Prévenir et soigner les boiteries en élevage bovin

De Triple Performance
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A gauche une vache saine, à droite une vache boiteuse (Crédit photo: Eilyps)

Depuis ces 10 dernières années, les boiteries représentent la deuxième pathologie en élevage laitier. C’est un trouble de l’appareil locomoteur, un réflexe de la part de l’animal qui tente de soulager la douleur. Cela peut engendrer une diminution de la production, de la fécondité, et une augmentation des mammites et des métrites. A terme, cela entraîne des pertes économiques par la diminution de la production et l’augmentation des charges.

Les boiteries sévères (durée d’expression clinique au-delà d'un mois) ont 35% de risque d’envoyer l’animal en réforme et 10% de risque de le faire euthanasier. Une vache boiteuse coûte ainsi en moyenne 250 euros à l'éleveur. C’est pourquoi il est indispensable de reconnaître et de soigner les boiteries au plus vite.


Origines des boiteries

Les facteurs pouvant entrainer une boiterie sont multiples. 90% des boiteries sont d’origine podale, et sont associées à 5 maladies principales.


Maladies multifactorielles

La fourbure

Fourbure (Crédit photo: Eilyps)

La fourbure ou pododermatite aseptique diffuse, n'est pas infectieuse. C'est une boiterie métabolique, elle est due à une ration alimentaire mal équilibrée qui entraine acidose et acétonémie. On peut observer une hémorragie et/ou un ulcère et/ou une déformation de la sole.


Le fourchet

Fourchet (Crédit photo: Eilyps)

Le fourchet ou dermatite interdigitée, est infectieuse et contagieuse. Elle est due à l'action conjuguée de bactéries (notamment Dichelobacter nodosus et Fuso bacterium necrophorum). Elle est souvent à l'origine d'une érosion et des crevasses au niveau du talon. L'inflammation est superficielle, sans perte d'intégrité de la peau.


La maladie de Mortellaro

Maladie de Mortellaro (Crédit photo: Eilyps)

La maladie de Mortellaro ou dermatite digitée, est la maladie la plus fréquente à l'origine des boiteries. Elle est contagieuse et est due à une bactérie spirochète du genre Treponoma qui ne développe la maladie que sur une peau fragilisée par l'humidité ou les traumatismes. Typiquement, elle crée une ulcération superficielle, finement granuleuse, de couleur rouge vif, bordée d'un liseré blanc et de poils hirsutes et avec une odeur caractéristique. Cette ulcération se situe en couronne à l'avant ou à l'arrière du pied, entre les onglons ou sur les limaces. Elle peut s'enkyster et ainsi maintenir la maladie dans le troupeau malgré les traitements.


La fourbure, le fourchet et la maladie de Motallero sont des maladies multifactorielles. Cela signifie que les causes de ces boiteries peuvent être très diverses. Il faut chercher ces causes dans :

  • L’alimentation (qualité, quantité et équilibre) qui joue un rôle essentiel dans la qualité des onglons, notamment de la corne, et dans l’apparition des boiteries par le biais, entre autres, de troubles métaboliques (déficit énergétique, acidose).
  • L’habitat joue un rôle tout aussi essentiel dans l’apparition des boiteries : d’une part par la qualité des sols, de la litière, des zones de déplacement (causes mécaniques et/ou traumatiques) et d’autre part par l’hygiène générale (causes infectieuses).
  • La conduite sanitaire (conduite et qualité des traitements curatifs et préventifs individuels et collectifs) atténue ou aggrave les problèmes. En particulier des parages inadéquats peuvent provoquer ou aggraver des boiteries.
  • La génétique impacte également la santé des pieds. Il existe en effet un déterminisme génétique à la sensibilité aux affections du pied.


