Triple Performance

Pratiquer la lutte biologique à l'aide de microorganismes

De Wiki Triple Performance
Icone categorie Pratiques.png Pratique agro-écologique
Image Pratiquer la lutte biologique l aide de microorganismes.jpg
Cet article est issu de la base GECO[CC BY-NC-SA 3.0]. Cliquez ici pour accéder à la page d’origine : Logo Geco

1. Présentation

Caractérisation de la technique

Description de la technique :

Image d'en-tête : Bacillus thuringiensis ; auteur : Dr. Sahay ; licence (CC BY-SA 3.0)


Le principe

Il s'agit d'introduire dans le sol ou sur la culture des microorganismes (champignons entomophatogènes, champignons et bactéries biofongicides, virus) qui réduisent les populations de bioagresseurs. Cette introduction se fait généralement au moyen d'une pulvérisation. L'incorporation au sol est parfois nécessaire. A noter qu'il existe des fiches détaillées pour la gestion du sclérotinia à l'aide de Coniothyrium minitans (Contans WG) et sur l'utilisation du Bacillus Thuringiensis.


Exemple de mise en oeuvre :


Exemple d'application


> Utilisation de Verticillium lecanii-m contre aleurode sur aubergine, concombre, fraise, poivron et tomate


Verticillium lecanii-m cible le stade larvaire de l’aleurode des serres. Pour préparer des bouillies à base de ce micro-organisme, il faut mélanger la quantité nécessaire de produit dans un seau contenant de l’eau entre 15 et 20 °C jusqu’à l’obtention d’une fine bouillie (utiliser 3 à 4 litres d’eau pour 500 g de produit). Ensuite, il faut remplir le réservoir du pulvérisateur avec la quantité d’eau nécessaire, puis y verser la bouillie et bien mélanger. La pulvérisation doit être réalisée juste après la préparation.


Concernant la dose et application, il est recommandé en cas d’attaque d’apporter 500 g/2000 m² à chaque application et de la renouveler entre 2 et 4 fois en fonction de l’intensité de l’attaque, avec un intervalle minimum de 7 jours. Afin que le produit atteigne les larves, il est conseillé de pulvériser sur la face inférieure des feuilles et des pousses.


Pour une efficacité maximale, il est recommandé de réaliser l’application en fin d’après-midi ou en début de soirée, lorsque les températures sont entre 18 et 28 °C, avec une humidité relative de 70 %.


Le stockage du produit, joue un role important dans l'efficacité de cette technique. La température de stockage doit être comprise entre 2 et 6 °C et le produit doit être conservé dans son emballage d’origine fermé.


Le coût oscille autour de 53 €/500g de produit (prix 2013).


> Contre les noctuelles défoliatrices du chou en Bretagne : pulvériser du Bt à la dose recommandée dès les premiers dégâts et répéter tous les 7 à 10 jours (et en cas de pluie supérieure à 20 mm) jusqu"à la fin de la période sensible (fin octobre).


Précision sur la technique :

Pour une efficacité maximale, l’introduction doit être réalisée dès les premiers signes d’apparition du bio-agresseur.


Les conditions de température et d’humidité dépendent du micro-organisme à utiliser.


Les doses d’utilisation sont fonction du moment d’application utilisé, ainsi que du degré d’attaque de la culture.


Besoin de stockage des produits au frais le plus souvent.


Les conditions d’application à respecter peuvent induire d’autres problèmes (ex : la nécessité d’une hygrométrie élevée pour les champignons risque de favoriser le développement de certains pathogènes…).


Période de mise en œuvre Sur culture implantée


Selon les caractéristiques des microorganismes introduits : il peut suffire d'une introduction initiale (la population se développe et se maintient d'elle-même), il peut être nécessaire d'entretenir la population par des apports répétés, ou une introduction systématique peut être requise.


Echelle spatiale de mise en œuvre Parcelle


Application de la technique à...

