DIRECT -3 - Table Ronde - Aide à l'Installation pour les Porteurs de Projet en MSV - 2/2

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Dans cette seconde partie de table ronde dédiée à l’aide à l’installation en maraîchage sur sol vivant (MSV), les intervenants insistent sur l’importance du réseau local pour trouver du foncier, du matériel et des débouchés. Mairies, agriculteurs, écoles, associations de parents d’élèves, groupements de consommateurs ou de producteurs peuvent devenir des alliés précieux. Le projet doit être présenté avec diplomatie, en valorisant la production locale, la vie des sols et l’intégration au territoire, sans opposer son modèle à l’agriculture existante. La vidéo donne aussi des conseils très concrets : rédiger un courrier clair, lancer un crowdfunding pour amorcer l’installation, mobiliser les aides à l’installation et au bio, ou encore utiliser des petites surfaces test avant de se développer. Enfin, plusieurs cas pratiques abordent la reprise de prairies, la gestion de la fertilité, des adventices et des apports de matière organique.

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Résumé
Dans cette seconde partie de table ronde dédiée à l’aide à l’installation en maraîchage sur sol vivant (MSV), les intervenants insistent sur l’importance du réseau local pour trouver du foncier, du matériel et des débouchés. Mairies, agriculteurs, écoles, associations de parents d’élèves, groupements de consommateurs ou de producteurs peuvent devenir des alliés précieux. Le projet doit être présenté avec diplomatie, en valorisant la production locale, la vie des sols et l’intégration au territoire, sans opposer son modèle à l’agriculture existante. La vidéo donne aussi des conseils très concrets : rédiger un courrier clair, lancer un crowdfunding pour amorcer l’installation, mobiliser les aides à l’installation et au bio, ou encore utiliser des petites surfaces test avant de se développer. Enfin, plusieurs cas pratiques abordent la reprise de prairies, la gestion de la fertilité, des adventices et des apports de matière organique.

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Ouverture sur l’accès au foncier et les premiers contacts

Les intervenants expliquent que l’on est dans un moment de bascule, avec une évolution des mentalités autour de la vie des sols. Cette évolution touche à la fois le monde agricole, les collectivités et les porteurs de projet. Selon eux, certains agriculteurs proches de la retraite peuvent être plus ouverts à des projets alternatifs, tandis qu’une partie de la jeune génération s’intéresse davantage aux vers de terre, au fonctionnement biologique des sols et aux pratiques en maraîchage sur sol vivant (MSV).

L’idée défendue est qu’il existe une transition entre :

  • une génération qui a fait sa carrière et doit transmettre un outil de production ;
  • une nouvelle génération qui cherche d’autres façons de produire, plus attentives à la vie des sols.

Les intervenants insistent sur le fait qu’il est possible de commencer petit. Ils donnent l’exemple d’un agriculteur exploitant entre 150 et 300 hectares : si celui-ci met seulement 5 000 m² à disposition sur un bail de plusieurs années, cela peut déjà permettre à un porteur de projet de se confronter au concret :

En contrepartie, le porteur de projet peut apporter une réflexion différente, que l’agriculteur pourra observer directement sur le terrain.

Ouvrir les champs de discussion

L’un des messages centraux de cette table ronde est qu’il faut ouvrir au maximum les échanges :

  • avec les agriculteurs ;
  • avec les collectivités ;
  • avec les particuliers ;
  • avec les réseaux locaux.

Les intervenants reviennent souvent sur la notion de « sol vivant », présentée comme un point de discussion très fort. Pour eux, c’est un argument solide, concret, qui permet d’engager la conversation sans forcément attaquer les pratiques existantes.

Ils rappellent aussi que les structures agricoles et les agriculteurs ont souvent un double intérêt pour les porteurs de projet :

  • ils disposent parfois de terres ;
  • ils possèdent aussi du matériel qui dort dans les hangars.

Ainsi, lorsqu’on s’installe, il est jugé indispensable d’aller rencontrer les agriculteurs du secteur. Ils peuvent connaître :

  • une terre libre ;
  • un voisin ou un cousin prêt à louer ou prêter ;
  • du matériel inutilisé ;
  • des solutions logistiques locales.

Le rôle des mairies et des collectivités

Les mairies sont présentées comme des interlocuteurs majeurs. Les intervenants considèrent même qu’il est souvent plus facile de démarrer par elles que directement par les agriculteurs.

