentale

La ferme de Fromanteau se situe sur les plateaux à proximité de Dijon, à environ 20 km à vol d’oiseau. Le contexte pédoclimatique est décrit comme très particulier.

Un contexte de plateau argilo-calcaire

La ferme se trouve entre 500 et 550 m d’altitude, sur des sols argilo-calcaires plus ou moins profonds. L’un des principaux facteurs limitants est la faible réserve utile en eau dans certaines parcelles, ce qui limite le choix des cultures. Par exemple, le maïs grain n’y est pas cultivé.

Un secteur relativement bien arrosé, mais avec une forte variabilité

Alors que Dijon reçoit environ 600 mm de pluie par an, la ferme est plutôt proche des 1000 mm, sur la base d’une moyenne sur dix ans. Toutefois, cette pluviométrie est jugée très mal répartie, avec des périodes de déficit hydrique parfois marquées.

Les gels de printemps

L’altitude expose la ferme à des gels de printemps fréquents, y compris à des stades sensibles comme la dernière feuille ou la méiose. Ces gels peuvent fortement pénaliser les cultures.

Une forte pression adventices

La gestion de la flore adventice constitue un autre enjeu majeur. Les principales problématiques concernent :

  • les vulpins,
  • les ray-grass.

Dans plusieurs parcelles, ces adventices étaient déjà résistantes à certains herbicides au moment de la mise en place de la ferme en 2011.

Deux atouts majeurs de la ferme

Vincent Vaccari souligne néanmoins deux atouts importants :

  • la charge en cailloux de certains sols, qui permet d’avoir une structure relativement bonne et facilite parfois une transition rapide vers l’ACS ;
  • une faible pression maladies, notamment par rapport à la plaine de Dijon.

En revanche, il précise qu’en 2024, la ferme a été confrontée pour la première fois à une forte pression limaces, y compris dans des systèmes en semis direct, avec des échecs sur certaines parcelles de colza.

Le dispositif expérimental

La ferme compte environ 25 hectares, divisés en 76 systèmes de culture, dont 27 en ACS. Les parcelles les plus anciennes sont en ACS depuis la campagne 2011-2012, soit la 14Modèle:E campagne en 2025.

Le dispositif repose sur des parcelles de :

  • 13 m de large,
  • 60 à 100 m de long,
  • avec deux répétitions.

Les essais portent sur plusieurs grandes thématiques :

  • la rotation des cultures,
  • la fertilité des sols,
  • la gestion des adventices,
  • les systèmes biologiques,
  • la comparaison travail du sol versus ACS,
  • la conduite de culture.

Les systèmes testés en ACS

Les facteurs variables étudiés en ACS sont nombreux :

  • couvert permanent ou couvert annuel,
  • apports de fumier sans incorporation,
  • semis « à la volée » ou au centrifuge sans recouvrement,
  • produits biostimulants,
  • monoculture de blé,
  • rotations très chargées en graminées,
  • apport de PK en couverture ou dans la ligne de semis,
  • système sans glyphosate.

Vincent Vaccari précise que la ferme expérimentale permet de prendre certains risques, dans une logique de test de systèmes innovants.

Historique et premiers enseignements

L’épisode de gel de 2012

La première année de récolte, en 2012, a été fortement perturbée par un gel majeur. Blés et orges d’hiver ont été presque entièrement détruits sur le plateau.

Dans une parcelle, de l’orge de printemps a été ressemée en direct après destruction des repousses d’orge d’hiver au glyphosate. Les systèmes où la culture de printemps a cohabité avec les repousses d’orge d’hiver ont subi environ 10 quintaux de perte.

Le principal enseignement tiré de cette situation est que, lorsqu’une culture a été fortement touchée par le gel, il vaut mieux repartir sur une nouvelle culture sans faire cohabiter l’ancienne et la nouvelle.

L’arrière-effet observé en 2013

En 2013, dans la même parcelle, les systèmes qui avaient fait le plus faible rendement en orge de printemps en 2012 ont finalement donné les meilleurs rendements en colza. Cela est interprété comme un arrière-effet du rendement précédent.

L’explication avancée repose sur la notion de fatigue des sols ou sur la gestion des pailles, notamment en semis direct.

Les rotations pratiquées

Depuis 2012, la ferme travaille majoritairement sur des rotations de type :

  • colza – blé – orge,
  • donc principalement des cultures d’hiver.