Négatif Toutes les cultures : Pas généralisable


Pas généralisable


Diverses cultures sous serre (tomate, concombre...), sous abri (aubergine, poivron...) et en plein champ (Fabacées...) sont concernées. Toutefois, cette technique n'est développée que pour la gestion d'un nombre limité de bioagresseurs.


Réglementation

Influence POSITIVE


Plusieurs usages sont autorisés, y compris en agriculture biologique.


Le recours à la lutte par biocontrôle avec des microorganismes fait l'objet de plusieurs fiches CEPP :

  • Action n°21 : Diminuer l'usage de fongicides conventionnels sur grandes cultures au moyen d'un fongicide de biocontrôle
  • Action n°26 : Lutter contre les champignons telluriques au moyen d'un produit de biocontrôle
  • Action n°27 : Lutter contre les nématodes pathogènes en cultures légumières au moyen d'un produit de biocontrôle
  • Action n°28 : Lutter contre divers champignons pathogènes du feuillage au moyen d'un produit de biocontrôle
  • Action n°34 : Lutter contre les chenilles phytophages au moyen d’un produit de biocontrôle contenant du Bacillus thuringiensis
  • Action n°42 : Lutter contre les aleurodes sous abris au moyen d’un micro-organisme de biocontrôle
  • Action n°45 : Lutter contre les maladies du bois de la vigne au moyen d’un micro-organisme de biocontrôle
  • Action n°46 : Lutter contre les lépidoptères ravageurs en cultures maraichères au moyen d’un baculovirus




2. Services rendus par la technique



3. Effets sur la durabilité du système de culture

Critères "environnementaux"

Neutre Effet sur la qualité de l'air : Variable


émission phytosanitaires : DIMINUTION


émission GES : VARIABLE


Positif Effet sur la qualité de l'eau : En augmentation


pesticides : DIMINUTION


Neutre Effet sur la consommation de ressources fossiles : Variable


consommation d'énergie fossile : VARIABLE


Neutre Autre : Pas d'effet (neutre)


Commentaires

Qualité de l'air et de l'eau

Les produits à base de microorganismes présentent des risques faibles de contamination de l'air et de l'eau (dégradation rapide, toxicité faible pour les organismes non cibles).


Diminution des transferts de polluants vers l’eau et l’air grâce à la réduction des insecticides / fongicides.


Emissions de GES et consommation d'énergies fossiles

Les émissions de GES et la consommation en energie fossiles peuvent être plus importantes par rapport à un produit phytosanitaire d'origine non biologique si le nombre de traitements requis est supérieur.


Critères "agronomiques"

Neutre Productivité : Pas d'effet (neutre)


Pas d'effet (neutre)


L'efficacité des produits à base de microorganisme étant similaire à celle des insecticides chimiques, on n'attend aucun effet sur le rendement en cas de remplacement de l'un par l'autre.


Neutre Qualité de la production : Pas d'effet (neutre)


Pas d'effet (neutre)


Neutre Fertilité du sol : Pas d'effet (neutre)


Pas d'effet (neutre)


Du fait des spécificités de ces produits, les effets sur la microflore et la faune du sol sont limités.


Neutre Stress hydrique : Pas d'effet (neutre)


Pas d'effet (neutre)


Positif Biodiversité fonctionnelle : En augmentation


En augmentation


Du fait de leur sélectivité élevée et de leur dégradation rapide, l'impact des produits à base de microorganismes sur la biodiversité fonctionnelle (abeilles, auxiliaires, faune et microflore du sol) est souvent inférieur à celui des insecticides ou fongicides chimiques.


Critères "économiques"

Neutre Charges opérationnelles : Variable


Variable


La différence est fonction de l'écart de prix entre les programmes chimiques et les programmes à base de microorganismes.


Neutre Charges de mécanisation : Variable


Variable


Les charges de mécanisation peuvent être plus importantes par rapport à un produit phytosanitaire d'origine non biologique si le nombre de traitements requis est supérieur.