Selon eux, les communes ont souvent :

  • un peu de terrain disponible ;
  • un intérêt pour les projets pédagogiques ;
  • un intérêt pour les projets économiques locaux ;
  • une sensibilité croissante aux questions d’alimentation et d’environnement.

Ils soulignent plusieurs avantages à travailler avec une mairie :

  • le projet peut être intégré à la vie de la commune ;
  • il peut répondre à une attente locale autour du « mieux manger » ;
  • il peut participer à redynamiser des petites communes qui perdent des habitants ;
  • il peut créer une activité économique visible et valorisante.

Un exemple est cité : celui de Joris, installé à Bois-Jérôme-Saint-Ouen, près de Vernon, sur des terres louées par la commune. Cette mise à disposition de terrain a ensuite permis de développer plusieurs partenariats avec la mairie.

Les collectivités comme source de matière organique

Un autre point très important concerne les matières organiques. Les intervenants rappellent que les services communaux chargés des espaces verts doivent évacuer :

  • feuilles ;
  • tontes de gazon ;
  • branches ;
  • résidus végétaux.

Or, leur dépôt sur une plateforme de compostage coûte de l’argent, parfois à la tonne. Si un maraîcher peut récupérer ces matières organiques, il rend alors un double service à la collectivité :

  • il lui fait économiser des frais ;
  • il valorise localement une ressource utile à la fertilité du sol.

Les intervenants racontent qu’ils récupèrent eux-mêmes la matière organique de leur commune. Ils présentent cela comme une forme d’économie locale circulaire, dans laquelle les habitants et les services communaux échangent au lieu de payer pour détruire une ressource.

Les écoles, les parents et la sensibilité autour de l’alimentation

Les écoles apparaissent également comme des structures-clés. Les intervenants expliquent qu’en vendant à la ferme, ils ont rapidement constaté une forte sensibilité des parents, notamment des mères de jeunes enfants, aux questions :

  • de santé ;
  • de qualité alimentaire ;
  • de pesticides ;
  • d’alimentation saine.

Ils recommandent donc de contacter :

  • les écoles ;
  • les associations de parents d’élèves ;
  • les structures périscolaires.

Selon eux, ces publics sont souvent très réceptifs à une démarche de maraîchage sur sol vivant, notamment lorsqu’elle est présentée sous l’angle :

  • de la qualité des légumes ;
  • de la production locale ;
  • de la vie des sols ;
  • de la pédagogie.

Les particuliers et les outils de diffusion locale

Au-delà des institutions, les intervenants rappellent qu’il existe aussi des particuliers possédant des terrains, parfois jusqu’à un hectare, sans savoir quoi en faire. Ils expliquent que ces personnes peuvent être sensibles à un projet présenté comme :

  • créateur d’emploi ;
  • économiquement viable ;
  • utile localement.

Ils proposent alors des moyens très simples pour se faire connaître, notamment :

  • Le Bon Coin ;
  • les petites annonces locales ;
  • les courriers ciblés ;
  • les mots-clés bien choisis dans les annonces.

L’idée est qu’une annonce bien formulée, avec des mots-clés comme « tracteur », « remorque », « broyeur », « compost », peut remonter dans les recherches locales et toucher des personnes qui ont du matériel ou du foncier.

Les groupements de consommateurs et les réseaux locaux

Les intervenants rappellent aussi qu’il ne faut pas oublier :

  • les AMAP ;
  • les groupements de consommateurs ;
  • les associations locales ;
  • les comités d’entreprise.

Ils notent que l’on retrouve souvent les mêmes profils dans ces réseaux que dans les écoles ou les groupes de parents d’élèves : des personnes sensibles à l’alimentation, prêtes à soutenir une installation, voire à participer à une campagne de financement.

Le recours au financement participatif

Le financement participatif, ou crowdfunding, est présenté moins comme un moyen de lever de très grosses sommes que comme un excellent outil de communication.

Selon les intervenants, une campagne de crowdfunding permet de :

  • faire connaître le projet ;
  • raconter la démarche ;
  • montrer des références techniques ;
  • expliquer les pratiques ;
  • créer un compte à rebours avant l’installation ;
  • récupérer un peu de trésorerie de départ.

