Plus de 70 % de réduction d'herbicides avec l'Ecorobotix, Pauline Anne

De Triple Performance
Aller à :navigation, rechercher

Lors d'un webinaire du Centre National d'Agroécologie, Pauline Anne, responsable de l'équipe agronomie d'Ecorobotix en Suisse, et Aurélien Garnier, responsable commercial France et Belgique, présentent l'ARA, un pulvérisateur tracté de 6 m qui reconnaît par intelligence artificielle la culture et les adventices, et ne traite que des carrés de 6 × 6 cm. Utilisée par plus de 500 agriculteurs sur 600 000 hectares, la machine fonctionne en cultures maraîchères (oignon, carotte, chou, salade), en prairie contre le rumex et dans certaines grandes cultures. En France, la moitié des surfaces traitées ont économisé plus de 70 % de produit. Les essais montrent une bonne efficacité sur chénopode, morelle, amarante, liseron, repousses de pomme de terre ou datura, et une zone de sécurité réglable protège la culture, ce qui permet d'utiliser des produits non sélectifs comme l'acide pélargonique ou le pyraflufen-éthyl et d'améliorer les rendements. Agroscope mesure une réduction de la dérive de plus de 99 %. La machine coûte environ 155 000 € et traite 3 à 4 hectares par heure.

auto_awesome
Résumé
Lors d'un webinaire du Centre National d'Agroécologie, Pauline Anne, responsable de l'équipe agronomie d'Ecorobotix en Suisse, et Aurélien Garnier, responsable commercial France et Belgique, présentent l'ARA, un pulvérisateur tracté de 6 m qui reconnaît par intelligence artificielle la culture et les adventices, et ne traite que des carrés de 6 × 6 cm. Utilisée par plus de 500 agriculteurs sur 600 000 hectares, la machine fonctionne en cultures maraîchères (oignon, carotte, chou, salade), en prairie contre le rumex et dans certaines grandes cultures. En France, la moitié des surfaces traitées ont économisé plus de 70 % de produit. Les essais montrent une bonne efficacité sur chénopode, morelle, amarante, liseron, repousses de pomme de terre ou datura, et une zone de sécurité réglable protège la culture, ce qui permet d'utiliser des produits non sélectifs comme l'acide pélargonique ou le pyraflufen-éthyl et d'améliorer les rendements. Agroscope mesure une réduction de la dérive de plus de 99 %. La machine coûte environ 155 000 € et traite 3 à 4 hectares par heure.



Présentation

Ce webinaire du Centre National d'Agroécologie, diffusé en direct comme chaque vendredi, donne la parole à Pauline et Aurélien, de la société Ecorobotix. Plutôt que de traiter l'intégralité d'un champ, la machine détecte la cible et ne traite que la mauvaise herbe : celle-ci reçoit une dose élevée de produit, mais rapportée à l'hectare, l'usage de produits phytosanitaires baisse très fortement. C'est intéressant pour la performance environnementale comme pour la performance économique.

  • Aurélien Garnier est responsable commercial pour la France et la Belgique. Il s'appuie sur un réseau d'une douzaine de distributeurs agréés répartis sur toute la France.
  • Pauline Anne est responsable de l'équipe agronomie, en Suisse. Son équipe teste la machine en conditions réelles et accompagne les ingénieurs dans leurs développements : elle teste les nouveautés et donne son feu vert ou son feu rouge.

Sa présentation porte sur la pulvérisation localisée (« spot spraying ») pour la gestion des adventices, en particulier en cultures maraîchères.

Ecorobotix et l'ARA

Histoire de l'entreprise

Ecorobotix est née de l'initiative de Steve, fils d'agriculteur, qui a étudié à l'École polytechnique de Lausanne. La préservation de l'environnement a toujours été au cœur de sa vie, et il s'est toujours demandé comment réduire l'impact de l'agriculture sur l'environnement. Il a fondé Ecorobotix avec Aurélien en 2014.

