2018 - Visite du Jardin de Manspach - Asperges & Carottes - 15/22 Fabrice Meyer

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Dans cette séquence de la visite du Jardin de Manspach, Fabrice Meyer explique la gestion du maraîchage diversifié, entre production, semences et organisation du travail. Il montre notamment que certaines plus belles salades sont conservées pour la montée en graines. Il insiste aussi sur l’intérêt d’avoir des stagiaires ou du renfort : cela permet de mieux faire face aux aléas, comme les limaces, de replanter rapidement et d’oser davantage d’expérimentations. La seconde partie est consacrée aux asperges, cultivées ici avec les carottes. Fabrice décrit la plantation des griffes au fond du sillon, l’importance de l’arrosage au démarrage et le rôle des réserves racinaires de cette plante vivace. Il distingue asperges vertes et blanches : c’est la même plante, mais les blanches sont butées pour pousser à l’abri de la lumière. Enfin, il précise qu’une aspergeraie entre en production à partir de la troisième année et peut rester productive de nombreuses années.

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Résumé
Dans cette séquence de la visite du Jardin de Manspach, Fabrice Meyer explique la gestion du maraîchage diversifié, entre production, semences et organisation du travail. Il montre notamment que certaines plus belles salades sont conservées pour la montée en graines. Il insiste aussi sur l’intérêt d’avoir des stagiaires ou du renfort : cela permet de mieux faire face aux aléas, comme les limaces, de replanter rapidement et d’oser davantage d’expérimentations. La seconde partie est consacrée aux asperges, cultivées ici avec les carottes. Fabrice décrit la plantation des griffes au fond du sillon, l’importance de l’arrosage au démarrage et le rôle des réserves racinaires de cette plante vivace. Il distingue asperges vertes et blanches : c’est la même plante, mais les blanches sont butées pour pousser à l’abri de la lumière. Enfin, il précise qu’une aspergeraie entre en production à partir de la troisième année et peut rester productive de nombreuses années.

Visite du Jardin de Manspach (68) du 17 août 2018 organisée dans le cadre de L'ALTERTOUR


Vidéo : Floris Górniak (Merci !)


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Gestion des salades, des semences et du travail

Ici, l’idée est qu’on pourrait choisir les plus belles salades, celles qui sont les plus belles visuellement, mais toutes ne sont pas destinées à être vendues. Certaines sont gardées pour la semence.

Il explique que cela fait partie de la gestion de l’ensemble du jardin. En pratique, il y a souvent plusieurs étapes dans le travail, parfois une deuxième, voire une troisième étape à faire, mais au moment voulu pour intervenir il peut y avoir d’autres priorités liées à la vente ou à d’autres tâches urgentes. Du coup, il n’est pas toujours possible de faire les choses exactement au bon moment.

Le fait d’avoir des stagiaires permet alors de faire davantage de choses, et même de prendre un peu plus de risques. Par exemple, pour les limaces et les pertes de plants, ils peuvent commander ou produire un peu plus de plants, avoir des plants de rechange, et remplacer ce qui s’est fait dégommer. Quand on est tout seul, si des plants se font manger en deux ou trois jours, on peut vite être dégoûté, car on n’a pas forcément la capacité de refaire des plants de remplacement à temps. Le fait d’être plusieurs permet donc d’expérimenter davantage. Sinon, quand on est seul, on cherche plutôt à sécuriser.

Cette organisation permet aussi de réfléchir à la manière de continuer dans cette voie-là, notamment si plus tard il faut à nouveau travailler seul.

Les asperges : mise en place de la culture

On passe ensuite à la parcelle d’asperges, qui a été plantée « en trois temps ».

Ici, la plantation a été faite dans un sillon. Comme il l’avait expliqué auparavant, il y avait une butte de chaque côté. Les griffes d’asperges ont été mises au fond du sillon, puis recouvertes avec du terreau, du compost végétal et du compost. Ensuite, les asperges ont été installées à leur place.

Au début, il a fallu arroser, le temps que les plants s’installent, en particulier parce que les carottes et surtout le compost peuvent sécher très vite en surface par rapport à l’intérieur. Il a donc fallu maintenir l’arrosage au démarrage. Une fois que les racines sont bien installées et qu’elles descendent plus profondément, il n’y a plus besoin d’arroser de la même manière, selon les cultures et selon les sols.

Il précise qu’ici, le sol retient bien mieux l’eau que chez d’autres maraîchers de la région de Mulhouse, où les sols sont plus caillouteux, plus sableux, et où l’eau est moins retenue. Là-bas, il faut parfois arroser beaucoup plus souvent. Ici, ce n’est pas le cas.

Asperges vertes et asperges blanches

Dans cette parcelle, l’objectif est de faire des asperges vertes.

Il explique que c’est pourtant la même plante que pour les asperges blanches. La différence vient surtout de la manière de la cultiver.

Pour faire de l’asperge blanche, on fait une butte plus haute. La pousse reste alors sous terre, sans lumière, donc sans photosynthèse, et elle reste blanche. On la récolte avant qu’elle ne sorte.