Ils suggèrent par exemple :

  • de déposer un mot dans les boîtes aux lettres ;
  • de passer par le bulletin municipal ;
  • d’en parler en conseil municipal ;
  • d’annoncer un futur remboursement symbolique en légumes.

L’expérience de Joris est à nouveau évoquée : avant même l’ouverture de la vente, les habitants suivaient déjà l’évolution du jardin et demandaient quand les légumes seraient disponibles.

Les réseaux agricoles à contacter

En plus des mairies et des habitants, les intervenants conseillent de solliciter différents réseaux agricoles :

  • les GIEE, groupements d’intérêt économique et environnemental ;
  • les groupes de développement ;
  • les groupes en lien avec les chambres d’agriculture ;
  • les associations BASE ;
  • l’APAD ;
  • les réseaux autour du semis direct et du sol vivant.

Ils précisent que ces groupes réunissent souvent des agriculteurs déjà ouverts :

  • aux échanges techniques ;
  • au semis direct ;
  • au non-travail du sol ;
  • à la réflexion agronomique.

Pour le bassin Adour-Garonne, ils citent également le programme Agro d’Oc, qui regroupe de nombreux partenaires intéressés par le semis direct et les sols vivants.

Ce qu’il faut mettre dans une lettre de présentation

Une partie importante des échanges porte sur le contenu de la lettre de présentation à adresser aux mairies ou aux propriétaires.

Les intervenants insistent sur plusieurs points.

Montrer que l’on veut produire et gagner sa vie

Le premier message à faire passer est simple : il faut dire que l’on veut produire et gagner sa vie. Il ne s’agit pas de présenter un projet flou ou utopique, mais une activité agricole réelle.

Ils précisent que personne n’attend d’un porteur de projet qu’il devienne riche, mais qu’il faut éviter de laisser penser que le terrain va devenir une zone ingérable ou un lieu de vie désorganisé.

Rassurer sur l’esthétique et l’intégration paysagère

Le maraîchage peut parfois renvoyer une image de désordre :

  • plastiques ;
  • bâches ;
  • caisses ;
  • matériel ;
  • chantier permanent.

Les intervenants recommandent donc de rassurer sur cet aspect :

  • montrer que le lieu sera tenu ;
  • mettre en avant la plantation d’arbres plutôt qu’un container maritime ;
  • éviter de donner une image de friche occupée.

Être positif sans attaquer les autres agriculteurs

Il est jugé essentiel de ne jamais présenter son projet en disant que l’agriculture des autres est mauvaise. Les intervenants mettent en garde contre des formulations du type :

  • « les agriculteurs font n’importe quoi » ;
  • « moi je vais faire beaucoup mieux » ;
  • « le modèle agricole actuel est nul ».

Ils rappellent que, dans beaucoup de petites communes, le conseil municipal est composé en partie d’agriculteurs. Un tel discours fermerait immédiatement les portes.

La bonne posture consiste à dire :

  • que l’on s’est documenté ;
  • que l’on a visité des fermes ;
  • que l’on a une proposition technique ;
  • que l’on veut tenter quelque chose ;
  • que l’on souhaite collaborer.

Montrer que le projet est documenté

Les intervenants recommandent de s’appuyer sur :

  • des fascicules ;
  • des livres ;
  • des références techniques ;
  • des vidéos ;
  • des visites de fermes.

Ils citent notamment les documents de Dominique Soltner comme supports utiles pour amorcer des discussions et rassurer les interlocuteurs.

L’importance de l’intégration locale

Pour les intervenants, s’installer en milieu rural signifie s’inscrire dans un territoire sur le temps long. Ils soulignent que, dans ces contextes, les habitants attendent d’un nouvel installé qu’il vienne collaborer et non « mettre la pagaille ».

Ils insistent donc sur l’intégration :

  • rencontrer les voisins ;
  • aller voir les agriculteurs ;
  • participer à la vie locale ;
  • échanger avec les habitants ;
  • prendre part aux événements communaux.

Ils donnent des exemples très concrets :

  • assister au conseil municipal ;
  • participer aux activités associatives ;
  • acheter le calendrier des pompiers ;
  • discuter avec les gens du coin.

L’idée générale est qu’en milieu rural, l’ancrage humain compte autant que le projet technique.

Les premiers contacts avec les agriculteurs

Les intervenants reviennent plusieurs fois sur ce point : il faut aller voir les agriculteurs, même ceux qui ne semblent pas d’emblée intéressés.

