Portrait de ferme - Le Pot'à'Gégène (50)
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Nicolas Ozouf, maraîcher au Pot'à'Gégène à Portbail-sur-mer (50), nous présente sa ferme: organisation, rotation, amendements, ITK, etc.
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Présentation de la ferme
Nicolas Ozouf est installé à Port-Bail-sur-Mer, sur l’ancienne ferme de son grand-père, qui était légumier. Âgé de 29 ans au moment du tournage, il est installé depuis le 1er janvier 2018 en tant que maraîcher sur petites surfaces.
Son parcours comprend une école d’ingénieur en agronomie à Clermont-Ferrand, dont il est sorti en 2015. Il a ensuite passé un an et demi dans la couveuse de maraîchage bio Pousse, à Lingreville, puis six mois en salariat avant de s’installer sur la ferme familiale.
Sols et contexte de départ
Le sol de la ferme est un sol sableux, léger. Avant la mise en culture, il comptait entre 4 et 5 % de matière organique. Les parcelles étaient jusque-là en prairie permanente : elles n’avaient jamais été cultivées ni retournées. Il y avait eu des moutons pendant quelques années, mais cela faisait longtemps qu’il n’y avait plus eu d’activité agricole sur ces surfaces.
Surfaces cultivées
L’exploitation comprend :
- 7 serres de 8 mètres par 30 mètres ;
- 1 serre dédiée à la pépinière ;
- environ 800 m² de surface sous serre.
En plein champ, l’organisation se fait en jardins, selon un modèle inspiré de Jean-Martin Fortier :
- des jardins de 12 mètres par 30 mètres ;
- 8 planches permanentes par jardin ;
- 14 jardins au total ;
- soit environ 5 000 m² cultivés en plein champ.
À cela s’ajoutent de nouvelles surfaces récupérées récemment :
- une parcelle d’un peu moins d’un hectare ;
- une autre parcelle d’environ 2 hectares, d’un seul tenant ;
- une autre parcelle en prairie permanente, utilisée cette année pour les courges.
Organisation des rotations
Nicolas Ozouf a organisé ses 14 jardins de manière à consacrer chaque jardin à une famille de légumes différente. Cela lui permet de mettre en place des rotations sur 14 ans.
Deux jardins font exception :
- un jardin sur paille, qui accueille notamment les séries de salades, fenouils, choux-raves, fèves ;
- un jardin sur compost, qui accueille les épinards, les séries de radis et d’autres cultures semées en direct.
Pour le reste, chaque jardin correspond à une famille botanique :
- un jardin de solanacées ;
- un jardin de fabacées ;
- un jardin de brassicacées ;
- etc.
Sa tête de rotation repose sur les cultures sur bâche :
- toutes les courges ;
- tous les choux ;
- d’autres cultures implantées sur bâche tissée ou bâche d’ensilage.
Cette année de culture sur bâche sert de nettoyage : après une année bâchée, le sol est propre. L’année suivante, il peut alors implanter un jardin sur compost.
Les jardins sur compost sont destinés aux semis directs :
Après cette phase sur compost, en troisième année, vient une culture sur paille, avec paillage à base d’herbe de tonte et de paille. C’est là qu’il implante les cultures produites en pépinière, à l’aide d’une canne à planter.
Sur trois ans, il apporte ainsi successivement :
- du compost ;
- de la paille ;
- de l’herbe de tonte ;
tout en assurant aussi un fort désherbage grâce à l’année sur bâche.
Intégration des poules dans le système
Un poulailler mobile a été construit dans un mobile-home. Il s’intègre dans les rotations de la ferme.
Les poules restent par exemple deux mois sur une parcelle enherbée. Après leur passage, il ne reste pratiquement plus que des parties nues et quelques chardons. Cela permet ensuite d’implanter une culture, comme des poireaux, sur un terrain déjà désherbé.
Ce système apporte :
- un désherbage sans effort ;
- un apport de matière organique ;
- un effet « starter » grâce aux fientes de poules.
L’objectif est de faire tourner ce poulailler mobile sur chacun des 14 jardins, pas forcément sur une seule année, mais de manière continue dans le temps.
