Sols, végétation et herbivores : le trio de tête pour réguler les cycles de l’eau et inverser le réchauffement climatique

De Triple Performance
Agroforesterie (maïs et châtaignier)

La végétation est un excellent régulateur de température et d’humidité. Tout le monde sait qu’en été il fait nettement plus chaud sur le macadam des villes que dans une campagne arborée ou dans la forêt. Sous un soleil de plomb, un sol nu se dessèche à la vitesse grand V et la température sur les premiers deux ou trois centimètres peut facilement dépasser les 40, 50 ou 60 °C. Or, ce sont des conditions de désertification qui sont fatales pour la majeure partie du cheptel microbien, le moteur et la base même de l’agriculture et notamment des systèmes agro-écologiques. Grâce à l’effet de l'ombre et de l’évapotranspiration des plantes, l’humidité est bien plus élevée et le mercure dépasse rarement les 30°C dans la journée sous une couverture végétale.

Micro-climat-foret-feuillus-min.jpg

En dehors de l’effet strictement température et humidité, la végétation et notamment les arbres, ont aussi un effet régulateur sur la vie et la fertilité biologique du sol, les cycles de l’eau, la biodiversité et le microclimat local. Les projets d’agro-foresterie, de reforestation et de pâturage régénératif montrent de manière impressionnante les résultats qu’on peut obtenir en très peu de temps et avec peu de moyens. Ils montrent également que le travail en harmonie avec la Nature n’a pas seulement un intérêt écologique, mais aussi un intérêt économique et social.


Le photographe Sebastião Salgado et sa compagne Lélia ont entrepris la reconstruction d’une forêt brésilienne de 710 hectares en plantant 2 millions d’arbres. Ce projet a pris 20 ans et a vu le retour progressif de la flore et de la faune sauvage. En Afrique du Sud, la gestion holistique à gauche a ramené de la biodiversité en régénérant le sol et en reverdissant le paysage.
En 40 ans Jadav Payeng, alias ”Forest Man of India” a transformé, à lui seul, 550 hectares de désert en une forêt.


Tous ces résultats sont basés sur la restauration des cycles de l’eau et des échanges thermiques via la restauration des sols et de la végétation. Ils s’appuient sur un trésor de données, de connaissances et d’expériences pratiques qui nous apprennent aussi que la dégradation des sols et de l’environnement par l’homme n’est pas un phénomène récent, mais a accompagné l’humanité depuis des millénaires.


Les causes de la dégradation des sols

On sait aujourd’hui que cette dégradation est liée en grande partie à l’agriculture et à la surexploitation des ressources naturelles qui, en dégradant les sols et la végétation, ont perturbé les cycles de l’eau et le climat.

Bien que l’on connaisse les raisons de la désertification au Moyen Orient, autour de la Méditerranée, en Afrique, le continent américain, etc., on continue à faire les mêmes erreurs que nos ancêtres, mais, à l’aide de ressources d’énergie gigantesques et d'un arsenal de machines sophistiquées, à un rythme fortement accéléré.


Selon Allan Savory, l’un des pionniers de la régénération de régions arides en voie de désertification, l’agriculture, l’une, si ce n’est pas LA cause majeure de la dégradation des sols, des dégâts environnementaux, de la déforestation et du dérèglement climatique, se trouve aussi au centre des solutions qui passent obligatoirement par la restauration et le verdissement de nos sols. Pour lui, une agriculture en harmonie avec la Nature, est la seule option qu’on a pour inverser efficacement et rapidement les tendances actuelles du réchauffement climatique. C’est aussi une condition sine qua non pour lutter contre la pauvreté, l’instabilité sociale et politique dans une grande partie du globe.

Ce n'est pas la sécheresse qui cause des sols nus, c'est les sols nus qui causent la sécheresse. Allan Savory



Quelles solutions pour restaurer les sols et les cycles de l'eau ?

Désertification des sols agricoles

Les solutions pour restaurer les sols et les cycles de l’eau demandent peu d’infra-structures, d’énergie et d’argent.

