M.BOURDARIAS - Taille Naturelle des Arbres Fruitiers - Taille d'un Pommier - 24/27

De Triple Performance
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Dans cette séquence, Marceau Bourdarias présente la taille d’un vieux pommier conduit en « taille naturelle ». Il analyse un arbre affaibli, au fonctionnement très terminal : longues branches retombantes, très peu de réitération, beaucoup de coursonnes, peu de feuilles et donc une forte tendance à l’alternance. L’objectif n’est pas de rajeunir brutalement l’arbre, mais de rééquilibrer son énergie en diminuant le nombre de bourgeons floraux. Pour cela, il propose une taille d’extinction : sélectionner et supprimer une partie des coursonnes, en priorité celles situées dessous ou mal exposées, afin de favoriser des bourgeons plus dynamiques, plus feuillés et, si possible, quelques repousses internes. Marceau insiste sur une intervention mesurée, sans restructuration excessive, en tenant compte du temps d’entretien futur. Il conseille aussi une méthode pratique : commencer par enlever les grosses parties les plus évidentes pour mieux lire ensuite l’architecture de l’arbre.

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Résumé
Dans cette séquence, Marceau Bourdarias présente la taille d’un vieux pommier conduit en « taille naturelle ». Il analyse un arbre affaibli, au fonctionnement très terminal : longues branches retombantes, très peu de réitération, beaucoup de coursonnes, peu de feuilles et donc une forte tendance à l’alternance. L’objectif n’est pas de rajeunir brutalement l’arbre, mais de rééquilibrer son énergie en diminuant le nombre de bourgeons floraux. Pour cela, il propose une taille d’extinction : sélectionner et supprimer une partie des coursonnes, en priorité celles situées dessous ou mal exposées, afin de favoriser des bourgeons plus dynamiques, plus feuillés et, si possible, quelques repousses internes. Marceau insiste sur une intervention mesurée, sans restructuration excessive, en tenant compte du temps d’entretien futur. Il conseille aussi une méthode pratique : commencer par enlever les grosses parties les plus évidentes pour mieux lire ensuite l’architecture de l’arbre.

24/27 - M.BOURDARIAS - Taille Naturelle des Arbres Fruitiers - Taille d'un Pommier


Aujourd'hui, une formation par le maître des tailles d'arbres, Marceau BOURDARIAS ! De la théorie à la pratique, vous découvrirez tous les secrets de ses techniques !


Formation réalisée avec Caroline HEBERT/Gaïa 32 : http://www.gaia32.com/


Le site web de Marceau BOURDARIAS : https://marceaubourdarias.fr/



Présentation de Marceau Bourdarias

Marceau Bourdarias se présente en expliquant qu’il habite en Corrèze. Il est grimpeur-élagueur de métier et fait des formations depuis 18 ans. Il est également formateur en connaissance du vivant, et plus particulièrement sur tout ce qui concerne le végétal et la physiologie végétale.

Il dit s’« auto-proclamer architecte du vivant ». Il précise aussi qu’il a deux enfants, une compagne, et de nombreuses activités annexes qui le nourrissent et lui permettent, selon ses mots, de proposer des formations de qualité.

Il explique qu’il s’est aperçu qu’il avait développé des compétences peu répandues, et qu’au départ il ne trouvait pas dans la littérature les réponses qu’il cherchait. Il a donc continué à se former, à chercher, à comprendre, à rencontrer des gens et à expérimenter. Aujourd’hui, il se dit prêt à transmettre cette compréhension, ce qu’il fait déjà depuis dix ou douze ans à travers des formations sur la taille des arbres fruitiers.

Son approche repose sur un regard qu’il qualifie d’un peu différent, mêlant une approche scientifique précise de la physiologie végétale et une approche pratique. Il insiste sur le fait que sa qualité principale est de faire le lien entre les études scientifiques et les gestes pratiques, parce qu’il est avant tout un praticien passionné par la physiologie végétale. Il dit avoir envie de bien faire, que cela fonctionne bien, et quand c’est le cas, il a envie de le transmettre.

Observation de l’état du pommier

Le travail commence par une observation collective de l’arbre. La question posée est : qu’est-ce qui paraît significatif sur cet arbre ?

Un premier constat est que les branches latérales, ou plutôt les longues tiges, ont basculé. Cela donne l’impression d’un port pleureur. Marceau Bourdarias précise cependant qu’il ne s’agit pas réellement d’un port pleureur. Ce sont de longues pousses, de l’ordre de deux mètres, qui ont provoqué cette allure retombante.

Il fait remarquer qu’à l’extrémité des branches, on ne voit pratiquement plus que des coursonnes. Il n’y a quasiment plus aucune réitération, et cela dure depuis plusieurs années. L’arbre semble donc être « au bout de son système ».

L’intérieur de l’arbre renvoie aussi à cette impression, ce qui amène à se poser des questions sur le fonctionnement général du pommier.

Peu de réitération et arbre au bout de son système

La discussion met en avant le fait qu’il n’y a plus de réitération, donc plus de relance végétative significative. Toute l’énergie semble aller dans les coursonnes.