Des systèmes plus diversifiés ont aussi été testés avec :

  • orge de printemps,
  • pois d’hiver,
  • seigle pour méthanisation,
  • moutarde brune d’hiver,
  • un peu de soja,
  • un peu de tournesol.

Cependant, certaines cultures restent difficiles à tenir dans ce contexte :

  • le pois d’hiver a fortement reculé avec l’arrivée de la bactériose à partir de 2016 ;
  • le tournesol présente des rendements faibles et très variables ;
  • le maïs grain n’est pas cultivé.

Synthèse des rendements sur 13 campagnes

Toutes cultures confondues

Sur 109 situations analysées entre 2012 et 2024, les rendements moyens sont :

  • 48 q/ha en ACS,
  • 48 q/ha en travail du sol.

La synthèse globale montre donc un équilibre parfait entre les deux systèmes.

Le blé

En blé, la moyenne sur 13 campagnes est :

  • 61 q/ha en ACS,
  • légèrement moins en travail du sol.

L’ACS présente un avantage moyen de +1,2 q/ha.

En 2024, dans certaines parcelles, l’arrière-effet des couverts végétaux a été mesuré entre +6 et +8 q/ha sur blé.

Un cas marquant est également signalé en 2017 : un couvert très développé, broyé puis labouré, a entraîné un effet dépressif sur le blé suivant, avec une perte de 3 à 4 q/ha, probablement liée à la décomposition en conditions peu oxygénées.

Le colza

En colza :

  • 25 q/ha en ACS,
  • 24,5 q/ha en travail du sol.

L’écart moyen est de +0,7 q/ha en faveur de l’ACS.

Les colzas semés en direct avec un semoir à dents sont décrits comme bien implantés. Les captations NDVI ont également permis de mettre en évidence l’intérêt combiné :

  • des couverts végétaux,
  • des colzas associés, notamment avec féverole.

Cet effet est estimé à environ 3 q/ha.

L’orge d’hiver

En orge d’hiver, l’ACS accuse un recul d’environ 2 q/ha par rapport au travail du sol.

Les principales explications avancées sont :

  • la difficulté à gérer les bromes en semis direct,
  • l’impossibilité d’incorporer l’Avadex,
  • les dégâts de campagnols des champs, très marqués en 2015.

Cette année-là, les systèmes en semis direct, notamment avec couverts végétaux, ont été fortement pénalisés, avec des pertes pouvant atteindre près de 10 à 17 q/ha selon les comparaisons.

L’orge de printemps

L’orge de printemps apparaît initialement plus compliquée en ACS, avec une perte moyenne de l’ordre de 3 q/ha sur la synthèse.

Mais Vincent Vaccari explique qu’entre 2012 et 2017, les pertes ont surtout été liées à un pilotage de l’azote identique à celui du travail du sol, ce qui n’était pas adapté.

À partir de 2018, la stratégie a changé :

  • apport anticipé de 50 unités d’azote liquide dès début février sur les parcelles destinées à l’orge de printemps en semis direct ;
  • apport de NP dans la ligne de semis.

Depuis ce changement, les rendements des orges de printemps en ACS redeviennent comparables, voire supérieurs, à ceux du labour.

Charges opérationnelles

Les charges opérationnelles sont en moyenne :

  • 639 €/ha en ACS,
  • 596 €/ha en travail du sol.

L’ACS présente donc un surcoût moyen de 43 €/ha.

Ce surcoût est principalement attribué :

  • au coût des couverts végétaux,
  • aux passages de glyphosate, parfois complétés de 2,4-D,
  • à certaines pratiques spécifiques à l’ACS.

Vincent Vaccari souligne qu’après quatre ans d’essais sans glyphosate, il n’a pas trouvé de solution satisfaisante : en 2024, une parcelle a exporté non pas de l’orge de printemps, mais 4 tonnes de matière sèche de vulpins.

Coûts de chantier

À l’inverse, les coûts de chantier sont plus faibles en ACS.

La synthèse sur 13 ans montre un surcoût du travail du sol de :

  • 61 €/ha.

Ces coûts prennent en compte :

  • le tracteur,
  • l’outil,
  • le carburant,
  • la main-d’œuvre.

Marges

Marge brute

La comparaison globale montre une marge brute légèrement supérieure en travail du sol :

  • +19 €/ha en faveur du travail du sol.

Par culture :

  • en blé : avantage travail du sol de 24 €/ha ;
  • en colza : avantage ACS de 17 €/ha ;
  • en orge d’hiver : fort avantage travail du sol ;
  • en orge de printemps : avantage travail du sol sur la synthèse, malgré les progrès récents de l’ACS.