Évolutions techniques et mécanisation
Le paillage et la plantation
La première année, les cultures sur paille étaient implantées entièrement à la main :
- paillage à la fourche ;
- petits nids faits au plantoir ;
- mise en place du plant ;
- recouvrement à la main.
Il fallait environ :
- 2 heures pour une demi-planche ;
- 4 heures pour une planche entière.
Dès la deuxième année, l’achat de deux outils a tout changé :
- un broyeur à marteaux pour le tracteur ;
- une canne à planter.
Le fonctionnement est désormais le suivant :
- paillage grossier à la fourche ;
- broyage de la paille avec le broyeur à marteaux ;
- plantation à la canne.
Cela réduit fortement le temps de travail : une planche complète est faite en un peu moins de deux heures, paillage et plantation compris.
L’épandage du compost
Au départ, le compost était chargé à la fourche dans une benne derrière le tracteur, puis déchargé manuellement sur les planches.
Cette année, Nicolas a acheté une Désileuse 2 m³ d’occasion, pour environ 1 600 euros. Grâce à son bras télescopique, elle permet :
- de charger le compost directement depuis le tas ;
- de l’amener au champ ;
- de déposer un andain régulier sur la planche grâce à un tapis roulant latéral.
Il ne reste plus qu’à étaler au râteau. Le gain de temps est très important, tout comme l’économie physique.
La récolteuse à mesclun
Une nouvelle acquisition de l’année est une récolteuse à mesclun fonctionnant avec une visseuse sur batterie. Il s’agit du modèle popularisé par Jean-Martin Fortier.
Avant, le mesclun était récolté au couteau :
- environ 1 heure pour faire une caisse.
Désormais :
- 5 minutes pour faire deux caisses.
Cette machine demande toutefois des planches très propres, sans mauvaises herbes, donc avec une bonne préparation en amont et un compost de qualité.
Son coût est d’environ 750 à 800 euros, frais de port et de douane compris, car elle est vendue aux États-Unis et sans fournisseur identifié en France au moment du tournage.
Approvisionnement en paille et en compost
La paille
La première année, la paille venait de la plaine de Caen, ce qui revenait cher. Ensuite, Nicolas a cherché plus localement. Il a pu récupérer la paille dans les champs de blé situés autour de ses parcelles.
Il prévoit de continuer avec le même agriculteur et, à terme, de produire lui-même son blé sur la parcelle de 2 hectares afin de disposer de sa propre paille non traitée.
Le compost
Le compost provient d’un agriculteur situé à 3 kilomètres, qui possède une plateforme de compostage. Celui-ci récupère les déchets verts des déchetteries alentour, notamment celles de La Haye-du-Puits, Port-Bail et Barneville-Carteret, les broie et les stocke avant livraison.
Un problème est toutefois apparu cette année : un tas de compost trop vieux, stocké dans un champ, s’est retrouvé ensemencé en adventices, notamment :
- liseron ;
- renouée du Japon ? non, ici il parle plutôt de « chénopodes » ou adventices similaires, mais la transcription reste incertaine ;
- autres herbes indésirables.
Ce compost, utilisé sans que les adventices soient encore visibles, a ensuite fortement enherbé les parcelles. Cela a ajouté du travail au lieu d’en faire gagner.
Nicolas insiste donc sur la vigilance à avoir sur la qualité du compost. À l’avenir, il pense utiliser :
- un compost de plateforme plus fiable pour les cultures sensibles comme le mesclun ou les carottes ;
- le compost plus ligneux du voisin, proche d’un BRF, pour des cultures moins sensibles comme les oignons ou les fabacées.
Planification annuelle
Le mois de janvier est consacré à une ou deux semaines de planification et de commandes de semences.
Pendant cette période, Nicolas planifie :
- tous ses semis ;
- toutes ses plantations ;
- jardin par jardin ;
- serre par serre.
Il retranscrit ensuite tout dans un agenda, semaine par semaine, jusqu’à décembre, avec différentes rubriques :
- semis directs ;
- semis en pépinière ;
- plantations ;
- autres travaux (bâchage, pose de voile, etc.).
