Une ferme tout à l'herbe - Ferme de Beauruelle (61)

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À la ferme de Beauruelle (Orne), l’élevage laitier repose sur un système « tout à l’herbe » en agriculture biologique. L’exploitation compte 28 hectares de prairies, répartis sur plusieurs îlots, avec des vergers hautes et basses tiges également pâturés. Installée dans les années 1980 dans un modèle plus productiviste, la ferme a progressivement évolué vers un système extensif, autonome et rentable, avant de passer en bio en 2014. Aujourd’hui, le troupeau de vaches normandes produit un lait valorisé avec très peu de concentrés, grâce au pâturage tournant, au foin et à l’enrubannage. La ferme produit aussi de la viande bovine, des pommes et des poires. L’éleveur défend un modèle économe en intrants, fondé sur l’autonomie fourragère, la valorisation des prairies, le bien-être animal et la maîtrise des charges, pour assurer revenu, résilience et durabilité face aux évolutions climatiques et économiques.

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Résumé
À la ferme de Beauruelle (Orne), l’élevage laitier repose sur un système « tout à l’herbe » en agriculture biologique. L’exploitation compte 28 hectares de prairies, répartis sur plusieurs îlots, avec des vergers hautes et basses tiges également pâturés. Installée dans les années 1980 dans un modèle plus productiviste, la ferme a progressivement évolué vers un système extensif, autonome et rentable, avant de passer en bio en 2014. Aujourd’hui, le troupeau de vaches normandes produit un lait valorisé avec très peu de concentrés, grâce au pâturage tournant, au foin et à l’enrubannage. La ferme produit aussi de la viande bovine, des pommes et des poires. L’éleveur défend un modèle économe en intrants, fondé sur l’autonomie fourragère, la valorisation des prairies, le bien-être animal et la maîtrise des charges, pour assurer revenu, résilience et durabilité face aux évolutions climatiques et économiques.

Aujourd’hui, on vous emmène visiter la ferme de Vincent et Louis Beauruelle (61), éleveurs de vaches normandes de père en fils au cœur du bocage ornais. Pâturage, alimentation, gestion des haies, investissements… ils nous partagent les clés de leur résilience !


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Présentation de la ferme

Cette vidéo présente la ferme de Beauruelle, une exploitation laitière située dans l’Orne, conduite dans un système « tout à l’herbe ». La ferme est engagée dans une logique de transition agroécologique, avec une recherche forte d’autonomie, de rentabilité et de cohérence agronomique.

L’exploitation est composée d’environ 128 hectares de prairies. Le foncier est morcelé, réparti sur trois sites ou îlots, avec quelques parcelles intermédiaires entre les deux. Le troupeau laitier est conduit essentiellement à l’herbe, avec une forte place du pâturage et des récoltes de fourrages.

L’éleveur explique être installé sur la ferme depuis 2009, à la suite de ses parents. La transmission s’est faite progressivement, dans la continuité d’une évolution engagée depuis plusieurs décennies vers un système plus extensif, puis biologique.

Historique de l’exploitation

La ferme familiale s’est installée en 1982 dans un système qualifié de productiviste. À cette époque, le troupeau était en Prim’Holstein, avec un système déjà pâturant, mais incluant aussi du maïs en petite quantité. L’éleveur précise n’avoir jamais dépassé 20 % de la surface de l’exploitation en maïs.

Le système a ensuite évolué, tout en restant centré sur l’herbe. Des taurillons étaient déjà produits à l’herbe, ce qui constituait une particularité de l’exploitation. Les résultats économiques ont toujours été jugés intéressants, avec un excédent brut situé aux environs de 50 % du produit.

Une première grande évolution a eu lieu dans les années 1990 avec le passage à la race normande. Ce choix a été lié en partie au cahier des charges de la filière livarot, pont-l’évêque et camembert, notamment pour le livarot qui demandait alors 100 % de vaches normandes. En 1996, le troupeau laitier a donc été converti à la race normande.

Une autre étape importante a suivi lors de la crise de la vache folle. C’est à ce moment que la décision a été prise d’aller plus loin dans l’extensification. L’exploitation n’est pas passée immédiatement en bio, notamment à cause d’une forte pression parasitaire liée aux zones humides de la ferme. À l’époque, les traitements vermifuges et antiparasitaires étaient considérés comme des traitements allopathiques incompatibles avec le cahier des charges biologique.