C'était au départ un robot autonome, mais cela posait trop de complications réglementaires et techniques : l'entreprise a donc choisi de développer un pulvérisateur tracté. Les premières machines ont été vendues en Suisse en 2021, surtout pour lutter contre les rumex dans les prairies. Le catalogue de cultures s'est ensuite élargi, et l'entreprise s'est étendue en Europe puis aux États-Unis. Elle est aujourd'hui présente dans le monde entier, avec plus de 500 agriculteurs clients et plus de 600 000 hectares couverts.

Les modes de traitement

La machine, l'ARA, travaille en cultures en rangs, en légumes comme l'oignon et la carotte, et en prairie, de jour comme de nuit, sur buttes comme en pente. Plusieurs modes sont possibles :

  • Vert sur marron : la machine distingue le vert des plantes du sol. C'est le mode utilisé par exemple pour désherber des chaumes avant de préparer la culture suivante.
  • Adventices seules : on combine la reconnaissance du vert avec la reconnaissance de la culture et des adventices, pour n'appliquer le produit que sur les adventices. Avec un produit sélectif, ce n'est pas grave de toucher la culture ; mais la technologie permet aussi de créer une zone de sécurité artificielle autour de la culture, où l'on est certain de ne pas mettre de produit.
  • Seuil de surface : pour les cultures sans modèle de reconnaissance, on peut ne traiter que les taches vertes plus petites qu'une surface donnée. Le désherbage ne sera pas parfait, mais c'est une première solution quand l'agriculteur est en difficulté. L'an dernier, un client l'a utilisé pour désherber des patates douces, faute d'autre solution.
  • Tout sauf la culture : on traite le sol et les adventices, en évitant la culture.
  • La culture seule : on inverse l'utilisation des algorithmes pour viser la culture. Aux États-Unis, la technologie sert ainsi à éclaircir les laitues, semées à forte densité pour assurer la levée.

Le catalogue

  • Cultures maraîchères : de l'oignon à la carotte, en passant par la chicorée ou le chou.
  • Cultures en version bêta, dont l'usage n'est pas encore certifié dans tous les contextes : courgette, tomate de conserve.
  • Algorithmes visant une adventice précise : repousses de pomme de terre, rumex en prairie ; la reconnaissance du souchet, indépendamment de la culture, est en cours de développement.
  • Certaines grandes cultures, comme la pomme de terre ou le maïs.

Ce portefeuille de 30 modèles est utilisé par 500 agriculteurs sur 600 000 hectares. Il a permis, à l'échelle mondiale, de réduire les intrants de plus de 95 % et d'augmenter les rendements jusqu'à 15 %.

Précision et fiabilité

Le défi est d'être à la fois précis et fiable : sans précision ni fiabilité, on n'applique jamais la bonne dose au bon endroit ; précis mais pas fiable, on manque la cible ; fiable mais peu précis, on touche une fois sur deux. L'objectif est la haute précision et la haute fiabilité.

La précision

Les caméras qui scannent le champ sont placées à 1 m des buses, et la machine roule à 7,2 km/h. Entre la prise de l'image, son analyse par l'ordinateur, qui détermine ce qui est adventice et ce qui est culture, et l'ordre d'ouverture donné à chaque buse, tout doit se faire en 250 millisecondes. C'est comme si l'on courait à 8 minutes au kilomètre en devant poser un carré de 6 cm sur 6 sur une adventice sans toucher la culture.

La fiabilité : l'entraînement des modèles

Des images brutes prises au champ sont annotées à la main, en indiquant ce qui est culture et ce qui est adventice. Un ordinateur fait les corrélations entre ces images et leurs annotations pour établir un premier modèle candidat. On lui soumet ensuite un deuxième jeu d'images, qu'il annote lui-même, et l'on compare ses annotations à celles faites à la main : le taux de concordance permet de retenir un bon candidat.

Les algorithmes sont testés dans certaines conditions, ce qui ne garantit pas qu'ils couvrent tous les contextes agronomiques. Dans des oignons d'hiver, par exemple, les camomilles étaient tantôt bien reconnues, tantôt partiellement, tantôt pas du tout. L'algorithme oignon a donc été amélioré pendant l'hiver 2025 pour mieux reconnaître la camomille : c'est l'algorithme 2026. C'est un processus itératif, qui demande une collaboration étroite avec les clients : sans retour du terrain, impossible d'améliorer les algorithmes. Ce que la machine sait faire dépend de ses images d'entraînement : ce qu'elle n'a jamais vu, elle ne peut pas l'inventer.