Même si certains peuvent répondre qu’ils sont déjà très bien équipés et n’ont besoin de rien, la rencontre permet souvent :

  • d’obtenir des pistes ;
  • de connaître d’autres personnes plus ouvertes ;
  • de faire circuler le projet ;
  • de montrer son sérieux.

Ils recommandent aussi d’y aller avec des demandes concrètes :

  • un vieux tracteur ;
  • un épandeur ;
  • un broyeur ;
  • un outil inutilisé.

Cela ouvre beaucoup plus facilement les discussions qu’un discours purement théorique.

Une culture agricole parfois peu à jour sur le maraîchage sur sol vivant

Les intervenants estiment que les chambres d’agriculture ne sont pas toujours à jour sur les propositions du maraîchage sur sol vivant, et que la culture dominante reste souvent très conventionnelle.

Ils notent néanmoins qu’il existe presque partout quelques agriculteurs « marginaux » ou curieux :

  • semis direct ;
  • TCS ;
  • réflexion sur le sol ;
  • ouverture aux références nouvelles.

C’est pourquoi ils recommandent d’avoir sa propre bibliographie et sa propre vidéographie pour alimenter les discussions.

Étude de cas : Nathalie, projet en Centre-Bretagne

Une partie importante de l’échange prend la forme d’un cas pratique avec Nathalie, qui souhaite s’installer en maraîchage sur sol vivant avec sa fille, dans le Morbihan, vers Le Faouët.

Situation de départ

Nathalie dispose de :

  • 15 hectares au total ;
  • environ 27 hectares de pins ;
  • 50 hectares de terres agricoles dans l’ensemble évoqué au cours de la discussion ;
  • 8 hectares redevenus disponibles après la fin d’un bail.

Les terres ont été auparavant cultivées en porc, blé et maïs, puis laissées en jachère ou en friche depuis environ huit ans, avec entretien ponctuel par fauche, broyage ou pâturage.

Elle précise :

  • ne pas avoir beaucoup d’argent ;
  • ne pas vouloir reprendre d’emprunt ;
  • être en recherche de solutions peu coûteuses.

Diagnostic rapide des intervenants

Les intervenants commencent par chercher à évaluer la fertilité réelle du terrain. Leur indicateur principal est très simple : la hauteur de l’herbe en juin. Nathalie indique qu’elle pousse jusqu’à environ 1,50 m à 1,60 m.

Pour eux, c’est le signe que la fertilité est déjà là. Ils en concluent que le vrai problème n’est pas la matière organique, mais le désherbage et la gestion de la prairie.

Ils conseillent tout de même de faire une analyse de sol de base sur une ou deux parcelles représentatives, pour avoir un point de départ mesuré, mais considèrent que l’état du terrain est déjà très favorable.

Recommandation technique : bâcher la prairie

Le conseil principal donné est de travailler avec de la bâche d’ensilage ou de la bâche tissée, posée en hiver.

Le scénario décrit est le suivant :

  • pose de la bâche en janvier ;
  • au redémarrage printanier, l’herbe pousse sous la bâche ;
  • faute de lumière, elle épuise ses réserves ;
  • le feuillage jaunit puis meurt ;
  • la prairie retombe.

Les intervenants estiment qu’en Bretagne, avec ce niveau de fertilité et de pluviométrie, ce processus peut être rapide. Ils évoquent une fenêtre possible pour planter ensuite au travers de la bâche.

Ils insistent cependant sur plusieurs points :

  • bien lester la bâche ;
  • garder un bon contact avec le sol ;
  • se méfier d’une reprise de prairie si l’on débâche trop tôt ;
  • attendre parfois jusqu’à juillet pour une occultation vraiment propre.

Semis et plantations possibles

Deux options sont évoquées :

  • la plantation au travers de la bâche ;
  • le semis avec géotextile de chanvre ou bâche tissée, en faisant des trous remplis de compost.

Les intervenants précisent que :

  • le semis direct sur prairie occultée est plus technique ;
  • il demande une bâche très bien maintenue ;
  • il suppose une bonne gestion de l’irrigation, souvent en aspersion ;
  • la plantation de mottes reste plus simple.

Adventices et vigilance

Ils mettent en garde sur :

Mais dans le cas présenté, ils estiment que la fertilité n’est pas un souci immédiat et que l’essentiel de l’investissement doit porter sur le désherbage et l’occultation.

