Le Semis Direct sous Couvert Végétal selon Noël Deneuville
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Experts et agriculteurs vous donnent les clés pour une transition sereine !
Sommaire :
Le semis nature 00:00
Plantes compagnes 36:49
Maïs en SD 1:03:24
Tournesol en SD 1:16:13
Rotation et graminées 1:22:24
Production de semences de ferme 1:24:15
Rotation 1:29:15
Gestion des ravageurs 1:30:34
Fertilisation de fond 1:34:39
Comment faire sa transition si on a des sols compactés ? 1:39:26
Gestion des ravageurs en conservation des sols 1:51:05
Faire ses semences de couverts 1:59:15
Le trieur de semences2:06:47
Couvert et dérobée de tournesol 2:08:22
Parcelle de moutarde 2:14:22
Colza associé 2:19:36
Blé associé 2:26:58
Essais glyphosate et colza 2:31:30
Orge d’hiver et dérobée de sarrasin 2:33:41
Le semis opportuniste : une philosophie de culture
Pour Noël Deneuville, le semis direct sous couvert végétal (SCV) n’est pas une simple technique, mais une stratégie “opportuniste”. L’objectif est de déclencher le semis pour gagner entre un mois et un mois et demi par rapport aux pratiques conventionnelles, tout en s’adaptant étroitement à la météo. Sur des limons argileux, souvent froids, cette approche permet de maximiser les chances de réussite sans perturber inutilement le sol.
La gestion du sol et la lutte contre les ravageurs
La règle d’or selon Deneuville est de limiter au maximum toute intervention mécanique. Si un labour est jugé nécessaire (par exemple pour corriger une compaction importante), il ne doit être effectué qu’une seule fois. Une fois le sol travaillé et nivelé, il convient d’implanter immédiatement un couvert végétal “violent” capable de structurer le sol.
Concernant les ravageurs, la méthode prônée est celle de “ne rien faire” pour favoriser le retour des équilibres naturels. Les campagnols, par exemple, sont régulés par les prédateurs naturels (renards, rapaces, mustélidés) dès lors que l’écosystème n’est plus perturbé par les insecticides ou un travail du sol excessif.
Choix des graines et semis opportuniste
La réussite en SCV dépend fortement du choix des semences. Certaines graines, comme le sarrasin ou le tournesol, sont particulièrement adaptées car elles possèdent des propriétés physiques (forme prismatique pour le sarrasin) qui facilitent la germination avec très peu d’humidité.
- Le sarrasin : il est privilégié pour sa capacité à germer facilement grâce au contact avec l’humidité de l’air et pour son effet allélopathique qui aide à limiter le salissement par les adventices.
- Les graines fourragères : le recours aux petites graines (trèfle, chicorée, luzerne, amarante) est encouragé car elles nécessitent moins d’eau pour germer.
- Stratégie de semis : il est préférable de privilégier des semis précoces ou opportunistes, en s’appuyant sur les prévisions météo. La dose de semis est généralement augmentée de 20 à 25 % pour compenser les conditions de semis en direct.
Gestion de la fertilisation et intrants
Noël Deneuville souligne l’importance d’une fertilisation ciblée, utilisant notamment des produits organiques (fumier, compost, cendres de bois). L’objectif est de nourrir le sol sur le long terme plutôt que de nourrir directement la plante avec des engrais chimiques.
- La fertilisation foliaire : elle est utilisée pour soutenir la plante durant ses phases critiques de développement.
- Réduction des phytos : l’agriculteur tend vers une autonomie totale en termes d’insecticides et de fongicides. Les désherbages d’automne sont également évités pour ne pas fragiliser les cultures et éviter les effets secondaires indésirables.
Le système de double récolte
L’une des innovations majeures présentées est la possibilité d’enchaîner deux récoltes sur la même parcelle. Par exemple :
- Orge d’hiver récoltée début juillet.
- Sarrasin ou sorgho semé immédiatement après.
- Moutarde ou colza semé en fin de cycle.
Cette rotation permet de valoriser au maximum la période estivale. Le colza est ainsi utilisé comme une plante compagne dans le maïs ou le blé, occupant l’espace pour limiter le salissement avant de devenir la culture principale après la récolte de la céréale.
L’importance de la production de semences à la ferme
Pour maîtriser les coûts et adapter les variétés à son terroir, Deneuville insiste sur la production de semences à la ferme. Que ce soit pour le maïs population ou les plantes de service, ce travail manuel permet de sélectionner les génotypes les plus robustes et les plus précoces, réduisant ainsi la dépendance aux semences du commerce tout en augmentant la résilience du système.
En conclusion, la réussite de ce modèle repose sur une observation constante, une patience face aux cycles naturels et l’acceptation de ne pas viser la perfection immédiate sur chaque parcelle, au profit d’un équilibre global durable.