La ferme a donc d’abord poursuivi son évolution en restant en conventionnel, tout en conservant un système très herbager. En 2007, une diversification en maraîchage biologique a été mise en place. Puis, quand le fils est revenu sur la ferme, il s’est installé en 2009 avec ses parents. Enfin, l’exploitation est entrée en conversion biologique en 2014.

Aujourd’hui, le système est entièrement en agriculture biologique. Pour l’éleveur, cela constitue l’aboutissement logique d’un système fondé sur l’herbe.

Un système tout à l’herbe

Le principe central de la ferme est de produire du lait avec un maximum d’herbe pâturée et récoltée, et un minimum de concentrés. L’éleveur considère que l’herbe est l’aliment le moins cher et le plus cohérent pour des bovins, qu’il rappelle être des herbivores.

Selon lui, il est possible d’atteindre des niveaux de production intéressants et surtout rentables avec un système tout à l’herbe :

  • autour de 5 000 litres par vache en race normande ;
  • entre 5 500 et 6 000 litres avec des vaches plus spécialisées ou croisées.

L’objectif n’est donc pas de maximiser la production par vache, mais de maintenir un bon niveau de lait avec un coût alimentaire très faible. À ses yeux, c’est cette combinaison qui permet d’atteindre une bonne rentabilité.

Il souligne aussi que, même en conventionnel, il n’existe pas d’aliment moins coûteux que l’herbe. Il estime que l’herbe gardera toute sa place malgré l’évolution du climat, même si des adaptations seront nécessaires.

À l’inverse, il se montre critique vis-à-vis du maïs, qu’il juge à la fois trop déséquilibré et trop coûteux à produire pour constituer la base de l’alimentation des troupeaux laitiers.

Le troupeau laitier

Le troupeau est aujourd’hui principalement en race normande. Les vaches laitières sont en bâtiment en moyenne du 15 novembre au début avril, en raison des sols hydromorphes, trop humides pour supporter le pâturage hivernal.

Alimentation hivernale

En hiver, la ration repose sur :

  • de l’enrubannage ;
  • du foin à volonté en libre-service ;
  • un complément céréalier distribué individuellement.

L’éleveur insiste sur la qualité de distribution : les auges sont vidées et balayées tous les jours, les refus sont retirés. Il cherche également à mélanger différentes coupes d’herbe afin d’éviter d’avoir des fourrages trop jeunes ou trop avancés.

Passage au pâturage

Dès que les conditions le permettent, les vaches sortent au pâturage. La transition entre ration hivernale et ration d’herbe pâturée dure environ un mois à un mois et demi selon les années.

À la sortie, la ration hivernale est progressivement réduite, de même que les concentrés. Vers le mois de mai, les concentrés sont arrêtés et les vaches sont alors à l’herbe pâturée uniquement.

Le parcellaire est divisé en paddocks. Les vaches restent en général un à deux jours maximum sur chaque paddock, avec un retour environ trois semaines plus tard.

Transhumance estivale

Quand l’herbe vient à manquer sur le site principal, généralement vers le mois de juin, le troupeau est déplacé sur un autre site situé à environ 5 km. Les vaches y passent entre un et deux mois et demi selon les années.

Ce second site fonctionne comme une troisième coupe : l’éleveur y réalise d’abord deux coupes de récolte, puis les vaches pâturent les repousses. Si l’herbe manque, un complément d’enrubannage est distribué au râtelier.

En septembre, le troupeau revient sur le site principal.

Les vergers pâturés

Une caractéristique forte de la ferme est l’association entre élevage et vergers. Les vergers hautes tiges comme basses tiges sont pâturés.

Vergers hautes tiges

L’exploitation compte environ 5 hectares de vergers hautes tiges. L’éleveur essaie d’y faire passer les vaches avant la récolte des pommes si possible, sinon après. Si ce n’est pas possible avec les vaches, d’autres animaux sont mobilisés pour valoriser l’herbe avant l’hiver.

Vergers basses tiges

Les vergers basses tiges représentent un peu moins de 4 hectares. Ils sont pâturés par les veaux de l’année au printemps, vers la fin mars ou le début avril.

Comme l’herbe y est insuffisante pour toute la saison, les animaux passent ensuite sur d’autres parcelles fauchées une ou deux fois. Ils tournent alors sur des paddocks avec des séjours d’environ cinq jours et des retours tous les trois semaines environ.