La question du label bio dans ce cas précis

Nathalie exprime son hésitation face au label bio, qu’elle perçoit comme compliqué :

  • semences non bio conservées depuis des années ;
  • serre déjà achetée non bio ;
  • paille non bio potentielle.

Les intervenants répondent de façon rassurante.

Ils expliquent que :

  • l’autoproduction de semences n’est pas un problème majeur ;
  • la paille conventionnelle peut être tolérée sous certaines conditions, notamment avec déclaration ;
  • les règles précises doivent être revues avec le certificateur.

Mais surtout, ils soulignent que dans son cas, la parcelle étant restée en prairie non cultivée pendant plusieurs années, il pourrait être possible d’obtenir une dérogation et d’entrer directement en bio, sans conversion complète, sur simple déclaration du propriétaire.

Ils ajoutent que le label peut être intéressant non seulement commercialement, mais aussi pour :

  • les aides à la conversion ;
  • la prise en charge partielle de la certification par la région ;
  • la possibilité de travailler avec certains collègues ou certains débouchés.

Le rapport avec la chambre d’agriculture

Les intervenants encouragent Nathalie à aller voir la chambre d’agriculture, mais avec prudence et préparation.

Ils conseillent :

  • d’arriver armée de documents ;
  • de montrer qu’il existe un réseau MSV ;
  • d’adhérer éventuellement à Maraîchage sol vivant ;
  • de venir avec des références, des fascicules, des livres.

Ils insistent sur le fait qu’il faut parfois trouver le bon interlocuteur. Selon eux, tout dépend beaucoup de la personne rencontrée.

Ils évoquent aussi :

  • les aides à l’installation ;
  • les aides à la conversion bio ;
  • les DPU ;
  • les plans de développement économique.

Même dans un projet peu mécanisé, ils considèrent qu’un dossier d’installation peut être très utile pour financer :

  • les bâches ;
  • les filets ;
  • les arceaux ;
  • le petit matériel.

Les aides à l’installation

Les intervenants rappellent que les aides à l’installation peuvent représenter des montants importants, variables selon les régions, de l’ordre de 15 000 à 30 000 euros, parfois davantage selon les situations.

Ils insistent sur le fait que ces aides ne sont pas nécessairement proportionnelles :

  • ni à la surface ;
  • ni au nombre d’ateliers.

Ils signalent aussi qu’il existe des pièges administratifs :

  • obligation supposée d’une comptabilité certifiée, qu’ils relativisent ;
  • démarches complexes ;
  • prestataires imposés.

Leur conseil est de demander à être aidé pour monter le dossier, sans se laisser embarquer dans des obligations inutiles.

Questions complémentaires du public

Reprendre une prairie et la labourer ?

Un participant demande s’il est pertinent de labourer une prairie pauvre en vers de terre pour décompacter mécaniquement.

La réponse est nuancée :

  • il faut d’abord évaluer la fertilité réelle, notamment par la hauteur d’herbe ;
  • il faut distinguer un sol fertile d’un sol réellement dégradé ;
  • si le sol est fertile, labourer n’a pas de sens ;
  • si le sol est très dégradé, il faut plutôt raisonner stratégie globale de construction du sol.

Prairie à faible matière organique avec chiendent

Une autre question porte sur une prairie à faible taux de matière organique avec chiendent : faut-il incorporer massivement de la matière carbonée dans les premiers centimètres du sol, ou bien bâcher un an avec apport de fumier en surface ?

Les intervenants répondent qu’on ne fait pas la même chose :

  • l’incorporation de carbone vise à remonter rapidement le stock de matière organique, mais peut créer des déséquilibres et une forte faim d’azote ;
  • le fumier sous bâche nourrit surtout les vers de terre et la biologie de surface.

Ils rappellent que tout dépend :

  • du point de départ réel ;
  • du budget ;
  • de la présence ou non de vers de terre capables de consommer cette matière.

Installation en milieu aride

Une question est posée sur une installation en Algérie, en milieu aride, avec 200 mm de pluie par an et un sol essentiellement sableux.

Les intervenants répondent que les principes du sol vivant restent valables, et même particulièrement intéressants pour :

  • protéger le sol ;
  • limiter l’évaporation ;
  • mieux conserver l’eau.

