Semis direct en Lituanie avec Pierre Costa
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Martin Rollet, agronome au Centre National d’Agroécologie (CNA, https://centre-national-agroecologie.fr/ ), est allé à la rencontre de plusieurs agriculteurs engagés dans l’agriculture de conservation des sols en Lituanie. L’un d’entre eux, Pierre Costa, nous présente ici son système.
Cette vidéo a été créée dans le cadre du projet CONSERWA, avec le financement de l’Union Européenne / Video created as part of the CONSERWA research project, funded by the EU: https://conserwa.eu/
Chapitrage :
00:00 Intro
01:33 Présentation générale
06:12 Rotation
06:44 Colza
12:58 Blé d’hiver
16:41 Parcelle de blé
22:00 Trieur et séchoir
26:18 Couverts végétaux et implantation à la volée
40:47 Couvert à la volée semé au drone
43:12 Cultures de printemps
44:37 Culture de trèfle incarnat semence
46:49 Le système agricole en Lituanie
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Semis direct en Lituanie avec Pierre Costa
Dans cette vidéo, nous partons à la découverte du système de culture en semis direct mis en place par Pierre Costa en Lituanie. Expatrié français installé depuis 24 ans, Pierre cultive 500 hectares dans le nord-ouest du pays, à environ 70 km de la mer Baltique, une région marquée par un [[climat océanique]] froid.
Un parcours vers l’agriculture de conservation
Arrivé en Lituanie en 2000, Pierre s’est installé sur des terres abandonnées issues de la restructuration d’anciens kolkhozes. Initialement en système labour, il a rapidement abandonné cette pratique dès la deuxième année en raison de la présence massive de gros cailloux granitiques. En 2013, après une période en travail simplifié à disques, il a franchi le pas vers le semis direct. Son système a évolué vers une rotation allongée sur 8 ans, alternant cinq céréales et trois légumineuses (lupin, vesce, féverole, pois), dans le but de minimiser les intrants et de maximiser l’autonomie.
La philosophie de production : minimiser les frais
Pierre Costa applique une stratégie axée sur la réduction des charges de mécanisation et de fertilisation. Son credo : “mettre peu et récolter suffisamment”. Plutôt que de chercher des rendements records qui nécessiteraient des investissements lourds, il privilégie la maîtrise des coûts. - Fertilisation : Il privilégie l’apport localisé de phosphore au semis (ex: super 18 ou 18-46) et fractionne ses apports d’azote (monitrate 27) en deux temps, en sortie d’hiver et au printemps, pour viser des rendements de 50 à 60 quintaux. - Désherbage : Il pratique un léger désherbage à l’automne pour limiter la pression des dicotylédones et éviter les pics de charge de travail au printemps.
La gestion du semis de colza et des couverts
Le semis du colza d’hiver en août, en pleine période de récolte, représente un défi logistique. Pierre privilégie désormais le semis direct pour gagner du temps. Confronté à des difficultés récurrentes sur le colza d’hiver (froid, dégâts de gibier), il s’oriente davantage vers le colza de printemps.
Pour les couverts, il a innové en installant un système de semis à la volée directement sur sa moissonneuse-batteuse. Ce dispositif lui permet de semer les couverts pendant la récolte, sans perdre de temps, même si la levée n’est pas toujours optimale. Il utilise un mélange simple (radis, moutarde, légumineuses) dont il produit lui-même les semences, limitant ainsi les coûts à environ 40-50 €/ha.
Gestion du grain et investissements techniques
La logistique post-récolte est cruciale. Pierre a investi dans un trieur ukrainien (modèle BMX) qu’il juge très efficace et économique, permettant un pré-nettoyage des grains humides avant séchage. Cette étape lui permet de gagner en autonomie face aux contraintes du port pour l’exportation.
Contexte agricole en Lituanie
L’agriculture lituanienne a fortement évolué. Bien que le pays ne soit pas le “Far West” et soit soumis à des réglementations strictes (traçabilité des phytos, déclaration des engrais), le modèle reste dominé par de grandes structures. Pierre souligne que l’installation en tant qu’étranger a nécessité des montages juridiques spécifiques, mais que la structuration foncière actuelle offre des opportunités aux agriculteurs prêts à prendre des risques sur des terres à fort potentiel de progression.
Conclusion
Le système de Pierre Costa illustre qu’il est possible de réussir en semis direct même dans des zones aux conditions climatiques difficiles. Par l’observation et l’adaptation constante — comme la réintroduction ponctuelle d’un léger travail du sol pour homogénéiser la surface ou faciliter l’implantation des légumineuses — il parvient à maintenir une ferme viable à dimension familiale dans un paysage agricole en pleine mutation.