Maladies traumatiques

Le panaris

Panaris (Crédit photo: Eilyps)

Le panaris ou phlegmon interdigité, est une maladie infectieuse. Elle est due à l'entrée de germes microbiens dans une plaie interdigitale. L'apparition est donc soudaine et entraine une boiterie sévère et douloureuse. Cela créé une inflammation chaude, rouge et douloureuse au niveau de la couronne et du pâturon. Elle dégage aussi une odeur nauséabonde. C'est la seule maladie podale qui nécessite une injection d'antibiotiques.


L'abcès de la sole

Abcès de la sole (Crédit photo: Eilyps)

L'abcès de la sole ou podermatite traumatique septique, est une maladie infectieuse qui résulte de la pénétration d'un objet pointu (caillou, clou...) au niveau de la sole. Cela entraine la création d'une cavité entre le pododerme et la sole, remplie d'un pus gris-rosé liquide, plus ou moins sous pression. La boiterie engendrée est très douloureuse et soudaine.


Caractéristiques des maladies à l'origine de boiteries sur une échelle de 0 à 3[1]
Fourchet Mortallero Panaris Abcès de la sole
Rapidité d'évolution 1 2 3 2
Douleur 1 3 3 1 à 3
Inflammation 0 1 3 0

Impact économique des boiteries[2]

Les boiteries sont responsables d'une diminution de l'appétit et des déplacements et donc de l'ingestion et cela augmente aussi le risque d'autres pathologies comme les mammites et les métrites. Tout cela engendre au final une baisse de production, de fécondité et une augmentation des frais vétérinaires. Les boiteries sont donc à l'origine d'une perte économique liée à une baisse de la quantité de produit et à une augmentation des charges.

On estime que l'impact financier moyen d'une boiterie se situe entre 200 et 300 euros par vache atteinte.

Type d'expression clinique Baisse de production

(kg/an)

Probabilité de réforme sur une année pour une vache atteinte

(%)(dont % d'euthanasie)

Augmentation de l'intervalle vélage-vélage

(jours)

Boiteries légères : durée d'expression clinique inférieure à 8 jours 50 4 (2%) 6
Boiteries modérées : durée d'expression clinique entre 8 jours et 1 mois 250 8 (2%) 15
Boiteries sévères : durée d'expression clinique supérieure à un mois 800 35 (10%) 30


Reconnaître une vache boiteuse

En statique

Quand repérer les vaches qui boitent lorsqu'elles sont statiques ?

  • Lors de l'entretien de logette : Repérer si des animaux ont du mal à se lever ou à se coucher.
  • En salle de traite : C'est le moment parfait pour observer le positionnement des pieds de la vache. Celle-ci va soulever de temps en temps son pied malade, s'appuyer sur son pied sain et il est possible de détecter des odeurs caractéristiques comme pour la maladie de Mortellaro.
  • Au cornadis : L'animal est debout et immobile. On peut alors observer la courbure du dos, les appuis et les aplombs.


Points clés à observer au cornadis

Choix des animaux à parer (Crédit photo: Eilyps)
  • La courbure de la ligne de dos : une vache saine a une ligne du dos droite alors qu'une vache boiteuse courbe le dos.
  • La modification des appuis : Plusieurs positions peuvent être observées :
    • Pour soulager son membre postérieur, la vache va le mettre à l'extérieur.
    • Pour soulage son membre antérieur, la vache le croise avec son membre adjacent.
    • Si la vache à une lésion de Mortellaro, ou dermatite digitée au talon, elle va privilégier un appui sur la pince.
  • La modification des aplombs : Les animaux avec une douleur au niveau des pieds postérieurs vont avoir tendance à écarter les membres et resserrer leurs jarrets (voir photo) et donc mettre leurs pieds en rotation. Une vache ainsi positionnée nécessite un parage. De mauvais aplombs peuvent être d'origine génétique mais il est nécessaire de vérifier si ce n'est pas dues à des lésions.



