L'agroforesterie fruitière en maraîchage biologique diversifié

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Parcours du maraîcher

Laurent Welsch met en œuvre les principes de l’agriculture biologique et de la biodynamie dès son installation en 2000.  En 2004, il agrandit sa surface cultivée, initialement constituée de 4000 m² de cultures plein champ, par 2000 m² de serres et achève la plantation de son verger. Laurent ne pratique aucun travail mécanique du sol afin de préserver la qualité structurelle du sol. Ainsi, il intègre à son itinéraire de travail différentes pratiques culturales impactant le cycle de carbone et d’azote dans le sol, afin de dynamiser et favoriser sa structure. Il adopte une vision dynamique du milieu pour se débarrasser des problèmes d’épuisement des sols. Il souhaite créer des milieux complexes en augmentant la biodiversité. Il intègre ainsi à son exploitation des animaux (poules, brebis), essentiels selon lui pour créer un système viable, durable et en bonne santé. Un autre objectif est d’assurer la santé des cultures et d’avoir une production moins coûteuse en diminuant les charges et les interventions.

Présentation de la ferme

La ferme en bref

  • SAU : 3,65 ha
  • UTH : 1 + des stagiaires
  • Commercialisation : AMAP + marché
  • Plein champ 6 000 m² / Serres 2 500m²


Conditions pédoclimatiques

L’exploitation se situe dans une zone humide, en fond de vallée. Les parcelles sont régulièrement exposées à un vent froid. C’est une zone proche des Pyrénées, d’où la présence des masses nuageuses provenant du Sud-Ouest. Ainsi, les précipitations sont excédentaires. Ce climat impose un cycle de culture court et donc une occupation de la quasi-totalité des terres en été. Dans ces conditions, Laurent intègre très peu de couverts végétaux d’été à son assolement car les parcelles sont occupées par des cultures légumières.

Selon Laurent, ces facteurs limitent les rendements.

Le sol de l'exploitation est en début de dégradation, « vieillissant » d’après l’exploitant. L’utilisation de couverts végétaux prend ainsi tout son sens car ils permettent de redonner une vie au sol.   

Niveau de mécanisation

Laurent ne travaillant pas de façon mécanique le sol, il utilise très peu de matériel :

  • Un tracteur (modèle 1960) à 30 chevaux utilisé pour le transport du foin
  • Un broyeur pour entretenir les allées


L'Agroforesterie fruitière en maraîchage

L’atelier de maraîchage de Laurent Welsch est conduit en agroforesterie fruitière.


Pourquoi l'agroforesterie fruitière ?

Cette pratique présente divers intérêts :

  • Travail sur la qualité de l’air, la lumière et la température :
    • Les arbres permettent de ralentir la circulation de l’air et de diminuer les écarts de température importants
    • Cela permet d’augmenter la quantité de CO2 (gaz lourd), près du sol, à proximité des plantes (nourriture pour les plantes)
    • Contrôle de l’humidité
    • L’évapotranspiration des arbres permet une diminution de la température la journée et la nuit, la rosée libère de la chaleur
    • Améliore la circulation de l’eau dans les sols
  • Atelier complémentaire : fruits
  • Augmentation de la résilience économique
  • Augmentation de la valeur ajoutée du milieu
  • Création d’un espace conservatoire : diversité très importante de variétés
  • Esthétique dans le jardin


Mise en pratique

En plein champ

  • Haies fruitières palissées
  • Orientées Nord-Sud
  • 1 arbre tous les 1,20 m (optimum entre 1m20 et 1m50), conduit en axe
  • Porte-greffes magnifiants : le porte greffe indique la vigueur des arbres, les magnifiants sont peu vigoureux
  • Essences : pommiers (120 variétés), poiriers (40 variétés), cerisiers, pruniers, cognassiers… Toutes les essences plantées proviennent d'auto-greffes.
  • Succession des arbres dans les haies : 2 pommiers, 2 poiriers, 1 autre essence, etc…
  • Inter-rang de 7m (la + étroite possible, l’optimum se situe entre 8 et 10m) : les cultures maraîchères, les engrais verts et les prairies trouvent leur place sur ces inter rangs.
  • Introduction de rosacées dans le jardin :
    • Pour favoriser la toile mycorhizienne
    • Créer un pont entre les plantes herbacées (prairies, cultures) et la forêt (arbres)
    • Créer des écotones : stimulation du milieu frontière
    • Augmenter la complexité du mobilier du jardin
    • Augmenter la biodiversité et les synergies : plus il y a d’acteurs, plus il y a de synergies


Vignes sous serre

Sous serre

  • Vigne sur le fer, support de culture pour raisin de table
  • Plantation en 2014 à chaque arceau tous les 2 mètres
  • 12 variétés : production de raisins de août à novembre
  • Taille en vert en été à partir de mi-août car devient trop occultant pour les salades
  • Choisir des cépages qui font peu de sarments (Chasselas par exemple)
  • Pas de concurrence avec les magnifiants et les vignes européennes, contrairement aux américaines très vigoureuses
  • Apporte de l’ombrage au zénith
  • Les raisins n’attrapent pas de mildiou sous serre


Recommandations

  • Attention aux arbres francs : impossible à conduire en espalier, plutôt adapté aux pré-vergers et haies bocagères.
  • Attention à la concurrence hydrique, en lumière et en éléments minéraux.
  • Privilégier l'utilisation de porte-greffes magnifiants :
    • Petites racines (peu de volume racinaire)
    • Possibilité de tailles drastiques sévères
  • Conduite en axe recommandée : 1 axe, des latérales en colimaçons, en X parallèlement à l’axe et pas en croix, cela permet de diminuer la largeur de la colonne.


Focus sur les pratiques de Laurent Welsch


Annexes

Leviers évoqués dans ce système




  • Cet article a été rédigé à la suite d'un entretien mené avec Laurent Welsch en mai 2021.
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