Marge semi-nette

La marge semi-nette, définie comme la marge brute moins les coûts de chantier, montre un résultat plus favorable à l’ACS :

  • +42 €/ha en ACS sur la ferme de Fromanteau.

Par culture :

  • blé : +33 €/ha en ACS,
  • colza : +54 €/ha en ACS,
  • orge d’hiver : -19 €/ha en ACS,
  • orge de printemps : quasi-équilibre à -5 €/ha.

Pour Vincent Vaccari, ce résultat est encourageant, d’autant plus qu’il reconnaît avoir commis certaines erreurs au démarrage du dispositif.

Les erreurs ou limites identifiées en ACS

Plusieurs facteurs ont pu pénaliser les performances des systèmes ACS au cours des premières années :

  • manque de NP localisé au semis,
  • pilotage de l’azote non adapté, notamment sur orge de printemps,
  • mauvaise gestion des pailles,
  • couverts végétaux mal choisis,
  • destructions de couverts trop tardives,
  • apports de fumier avant orge de printemps, souvent très pénalisants,
  • semis trop précoces en sol froid,
  • gestion difficile des bromes en orge,
  • dégâts de sangliers,
  • forte pression limaces en 2024-2025.

Il insiste également sur un point réglementaire important : la directive nitrates a été conçue pour des systèmes avec travail du sol et n’est pas adaptée à l’ACS.

Pistes de réflexion pour les années suivantes

Plusieurs pistes sont évoquées :

  • réduire les charges opérationnelles,
  • diminuer le coût des semences de couverts,
  • travailler davantage avec de la semence de ferme,
  • réduire le nombre d’espèces dans les mélanges,
  • rechercher plus de biomasse racinaire,
  • réfléchir à la réduction des apports de PK dans la ligne de semis,
  • poursuivre le travail sur la rotation « 2 + 2 », alternant cultures d’automne et de printemps,
  • faire évoluer la directive nitrates,
  • mieux valoriser le carbone stocké.

Stockage du carbone

Dans une parcelle suivie depuis 2011, avec une moyenne de 2,3 t MS/ha de couverts végétaux ou plantes compagnes, les analyses de sol ont permis d’estimer un stockage de carbone.

Les chiffres annoncés sont :

  • en travail du sol avec couverts : 113 kg/ha/an de stockage additionnel,
  • en ACS : 678 kg/ha/an,
  • en comparaison ACS versus travail du sol : 905 kg/ha/an de stockage additionnel.

Ces résultats sont jugés encourageants, même s’ils sont propres à des sols argileux, ici à 40 % d’argile.

Opportunités spécifiques à l’ACS

L’ACS a aussi permis de saisir certaines opportunités, comme dans un système où les repousses de moutarde ont été laissées après récolte. Cela a permis une deuxième récolte de moutarde le 10 octobre :

  • première récolte : 9 q/ha le 7 juillet,
  • seconde récolte : 2,4 q/ha le 10 octobre,
  • total : 11,5 q/ha.

Avec une valorisation de la moutarde brune d’hiver à 2000 €/t en 2023, cette seconde récolte était économiquement très intéressante.

L’azote disponible est-il un facteur limitant en ACS ?

La question posée

La dernière partie de l’intervention porte spécifiquement sur la disponibilité de l’azote en ACS.

Deux questions principales sont posées :

  • que restitue réellement au sol un couvert végétal qui a mobilisé azote, phosphore, potasse et soufre ?
  • après plusieurs années d’ACS, bénéficie-t-on réellement du fameux volant d’autofertilité ?

Exemple concret d’un couvert à 4 t MS/ha

Dans un cas étudié sur la ferme, un couvert semé après orge de printemps a produit 4 t MS/ha. Les analyses de laboratoire ont montré qu’il contenait :

  • 100 unités d’azote,
  • 14 unités de phosphore,
  • 123 unités de potasse.

Mais au 26 janvier suivant, le reliquat d’azote mesuré sur 0-30 cm n’était plus que de :

  • 13 unités en ACS,
  • contre 10 unités en travail du sol.

L’idée défendue par Vincent Vaccari est que l’azote n’a pas disparu :

  • il a servi à dégrader le couvert,
  • à nourrir la biomasse microbienne,
  • à fabriquer de la matière organique de surface.