Marceau Bourdarias invite à regarder les parties les plus vieilles. On constate qu’elles sont encore vivantes. Même les éléments qui paraissent très fatigués ne sont pas forcément morts. Il insiste sur ce point : on n’est pas sur un arbre qui est en train de mourir à très court terme. Il ne faut pas projeter sur l’arbre une intention de vivre ou de mourir ; l’arbre ne « réfléchit » pas ainsi. Il peut potentiellement durer encore longtemps dans cet état, même si son fonctionnement montre qu’il est sur une pente qu’il juge dangereuse.

Le vrai problème est la proportion de feuilles par rapport à la proportion de fleurs. L’arbre produit énormément de fleurs mais très peu de bourgeons à bois, donc très peu de feuilles relativement à son volume floral.

Un pommier alternant

Marceau Bourdarias souligne que cet arbre alterne. Il est chargé de fruits, mais il alterne justement parce qu’il fait énormément de fleurs et très peu de bourgeons à bois.

Mécaniquement, ce déséquilibre entraîne l’alternance. L’arbre investit massivement dans la floraison et la fructification, au détriment du feuillage et de la dynamique végétative. Il manque donc de sorties possibles dans son architecture, si ce n’est de diminuer le nombre de coursonnes.

Il précise qu’on ne peut pas refaire de cet arbre un jeune arbre. Ce n’est pas l’objectif. En revanche, il faut essayer de faire en sorte que chaque bourgeon ait une dynamique supérieure, afin qu’il fabrique davantage de feuilles. L’idée n’est pas d’avoir uniquement des bourgeons à fleurs, mais aussi des structures capables de porter plus de feuilles, éventuellement des lambourdes avec une fleur au bout, mais surtout avec davantage de développement foliaire.

Objectif de la taille : augmenter la dynamique de chaque bourgeon

Le raisonnement proposé est le suivant : l’énergie potentielle qui passe dans le tronc est limitée, alors que le nombre de bourgeons est immense. Puisque l’arbre est encore vivant, il faut agir en éliminant une partie de ces bourgeons.

Sur un arbre comme celui-ci, sans intervenir de manière trop violente, il est possible de pratiquer ce que Marceau Bourdarias appelle une « extinction ».

L’extinction consiste à sélectionner les coursonnes pour diminuer le nombre de bourgeons et augmenter la réaction sur chaque coursonne et sur chaque bourgeon conservé.

Il explique qu’il va privilégier plutôt les coursonnes situées au-dessus, celles qui semblent mieux exposées, et enlever plutôt celles qui sont dessous. Cela peut se faire de plusieurs manières :

  • enlever seulement les petites coursonnes ;
  • enlever certaines parties seulement ;
  • ou enlever carrément des portions entières.

Le degré d’intervention dépend du temps qu’on veut y passer et de l’énergie qu’on veut investir.

Le principe de l’extinction

L’extinction est donc une méthode de simplification de l’arbre, visant à réduire le nombre de points de fructification pour redonner de la vigueur au système restant.

Marceau Bourdarias explique que, très rapidement, on peut adopter une logique simple : supprimer systématiquement ce qui est situé dessous. Cela permet déjà de faire une sélection sur l’ensemble du végétal.

Une question est posée sur le fait qu’en supprimant certaines parties, la branche principale restante pourrait devenir plus vigoureuse. Il répond que c’est possible, notamment parce qu’elle est en position un peu supérieure. Mais il précise que la relance pourra aussi venir d’un bourgeon préventif, car il y en a qui redémarrent à certains endroits.

Il rappelle qu’il existe de nombreuses solutions, et que le choix dépend du but recherché.

Deux niveaux d’intervention possibles

Marceau Bourdarias distingue deux options :

  • soit on veut simplement limiter l’entretien, faire en sorte que l’arbre alterne un peu moins, qu’il soit un peu plus dynamique et qu’il se régénère légèrement ;
  • soit on veut régénérer fortement l’arbre et faire en sorte qu’il redevienne beaucoup plus dynamique.

Mais il met en garde : si l’on réduit plus fortement, en supprimant davantage pour provoquer des récupérations retardées, il y aura ensuite plus de travail à faire. Dans un contexte comme celui d’un poulailler, il faut donc se demander ce qu’on préfère : une intervention mesurée avec peu d’entretien derrière, ou une relance plus forte qui demandera un suivi plus important.

Il n’y a pas de vérité absolue. Une part de subjectivité entre en jeu.

Recommandation pratique sur cet arbre

Sur ce pommier, ce qu’il souhaite voir pratiqué est une extinction. Il recommande, dans la manière d’enlever les tiges, de regarder à chaque fois le bourrelet, même s’il reconnaît qu’on ne le voit pas toujours très bien.

Il propose également de réduire un peu la longueur des branches les plus pendantes, tout en diminuant le nombre de coursonnes sur l’ensemble du végétal.

Il insiste sur un point important : il ne faut pas trop « polir » l’intervention, ni repartir sur une restructuration complète. Il faut se déculpabiliser. Si l’on commence à réfléchir à chaque bourgeon individuellement, on risque d’y passer un temps fou.