Employant ni engrais de synthèse, ni pesticides, ni les techniques controversées du géo-ingénierie, elles ne polluent pas et, combinées avec l’élevage et la production de légumes et de céréales, produisent d’importantes retombées économiques, écologiques et sociales au bout de quelques années. Source de fertilité et de sécurité alimentaire, ces voies terre à terre permettraient notamment le démarrage immédiat de milliers d’initiatives décentralisés et autonomes à travers le globe, sans avoir besoin de capitaux énormes ou d’une organisation complexe.


Produisant des résultats rapides et facilement mesurables, ces initiatives à taille humaine se trouvent aux antipodes des solutions hautement techniques et couteuses inspirées par les nombreuses hypothèses et modélisations qui ont pignon sur rue, mais qui sont loin de faire l’unanimité (énergie nucléaire, méga-projets de géo-ingénierie aux issus incertains, etc).


La réussite des projets fondés sur le verdissement et la restauration des cycles de l'eau, valide l'efficacité du modèle climatologique centré sur la biodiversité, des sols vivants, la végétation et l’élevage. Confirmant le rôle central de l’agriculture dans ce processus, ces résultats donnent naissance aux espoirs les plus optimistes quant à l’inversement du réchauffement climatique par la mise en œuvre de ce type d’initiatives à grande échelle, y compris le verdissement progressif des déserts. Avec un rapport coût-résultats extrêmement favorable, ces projets seront d’autant plus efficaces que l’on diminue en même temps les émissions des GES, la bétonisation, la déforestation et la dégradation des terres agricoles par le sur-pâturage, les labours profonds, les engrais de synthèse et les pesticides.

Boucle de rétroaction vertueuse

L’augmentation de la pluie, de la vie souterraine et de la végétation engendrent une spirale vertueuse qui, à moyen et à long terme, réduiront le CO2 dans l’atmosphère par l’accumulation de carbone dans le sol et dans la végétation sous forme de composés organiques.

Via sa capacité de séquestration de carbone à grande échelle ainsi que le stockage et le recyclage de l’eau et des nutriments, l’agriculture, l’activité économique et social de loin la plus importante de la planète, est au centre de cette boucle vertueuse. Grâce à une empreinte énergétique plus faible et l’absence d'intrants agro-chimiques, cette boucle agro-chimique, cette boucle vertueuse a un effet salutaire à son tour sur les cultures et leur résilience face aux bio-agresseurs et aléas climatiques.

De plus, elle est de la première importance quant à la sécurité alimentaire, la création d’emploi, le développement économique et social des régions rurales en perdition. Or, ce sont des éléments essentiels pour la paix social et pour freiner la migration vers les grandes métropoles et les pays industrialisés (voir l’exemple pionnier de White Oak Pastures ci-dessouss ainsi que d’autres initiatives de Savory Global dans les régions pauvres et arides du Sud ).



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Par la destruction des forêts tropicales et d’immenses étendues de prairies naturelles par l’agriculture, notamment une mauvaise gestion du pâturage (sur-pâturage), l’homme a envoyé des quantités gigantesques de CO2 dans l’atmosphère. En perturbant les cycles de l’eau et le climat, ce processus est l’une des causes majeures de l’avancement des régions arides et des déserts. Le travail du Dr Jerry Glover sur les plantes pérennes montre l’importance du trésor que l’homme a détruit et dont les restes, sous forme de CO2, se trouvent désormais dans l’atmosphère ou, comme acidifiant, dans nos océans !


Le temps presse

En mettant en place rapidement des milliers, voire des dizaines de milliers, de projets de verdissement par la restauration des sols agricoles, les reboisements et le pâturage régénératif, les premiers RÉSULTATS CONCRETS peuvent être au rendez-vous d'ici 5 à 10 ans, notamment si l’on donne la priorité aux régions en voie de désertification.


L'agriculture régénérative propose des SOLUTIONS CONCRETES et performantes pour remettre de la vie, de l’humus et de la fertilité biologique dans nos sols. En réduisant, voire éliminant, les intrants agro-chimiques, cette voie permet d’aller vers des systèmes productifs et durables sans se noyer pour autant dans une jungle d’adventices ou subir des rendements de misère.


Annexes

La technique est complémentaire des techniques suivantes





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