Il utilise aussi, pour chaque légume, un tableau Excel avec :
- l’espacement sur le rang ;
- le nombre de rangs par planche ;
- les quantités de graines nécessaires par planche ;
- les besoins annuels en semences.
Cela lui permet de commander précisément les quantités nécessaires.
Temps de travail et perspectives
En hiver, le temps de travail est d’environ 35 heures par semaine, voire un peu moins.
À partir de mars, la charge monte à 50-60 heures par semaine.
Malgré cela, il explique qu’à partir du jeudi midi il est en week-end jusqu’au lundi matin, ce qui lui laisse un jour et demi par semaine. Jusqu’à présent, il a pu prendre une semaine de vacances par an, entre Noël et le Nouvel An.
Pour l’avenir, il souhaite pouvoir :
- produire toute l’année ;
- prendre plus de congés ;
- accueillir un associé, probablement dans les années suivantes.
Sans forcément agrandir la surface, il pense qu’il y a moyen de travailler à deux, notamment en diversifiant vers :
- les petits fruits ;
- les arbres fruitiers.
Commercialisation
La commercialisation repose principalement sur :
- deux marchés de plein vent par semaine :
- le mardi matin à Port-Bail ;
- le samedi matin à Barneville.
Ce choix permet de toucher des clientèles différentes, avec un marché en semaine et un marché de week-end. Le secteur étant touristique, la fréquentation augmente fortement de juin à fin septembre.
Nicolas vend également ses légumes à des restaurants, notamment :
- le restaurant étoilé La Marine, à Carteret ;
- un autre restaurant à Port-Bail.
La répartition du chiffre d’affaires est la suivante :
- environ 85 % sur les marchés ;
- environ 15 % avec la restauration.
Son objectif de production est de réussir à faire au moins 1 000 euros de chiffre d’affaires par semaine en moyenne sur l’année, soit environ 40 000 à 45 000 euros de chiffre d’affaires annuel. Cela lui permettrait de se verser un salaire, une « treizième », et de payer ses charges.
Irrigation
Dès son installation, Nicolas a fait réaliser un forage. Pour lui, une source d’eau autonome est indispensable en maraîchage.
Caractéristiques du forage :
- profondeur : 80 mètres ;
- débit : 4 m³/heure.
Ce débit suffit pour irriguer :
- une serre entière à la fois ;
- ou un jardin à la fois.
Il est donc autonome en eau. En revanche, il ne dispose que d’un seul système d’irrigation pour le plein champ, qu’il doit déplacer de jardin en jardin. Cela limite sa marge de manœuvre, notamment parce que :
- les jardins sur compost demandent plus d’eau ;
- les jardins sur paille en demandent moins.
Les serres sont équipées :
- de deux lignes de goutte-à-goutte par planche ;
- de lignes d’aspersion aérienne.
Exemples de conduite des cultures
Carottes
Les carottes sont semées en direct sur compost, souvent après une culture sur bâche, par exemple après les courges.
Méthode :
- retrait de la bâche ;
- apport d’environ 3 cm de compost sur tout le jardin ;
- semis au semoir Terradonis.
Les planches font :
- 80 cm de large ;
- 30 mètres de long.
Il y sème 4 ou 5 rangs par planche, avec un espacement d’environ 1,5 cm sur le rang. Il n’éclaircit jamais, car les petites carottes se vendent bien, notamment en mini-légumes pour la restauration.
Après le semis :
- gros arrosage initial ;
- puis arrosages réguliers ;
- ensuite, en l’absence de pluie, au moins un gros arrosage par semaine.
Le principal ravageur est la [[mouche de la carotte]]. Pour la limiter, il pose généralement un voile type Climatex avec arceaux, souvent juste après le semis.
Brassicacées
Il réalise deux séries par an de :
- brocolis ;
- choux-fleurs ;
- choux pommés.
Les cultures sont conduites sur bâche tissée. Il plante dans des trous faits dans la bâche, puis installe des arceaux et un voile type Filbio/Climatex contre :
- la piéride ;
- la [[mouche du chou]].