Mais il reste alors très peu d’azote directement disponible pour la culture suivante.

Synthèse des reliquats sortie hiver

Sur l’ensemble des mesures réalisées entre 2013 et 2024, soit 576 reliquats sortie hiver :

  • travail du sol : 22 unités,
  • ACS : 25 unités.

L’écart moyen n’est que de 3 unités.

Synthèse des reliquats post-récolte

Les reliquats post-récolte montrent aussi une différence modérée :

  • environ 6 unités d’écart entre ACS et travail du sol.

Ces résultats montrent que l’on ne retrouve pas directement le couvert végétal dans les reliquats mesurés.

Suivi de l’azote avant semis de blé

Dans une parcelle après moutarde d’hiver récoltée en 2023 :

  • le reliquat était de 112 unités en ACS,
  • contre 87 unités en travail du sol.

Un couvert Biomax a ensuite produit 2,3 t MS/ha en 66 jours.

Treize jours avant le semis du blé :

  • le reliquat en travail du sol était monté à 122 unités,
  • celui en ACS était tombé à 13 unités.

En sortie d’hiver :

  • travail du sol : 11 unités,
  • ACS : 19 unités.

Malgré cela, le rendement du blé 2024 a été :

  • 82 q/ha en ACS,
  • 72 q/ha en travail du sol.

Pour Vincent Vaccari, cela illustre bien le rôle principal du couvert végétal en ACS : conserver la structure présente le jour du semis.

Observations chez les agriculteurs du club

Des observations similaires ont été menées chez des membres du club Agroéco, notamment à Lusans, au nord de Besançon.

Dans des parcelles en semis direct depuis plus de 10 ans, différents couverts ont été comparés avant maïs grain. Entre le 2 février et le 7 avril, les reliquats ont diminué en moyenne de 24 unités, alors qu’on aurait pu s’attendre à l’inverse.

L’explication retenue est la même :

  • consommation de l’azote pour dégrader le couvert,
  • augmentation de la matière organique de surface,
  • alimentation de la biomasse microbienne.

Essai sur l’impasse azote minéral en colza

En 2025, sur la ferme de Fromanteau, une impasse azote minéral a été réalisée sur colza dans plusieurs systèmes.

Les observations visuelles montrent que :

  • le colza en semis direct, sans azote minéral, « patine » davantage ;
  • le colza en travail du sol, surtout avec fumier, présente une biomasse plus importante.

Les reliquats du 31 mars 2025 montrent par exemple :

  • 32 unités en ACS sans fumier,
  • 25 unités en travail du sol sans fumier,
  • 62 unités en travail du sol avec fumier.

L’effet du fumier apparaît donc nettement à cette date.

Comparaison de deux systèmes ACS avec doses d’azote différentes

Depuis 2017, deux systèmes en ACS sont comparés dans la même parcelle :

  • système 1 : dose d’azote plus élevée,
  • système 12 : dose réduite.

Depuis 2018, la réduction moyenne est de 29 unités d’azote minéral dans le système 12.

Tous les autres paramètres sont identiques :

  • rotation,
  • couverts végétaux,
  • dates de semis.

Résultats de rendement

Les rendements sont presque toujours en faveur du système 1 :

  • blé 2018 : +13 q/ha,
  • escourgeon 2019 : +5 q/ha,
  • colza 2020 : +1,7 q/ha,
  • blé 2021 : +8 q/ha,
  • orge d’hiver 2022 : +12 q/ha,
  • blé 2024 : 82 q/ha contre 72 q/ha.

Résultats sur la protéine

L’augmentation de la dose d’azote ne se traduit pas seulement par davantage de rendement, mais aussi par des teneurs en protéines plus élevées. Il n’y a donc pas de dilution observée.

Azote exporté dans le grain

Le calcul de l’azote exporté montre :

  • 108 kg N/ha exportés dans le système 1,
  • 87 kg N/ha dans le système 12.

Soit un écart d’environ 21 unités, à rapprocher des 29 unités supplémentaires apportées dans le système 1.

Reliquats

Malgré cette différence d’apport :

  • les reliquats sortie hiver sont très proches,
  • les reliquats post-récolte aussi.

Cela montre, selon Vincent Vaccari, une bonne valorisation de l’azote supplémentaire apporté.

Effet sur la marge brute

Au final, la majoration moyenne de 29 unités d’azote dans le système 1 permet un gain de :

  • 120 €/ha de marge brute.