Ici, pour faire de l’asperge verte, on laisse la pousse sortir de terre. Quand elle atteint à peu près la bonne taille, on la récolte. Comme elle a été exposée à la lumière du soleil, elle devient verte.

Il précise que si, sur cette même variété, il augmentait simplement la hauteur de la butte, il obtiendrait des asperges blanches.

Concernant les asperges violettes, il explique que ce sont des variétés qui ont davantage tendance à devenir violettes, mais que là encore cela est lié à l’exposition à la lumière. Même certaines asperges vertes peuvent avoir la pointe un peu violette. Il compare cela à d’autres légumes qui prennent des teintes bleues ou violettes au soleil.

Âge de la plantation et entrée en production

Les asperges présentées ici sont encore jeunes. Il parle d’une plantation récente, pas encore en pleine production. Sur une autre parcelle, chez un collègue, il a aussi des plantations qui ont cinq ans et qui sont déjà en pleine production.

Ici, les asperges seront récoltées à partir de la troisième année. Il précise qu’au début, les premières années, on ne récolte pas. On laisse la plante se développer. Elle fait alors des tiges, des branches, du feuillage, afin de constituer ses réserves.

Les premières années, on ne prélève donc rien afin que le pied puisse bien s’installer.

Fonctionnement de la plante et cycle annuel

L’asperge est une vivace, c’est-à-dire une plante pérenne. Elle fonctionne grâce à des réserves accumulées dans ses racines.

Au printemps, les pousses repartent grâce à ces réserves. Si on récolte, on prélève justement ces jeunes pousses. Mais il faut ensuite arrêter la récolte à un moment donné, ici vers la mi-juin, afin que la plante puisse refaire ses tiges et son feuillage. Cela lui permet de refaire de la photosynthèse et de reconstituer ses réserves pour l’année suivante.

Si on continuait à récolter trop longtemps, la plante n’aurait plus le temps de refaire des réserves, et elle repartirait moins bien l’année suivante.

En hiver, la partie aérienne gèle. Les racines, elles, restent vivantes dans le sol, au ralenti, en quelque sorte en hibernation, puis la plante repart au printemps.

Il oppose cela à une annuelle, qui ne peut pas fonctionner ainsi : une annuelle termine son cycle après avoir grainé, puis meurt.

Entretien hivernal

À la question de ce qu’il va faire ensuite, il explique qu’en hiver, il va broyer ou coucher la végétation sèche, en tout cas intervenir sur le feuillage une fois la saison terminée. En janvier, il ne récolte évidemment plus. La végétation est alors utilisée un peu comme une couverture hivernale, puis elle est gérée avant le redémarrage de la culture.

Ensuite, vers mars-avril, les nouvelles pousses commencent à ressortir.

Ce qu’on récolte réellement

Il est ensuite précisé que ce qu’on récolte, ce n’est pas la racine, mais la jeune pousse qui sort du sol.

La plante, si on la laisse faire, continuerait à développer cette pousse, qui deviendrait ensuite une tige avec des ramifications et du feuillage. Mais pour la consommation, on la coupe au stade jeune.

Pour les asperges vertes, on ne va pas les chercher très profondément, puisqu’on les laisse sortir. Pour les blanches, comme elles sont butées plus haut, on va davantage les chercher dans le sol.

Il insiste sur le fait qu’il ne faut pas couper les racines. Si on coupe les racines, on casse la culture. Il faut donc faire attention à la profondeur de coupe.

Multiplication, semences et variétés

Il évoque aussi des variétés anciennes. L’intérêt, selon lui, est qu’on peut récupérer les graines et refaire sa semence. Il oppose cela à des variétés modernes ou hybrides pour lesquelles on ne retrouve pas forcément un comportement stable au ressemis.

Sur ces variétés anciennes, il est donc possible de sélectionner les plantes qui marchent le mieux dans leurs conditions, puis de récupérer les graines.

Il mentionne les fruits de l’asperge, dans lesquels se trouvent les graines.

Durée de production d’un pied

Un pied d’asperge peut produire pendant de nombreuses années. Pour rester au meilleur niveau de production, il explique qu’on renouvelle souvent la culture autour de sept ans. C’est là qu’on reste dans une production « au top ».

Mais en réalité, les asperges peuvent être gardées bien plus longtemps : dix, quinze, vingt, voire vingt-cinq ans. Simplement, avec le temps, le calibre diminue un peu et la production devient moins abondante.

C’est bien le même pied qui reste en place, puisque l’asperge est une vivace.

Stratégie de renouvellement

Il explique qu’il envisage un roulement de plantations. L’idée serait de remettre régulièrement une nouvelle série d’asperges en place, de manière à avoir toujours une parcelle qui entre en production pendant qu’une autre vieillit.

Par exemple, il pourrait implanter une nouvelle série, puis quelques années plus tard en relancer une autre. Ainsi, si une vieille série commence à moins produire, les nouvelles prennent le relais.

Cette logique de renouvellement permettrait de maintenir la production dans le temps, même si, dit-il, il reste à voir comment les choses évolueront à l’avenir.