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Lutter contre les campagnols par la mise en place d'un grillage d'exclusion ou de protection

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Grillage d'exclusion à campagnol avec piège autour d'un verger de pommier  © INRA M Guadagnini

1. Présentation



Caractérisation de la technique

Description de la technique :

Informations issues initialement du Guide pour la conception de systèmes de production fruitière économes en produits phytopharmaceutiques (2014) / Fiche technique n°20. Pour en savoir plus Voir lien

Principe : Moyen de lutte physique contre les campagnols par la mise en place d’une barrière  (en bordure des parcelles ou autour des arbres) pour empêcher les campagnols de s’attaquer au système racinaire. Cette technique est valable également pour d’autres bioagresseurs : cervidés, lapins, castors… Ce moyen de lutte repose sur deux principes : - Le grillage d’exclusion : il s’agit de disposer un grillage métallique comportant une partie de surface et une partie enterrée, de préférence avant la plantation, autour des parcelles pour empêcher les campagnols et autres ravageurs de rentrer sur la parcelle. Ces barrières conduisent les ravageurs à longer l’obstacle et les dirigent vers des pièges positionnés le long de la clôture. Pour cela, il est conseillé de placer des pièges à dégagement pour les prédateurs à l’extérieur du grillage et des pièges (à guillotine ou à pince) à l’intérieur de la parcelle pour anticiper une entrée. - Le grillage de protection : Il s’agit soit d’un grillage mis en place avant plantation qui entoure le système racinaire des arbres pour empêcher les campagnols de s’y attaquer ; soit d’un grillage/manchon protégeant le tronc contre les lapins, lièvres et castors.

Exemple de mise en oeuvre :

Application pratique de la technique :

– Grillage d’exclusion contre le campagnol : environ 50 cm de haut, enterré d’au moins 40-50 cm, surtout pour le campagnol terrestre qui peut creuser jusqu’à plusieurs dizaines de centimètres de profondeur en fonction de la terre arable (si cette espèce de campagnol est non présent, une vingtaine de centimètres de profondeur peut suffire), avec un rabat de10 cm vers l’extérieur. – Pièges non vulnérants tous les 20-25 m à l’extérieur (et idéalement également à l’intérieur) de la parcelle le long du grillage (à 10 cm du grillage) de type pièges à dégagement (toit ouvrant) pour les prédateurs (ex. piège Standby®). – Fixation sur des piquets en fer (type pour béton armé) tous les 10 m (prévoir le cas échéant un renfort avec des lattes tous les 3 à 5 m) afin d’éviter l’affaissement du grillage – Grillage d’exclusion contre les cervidés : 2 m de haut et entourant la parcelle – Grillage/manchon de protection : mailles adaptées au gabarit du bio-agresseur ciblé (campagnol, lapin, cerf…)

Des protections peuvent être mises en oeuvre au moment de la plantation :

– Grillages autour des racines pour les campagnols (treillis en fer galvanisé, maille de 13 mm, 50 cm de haut). Faire un cylindre de 25-30 cm de diamètre autour du tronc, replier le grillage en bas et placer le grillage dans le trou de plantation, placer ensuite l’arbre avec la terre et enfin replier le grillage au-dessus. – Autres : grilles ou tiges métalliques autour du tronc contre les cervidés, manchons en plastique à la base du tronc contre les lapins et lièvres.

Précision sur la technique :

Afin que la technique soit efficace il est important de « vider » la population présente dans le verger, de préférence avant l’implantation du grillage. Il faut aussi maintenir la surveillance et éventuellement mettre en œuvre une lutte complémentaire avec d’autres techniques à l’intérieur de la zone protégée (pièges mécaniques). Parallèlement, il est fortement conseillé de maintenir une surface au sol bien désherbée entre le piège et le grillage (ou de placer des socles sous les pièges) pour augmenter l’efficacité du piégeage. Il est également important de s’inscrire dans la démarche d’une lutte collective (organisée sous l’égide d’un organisme à vocation sanitaire (OVS) pour le domaine végétal comme la Fédération régionale des groupements de défense contre les organismes nuisibles - Fredon) et en combinaison avec d’autres moyens de lutte pour  limiter la pression autour de la parcelle. Cette technique nécessite aussi d'un suivi qui sera assuré par : – Une formation sur la reconnaissance des espèces cibles et non cibles, les précautions à prendre – Un contrôle et entretien du grillage et des pièges régulièrement pour éviter le piégeage d’espèces ou de prédateurs non cibles pouvant rentrer dans les pièges (ex. belette, hermine) – Des observations des tumuli en verger et piégeage mécanique (à guillotine ou à pince) à l’intérieur du grillage pour éliminer les individus restants et prévenir les recolonisations – Un entretien régulier (fauche ou désherbage) le long du grillage (pour l’efficacité des pièges)



Période de mise en œuvre

Sur culture implantée



Echelle spatiale de mise en œuvre

Parcelle Exploitation Territoire



Application de la technique à...