Conclusion

La conclusion de Vincent Vaccari est claire : oui, l’azote disponible peut être un facteur limitant en agriculture de conservation des sols.

Lorsque l’azote vient à manquer :

  • les rendements chutent,
  • les couverts végétaux produisent moins,
  • les mauvaises herbes progressent.

Il insiste sur plusieurs idées fortes :

  • la directive nitrates n’est pas adaptée aux systèmes ACS ;
  • un couvert végétal laissé en surface ne se comporte pas comme un couvert incorporé ;
  • en semis direct, la gestion des pailles et de la matière organique de surface demande davantage d’azote que ce que prévoit la réglementation ;
  • l’augmentation de la matière organique de surface, bien qu’elle soit souvent vue comme positive, peut aussi devenir défavorable si elle accentue l’immobilisation de l’azote minéral.

Enfin, il remercie les coopératives de l’Alliance BFC, qui ont permis la mise en place et le maintien de ces dispositifs de longue durée. Il rappelle que, contrairement à certaines idées reçues, sa coopérative soutient pleinement les démarches autour du semis direct et de l’agriculture de conservation des sols. campagne en 2025.

Le dispositif repose sur des parcelles de :

  • 13 m de large,
  • 60 à 100 m de long,
  • avec deux répétitions.

Les essais portent sur plusieurs grandes thématiques :

  • la rotation des cultures,
  • la fertilité des sols,
  • la gestion des adventices,
  • les systèmes biologiques,
  • la comparaison travail du sol versus ACS,
  • la conduite de culture.

Les systèmes testés en ACS

Les facteurs variables étudiés en ACS sont nombreux :

  • couvert permanent ou couvert annuel,
  • apports de fumier sans incorporation,
  • semis « à la volée » ou au centrifuge sans recouvrement,
  • produits biostimulants,
  • monoculture de blé,
  • rotations très chargées en graminées,
  • apport de PK en couverture ou dans la ligne de semis,
  • système sans glyphosate.

Vincent Vaccari précise que la ferme expérimentale permet de prendre certains risques, dans une logique de test de systèmes innovants.

Historique et premiers enseignements

L’épisode de gel de 2012

La première année de récolte, en 2012, a été fortement perturbée par un gel majeur. Blés et orges d’hiver ont été presque entièrement détruits sur le plateau.

Dans une parcelle, de l’orge de printemps a été ressemée en direct après destruction des repousses d’orge d’hiver au glyphosate. Les systèmes où la culture de printemps a cohabité avec les repousses d’orge d’hiver ont subi environ 10 quintaux de perte.

Le principal enseignement tiré de cette situation est que, lorsqu’une culture a été fortement touchée par le gel, il vaut mieux repartir sur une nouvelle culture sans faire cohabiter l’ancienne et la nouvelle.

L’arrière-effet observé en 2013

En 2013, dans la même parcelle, les systèmes qui avaient fait le plus faible rendement en orge de printemps en 2012 ont finalement donné les meilleurs rendements en colza. Cela est interprété comme un arrière-effet du rendement précédent.

L’explication avancée repose sur la notion de fatigue des sols ou sur la gestion des pailles, notamment en semis direct.

Les rotations pratiquées

Depuis 2012, la ferme travaille majoritairement sur des rotations de type :

  • colza – blé – orge,
  • donc principalement des cultures d’hiver.

Des systèmes plus diversifiés ont aussi été testés avec :

  • orge de printemps,
  • pois d’hiver,
  • seigle pour méthanisation,
  • moutarde brune d’hiver,
  • un peu de soja,
  • un peu de tournesol.

Cependant, certaines cultures restent difficiles à tenir dans ce contexte :

  • le pois d’hiver a fortement reculé avec l’arrivée de la bactériose à partir de 2016 ;
  • le tournesol présente des rendements faibles et très variables ;
  • le maïs grain n’est pas cultivé.

Synthèse des rendements sur 13 campagnes

Toutes cultures confondues

Sur 109 situations analysées entre 2012 et 2024, les rendements moyens sont :

  • 48 q/ha en ACS,
  • 48 q/ha en travail du sol.

La synthèse globale montre donc un équilibre parfait entre les deux systèmes.

Le blé

En blé, la moyenne sur 13 campagnes est :

  • 61 q/ha en ACS,
  • légèrement moins en travail du sol.

L’ACS présente un avantage moyen de +1,2 q/ha.

En 2024, dans certaines parcelles, l’arrière-effet des couverts végétaux a été mesuré entre +6 et +8 q/ha sur blé.