En dynamique

L'identification d'une vache boiteuse en dynamique passe par l'observation de 6 indicateurs :

  • Vitesse de la marche : Les vaches devraient être capables de suivre le rythme d'une personne. Si elles sont boiteuses, elles marcheront sur leur propre rythme.
  • Rythme de la marche : Rythme régulier et fluide entre les quatre membres. Si elles sont boiteuses, le rythme sera interrompu et inégal.
  • Longueur de la foulée et placement du pied : Les postérieurs devraient se poser aux mêmes endroits que les antérieurs. Les vaches boiteuses auront une foulée un peu plus courte et placeront les postérieurs légèrement en arrière de l'endroit où s'étaient posées les antérieurs.
  • La façon dont le poids est porté par les 4 pieds : Les vaches boiteuses favoriseront leur membre boiteux qui ne portera pas tout le poids. La jambe opposée portera donc plus de poids.
  • La ligne du dos : Les vaches saines marchent et restent debout avec un dos droit tandis que les boiteuses ont tendance à arquer leur dos.
  • La position de la tête : Une vache saine portera sa tête légèrement en-dessous du dos et celle-ci ne bougera que légèrement lors de la marche. Une vache boiteuse aura la tête plus basse et celle-ci se balancera plus.


Selon l'intensité de ces indicateurs, on peut déduire le niveau de gravité de la boiterie.

Sévérité Mesures à prendre
Absence Aucune action à prévoir, mais l'observer régulièrement.
Légère Démarche inégale. Enregistrer l'animal, le surveiller et lever le pied pour voir si des lésions sont présentes. Effectuer un parage préventif.
Modérée Enregistrer l'animal et l'examiner dans les 48h. Effectuer un parage préventif et/ou curatif.
Sévère Prise en charge urgente, enregistrer et examiner l'animal dès que possible. Effectuer un parage curatif.


Gestion préventive

Reconnaître les facteurs de risque

Le bâtiment

Il est important, lors de la réflexion pour la mise en place d'un bâtiment, de réfléchir à la problématique de la boiterie. Plusieurs points doivent être étudiés :

  • La diminution du temps de couchage des animaux.
  • Les traumatismes lors des déplacements.
  • L'humidité et les défauts d'hygiène des aires de vies.

Ce sont tous des facteurs de risque qui augmentent la probabilité de boiteries.


Les zones de couchage et la diminution du temps de couchage

De plus en plus d'exploitations sont en stabulations, avec des logettes et non en aires paillées. Cela augmente le risque de boiteries car en système paillé, la paille absorbe l'humidité.

En système lisier, l'humidité des sols et des bâtiments est donc plus importante. Dans une exploitation en stabulation, les vaches restent couchées de 10 à 14 heures par jour. Il est donc primordial que le lieu de couchage soit confortable, moelleux, propre et sec, peu importe que ce soit en logettes ou en aires paillées.

La base doit résister aux efforts exercés par les pieds de la vache lorsqu'elle se couche ou se lève, ce qu'elle effectue plusieurs dizaines de fois par jour. Pour évaluer simplement le confort des couchettes, il suffit de se laisser tomber à genoux pour reproduire le mouvement de la vache.

Logette bien dimensionnée (Source : Paysan Breton)

Pour que les animaux ne restent pas trop longtemps debout, il faut que le nombre de logettes ou la superficie d'aire paillée soient adaptés au nombre de vaches. Les logettes doivent aussi être adaptées au gabarit des animaux :

  • Largeur et longueur : Les grands animaux ne doivent pas avoir leur arrière train dans le couloir mais les petits doivent pouvoir bouser dans les couloirs. Il existe des règles de calcul pour dimensionner les logettes. [3]
  • L'espace devant la logette ne doit pas entraver les mouvements de lever.
  • Présence d'un arrêtoir pour ne pas que l'animal s'avance trop.
  • Réglage de la barre au garrot.
  • Type de séparation des logettes.
  • Pente : Si elle est trop importante, elle entraine un inconfort car le poids sur les postérieurs est trop important. Si elle est trop faible, il y a un mauvais écoulement des liquides.
  • Matériaux des litières : S'ils sont insuffisants ou inadaptés, l'inconfort peut alors augmenter le temps debout ou des risques sanitaires.
  • ...


