Sol Agronomie Innovation, par Thierry GHEWY - NLSD 2018

De Triple Performance
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Dans cette intervention intitulée « Sol Agronomie Innovation », présentée par Thierry Ghewy lors du NLSD 2018, l’accent est mis sur le rôle central du sol dans la performance agronomique et la durabilité des systèmes agricoles. La vidéo montre que le sol ne doit pas être considéré comme un simple support de culture, mais comme un milieu vivant, complexe et dynamique. Thierry Ghewy insiste sur l’importance de mieux comprendre sa structure, sa fertilité, son activité biologique et sa capacité à stocker l’eau et les éléments nutritifs. L’innovation agronomique passe ainsi par des pratiques adaptées : observation du terrain, réduction des perturbations, valorisation de la matière organique, couverture des sols et amélioration de la vie biologique. L’objectif est de concilier production, résilience et respect des équilibres naturels. Cette approche invite les agriculteurs à repenser leurs pratiques pour construire des systèmes plus efficaces, plus stables et mieux adaptés aux enjeux actuels.

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Résumé
Dans cette intervention intitulée « Sol Agronomie Innovation », présentée par Thierry Ghewy lors du NLSD 2018, l’accent est mis sur le rôle central du sol dans la performance agronomique et la durabilité des systèmes agricoles. La vidéo montre que le sol ne doit pas être considéré comme un simple support de culture, mais comme un milieu vivant, complexe et dynamique. Thierry Ghewy insiste sur l’importance de mieux comprendre sa structure, sa fertilité, son activité biologique et sa capacité à stocker l’eau et les éléments nutritifs. L’innovation agronomique passe ainsi par des pratiques adaptées : observation du terrain, réduction des perturbations, valorisation de la matière organique, couverture des sols et amélioration de la vie biologique. L’objectif est de concilier production, résilience et respect des équilibres naturels. Cette approche invite les agriculteurs à repenser leurs pratiques pour construire des systèmes plus efficaces, plus stables et mieux adaptés aux enjeux actuels.

Aujourd'hui, on vous propose une conférence de Thierry GHEWY, de Sol, Agronomie et Innovation ! Il vous parlera de son assocation basée dans l'Aisne et du concours Sors Tes Couverts.




Présentation

Dans cette intervention intitulée Sol Agronomie Innovation, Thierry Ghewy présente une réflexion globale sur l’agronomie centrée sur le sol, son fonctionnement, et les innovations possibles pour améliorer durablement les systèmes de culture. L’exposé met l’accent sur l’observation du sol, la compréhension de ses dynamiques biologiques, physiques et chimiques, ainsi que sur la nécessité d’adapter les pratiques agronomiques aux réalités du terrain.

L’idée principale développée est que le sol ne doit pas être considéré comme un simple support de culture, mais comme un milieu vivant, complexe, en interaction permanente avec les plantes, le climat et les pratiques agricoles. L’innovation agronomique consiste alors à mieux accompagner ces interactions plutôt qu’à chercher à les corriger uniquement par des intrants.

Le sol comme système vivant

Thierry Ghewy rappelle que le sol est un écosystème à part entière. Il est composé d’éléments minéraux, de matière organique, d’eau, d’air, mais aussi d’une vie biologique extrêmement importante. Cette vie du sol joue un rôle central dans la fertilité, la structuration, la circulation de l’eau et la nutrition des plantes.

L’intervention insiste sur le fait qu’un sol en bon état de fonctionnement est un sol capable :

  • d’infiltrer l’eau ;
  • de stocker et restituer cette eau aux plantes ;
  • de permettre une bonne circulation de l’air ;
  • de favoriser l’enracinement ;
  • de transformer la matière organique ;
  • de soutenir une activité biologique diversifiée.

Dans cette approche, la fertilité ne se réduit pas à un stock d’éléments nutritifs mesurés par analyse chimique. Elle dépend aussi fortement de la structure du sol, de son activité biologique et de sa capacité à évoluer positivement sous l’effet des pratiques culturales.

Observer avant d’intervenir

Un point fort de l’exposé est la place accordée à l’observation. Thierry Ghewy souligne qu’avant toute décision technique, il est indispensable de regarder le sol, de l’ouvrir, d’en examiner la structure, l’enracinement, la porosité, l’humidité, les traces d’activité biologique et les éventuels signes de tassement ou de blocage.

Cette démarche d’observation permet d’éviter les raisonnements trop généraux. Deux parcelles voisines peuvent réagir très différemment selon leur historique, leur texture, leur teneur en matière organique ou encore les pratiques qui y ont été appliquées. L’innovation agronomique commence donc par un diagnostic de terrain précis.

L’intervenant met en avant une agronomie fondée sur :

  • l’observation directe ;
  • l’interprétation des profils de sol ;
  • la prise en compte du contexte local ;
  • l’évaluation des effets des pratiques dans le temps.

Les limites d’une approche uniquement chimique

Thierry Ghewy explique que l’agronomie a longtemps été dominée par une lecture principalement chimique du fonctionnement des cultures. Cette approche a permis des progrès importants, mais elle montre ses limites lorsqu’elle ne prend pas en compte les dimensions physiques et biologiques du sol.

Un sol peut présenter des niveaux d’éléments nutritifs jugés satisfaisants sur le papier, tout en exprimant de mauvaises performances agronomiques si :

  • sa structure est dégradée ;
  • l’enracinement est bloqué ;
  • l’activité biologique est faible ;
  • l’eau s’infiltre mal ;
  • des zones compactées limitent les échanges.