Oignons et échalotes
La première année, ils étaient implantés sous paille, mais le bâchage préalable n’avait pas été assez long et la prairie est revenue à travers le paillage. Résultat : pratiquement aucun oignon ni échalote.
À partir de la deuxième année, il les a faits sur compost, avec de très bons résultats :
- production magnifique ;
- besoin d’irrigation plus important ;
- vigilance nécessaire sur le désherbage.
Il indique qu’avec une échalote plantée, il obtenait jusqu’à 12 grosses échalotes.
Poireaux
L’année précédente, il avait produit ses plants lui-même, mais cela demandait trop de place et de désherbage en pépinière. Cette année, il a choisi d’acheter les plants.
Sa méthode :
- paillage grossier de tout le jardin ;
- broyage avec broyeur à marteaux ;
- ouverture de lignes avec un plantoir à cinq dents ;
- insertion des plants dans les trous.
Au fur et à mesure de la croissance, il rabat un peu de paille pour allonger le fût.
Cette technique lui a permis d’obtenir de beaux poireaux sans buttage, avec des fûts corrects. Les plants sont espacés de 10 à 15 cm.
Pommes de terre
Après une année sur bâche d’ensilage, il retire la bâche puis pose les pommes de terre germées directement au sol :
- environ tous les 35 cm sur le rang ;
- rangs espacés d’environ 45 cm.
Il ne fait pas de passe-pieds.
Différentes modalités sont testées :
- fumier + paille ;
- herbe de tonte + paille ;
- précédent de poules + paille.
Il ajoute environ 40 cm de paille au-dessus. Les résultats sont corrects, sans être extraordinaires, avec quelques dégâts de campagnols. Les pommes de terre primeur souffrent aussi des gels tardifs, souvent autour des Saints de glace.
Aucun traitement ni voile n’est utilisé.
Fabacées
Au début, les semis directs sous paille se faisaient dans des sillons ouverts avec un rotofil débroussailleuse, mais les campagnols causaient de gros dégâts.
Une tentative de plantation de plants dans la paille a aussi été faite, mais elle a été jugée trop chronophage et peu concluante.
Depuis, les fabacées sont conduites sur compost :
- apport de 3 cm de compost ;
- semis direct avec un semoir adapté aux grosses graines.
L’an dernier, cela a très bien fonctionné. Cette année, la pression des campagnols a été plus forte au départ.
Courges
Les courges sont implantées sur bâche d’ensilage :
- un plant tous les 80 cm ;
- rangs espacés d’1 mètre.
Elles servent à ouvrir de nouveaux jardins sur prairie. Nicolas pose la bâche directement sur la prairie, plante à travers, puis l’année suivante il dispose d’un terrain propre.
Cette année, elles ont été installées sur une nouvelle parcelle en prairie permanente, pour préparer les jardins de l’an prochain.
Il n’irrigue généralement pas ses courges, et cela fonctionne bien, sauf en année très sèche.
Jardin sur paille et jardin sur compost
Le jardin sur paille accueille notamment :
- salades ;
- céleri-rave ;
- fèves ;
- choux-raves.
Le jardin sur compost accueille les cultures semées directement.
Pour les deux systèmes, Nicolas densifie plutôt ses cultures, en s’inspirant davantage des espacements de Jean-Martin Fortier que de ceux des catalogues semenciers.
Solanacées sous serre
Pour les tomates, poivrons et aubergines :
- espacement de 45 cm sur le rang ;
- 2 rangs par planche.
Cela peut paraître dense, mais cela lui permet de compenser rapidement en cas de perte d’un plant.
Pour les tomates :
- paillage du sol ;
- pose des lignes de goutte-à-goutte ;
- pose de bâches tissées ;
- plantation ;
- tuteurage avec ficelle de type ficelle à foin ;
- passage hebdomadaire pour supprimer les gourmands ;
- suppression des feuilles basses jusqu’à environ 20 cm du sol.
Pour les poivrons et aubergines :
- même implantation ;
- pas de tuteurage ;
- pas de palissage ;
- pas d’ébourgeonnage.
Ils ont du mal à démarrer mais finissent ensuite par bien se tenir.