Tous ces points, s'ils ne sont pas respectés, peuvent influer sur l'apparition de boiteries. Dans tous les cas, l'animal ne doit jamais rester plus d'1h30 en piétinement, notamment au moment de la traite. Les installations et pratiques de la traite doivent donc être adaptées pour atteindre cet objectif. L'eau est aussi un paramètre primordial. Un nombre insuffisant de places à l'abreuvoir augmente le temps passé debout.


Les aires de circulation

Les vaches doivent pouvoir se déplacer sans danger de chutes ou de glissades. Les sols glissants sont responsables d'une diminution de circulation de la vache ce qui peut provoquer une usure irrégulière des onglons et l'apparition de boiteries.

Les sols doivent aussi assurer une certaine usure de la corne mais sans être trop rugueux. Il faut trouver un compromis. Pour cela, plusieurs types de sols peuvent être installés. Par exemple, un tapis face à l'auge mais du béton dans le couloir entre les logettes.

Un raclage adapté des surfaces est indispensable pour contrôler l'humidité et la propreté du sol. L'entretien des sols diminue le risque de boiterie car défavorise le développement de pathogènes.

Les traumatismes et blessures responsables de boiteries peuvent aussi être causés par des obstacles dans les bâtiments :

  • Marches trop hautes, avec des arêtes tranchantes.
  • Angles de circulation trop serrés.
  • Eléments traumatisants comme certains rails de racleurs et réglages de tracteur.
  • Sols usés avec présence de trous.


Ventilation du bâtiment

D'une mauvaise ventilation résulte l'apparition de zones humides, de zones froides, de courants d'air... Ces zones sont évitées et la surface disponible diminue alors, augmentant le risque de bousculades et donc l'apparition de lésions podales.


Chemins d'accès au pâturage

Le pâturage a en général un impact positif sur la diminution des boiteries en élevage. L'éleveur doit tout de même réfléchir au chemin emprunté par les animaux et à la distance à parcourir.

Un chemin adapté à la circulation des vaches est un chemin :

  • Bien décaissé pour que l'eau s'infiltre.
  • Avec des couches de terre et de sable pour le confort des animaux.
  • Avec une largeur adaptée pour le passage du troupeau mais en évitant que les tracteurs puissent eux passer et détériorent le chemin.

Un chemin en pente, boueux, avec une humidité stagnante et des cailloux tranchants favorise l'apparition de boiteries.


L'alimentation

L'alimentation est importante pour la santé des pieds pour deux raisons :

  • Le coussinet plantaire doit être épais pour absorber les chocs lors des déplacements. Si la vache maigri, le coussinet perd immédiatement en volume et favorise alors l'apparition de lésions.
  • L'ensemble des nutriments doivent être apportés en quantité suffisante pour obtenir une corne de bonne qualité.

Il est donc indispensable d'éviter tout amaigrissement. Il faut ainsi éviter les rations trop acidogènes (trop riches en énergie, mal équilibrée en azote ou avec un manque de fibres) et les déficits énergétiques. Il faut notamment être vigilant à la transition tarissement -début de lactation car c'est la période où les risques d'acétonémie sont les plus grands.

De plus, une alimentation telle que l'affouragement vert ou l'apport de betterave dans la ration va être à l'origine d'une accélération du transit et donc générer des déjections plus liquides et plus collantes qui vont détériorer l'hygiène du sol et donc des pieds.


L'hydratation

Il ne faut pas sous-estimer la place de l'eau. Celle-ci doit être apportée en quantité suffisante et être de bonne qualité. Une qualité insuffisante entrainera potentiellement le refus de certains abreuvoirs et donc diminuera le nombre de places disponibles et le temps passé debout sera alors augmenté.

Le mode d'apport doit être réfléchi car cela peut avoir des conséquences sur le nombre de boiteries. Rappelons qu'un nombre de places insuffisant à l'abreuvoir augmente le temps passé debout. On prévoit 1 accès à l'eau (50 à 60cm) pour 10 vaches en lactation. [4]De plus, la présence de parasites dans les abreuvoirs diminue fortement leur utilisation et donc diminue le nombre de places disponibles.