L’exposé invite donc à dépasser une vision fragmentée du sol. Les composantes chimique, physique et biologique sont liées. Une innovation pertinente est une innovation qui agit sur l’ensemble du système, ou au minimum qui ne dégrade pas une composante en cherchant à en améliorer une autre.

L’importance de la structure du sol

La structure du sol occupe une place centrale dans l’intervention. Elle conditionne à la fois la circulation de l’eau, l’aération, le développement racinaire et l’activité des organismes du sol. Thierry Ghewy rappelle qu’un sol bien structuré n’est pas simplement un sol meuble en surface, mais un sol présentant une porosité fonctionnelle et une organisation favorable sur l’ensemble du profil exploré par les racines.

Les pratiques agricoles peuvent améliorer ou détériorer cette structure. Parmi les facteurs de dégradation, on retrouve notamment :

  • les tassements liés au passage d’engins ;
  • les interventions réalisées dans de mauvaises conditions d’humidité ;
  • certaines successions culturales ;
  • un travail du sol mal adapté ;
  • le manque de couverture végétale ;
  • la faiblesse des apports organiques.

À l’inverse, certaines pratiques peuvent contribuer à restaurer progressivement la structure :

  • l’allongement des rotations ;
  • l’introduction de couverts végétaux ;
  • la limitation des tassements ;
  • la présence de racines diversifiées ;
  • une meilleure gestion de la matière organique ;
  • des interventions mécaniques raisonnées.

Le rôle de la biologie

L’intervention souligne fortement le rôle de la biologie du sol. Les organismes vivants, qu’il s’agisse de micro-organismes, de champignons, de vers de terre ou d’autres formes de faune du sol, participent activement à la transformation de la matière organique, à la création de porosité et à la mise à disposition de certains éléments pour les plantes.

Thierry Ghewy rappelle que cette biologie ne se décrète pas. Elle dépend des conditions de milieu et des pratiques agricoles. Pour stimuler durablement la vie du sol, il faut lui fournir des ressources et un environnement favorable, ce qui suppose notamment :

  • de maintenir ou augmenter les restitutions organiques ;
  • de favoriser la couverture des sols ;
  • d’éviter les perturbations excessives ;
  • de préserver une structure propice à la circulation de l’air et de l’eau ;
  • de diversifier les systèmes de culture.

L’idée défendue est que l’innovation en agronomie passe aussi par une meilleure intégration des processus biologiques dans les raisonnements techniques.

Eau, enracinement et résilience

Un autre axe important de l’exposé concerne la gestion de l’eau. Le sol est présenté comme un réservoir, mais aussi comme un milieu de circulation. Sa capacité à capter les pluies, à les stocker puis à les restituer aux cultures dépend directement de son état structural et biologique.

Thierry Ghewy met en relation cette question avec l’enracinement. Plus les racines peuvent explorer le profil en profondeur et latéralement, plus la culture est en mesure de sécuriser son alimentation hydrique et minérale. À l’inverse, un sol compacté ou mal structuré réduit fortement cette capacité d’exploration.

Dans un contexte de variabilité climatique accrue, cette qualité de fonctionnement du sol devient un levier majeur de résilience. Un sol vivant, bien structuré et bien enraciné permet de mieux faire face aux excès d’eau comme aux périodes de déficit hydrique.

Innover sans perdre le sens agronomique

Thierry Ghewy insiste sur le fait que l’innovation ne doit pas être comprise comme l’adoption automatique d’une nouveauté technique. Innover en agronomie, c’est d’abord mieux comprendre les processus en jeu, raisonner les interventions, tester, observer les résultats et ajuster les pratiques.

Cette innovation peut prendre plusieurs formes :

  • de nouvelles façons d’observer les parcelles ;
  • de nouvelles combinaisons de cultures ;
  • des évolutions dans le travail du sol ;
  • l’usage de couverts végétaux plus diversifiés ;
  • une gestion plus fine des matières organiques ;
  • des choix techniques visant à renforcer l’autonomie et la robustesse des systèmes.

L’intervention invite ainsi à replacer l’agronomie au centre de la décision, en évitant les solutions simplistes ou standardisées. Chaque innovation doit être évaluée à l’aune de ses effets réels sur le fonctionnement du sol et sur la cohérence globale du système de culture.

Une agronomie de terrain

Le propos de Thierry Ghewy valorise une agronomie concrète, fondée sur l’expérience, l’observation et l’analyse des situations réelles. Cette agronomie de terrain ne s’oppose pas à la science, mais elle cherche à articuler les connaissances générales avec les spécificités de chaque parcelle et de chaque contexte de production.

Cela suppose :

  • de sortir des raisonnements uniquement théoriques ;
  • de confronter les hypothèses au terrain ;
  • d’accepter la complexité du vivant ;
  • de suivre l’évolution des sols dans le temps ;
  • de construire des références à partir des pratiques et de leurs effets.

Dans cette perspective, le sol devient un indicateur central de la qualité agronomique d’un système.

Conclusion

Dans Sol Agronomie Innovation, Thierry Ghewy propose une vision de l’agronomie recentrée sur le sol comme milieu vivant et comme base du fonctionnement des cultures. Il montre que l’amélioration durable des performances agricoles passe par une meilleure compréhension des interactions entre structure, biologie, eau, enracinement et pratiques culturales.

Le message principal est que l’innovation agronomique la plus pertinente n’est pas nécessairement la plus spectaculaire, mais celle qui permet de restaurer ou de renforcer le fonctionnement naturel du sol. Observer, comprendre, raisonner et adapter les pratiques constituent ainsi les fondements d’une agronomie innovante, durable et ancrée dans le réel.