Les génisses et les autres catégories d’animaux

Les génisses sont nourries principalement au foin en hiver. Au printemps, elles sont mises à l’herbe tout en gardant un peu de foin à disposition. À partir du mois de mai, elles sont généralement à l’herbe uniquement.

À l’automne, selon la quantité d’herbe disponible, du foin peut être remis au râtelier. Les génisses pleines rentrent en bâtiment courant novembre, puis le reste des animaux un peu plus tard, selon les conditions climatiques.

Les jeunes animaux disposent toute l’année de foin à volonté et d’un complément de céréales à l’auge.

Les bœufs et la production de viande

L’exploitation a toujours produit de la viande en complément du lait. Autrefois, il s’agissait de taurillons à l’herbe, produits pendant près de 30 ans. L’éleveur considère que cette conduite est logique, puisque les bovins sont des herbivores.

Aujourd’hui, les taurillons ont été remplacés par des bœufs, plus faciles à gérer au pâturage et avec les clôtures électriques, en particulier en bio. Il estime aussi que le débouché des taurillons est moins important en agriculture biologique.

Les animaux sont des bœufs normands nés sur la ferme. Leur alimentation repose au maximum sur l’herbe. Ils peuvent rester longtemps dehors, y compris en hiver dans certaines conditions, mais l’éleveur souligne que sur ses sols hydromorphes, laisser des animaux dehors en période humide abîme beaucoup les prairies et pénalise la pousse de l’herbe au printemps.

L’élevage des veaux

Les petits veaux sont d’abord élevés en cases individuelles sur caillebotis pendant huit jours, au lait entier.

À partir du huitième jour, ils passent en cases collectives. Ils sont alors nourris au lait entier distribué via des tétines, à raison d’environ six litres par jour en deux repas. Ils reçoivent également :

  • un complément de mélange céréalier à l’auge ;
  • du foin à volonté.

Le sevrage intervient au minimum à trois mois, entre trois et quatre mois selon les lots. Il n’y a pas de séparation entre mâles et femelles au stade petit veau ; la séparation intervient plus tard, au moment de la mise au pâturage.

L’éleveur insiste sur la relation aux animaux et sur le temps consacré à leur manipulation dès le plus jeune âge, afin de garder un troupeau facile à conduire.

Gestion des bâtiments et des litières

Dans la nurserie, les animaux sont paillés environ une fois par semaine. Pendant le curage, ils sont attachés le temps de l’intervention puis relâchés. Sinon, ils restent libres.

Un essai important a été engagé avec l’utilisation de bois déchiqueté comme litière. Dans un bâtiment, environ 70 cm de copeaux ont été mis en place à l’automne. Les animaux ont passé l’hiver sur cette litière, entretenue quotidiennement avec un passage d’outil pour homogénéiser et favoriser le séchage.

L’éleveur juge l’essai concluant :

  • les animaux restent propres ;
  • le coût est nettement inférieur à celui de la paille ;
  • cela évite d’importer de la matière organique depuis les plaines céréalières.

Il estime en effet qu’exporter la paille des zones de grande culture vers les régions d’élevage appauvrit les sols des plaines en matière organique, ce qui lui semble problématique à long terme.

L’année précédente, environ 800 m³ de copeaux ont été produits sur la ferme pour un coût d’environ 6 000 euros, contre une facture de 11 000 à 12 000 euros avec la paille, pour une consommation d’environ 140 tonnes.

Le bois est produit sur l’exploitation. Le chantier consiste à abattre les arbres, puis à faire intervenir une déchiqueteuse. La ferme dispose d’environ 12 km de haies et de bois, avec un projet de plantations supplémentaires, notamment en aulnes, peupliers et saules dans les zones humides.

Fertilité des sols et fertilisation

Depuis le passage en bio, aucun engrais de synthèse n’est utilisé. Quelques apports de phosphore et de potasse ont été réalisés ponctuellement, surtout dans les vergers.

La fertilisation repose principalement sur les produits organiques de la ferme :

  • fumier ;
  • compost ;
  • eaux de lavage de la salle de traite ;
  • un peu de lisier très peu riche.

Les apports de fumier se situent autour de 6 à 7 tonnes par hectare. Les effluents liquides sont épandus principalement sur les prairies de fauche, à la sortie de l’hiver puis à l’automne.