Les fuites entrainent l'apparition de zones humides qui augmentent les risques d'apparition de lésions podales infectieuses.


La conduite sanitaire

Importance relative des facteurs de risque de boiterie à investiguer selon la maladie diagnostiquée
Nature du facteur de risque Fourbure Fourchet Mortellaro
Sous détection des boiteries ou méconnaissance des lésions Majeur Majeur Majeur
Mesures de prévention absentes ou inadaptées Secondaire Majeur Majeur
Traitements absents ou inadaptés Majeur Majeur Majeur


La conduite sanitaire passe par une prise en charge précoce, rapide et adaptée des boiteries. Elle passe également par la maîtrise de l’hygiène des pieds, donc des sols.

Détection des boiteries

Une sous-détection des boiteries engendre une prise en charge tardive des lésions ce qui leur laisse le temps de s'aggraver.

Par exemples :

  • La lésion de la sole fait boiter que légèrement l'animal dans un premier temps, on pourrait se dire que ce n'est pas grave alors que sa prise en charge devrait être rapide.
  • La maladie de Mortellaro est très infectieuse et une détection irrégulière des lésions la laissera se propager au sein du troupeau.

Les lésions doivent aussi être correctement reconnues. Si ce n'est pas le cas, le traitement sera inadapté et la lésion s'aggravera.


L'absence de parage préventif engendre des complications ou des non détections de problèmes qui risquent de persister.


Hygiène des sols

Si l'hygiène des sols n'est pas surveillé, le développement des pathogènes sera favorisé et engendrera des boiteries d'origine infectieuse telles que Mortellaro et le fourchet. Il faut donc veiller à la propreté des logettes, des aires de circulations, de l'aire d'attente de la salle de traite ou de robot de traite, des passages entre les logettes, des sorties de bâtiments...

Tous les endroits où les animaux posent les pieds doivent être propres.


Introduction de nouveaux animaux dans le troupeau

Il faut veiller à regarder la présence éventuelle de lésions infectieuses lors de l'arrivée de nouveau individus.


Le parage préventif

Parage à la rénette

En élevage, le parage désigne les soins de la corne des ongulés en vue

d'entretenir ou de rétablir les fonctions du sabot.

Le parage préventif ne concerne pas que les vaches boiteuses contrairement au parage curatif. Chaque animal doit avoir ses pieds levés

et inspectés et si nécessaire parés au moins une fois par an.

Il faut cependant bien choisir le moment où faire ce parage préventif. Il doit être évité les 4 dernières semaines de gestation, les 4 premières semaines de lactation, lorsque les vaches vont rentrer en stabulation et lorsque les vaches circulent sur des chemins longs ou abrasifs (béton, asphalte). Il peut être effectué entre 60 et 100 jours de lactation et avant le tarissement si un deuxième parage est programmé. Si le troupeau a une lactation prolongée, attendre jusqu'au tarissement est trop long. Il est préférable de le faire entre 6 et 10 mois après le vêlage.

Principaux objectifs d'un bon parage :

  • Rétablissement de la forme idéale des onglons pour qu'ils soient équilibrés et mieux capables de supporter le poids de l'animal.
  • Retrait de la corne morte et malade pour favoriser la croissance d'une nouvelle corne saine.
  • Repérage de lésions et, dans ce cas, recours à un parage curatif (cf. Gestion curative)


Une formation pratique est indispensable !


Gestion curative

Boiterie basse

Conditions de réussite pour lever les pieds d'une vache

Dès qu'une vache présente une boiterie, même légère, un gonflement de la couronne ou du paturon, des défauts d'aplombs ou des déformations d'onglons, il faut lever les pieds de celle-ci le plus rapidement possible. Une intervention tardive conduirait à une diminution des chances de guérison rapide.