Un cas marquant est également signalé en 2017 : un couvert très développé, broyé puis labouré, a entraîné un effet dépressif sur le blé suivant, avec une perte de 3 à 4 q/ha, probablement liée à la décomposition en conditions peu oxygénées.

Le colza

En colza :

  • 25 q/ha en ACS,
  • 24,5 q/ha en travail du sol.

L’écart moyen est de +0,7 q/ha en faveur de l’ACS.

Les colzas semés en direct avec un semoir à dents sont décrits comme bien implantés. Les captations NDVI ont également permis de mettre en évidence l’intérêt combiné :

  • des couverts végétaux,
  • des colzas associés, notamment avec féverole.

Cet effet est estimé à environ 3 q/ha.

L’orge d’hiver

En orge d’hiver, l’ACS accuse un recul d’environ 2 q/ha par rapport au travail du sol.

Les principales explications avancées sont :

  • la difficulté à gérer les bromes en semis direct,
  • l’impossibilité d’incorporer l’Avadex,
  • les dégâts de campagnols des champs, très marqués en 2015.

Cette année-là, les systèmes en semis direct, notamment avec couverts végétaux, ont été fortement pénalisés, avec des pertes pouvant atteindre près de 10 à 17 q/ha selon les comparaisons.

L’orge de printemps

L’orge de printemps apparaît initialement plus compliquée en ACS, avec une perte moyenne de l’ordre de 3 q/ha sur la synthèse.

Mais Vincent Vaccari explique qu’entre 2012 et 2017, les pertes ont surtout été liées à un pilotage de l’azote identique à celui du travail du sol, ce qui n’était pas adapté.

À partir de 2018, la stratégie a changé :

  • apport anticipé de 50 unités d’azote liquide dès début février sur les parcelles destinées à l’orge de printemps en semis direct ;
  • apport de NP dans la ligne de semis.

Depuis ce changement, les rendements des orges de printemps en ACS redeviennent comparables, voire supérieurs, à ceux du labour.

Charges opérationnelles

Les charges opérationnelles sont en moyenne :

  • 639 €/ha en ACS,
  • 596 €/ha en travail du sol.

L’ACS présente donc un surcoût moyen de 43 €/ha.

Ce surcoût est principalement attribué :

  • au coût des couverts végétaux,
  • aux passages de glyphosate, parfois complétés de 2,4-D,
  • à certaines pratiques spécifiques à l’ACS.

Vincent Vaccari souligne qu’après quatre ans d’essais sans glyphosate, il n’a pas trouvé de solution satisfaisante : en 2024, une parcelle a exporté non pas de l’orge de printemps, mais 4 tonnes de matière sèche de vulpins.

Coûts de chantier

À l’inverse, les coûts de chantier sont plus faibles en ACS.

La synthèse sur 13 ans montre un surcoût du travail du sol de :

  • 61 €/ha.

Ces coûts prennent en compte :

  • le tracteur,
  • l’outil,
  • le carburant,
  • la main-d’œuvre.

Marges

Marge brute

La comparaison globale montre une marge brute légèrement supérieure en travail du sol :

  • +19 €/ha en faveur du travail du sol.

Par culture :

  • en blé : avantage travail du sol de 24 €/ha ;
  • en colza : avantage ACS de 17 €/ha ;
  • en orge d’hiver : fort avantage travail du sol ;
  • en orge de printemps : avantage travail du sol sur la synthèse, malgré les progrès récents de l’ACS.

Marge semi-nette

La marge semi-nette, définie comme la marge brute moins les coûts de chantier, montre un résultat plus favorable à l’ACS :

  • +42 €/ha en ACS sur la ferme de Fromanteau.

Par culture :

  • blé : +33 €/ha en ACS,
  • colza : +54 €/ha en ACS,
  • orge d’hiver : -19 €/ha en ACS,
  • orge de printemps : quasi-équilibre à -5 €/ha.

Pour Vincent Vaccari, ce résultat est encourageant, d’autant plus qu’il reconnaît avoir commis certaines erreurs au démarrage du dispositif.

Les erreurs ou limites identifiées en ACS

Plusieurs facteurs ont pu pénaliser les performances des systèmes ACS au cours des premières années :

  • manque de NP localisé au semis,
  • pilotage de l’azote non adapté, notamment sur orge de printemps,
  • mauvaise gestion des pailles,
  • couverts végétaux mal choisis,
  • destructions de couverts trop tardives,
  • apports de fumier avant orge de printemps, souvent très pénalisants,
  • semis trop précoces en sol froid,
  • gestion difficile des bromes en orge,
  • dégâts de sangliers,
  • forte pression limaces en 2024-2025.

