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Assolements et rotations innovantes bas carbone : le nouveau défi du Berry

De Triple Performance
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Contexte

Le Berry, composé des départements du Cher (18) et de l’Indre (36), dans la région Centre-Val-de-Loire, est une ancienne province et l’un des plus vieux terroirs agricoles.

On entend généralement parler de la champagne berrichonne, qui constitue une vaste plaine et plateau calcaire.

Si le nombre d’habitant/km2 de 33.1 est largement inférieure à la moyenne française de 107.1, ce ne sont pas les surfaces cultivées qui manquent. Blé, colza, orge ; voilà les trois cultures historiques qui ont constitué et constituent encore des rotations pratiquées encore par de nombreux agriculteurs. Elles ont néanmoins évoluées, pour inclure des cultures de printemps, tels que le tournesol et/ou maïs.

Dans un contexte actuel tourné vers l’agroécologie, certains exploitants se tournent vers des cultures diversifiées. La lentille verte du Berry, spécialité locale, mais d’autres cultures comme le quinoa, le sarrasin, le chanvre, l’épeautre… émergent et dévoilent de nouvelles couleurs et apparence des champs redécorant les plaines berrichonnes.

Les rotations doivent s’allonger : pratique recommandée par de nombreux instituts techniques travaillant dessus depuis de longues années. L’allongement des rotations est cependant synonyme de technicité, avec un équilibre entre toutes les cultures et les facteurs pédoclimatiques à respecter.

De nombreuses existent, et de nombreuses sont cohérentes. Les deux propositions de rotations suivantes sont créées à partir de retours d’expérience de deux agriculteurs de la région.

Retours d'expérience

Rotation n°1 du Berry, avec le chanvre comme tête d’assolement


D’après le retour d’expérience de Jean-Philippe Desdions, exploitant dans le Cher (18), le chanvre constitue une bonne tête d’assolement, dans une région où elles manquent.

Dans un contexte bas carbone, la couverture du sol est indispensable (voire obligatoire). C’est pour cette raison que 3 CIPAN sont présentes dans cette rotation de 6 ans. Plusieurs mélanges sont possibles, en associant généralement graminées (pour la couverture du sol rapide) avec légumineuses (pour l’apport d’azote) en fonction de la culture suivante. Lors de l’interview d’Antonin Chantrier, agriculteur biologique également dans le Cher (18), nous avons constaté qu’il pratique régulièrement des couverts avoine/féverole, dont il est largement satisfait. Cette association permet un couverture du sol rapide, et les légumineuses vont apporter de l’azote au sol, ce qui est essentiel dans tout type de système, notamment en agriculture biologique.

Le petit épeautre est une céréale à paille de plus en plus implantée par Antonin Chantrier, étant donné sa capacité à s’adapter aux différents types de sol, sa demande faible en intrant et sa capacité à valoriser l’azote organique. Il intègre donc cette rotation parfaitement.

Rotations n°2 du Berry, avec la lentille ou pois chiche en tête d’assolement


Trouver des têtes d’assolement pour valoriser les terres superficielles : voilà une problématique régionale. Antonin Chantrier opte pour la lentille, et de plus en plus pour le pois chiche, pour diverses raisons. Une nouvelle fois, 3 CIPAN sont présentes dans cette rotation.

Il pratique systématiquement le labour d’hiver pour détruire ses couverts avant toute culture de printemps, ainsi que des faux semis avant l’implantation d’une culture d’hiver à l’automne. Cependant, une autre pratique qui peut être réalisée est un labour d’automne, et des faux-semis qui se réalisent au printemps, car les conditions de levées d’adventices sont meilleures qu’en été/automne. Un labour avant culture de printemps va assécher le sol, dangereux en cas de sécheresse.

Le sarrasin en dérobée est cultivé quelques fois par Antonin Chantrier, ou en guise de recours pour combler les trous dans certaines parcelles. En dérobée, il suit généralement un pois d’hiver, culture récoltée précocement. Avantageux pour ses demandes nuls en intrants, il constitue soit une culture récoltée, soit au pire une couverture du sol optimale jusqu’à la culture suivante.

Conclusion

Les rotations proposées ici sont des exemples, créées à partir de deux retours d’expériences d’agriculteurs volontaires. Elles intègrent une forme « innovante » du fait de son allongement (peu pratiquée dans la région, s’arrêtant souvent à 4 années), et l’intégration de culture peu courante, comme le chanvre, le petit épeautre (céréale ancienne qui revient au goût du jour), le pois chiche (ou lentille) et le sarrasin.

Le choix de ne pas représenter ici un ou plusieurs assolements, est du fait de sa non-pertinence, étant donné que la champagne berrichonne est constitué à grande majorité par des céréaliers, et donc n’éprouvent pas le besoin d’avoir des fourrages pour leurs animaux en cas d’élevage. Les seuls besoins potentiels sont des contrats par exemple, mais il s’agit de cas propre à chaque agriculteur.