Le système de contention doit être adapté aux besoins et au lieu de parage :

  • Il doit toujours être prêt à être utilisé.
  • Il doit permettre à une personne seule d'amener l'animal.
  • Il vaut mieux un système spécifique au parage qu'une cage multifonctions.
  • Il doit être adapté au gabarit des animaux.
  • Il doit être adapté à la fréquence des boiteries dans l'exploitation. Un système peu couteux mais efficace suffira à une exploitation avec peu de problèmes. Si des interventions régulières sont nécessaires, il faut opter pour un système de contention plus élaboré et spécifique.

L'objectif est qu'une personne seule puisse emmener une vache dans un système de contention adéquat en moins de 10 minutes afin de gérer de manière précoce les boiteries.



Reconnaitre et gérer les lésions

Pour retrouver cette page, cliquez ici[5].

Le site boiteries-des-bovins.fr a mis en place une page interactive pour aider les éleveurs à reconnaître les lésions. Une fois la lésion reconnue, il conseille sur le traitement et aide à reconnaitre les causes pour mettre en place des méthodes de prévention adaptées.


Parage curatif

Les objectifs du parage curatif sont d'identifier la cause du problème et soigner. Par exemple, éviter la pénétration de corps étranger dans la lésion et de soulager l'onglon lésé en le mettant au repos. Comme pour le parage préventif, une formation pratique est nécessaire.

Il faut éviter d'abîmer encore plus les tissus déjà endommagés. Le travail est donc précis et les outils doivent être affutés. La corne saine doit être préservée et notamment la nouvelle corne. Il faut respecter au maximum les surfaces d'appui aménagées par le parage préventif. Après intervention, l'animal doit être soulagé, mieux se tenir et se déplacer.

Après intervention sur le pied malade, il est indispensable d'examiner le pied opposé qui peut aussi requérir un traitement préventif ou curatif à cause de la boiterie.

Immobiliser l'animal après le parage curatif pendant 3 ou 4 jours, sur une litière confortable et propre, peut être bénéfique. Si l'amélioration ne se confirme pas dans les jours suivants, il faut réexaminer les onglons rapidement. Si la lésion est profonde, les tissus profonds sont atteints (tendons, articulations, os). On observe alors du pus jaunâtre dans la plaie. L'éleveur doit alors consulter un vétérinaire. Ils pourront alors décider ensemble d'une réforme précoce ou de soins plus lourds.


Boiterie haute

La plupart du temps, le problème d'une vache boiteuse se situe au niveau des pieds. Mais parfois, la cause se trouve plus haut. Cela peut être des :

  • Lésions articulaires (arthrites, luxations, arthroses).
  • Lésions osseuses (fractures, ostéomalacie).
  • Lésions musculaires (hématomes musculaires, abcès musculaires, déchirures,...).
  • Lésions cutanées et sous-cutanées (œdèmes tarsites et hygroma, œdèmes mammaires, coupures).
  • Lésions nerveuses.
  • Contractures tendineuses.
  • Syndromes spastiques.
  • ...


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Cette page a été rédigée en partenariat avec Breeder Connect

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Pour aller plus loin

RDV sur le site Boiteries des bovins.


Annexes


Sources

  1. Web-Agri, Reconnaître les différentes pathologies du pied : https://www.web-agri.fr/boiteries/article/78575/reconnaitre-les-differentes-pathologies-du-pied
  2. Eilyps, conseil en élevage : https://www.eilyps.fr/
  3. Recommandations internationales pour le logement de la vache laitière et de la génisse de remplacement, Commission Internationale du Génie Rural : http://boiteries-des-bovins.fr/wp-content/uploads/2017/06/CIGR_logement_des_bovins_laitiers_2015-1.pdf
  4. La buvette, bien disposer les abreuvoirs en bâtiments VL : https://www.labuvette.fr/conseils/bien-disposer-les-abreuvoirs-en-batiment-vl
  5. Boiteries des bovins, reconnaitre et gérer des lésions : http://boiteries-des-bovins.fr/reconnaitre-et-gerer-les-lesions/
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