Il insiste également sur un point réglementaire important : la directive nitrates a été conçue pour des systèmes avec travail du sol et n’est pas adaptée à l’ACS.

Pistes de réflexion pour les années suivantes

Plusieurs pistes sont évoquées :

  • réduire les charges opérationnelles,
  • diminuer le coût des semences de couverts,
  • travailler davantage avec de la semence de ferme,
  • réduire le nombre d’espèces dans les mélanges,
  • rechercher plus de biomasse racinaire,
  • réfléchir à la réduction des apports de PK dans la ligne de semis,
  • poursuivre le travail sur la rotation « 2 + 2 », alternant cultures d’automne et de printemps,
  • faire évoluer la directive nitrates,
  • mieux valoriser le carbone stocké.

Stockage du carbone

Dans une parcelle suivie depuis 2011, avec une moyenne de 2,3 t MS/ha de couverts végétaux ou plantes compagnes, les analyses de sol ont permis d’estimer un stockage de carbone.

Les chiffres annoncés sont :

  • en travail du sol avec couverts : 113 kg/ha/an de stockage additionnel,
  • en ACS : 678 kg/ha/an,
  • en comparaison ACS versus travail du sol : 905 kg/ha/an de stockage additionnel.

Ces résultats sont jugés encourageants, même s’ils sont propres à des sols argileux, ici à 40 % d’argile.

Opportunités spécifiques à l’ACS

L’ACS a aussi permis de saisir certaines opportunités, comme dans un système où les repousses de moutarde ont été laissées après récolte. Cela a permis une deuxième récolte de moutarde le 10 octobre :

  • première récolte : 9 q/ha le 7 juillet,
  • seconde récolte : 2,4 q/ha le 10 octobre,
  • total : 11,5 q/ha.

Avec une valorisation de la moutarde brune d’hiver à 2000 €/t en 2023, cette seconde récolte était économiquement très intéressante.

L’azote disponible est-il un facteur limitant en ACS ?

La question posée

La dernière partie de l’intervention porte spécifiquement sur la disponibilité de l’azote en ACS.

Deux questions principales sont posées :

  • que restitue réellement au sol un couvert végétal qui a mobilisé azote, phosphore, potasse et soufre ?
  • après plusieurs années d’ACS, bénéficie-t-on réellement du fameux volant d’autofertilité ?

Exemple concret d’un couvert à 4 t MS/ha

Dans un cas étudié sur la ferme, un couvert semé après orge de printemps a produit 4 t MS/ha. Les analyses de laboratoire ont montré qu’il contenait :

  • 100 unités d’azote,
  • 14 unités de phosphore,
  • 123 unités de potasse.

Mais au 26 janvier suivant, le reliquat d’azote mesuré sur 0-30 cm n’était plus que de :

  • 13 unités en ACS,
  • contre 10 unités en travail du sol.

L’idée défendue par Vincent Vaccari est que l’azote n’a pas disparu :

  • il a servi à dégrader le couvert,
  • à nourrir la biomasse microbienne,
  • à fabriquer de la matière organique de surface.

Mais il reste alors très peu d’azote directement disponible pour la culture suivante.

Synthèse des reliquats sortie hiver

Sur l’ensemble des mesures réalisées entre 2013 et 2024, soit 576 reliquats sortie hiver :

  • travail du sol : 22 unités,
  • ACS : 25 unités.

L’écart moyen n’est que de 3 unités.

Synthèse des reliquats post-récolte

Les reliquats post-récolte montrent aussi une différence modérée :

  • environ 6 unités d’écart entre ACS et travail du sol.

Ces résultats montrent que l’on ne retrouve pas directement le couvert végétal dans les reliquats mesurés.

Suivi de l’azote avant semis de blé

Dans une parcelle après moutarde d’hiver récoltée en 2023 :

  • le reliquat était de 112 unités en ACS,
  • contre 87 unités en travail du sol.

Un couvert Biomax a ensuite produit 2,3 t MS/ha en 66 jours.

Treize jours avant le semis du blé :

  • le reliquat en travail du sol était monté à 122 unités,
  • celui en ACS était tombé à 13 unités.