L’éleveur privilégie des apports automnaux de matière organique pour laisser le temps à la matière de se dégrader pendant l’hiver, grâce à l’activité biologique des premiers centimètres du sol, avant la reprise de végétation et les récoltes de printemps.

Récolte des fourrages

La première coupe a lieu selon les années entre le 15 mai et le 10 juin environ. L’exploitation récolte environ 70 hectares en première coupe, en foin et en enrubannage.

L’éleveur explique qu’il est rare de ne pas réussir à faire de foin en mai, même si cela demande de saisir très vite les fenêtres météo favorables.

Il réalise lui-même une grande partie des travaux. L’enrubannage est fait par entreprise, mais la fauche, une partie de la récolte, les épandages et la gestion des paddocks sont assurés sur la ferme.

Il ne fait pas d’apports entre chaque coupe et cherche à alterner au maximum fauche et pâture selon les parcelles. En moyenne, il réalise deux coupes puis deux à trois pâtures derrière, selon les années et les parcelles.

Autour du siège de l’exploitation, il s’agit surtout de pâturage, avec un peu de fauche au printemps ou en été si la pousse d’herbe devient trop abondante.

L’éleveur cherche à avoir en permanence un stock de sécurité, avec une rotation des fourrages d’une année sur l’autre, en consommant d’abord les plus anciens.

Débouchés et commercialisation

Le lait

Le lait est collecté par Biolait, coopérative spécialisée dans la collecte et la commercialisation du lait biologique. Cette structure ne transforme pas elle-même le lait mais le revend à des transformateurs.

La collecte a lieu tous les trois jours. Le lait n’est donc pas destiné à des produits au lait cru si le délai dépasse 48 heures, conformément à la réglementation ; il est alors orienté vers des fabrications en lait pasteurisé.

Depuis l’automne 2021, une partie du lait est aussi valorisée dans une petite fromagerie située à Camembert.

L’éleveur évoque également les attentes croissantes autour de certaines caractéristiques du lait, notamment la caséine A2A2. Il explique s’orienter génétiquement dans cette direction, en sélectionnant ses animaux pour produire un lait considéré comme plus naturel sur ce critère.

La viande

Les bovins viande partent dans la filière bio, via des contrats avec Unébio. Ce fonctionnement permet de planifier les sorties, d’améliorer la gestion des volumes et de bénéficier d’une prime de planification.

Les fruits

Les pommes connaissent un phénomène d’alternance : une année avec beaucoup de fruits, suivie d’une année plus faible.

Les pommes sont valorisées via Agrial. Elles sont destinées à la transformation, notamment pour du concentré exporté ensuite pour fabrication de vinaigre.

Les poires sont vendues à un producteur local de la commune voisine pour la fabrication de poiré. L’éleveur suit la maturité des poires, leur teneur en sucre et leur acidité avant de décider de la récolte.

Lors des bonnes années, les fruits représentent un complément économique significatif. L’exemple donné dans la vidéo évoque environ 150 tonnes de pommes livrées sur une campagne, soit près de 30 000 euros de chiffre d’affaires.

Résultats économiques

L’éleveur insiste à plusieurs reprises sur la recherche de rentabilité plutôt que sur la recherche de volume ou d’image. Selon lui, l’important n’est pas la performance technique seule, mais ce qu’il reste réellement sur l’exploitation.

Le système atteint fréquemment un niveau de l’ordre de 50 % d’excédent brut sur produit. Il précise que ce ratio peut varier selon les années, notamment en fonction de la production fruitière et du prix du lait bio, qui a baissé ces dernières années.

La ferme produit autour de 300 000 à 325 000 litres de lait par an, Biolait ne demandant pas d’augmentation de volume au-delà, faute de débouchés suffisants.

L’éleveur explique que le système permet, une fois les investissements maîtrisés, de dégager un revenu disponible jugé satisfaisant. Il défend une logique de charges faibles, de matériel adapté et durable, et de forte autonomie.

Vision de l’autonomie et de l’agroécologie

L’éleveur est convaincu que les légumineuses ont un rôle central dans l’avenir des systèmes d’élevage. Il cite en particulier le trèfle violet et le trèfle blanc géant, qu’il juge plus faciles à gérer que la luzerne dans son contexte.

Produire ses protéines sur l’exploitation présente selon lui de nombreux avantages :

  • autonomie alimentaire ;
  • réduction des achats extérieurs ;
  • intérêt économique ;
  • intérêt écologique.