Neutre Marge : Variable


Variable


L'évolution de la marge liée au remplacement d'insecticides chimiques par des produits à base de microorganismes  dépend du rapport de prix (coût d'un traitement et nombre de traitements).


Critères "sociaux"

Neutre Temps de travail : Variable


Temps de travail global : variable


Pas de différence (du temps de mécanisation) par rapport à un produit phytosanitaire d'origine non biologique, sauf si le nombre de traitements requis est supérieur.


Le temps de travail dépend du temps de préparation des bouillies et du nombre de traitements, spécifique à chaque micro-organisme en fonction de leur persistance d’action.


Positif Effet sur la santé de l'agriculteur : En augmentation


Les produits à base de mircoorganismes sont en général inoffensifs pour l'homme, hormis des risques d'irritation, etc.




4. Organismes favorisés ou défavorisés

Bioagresseurs favorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions


Bioagresseurs défavorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions
Noctuelle de la tomate ravageur, prédateur ou parasite
aleurodes ravageur, prédateur ou parasite
alternariose sur tomate agent pathogène (bioagresseur)
carie commune du blé agent pathogène (bioagresseur)
doryphore ravageur, prédateur ou parasite
fusariose agent pathogène (bioagresseur)
oïdium des céréales agent pathogène (bioagresseur)
pyrale du maïs ravageur, prédateur ou parasite
pythium agent pathogène (bioagresseur)
sclérotinia agent pathogène (bioagresseur)
sésamie ravageur, prédateur ou parasite
thrips des cultures légumières ravageur, prédateur ou parasite


Auxiliaires favorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions


Auxiliaires défavorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions


Accidents climatiques et physiologiques favorisés

Organisme Impact de la technique Précisions


Accidents climatiques et physiologiques défavorisés

Organisme Impact de la technique Précisions




5. Pour en savoir plus

  • Bacillus thurengiensis, alternatif et d'alternance
    -Duchon-Doris J. et Armengaud P. (Philagro)


Phytoma, n°624-625, Article de presse, 2009

  • E-phy
    -Ministère de l'agriculture, Site Internet


Lien vers le site

  • Guide pratique pour la conception de systèmes de culture légumiers économes en produits phytopharmaceutiques. Fiche Technique T12.
    -Launais M., Bzdrenga L., Estorgues V., Faloya V., Jeannequin B., Lheureux S., Nivet L., Scherrer B., Sinoir N., Szilvasi S., Taussig C., Terrentroy A., Trottin-Caudal Y., Villeneuve F.


Ministère chargé de l’agriculture, Agence Française pour la Biodiversité, GIS PIClég., Ouvrage, 2014


Pour accéder au Guide voir lien

  • Index phytosanitaire ACTA
    -ACTA


ACTA, Ouvrage, 2017

  • Le point sur les techniques alternatives : Utilisation de micro-organismes pour la protection des cultures contre les ravageurs et les maladies
    -Janvier C., Trottin-Caudal Y., Villeneuve F.


CTIFL, Brochure technique, 2011


n° 7, CTIFL, 5 p.


Pour accéder à la brochure voir lien

  • Les lépidoptères ravageurs en légumes biologiques
    -Mazollier C. (GRAB) ; Oudard E. (SRPV PACA) ; Bélaird E. (SRPV Centre) ; Lambion J. (GRAB)


ITAB, Brochure technique, 2001


lien vers la brochure

  • Maladies et ravageurs des légumes de plein champ en Bretagne
    -Chambres agriculture de Bretagne


Ouvrage, 2005

  • Qu'est-ce que Pseudomonas chlororaphis souche MA342 ?
    -Boulon J.P. (Belchim crop protection)


Phytoma, n°632, Article de presse, 2010




6. Mots clés

Méthode de contrôle des bioagresseurs : Lutte biologique


Mode d'action : Rattrapage Action sur le stock initial


Type de stratégie vis-à-vis de l'utilisation de pesticides : Substitution


Annexes

Retours d'expériences évoquant cette page

S'applique aux cultures suivantes

Défavorise les bioagresseurs suivants