Gestion de Bremia et de la pourriture du collet sur laitues à l'aide de micro-organismes

De Triple Performance
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Ce retour d’expérience s’inscrit dans le plan Ecophyto et du réseau de ferme DEPHY. Lydia et Joël VARGAS, maraîchers en Agriculture Biologique à Tarascon (13), nous partagent leur technique de lutte contre Bremia, complexe de maladie du collet sur laitue, à l'aide de produits de biocontrôle (voir le témoignage original ici).


Contexte de la mise en œuvre

L'exploitation de Lydia et Joël VARGAS s'inscrit dans le réseau de ferme DEPHY qui vise à promouvoir l'utilisation de produits de biocontrôle. Cette mise en œuvre est la continuité de plusieurs années de lutte contre Bremia et la pourriture du collet sur laitue avec des produits de biocontrôle à base de micro-organismes.[1]


Nous avons 1,4 ha de tunnels plastiques conduits en agriculture biologique et biodynamique. Nous produisons des melons, tomates, poivrons au printemps/été et des radis et laitues à l’automne/hiver sur deux rotations. Nous sommes engagés dans le réseau Ferme DEPHY depuis 2011.


Gestion globale

Les risques de pourriture et Bremia sont importants en AB. Il faut être très vigilant à la gestion de l’aération des abris et à l’irrigation des parcelles. Aussi, il est important d’augmenter la vie du sol. Depuis notre conversion en 2007, chaque année nous avons mis en mélange du compost de déchets verts et du compost de fumier en proportion égale . Depuis le sol est plus facile à travailler. La difficulté c’est de stimuler la plante au juste besoin pour ne pas la déstabiliser et pour qu’elle fasse son cycle, le tout en lien avec les conditions climatiques.


Stratégie pourritures du collet

Trichoderma

Auparavant, nous avions très peu de produits de biocontrôle. A la plantation, nous passions du Trianum-P (Trichoderma harzianum), puis en 2013 nous avons basculé sur du Prestop (Gliocladium catenulatum). En même temps, nous utilisions du Contans (Coniothyrium minitans) contre Sclérotinia. Les résultats sur pourritures variaient fortement selon les années.


Maintenant, cela fait deux ans que nous utilisons uniquement le Tri-soil (T. atroviride) en traitement de sol à la plantation. Puis, avant pommaison nous couvrons avec Amylo-X (B. amyloliquefaciens) en foliaire. Le produit entre dans le cœur et au collet des salades. Elles semblent tenir et depuis nous sommes moins embêtés avec les pourritures. D’habitude, nous ramassons à 300 g, ce qui nous aide, mais en février 2020 nous avons dû ramasser à 400-500 g et les salades ont tenu.


Stratégie Bremia

La résistance variétale nous semble obligatoire. Cela fait peu de temps que des produits de biocontrôle sont disponibles contre Bremia. Nous appliquons une alternance de Iodus (laminarine) et de Roméo (Cerevisane) à une semaine d’intervalle. Iodus peut brûler selon les conditions. Cela semble calmer le Bremia, mais il ne faut pas arrêter la cadence ! Il suffit de quelques petites tâches pour être refusé à l’agréage, donc nous jetons encore quelques salades…


Important

Pour les produits à base de champignons, il faut faire attention aux conditions de stockage chez le distributeur et sur l’exploitation. Et aussi connaître les dates limites d’utilisation. Elles sont très courtes, en général. Nous utilisons volontiers ces produits pour nos salades, plutôt que des poudrages qui brûlent les plantes le plus souvent.


Point de vue du conseiller

Actuellement, le Tri-soil donne satisfaction en préventif contre les pourritures. Et depuis 3 ans, les analyses montrent sa présence au collet des salades récoltées. Ainsi, en conventionnel, nous avons remplacé le Signum (boscalide, pyraclostrobine) de la plantation par Tri-soil. De même, avec l’Amylo-X, nous protégeons les salades sur les 30 derniers jours de cycle efficacement. La stratégie de protection que nous proposons actuellement ne contient plus qu’un anti-pourriture de synthèse pour des récoltes courant décembre.


La gestion du Bremia reste toutefois délicate malgré la résistance génétique des variétés. J’ai pu observer, il y a deux ans, un effet secondaire du produit de biocontrôle Amylo-X sur des tâches de Bremia. Il semble intéressant de pouvoir poursuivre les observations dans cette voie. En outre, le produit Taegro (B. amyloliquefaciens) possède l’autorisation pour cet usage et est depuis peu disponible à la vente.


Dans tous les cas, la gestion de la fertilité organique du sol, de l’aération, des irrigations et la gestion culturale restent les premiers leviers pour la protection des salades sous abris. Grâce à cela et aux produits de biocontrôle, nous avons pu réduire à ce jour de 30 à 70% les interventions sur sites conventionnels dans le réseau, tout en maintenant le rendement.


Bioagresseurs évoqués dans ce retour d'expérience

Auxiliaires évoqués

Cultures évoquées


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