Haricots
Sous serre, Nicolas ne produit que du haricot à rames, jugé plus rentable. En extérieur, il fait des haricots nains et des pois.
Pour les haricots sous serre :
- 2 rangs ;
- un haricot tous les 10 cm ;
- semis direct.
Il cite la variété Meraviglia (transcription incertaine), une variété sans fil très appréciée de la clientèle.
Au moment du tournage, une planche produit environ 60 kg de haricots par semaine.
Courgettes
Les courgettes sont plantées tous les 80 cm, comme les courges.
Sous serre comme dehors, elles sont conduites sur bâche tissée.
Cultures d’hiver en serre
Toutes les cultures d’été sous serre sont conduites sur bâche tissée, afin que le sol soit propre à l’automne pour implanter les cultures d’hiver.
À l’automne :
- les tomates sont coupées pied par pied ;
- toute la partie aérienne est exportée dehors et compostée ;
- les racines restent en place.
Nicolas préfère exporter les plants de tomates touchés par le mildiou plutôt que de les laisser dans les serres, par prudence vis-à-vis des cultures suivantes, notamment les pommes de terre primeur.
Difficultés rencontrées
Qualité du compost et faim d’azote
Nicolas observe que son compost contient beaucoup de copeaux de bois, donc une matière très ligneuse, proche du BRF. Il pense que cela peut provoquer une faim d’azote, observée notamment sur les oignons et échalotes :
- jaunissement ;
- stagnation pendant longtemps ;
- puis redémarrage brutal après quelques mois.
Il suppose que le temps nécessaire à la dégradation de cette matière ligneuse explique ce phénomène.
Sol trop froid sous paille
Les premières cultures implantées très tôt en saison, après bâchage et sous paillage extérieur, démarrent mal. Il pense que :
- le sol reste trop froid sous la paille ;
- les éléments nécessaires à la dégradation de la paille ne sont pas encore assez disponibles en sortie d’hiver.
Les premières séries peinent donc, parfois au point d’être dépassées par des séries plantées plus tard. Il envisage de supprimer certaines plantations très précoces en extérieur.
Utilisation de l’herbe de tonte
Pour contrer la faim d’azote, Nicolas récupère l’herbe de tonte d’un camping voisin. Il réalise alors un double paillage :
- d’abord avec l’herbe de tonte fraîche ;
- puis avec de la paille.
Dans ce cas, le problème de faim d’azote ne se pose pas.
Fleurs, aromatiques et biodiversité
Tous les bords de serre sont plantés avec :
- des fleurs comestibles ;
- des herbes aromatiques.
Parmi les fleurs présentes :
- capucines ;
- bourrache ;
- soucis ;
- bleuets.
Ces fleurs sont récoltées pour être ajoutées au mesclun. Elles ont aussi un rôle fonctionnel :
- la capucine attire fortement les pucerons, qui se concentrent alors dessus plutôt que sur les légumes ;
- la bourrache et le souci attirent de nombreux pollinisateurs et auxiliaires :
- chrysopes ;
- syrphes ;
- bourdons ;
- abeilles.
Entre les fleurs, on trouve plusieurs aromatiques :
Ces herbes aromatiques se vendent très bien sur les marchés et auprès des restaurants, car peu de producteurs en proposent.
Nicolas signale toutefois une erreur de conception : il n’a pas installé de goutte-à-goutte sur les bords de serre. Comme ces zones sont bâchées, il doit tout arroser à l’arrosoir, ce qui prend du temps.
Vision d’ensemble
Le système de Nicolas Ozouf repose sur un maraîchage sur petites surfaces inspiré du modèle bio-intensif, avec :
- rotation longue ;
- travail sur planches permanentes ;
- combinaison de bâche, compost et paillage ;
- mécanisation légère mais bien ciblée ;
- recherche d’autonomie ;
- diversification progressive.
Le projet continue d’évoluer, avec des ajustements permanents sur :
- les rotations ;
- la gestion de la fertilité ;
- la qualité du compost ;
- l’irrigation ;
- l’organisation du travail.
L’objectif est de stabiliser un système à la fois productif, vivable, et capable à terme d’accueillir un associé sans nécessairement agrandir les surfaces.