Il rappelle aussi la dépendance de l’agriculture au pétrole et l’intérêt des systèmes herbagers, moins consommateurs d’énergie et de mécanisation lourde que des systèmes plus intensifs basés sur des cultures comme le maïs.

De façon générale, il cherche à :

  • acheter le moins possible à l’extérieur ;
  • limiter les charges de mécanisation ;
  • conserver du matériel simple et adapté ;
  • éviter les trajets inutiles ;
  • réparer autant que possible lui-même.

Charge de travail et difficultés

L’exploitation est gérée avec peu de main-d’œuvre, sur une surface importante et dispersée. Cela génère une charge de travail élevée.

L’éleveur réalise lui-même la plupart des travaux :

  • traite matin et soir ;
  • fauche et récolte ;
  • épandages ;
  • clôtures ;
  • gestion des paddocks ;
  • entretien courant.

Il estime passer entre 4 et 5 heures par jour dans la salle de traite selon les périodes.

Les pointes de travail sont particulièrement fortes à l’automne, avec la combinaison de plusieurs chantiers :

  • pâturage ;
  • récolte des fruits ;
  • épandage des matières organiques ;
  • gestion des animaux.

Le morcellement du parcellaire, la pente, les zones humides et l’éloignement des sites compliquent encore le travail. Le déplacement de certains animaux se fait à pied, ce qui nécessite souvent d’être au moins deux.

L’éleveur souligne combien l’aide de son père reste précieuse, notamment pour les manipulations, les changements de parcelles ou les chargements. Il indique aussi qu’il rencontre des difficultés à recruter durablement.

Gestion du pâturage et pistes d’amélioration

L’une des principales marges de progrès identifiées concerne la gestion encore plus fine du pâturage. L’éleveur explique avoir commencé à travailler davantage sur le pâturage tournant, en essayant de ne pas faire pâturer trop ras.

Il reconnaît aussi des erreurs, notamment à l’automne, quand certaines parcelles ont été trop peu consommées, conduisant à un excès de stock sur pied que les animaux n’ont pas voulu finir et qu’il a fallu broyer.

Les difficultés tiennent notamment :

  • à la topographie des parcelles ;
  • aux zones humides ;
  • aux écarts de productivité entre parcelles ;
  • à la difficulté de concilier fauche et pâture ;
  • au manque de main-d’œuvre.

Le pâturage tournant dynamique demande en effet beaucoup de surveillance, de déplacements et de changements de clôtures. Dans son contexte, il doit composer avec ces contraintes pour trouver le bon équilibre.

Formation et apprentissage

L’éleveur s’est installé sans diplôme agricole, par choix. En revanche, il a suivi de nombreuses journées de formation et d’échanges, aussi bien avec des agriculteurs conventionnels qu’avec des bio, ainsi qu’avec des ingénieurs agronomes et des vétérinaires.

Aujourd’hui, le manque de temps limite sa participation à ces formations. Il estime néanmoins qu’il aurait encore besoin de progresser sur :

  • la comptabilité ;
  • la gestion administrative ;
  • la gestion de la relation employeur-salarié ou employeur-apprenti.

Il explique avoir beaucoup appris par l’expérience, avec des essais, des réussites et des échecs, en veillant toujours à garder une marge de sécurité pour ne pas mettre l’exploitation en danger.

Message final

En conclusion, l’éleveur défend une agriculture paysanne, autonome et économe. Il insiste sur le fait qu’il ne cherche pas à « faire du chiffre » pour la banque, les vendeurs de matériel ou les fournisseurs, mais à dégager un revenu correct pour bien vivre.

Il rappelle que l’agriculture est un métier d’avenir, indispensable, parce que l’alimentation est un besoin fondamental. Il invite les personnes intéressées, y compris hors cadre familial, à ne pas hésiter à s’installer, tout en restant lucides sur les contraintes :

  • beaucoup de travail ;
  • astreinte importante ;
  • besoin d’autonomie ;
  • nécessité de raisonner ses investissements.

Il appelle aussi à favoriser la reprise des fermes plutôt que leur agrandissement systématique, en soulignant que beaucoup d’exploitations vont changer de main dans les années à venir. Pour lui, il y a encore de belles perspectives pour des systèmes herbagers cohérents, rentables et vivables.