En sortie d’hiver :

  • travail du sol : 11 unités,
  • ACS : 19 unités.

Malgré cela, le rendement du blé 2024 a été :

  • 82 q/ha en ACS,
  • 72 q/ha en travail du sol.

Pour Vincent Vaccari, cela illustre bien le rôle principal du couvert végétal en ACS : conserver la structure présente le jour du semis.

Observations chez les agriculteurs du club

Des observations similaires ont été menées chez des membres du club Agroéco, notamment à Lusans, au nord de Besançon.

Dans des parcelles en semis direct depuis plus de 10 ans, différents couverts ont été comparés avant maïs grain. Entre le 2 février et le 7 avril, les reliquats ont diminué en moyenne de 24 unités, alors qu’on aurait pu s’attendre à l’inverse.

L’explication retenue est la même :

  • consommation de l’azote pour dégrader le couvert,
  • augmentation de la matière organique de surface,
  • alimentation de la biomasse microbienne.

Essai sur l’impasse azote minéral en colza

En 2025, sur la ferme de Fromanteau, une impasse azote minéral a été réalisée sur colza dans plusieurs systèmes.

Les observations visuelles montrent que :

  • le colza en semis direct, sans azote minéral, « patine » davantage ;
  • le colza en travail du sol, surtout avec fumier, présente une biomasse plus importante.

Les reliquats du 31 mars 2025 montrent par exemple :

  • 32 unités en ACS sans fumier,
  • 25 unités en travail du sol sans fumier,
  • 62 unités en travail du sol avec fumier.

L’effet du fumier apparaît donc nettement à cette date.

Comparaison de deux systèmes ACS avec doses d’azote différentes

Depuis 2017, deux systèmes en ACS sont comparés dans la même parcelle :

  • système 1 : dose d’azote plus élevée,
  • système 12 : dose réduite.

Depuis 2018, la réduction moyenne est de 29 unités d’azote minéral dans le système 12.

Tous les autres paramètres sont identiques :

  • rotation,
  • couverts végétaux,
  • dates de semis.

Résultats de rendement

Les rendements sont presque toujours en faveur du système 1 :

  • blé 2018 : +13 q/ha,
  • escourgeon 2019 : +5 q/ha,
  • colza 2020 : +1,7 q/ha,
  • blé 2021 : +8 q/ha,
  • orge d’hiver 2022 : +12 q/ha,
  • blé 2024 : 82 q/ha contre 72 q/ha.

Résultats sur la protéine

L’augmentation de la dose d’azote ne se traduit pas seulement par davantage de rendement, mais aussi par des teneurs en protéines plus élevées. Il n’y a donc pas de dilution observée.

Azote exporté dans le grain

Le calcul de l’azote exporté montre :

  • 108 kg N/ha exportés dans le système 1,
  • 87 kg N/ha dans le système 12.

Soit un écart d’environ 21 unités, à rapprocher des 29 unités supplémentaires apportées dans le système 1.

Reliquats

Malgré cette différence d’apport :

  • les reliquats sortie hiver sont très proches,
  • les reliquats post-récolte aussi.

Cela montre, selon Vincent Vaccari, une bonne valorisation de l’azote supplémentaire apporté.

Effet sur la marge brute

Au final, la majoration moyenne de 29 unités d’azote dans le système 1 permet un gain de :

  • 120 €/ha de marge brute.

Conclusion

La conclusion de Vincent Vaccari est claire : oui, l’azote disponible peut être un facteur limitant en agriculture de conservation des sols.

Lorsque l’azote vient à manquer :

  • les rendements chutent,
  • les couverts végétaux produisent moins,
  • les mauvaises herbes progressent.

Il insiste sur plusieurs idées fortes :

  • la directive nitrates n’est pas adaptée aux systèmes ACS ;
  • un couvert végétal laissé en surface ne se comporte pas comme un couvert incorporé ;
  • en semis direct, la gestion des pailles et de la matière organique de surface demande davantage d’azote que ce que prévoit la réglementation ;
  • l’augmentation de la matière organique de surface, bien qu’elle soit souvent vue comme positive, peut aussi devenir défavorable si elle accentue l’immobilisation de l’azote minéral.

Enfin, il remercie les coopératives de l’Alliance BFC, qui ont permis la mise en place et le maintien de ces dispositifs de longue durée. Il rappelle que, contrairement à certaines idées reçues, sa coopérative soutient pleinement les démarches autour du semis direct et de l’agriculture de conservation des sols. }}