Introduction d'animaux pour gérer l'enherbement et réguler certains bioagresseurs

De Triple Performance
Aller à :navigation, rechercher

SAU.png 13 ha

Agriculture-bio.png Agriculture Biologique

Biodynamie-Demeter.png Biodynamie

Poules verger.jpeg
Cet article est issu de la base GECO. Cliquez ici pour accéder à la page d’origine : Logo Geco

Dès leur installation en 2012, le choix du bio a été retenu suite à une dizaine d’années de production en conventionnel avec sa famille. Depuis Maryline et Cédric ont décidé de se convertir à l’agriculture Biodynamique qui intègre l’animal dans la globalité de la gestion de la ferme. Dès 2018, ils ont mis en place les brebis et les poules dans leurs vergers.

Contexte de la mise en œuvre

Le GAEC Marycé, en bref

  • SAU : 13ha
  • Principaux ateliers : Arboriculture et prairies permanentes
  • Parcelles en coteaux rendant difficile les travaux mécaniques
  • Environnement de l'exploitation riche en haies
  • Atelier arboricole :
    • 6,6ha de Prune de table : Reine Claude, Bavay, Dorée, Vars
    • 2ha de kiwi


Objectif de l'introduction des animaux

Viser une autonomie sur les intrants (phytosanitaire et fertilisation) et limiter les travaux mécaniques grâce au pâturage d’animaux et aux couverts végétaux.

Concernant la gestion de l’enherbement, l’objectif est de limiter le plus possible le passage d’outils de désherbage (actuellement 1 passage à la Saint Jean uniquement). Concernant les ravageurs, l’objectif est de trouver l’équilibre avec les auxiliaires : non utilisation de la confusion sexuelle et d’insecticides, mise en place expérimentale d’utilisation d’huiles essentielles en cas de nécessité. Et bien sur, les agriculteurs cherchent à maintenir un rendement d’environ 10 à 15 T/ha.

Description de cette technique

L’introduction d’animaux dans le verger permet la gestion de l’enherbement, la régulation de certains bioagresseurs et un apport de fertilisation.

  • Pour les 2 ha de verger (1 ha de prunier et 1 ha de kiwi), le cheptel se compose de 3 brebis, 1 bélier et 2 agneaux (race Charmoise) ainsi que 80 poules rustiques.
  • Les animaux restent a pâturer 6 mois sur les pruniers puis 6 mois sur les kiwis. Gestion de l’enherbement : une seule fauche par an.
  • Régulation des bioagresseurs :
    • Meilleure maîtrise de la tordeuse orientale du pêcher, carpocapse du prunier et hoplocampe.
  • Fertilisation :
    • Pas d’engrais organique
    • Au niveau agronomique, le maintien d’un couvert végétal permet une amélioration de la structure du sol, l’amélioration de la portance du sol ainsi qu’un apport de fertilisation.


Étapes de mise en place

Cette pratique ne se suffit pas à elle seule. Elle s’intègre dans une stratégie plus globale avec des aménagements agro écologiques (haies, nichoirs etc..) et l’usage de phytothérapie (pulvérisation et ferti irrigation à base de micro organismes (EM), d’extraits végétaux, etc…).


Mise en œuvre :

  • Pâturage tournant (6 mois par parcelle, en fonction notamment des dates de récolte: pas d’animaux pendant la récolte). Tous les jours surveillance, récolte des œufs et nourriture pendant 15 minutes.
  • Il faut 1 journée pour déplacer le parcours d’1HA, cela 2 fois par an.
  • Coût des infrastructures :
    • Poulailler mobile de 20 M² = 3500 € + clôture électrique itinérante = 1500 €/HA.
    • Achat des brebis et des poules = 1000 €.
  • Semis à la volée de méteil à l’automne.
  • Pas de fauche.
  • Absence de traitements au cuivre (pour la santé des moutons).


Pâturage de poules pondeuses (gauche) dans le verger de prunier (droite)


Résultats

Les premiers résultats sur ces 2 années sont encourageants et nous souhaitons poursuivre dans cette dynamique en y incorporant des systèmes agroforestiers. Il y un côté gratifiant à voir les animaux et les arbres ensemble. Après pâturage, la parcelle est parfaitement nettoyée (surtout après récolte). Nous avons remarqué une moindre pression des bio-agresseurs. Nous somme en train de réadapter le verger aux moutons c’est à dire que nous relevons la production à 1m voir 1,2m du sol.


Bilan

Avantages

  • Réduction des IFT insecticide.
  • Économie de gasoil.
  • Amélioration de la structure du sol par l’apport de matière organique via les excréments d’animaux mais aussi par le « grattage » des poules.
  • Limite l’érosion car enherbement total permanent.
  • Autonomie au niveau des intrants.


Limites

  • Perte de rendement sur les 3 premières années d’installation des brebis due aux prunes sur les rameaux bas (< à 80 cm de hauteur).
  • Concurrence Arbre/enherbement les 3 premières année.
  • Actuellement non valorisation de la viande et des œufs.
  • Entretiens des parcours (clôture) et soins aux animaux chronophages.


Améliorations envisagées

  • Évoluer sur la taille des arbres (rehausser la frondaison).
  • Évoluer sur la gestion des parcours pour mieux respecter le couvert végétal.
  • Stimuler la vie du sol en mettant en place du méteil (1 rang sur 2).
  • Intégrer l’agroforesterie dans le système (plantation d’arbres forestiers : aulne, frêne, peuplier, saule, érable, charme… et fruitiers : noisetier, noix, amande, figuier, raisin, pêcher,… au sein des parcelles de kiwi et pruniers)


Conseils de l'agriculteur

  • Utiliser des poules rustiques car sinon elles resteront autour du poulailler et n’iront pas prospecter.
  • Concernant les moutons, éviter les races trop grandes et trop grimpeuses.
  • Bien protéger les jeunes plants.
  • Prévoir du temps pour l’atelier élevage.

Annexes


Leviers évoqués dans ce système


Bio-agresseurs évoqués


Partager sur :