L’idée est donc d’adopter une ligne directrice simple : enlever environ la moitié des coursonnes. Selon lui, sur un végétal comme celui-ci, on peut aller jusqu’à la moitié sans problème.

Limiter l’effet centrifuge

Il propose aussi de limiter l’effet centrifuge, c’est-à-dire cette tendance de l’arbre à se développer toujours plus vers l’extérieur. Il évoque une coupe déjà réalisée et dit que, pour sa part, il aurait même coupé un peu plus court.

On voit que l’arbre a vraiment tendance à aller vers l’extérieur, notamment sur les branches qui ont basculé. Ces branches ont laissé derrière elles un vide qui ne se remplit pas. Ce vide intérieur est un élément important du diagnostic.

Ce qu’il aimerait, c’est que l’arbre fasse de jeunes pousses un peu plus à l’intérieur. En diminuant un peu le nombre de fleurs, on peut espérer permettre à l’arbre de produire quelques rejets et de pouvoir se restructurer légèrement.

À propos de la « cheminée »

Une remarque est faite sur l’idée selon laquelle il faudrait garder une « cheminée ». Marceau Bourdarias répond que, pour lui, ce n’est pas le bon cadre de lecture dans ce cas précis.

L’idée de conserver une cheminée s’applique plutôt quand on veut éviter de laisser une grande ouverture qui entraînerait une forêt de rejets. Mais ici, on n’est clairement pas dans ce cas-là. On est face à un arbre dans un fonctionnement minimaliste, allé au bout de son système, incapable de rejeter et de fabriquer de nouvelles branches.

La raison en est simple : il y a trop de bourgeons par rapport à l’énergie disponible. Le nombre de bourgeons a augmenté progressivement au fil du temps, sans que l’arbre n’ait plus d’énergie entrante. L’énergie est donc divisée entre trop de points.

Remarques sur le sol et les blessures

La question de la fertilisation est évoquée. Marceau Bourdarias répond que cela peut jouer, notamment à travers un manque d’air dans le sol. Il se passe donc probablement quelque chose à ce niveau-là pour cet arbre.

Il signale aussi qu’il y a eu des blessures assez importantes sur l’arbre. Ces blessures ont pu avoir une influence sur son fonctionnement actuel.

Comment choisir les coursonnes à enlever

Concernant la sélection entre dessus et dessous, il précise qu’en général on enlève plutôt celles du dessous, parce que celles du dessus reçoivent plus de lumière.

Il ajoute cependant qu’une fois qu’on remet cela en perspective sur l’arbre, la différence n’est pas toujours énorme. Il faut surtout privilégier ce qui reçoit le plus de lumière.

Méthode de travail dans l’arbre

À la question « comment ça taille un pommier ? », Marceau Bourdarias répond qu’il aime d’abord faire le tour, puis travailler un peu sur les branches latérales. Souvent, il a tendance à dégager un peu l’intérieur pour pouvoir accéder, puis à sélectionner en hauteur, et ensuite à redescendre avec une meilleure vision d’ensemble.

Mais il précise immédiatement qu’il n’y a pas de règle stricte. Chacun peut faire autrement.

On peut aussi s’organiser différemment, par exemple en décidant de commencer par enlever les plus grosses branches ou les parties les plus évidentes.

Commencer par les évidences

Sa méthode consiste souvent à commencer par ce dont il est sûr, c’est-à-dire les parties où il n’y a clairement pas d’avenir. Il montre qu’en supprimant d’abord certaines branches, même si ce n’est pas toujours une nécessité absolue, cela permet de voir plus clair.

Ensuite, on peut décider quelles branches conserver.

Il insiste sur l’intérêt d’enlever les grosses d’abord, parce qu’une fois qu’elles sont parties, on s’aperçoit parfois qu’il n’est pas nécessaire d’enlever davantage. Il faut néanmoins essayer de ne pas toucher à toute la charpente.

Il reconnaît que, dans une certaine mesure, lorsqu’il supprime un axe entier, cela relève quand même d’un choix subjectif. Mais en enlevant déjà ce qui est le plus évident, on obtient tout de suite un résultat important et un bon allègement de l’arbre.

Conclusion de l’intervention sur ce pommier

Sur ce pommier, la taille proposée n’est pas une restructuration lourde ni un rajeunissement impossible. L’objectif est plutôt de corriger un fonctionnement déséquilibré :

  • trop de coursonnes ;
  • trop de fleurs ;
  • pas assez de feuilles ;
  • très peu de réitération ;
  • une architecture arrivée au bout de son système ;
  • une dynamique centrifuge qui vide l’intérieur.

La réponse apportée est une extinction : réduire significativement le nombre de coursonnes, surtout celles défavorablement placées, raccourcir un peu les branches les plus pendantes, limiter l’extension centrifuge, et redonner de la dynamique aux bourgeons conservés.

Le but final est de diminuer l’alternance et de permettre à l’arbre de retrouver un peu de capacité à produire du végétatif, notamment quelques jeunes pousses plus internes, sans déclencher une réaction excessive qui demanderait ensuite trop d’entretien.