Agroforesterie fourragère

De Triple Performance
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Les fourrages issus de l'agroforesterie peuvent alimenter les troupeaux


L'utilisation des arbres comme fourrage est une pratique qui daterait du Néolithique et qui était couramment utilisée jusqu'au XXème siècle[1]. Avec le changement climatique, les éleveurs sont de plus en plus confrontés à un manque de fourrage, surtout en fin d'été. Les fourrages d'arbres, fournissant une alimentation de qualité, peu coûteuse et stockable, pourraient être une solution pour créer des élevages plus durables et plus résilients.


Autonomie en fourrage

La constitution des stocks de fourrage est un enjeu de plus en plus préoccupant dans les élevages. Avec des épisodes de sécheresses de plus en plus nombreux et de plus en plus longs, les prairies ne produisent plus suffisamment pour alimenter les animaux toute l'année.


Quelles essences pour un fourrage de qualité ?

Utiliser les haies et les arbres de l'exploitation permettrait de s'affranchir de ces problèmes. Les trognes sont aussi une bonne source de fourrage lors de leur taille. Toutes les essences ne sont pas intéressantes au niveau nutritif, mais il vaut mieux d'abord utiliser les essences spontanées qui poussent sur l'exploitation et venir compléter ensuite.

Source : ARBELE, l’ARBre dans les exploitations d’ELEvage herbivore : des fonctions et usages multiples, en collaboration avec l’INRA de Lusignan


Les essences les plus intéressantes[2] (les plus digestibles et les plus riches en matières azotées) sont le Mûrier blanc , le Frêne et le Châtaignier. Ces essences ont un profil énergétique proche de ceux d'autres fourrages communs comme le Ray-Grass anglais.

Certains arbres peuvent être entièrement consommés, comme le faux platane, que les bovins apprécient particulièrement.

Les petits ruminants préfèrent notamment le bouleau et l'érable champêtre.


Utiliser le fourrage ligneux

Pâturage direct ou distribution

Les bêtes peuvent pâturer directement sur des parcelles agroforestières, ou se nourrir après la coupe des arbres.[3]

Pour le pâturage direct, il est nécessaire que les essences soient à la hauteur des bêtes qui pâturent. Cette méthode ne nécessite pas d'intervention mécanique, mais il reste nécessaire d'éliminer certaines espèces comme les ronciers. Attention à ne pas faire pâturer les animaux sur des arbres de moins de 4 à 5 ans sous peine de leur causer trop de dégâts et de les voir mourir. Il vaut également mieux protéger les pieds des arbres et les bourgeons pendant les premières années.


Pour la distribution, 2 solutions peuvent être envisagées :

  • Couper les rameaux puis les laisser au sol pour que les bêtes puissent pâturer.
  • Couper les rameaux puis les mettre en râteliers, notamment pour des espèces plus fragiles qui pourraient se faire piétiner et ainsi perdre en qualité nutritive.


Gestion des arbres

Le pâturage des ligneux peut s'effectuer en été (entre juillet et octobre), lorsque les prairies subissent le plus de pression climatique. Cette période est également celle où il y a le moins de risques pathologiques au niveau des arbres.

La coupe dépend également du type d'essences présentes.


Intérêts et bénéfices

Economie de fourrage

En utilisant du fourrage ligneux, les agriculteurs peuvent économiser sur l'achat de fourrage et acquièrent une autonomie qu'ils ne possédaient pas auparavant.


Entretien des haies et des arbres

Le pâturage par les animaux permet de diminuer le temps et donc le coup d'entretien des haies et des arbres. De plus, la présence de ces arbres apporte de nombreux avantages :

  • Ecosystémiques : ce sont des réservoirs de biodiversité.
  • Energétiques : les haies peuvent être utilisées pour la production de bois-énergie.
  • Litière pour les animaux : les essences qui ne présentent pas un profil énergétique intéressant peuvent être utilisées comme litière.


Gain pour les animaux

  • Gain nutritionnel : certains arbres et arbustes, comme le sureau noir, sont plus intéressants que le dactyle ou la luzerne.
  • Gain sanitaire : les tanins présents dans les arbres sont également antiparasitaires et sont bénéfiques pour l'aspect sanitaire de l'élevage.
  • Bien être [4]: les arbres constituent des zones d'ombre où les animaux peuvent s'abriter.


Sources

Annexes


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