Positif

Toutes les cultures :

Facilement généralisable

Facilement généralisable

La technique peut s'appliquer à toutes les espèces fruitières



Positif

Tous les types de sols :

Facilement généralisable

Positif

Tous les contextes climatiques :

Facilement généralisable





Réglementation



2. Services rendus par la technique



3. Effets sur la durabilité du système de culture



Critères "environnementaux"

Positif

Effet sur la qualité de l'air :

En augmentation

émission phytosanitaires : DIMINUTION



Positif

Effet sur la qualité de l'eau :

En augmentation

pesticides : DIMINUTION



Neutre

Autre :

Pas d'effet (neutre)

Cette technique constitue un levier de protection de cultures inoffensif pour l’environnement et pour l’homme. La lutte chimique par contre, présente des risques importants pour la chaîne alimentaire et les animaux domestiques par ingestion d’animaux empoisonnés et dans une moindre mesure par consommation d’appâts empoisonnés. Elle est interdite en cas de fortes populations.





Critères "agronomiques"

Productivité :

Pas d'effet (neutre)

Pas d'effet

Mais attention au risque d’étranglement des racines avec le grillage de protection contre le campagnol





Qualité de la production :

Pas d'effet (neutre)

Pas d'effet (neutre)



Positif

Biodiversité fonctionnelle :

En augmentation

Les pièges à dégagement favorisent la présence de prédateurs sur la parcelle (renard, chat, hermine, etc.) qui consomment les campagnols dans les pièges à dégagement (type Standby) ou en longeant la barrière.

Ne pas mettre les pièges trop près des grillages pour ne pas piéger des grenouilles et des crapauds.

NB : la lutte chimique présente des risques importants pour la chaîne alimentaire et les animaux domestiques par ingestion d’animaux empoisonnés et dans une moindre mesure par consommation d’appâts empoisonnés. Elle est interdite en cas de fortes populations.







Critères "économiques"



Négatif

Charges opérationnelles :

En augmentation

En augmentation

Grillage d’exclusion (campagnols) :

Coût élevé pour de grandes parcelles : 2 - 4 € au mètre linéaire hors main d’oeuvre (10 - 12 € du mètre carré linéaire pose comprise) mais longévité minimum du grillage de 5 ans. Coût piège Standby : environ 60 € (unité) Coût d’entretien de la barrière et désherbage plusieurs fois par an

Grillage/manchon de protection :

Campagnols : environ 2 €/arbre (soit environ 2 000 €/ha pour 1 000 arbres)





Critères "sociaux"



Négatif

Temps d'observation :

En augmentation

En augmentation

Système de piégeage autonome mais désherbage très important et très contraignant autour du grillage (débroussailleuse, herbicide…), entretien de la zone de piégeage nécessaire et besoin d’ouvrir le grillage à chaque intervention avec une machine ou de prévoir une porte







4. Organismes favorisés ou défavorisés



Bioagresseurs favorisés



Bioagresseurs défavorisés



Auxiliaires favorisés



Auxiliaires défavorisés



Accidents climatiques et physiologiques favorisés



Accidents climatiques et physiologiques défavorisés



5. Pour en savoir plus

  • Les méthodes de lutte alternative contre le campagnol provençal
    -Tronel C., Bouniol M. CTIFL, Brochure technique, 2013 Infos-Ctifl, 295, 32-35
  • Pomme poire : protection contre les campagnols
    -SEFRA

6. Mots clés



Méthode de contrôle des bioagresseurs :

Lutte physique

Mode d'action :

Barrière

Type de stratégie vis-à-vis de l'utilisation de pesticides :

Substitution

Annexes

Cette technique est évoquée les exemples de mise en œuvre suivants :


Voir les cultures suivantes :