Mais ils rappellent aussi qu’en milieu aride :

  • la matière organique ne se décompose pas sans humidité ;
  • il faut pouvoir apporter de l’eau ;
  • les intrants organiques peuvent être plus difficiles à trouver ;
  • la production de biomasse sur place devient un levier majeur.

Ils citent comme ressource utile le Cirad et les travaux de Guy Olivier, notamment autour du semis direct en milieu tropical et aride.

Retour d’expérience de Pierre-Xavier

En fin de séance, Pierre-Xavier présente brièvement son propre parcours.

Ses débuts

Issu du milieu agricole, après des études de commerce et un passage en Chine, il s’est installé sur 3 000 m² derrière chez ses parents.

Il explique qu’il a commencé avec des pratiques inspirées de la permaculture, notamment :

  • buttes ;
  • gros apports de matière organique ;
  • travail à la grelinette.

Avec le recul, il estime avoir cumulé plusieurs erreurs :

  • déstructuration du sol ;
  • matière organique insuffisamment intégrée ;
  • anaérobiose ;
  • concurrence entre cultures et bois enfoui ;
  • développement d’adventices révélant des problèmes de structure.

Il cite notamment :

  • rumex ;
  • chardons ;
  • chiendent ;
  • renoncules.

Pour lui, les adventices lui ont servi d’indicateur : elles signalaient des problèmes de compactage et d’asphyxie du sol.

Nouvelle stratégie sur 10 000 m²

Il dispose désormais d’une nouvelle parcelle plus grande, sur laquelle il a engagé un apport massif de matière organique :

  • environ 330 tonnes sur 10 000 m² ;
  • broyat principalement ;
  • incorporation mécanique.

L’objectif est de :

  • reconstruire un vrai profil de sol ;
  • nourrir la vie du sol en profondeur ;
  • éviter de reproduire les erreurs faites sur la première parcelle.

Il prévoit ensuite :

  • un apport de fientes de volailles pour sécuriser l’azote ;
  • un suivi du taux de matière organique ;
  • un suivi de la population de vers de terre ;
  • une logique de construction de sol sur le long terme.

Sa conclusion

Pierre-Xavier explique que son vrai objectif n’est pas seulement de faire pousser des légumes, mais de construire du sol. Pour lui, la différence est fondamentale :

  • faire pousser des légumes, on peut toujours y arriver avec des apports ;
  • construire du sol, c’est créer de la fertilité durable et transmettre un outil plus riche qu’au départ.

Retour d’expérience d’Angélique

Angélique présente également rapidement sa situation.

Elle s’est installée sur 2,5 hectares, dont 6 000 m² cultivés et 1 000 m² de serres, sur un ancien champ de céréales conventionnelles, non labouré mais compacté en profondeur, avec :

  • un sol [[argilo-limoneux]] sur environ 50 cm ;
  • puis une dalle de marne ;
  • très peu de vers de terre ;
  • un faible niveau de matière organique.

Faute de moyens au départ, elle n’a pas pu faire d’apport massif. Elle a donc travaillé avec :

  • des apports de fumier en surface ;
  • de l’engrais organique pour les cultures exigeantes ;
  • une montée en puissance progressive de ses ressources organiques.

Elle explique que cette stratégie lui a permis de produire, tout en cherchant progressivement à améliorer le fonctionnement du sol.

Conclusion de la séance

Cette deuxième partie de table ronde montre que l’aide à l’installation des porteurs de projet en maraîchage sur sol vivant repose sur plusieurs piliers étroitement liés :

  • la qualité du discours ;
  • l’intégration locale ;
  • le travail avec les mairies ;
  • les contacts avec les agriculteurs ;
  • la mobilisation de réseaux de consommateurs ;
  • la capacité à présenter un projet crédible et documenté ;
  • la recherche de financements et d’aides ;
  • la compréhension fine de la fertilité et de la structure du sol.

Les intervenants rappellent enfin qu’il faut à la fois :

  • maîtriser les bases agronomiques ;
  • comprendre les réalités sociales et locales ;
  • ne pas arriver « les mains dans les poches » ;
  • et surtout démontrer, avec le temps, que le projet tient et produit.

Ils annoncent également leur intention de poursuivre ce type de rendez-vous, avec d’autres sessions consacrées notamment :

  • aux aides à l’installation ;
  • à la comptabilité ;
  • au matériel ;
  • et aux retours de terrain.