Les résultats

Réduction des produits

En 2026 en France, sur les parcelles de plus d'un hectare, la machine a traité 4 200 ha de prairie, 8 700 ha d'oignon, 1 300 ha de carotte et 2 600 ha de haricot. Dans les prairies, environ 40 % des surfaces, soit 1 700 ha, ont économisé plus de 90 % de produit. Globalement, la moitié des surfaces de ces cultures ont économisé plus de 70 % des intrants. Pour des cultures où l'entreprise est moins implantée ou dont les algorithmes sont encore en développement, comme l'ail, 80 % des passages ont permis d'économiser plus de 50 %.

Après chaque passage, l'agriculteur reçoit un rapport de mission qui cartographie la pression en adventices de son champ, bien corrélée aux volumes appliqués. Dans l'exemple présenté, l'agriculteur a traité 5 hectares avec 23 litres de produit, soit moins de 5 L/ha : une économie d'environ 98 %.

Efficacité du désherbage

Carottes. Un essai compare un témoin non traité, deux programmes avec l'ARA — l'un à base de pyraflufen-éthyl (commercialisé en France sous le nom de Gozai), l'autre sans métribuzine — et un programme « conventionnel », entre guillemets, car l'agriculteur, convaincu par la technologie, y combinait déjà traitements en plein et passages à l'ARA. Avec deux passages de l'ARA, mi-juin et début juillet, l'efficacité en fin de campagne est d'environ 80 % sur le chénopode et d'un peu plus de 90 % sur la morelle noire, alors que l'agriculteur est passé bien plus souvent ; le chénopode est presque totalement contrôlé dans toutes les modalités. Un troisième passage aurait sans doute permis un meilleur contrôle, mais l'équipe a manqué de temps. Le programme comprenait une prélevée en plein, puis deux passages, le premier à l'aclonifen et au pyridate, le second au pyridate et au prosulfocarbe, combinés à l'acide pélargonique.

Amarantes dans l'oignon. En 2023, dans un essai où l'on n'avait pas pu passer à temps, une levée d'amarantes atteignait déjà 15 cm. Un mélange concentré (1 kg de pyridate, aclonifen, fluroxypyr et acide pélargonique) a éradiqué la plupart des amarantes en dix jours.

Liseron. Le pyraflufen-éthyl, avec une zone de sécurité de 0,5 cm, donne un bon contrôle du liseron. Sept jours après le traitement, le liseron a continué de pousser dans le témoin ; dans la modalité ARA, ses feuilles sont mortes. Cela ne stoppe pas définitivement son développement, mais le liseron est touché et la culture est intacte.

Repousses de pomme de terre dans l'oignon. La stratégie de l'agriculteur tuait 15 % des repousses. La pulvérisation localisée avec l'ARA atteint 35 % de mortalité, 45 % avec du fluroxypyr, et 80 % en combinant les deux, en un seul passage. Chez un agriculteur, un champ de carottes couvert de repousses de pomme de terre a été traité : les repousses sont mortes, la culture intacte.

Chou. Les agriculteurs n'ont plus vraiment de solution de désherbage chimique en post-levée. Dans un champ normalement désherbé mécaniquement, que l'agriculteur n'avait pas pu gérer à cause de la météo et de la surcharge de travail, un passage à 1 L/ha de pyraflufen-éthyl, avec une zone de sécurité de 2 cm, a très bien contrôlé les amarantes et semble bien ralentir le souchet.

Datura dans la carotte. Un client rapporte un très bon contrôle du datura après deux passages, alors que les plantes étaient déjà très grosses.

Protection de la culture

La zone de sécurité, réglable, permet de choisir entre priorité au désherbage et priorité à la préservation de la culture. Dans un champ de salades que l'agriculteur n'avait pas pu désherber à temps, l'équipe a testé la machine dans ses retranchements :

  • avec une zone de sécurité de 2 cm, les salades, déjà grosses, n'ont pas pu être bien désherbées ;
  • avec une zone de 0, les adventices sont mortes et la culture reste intacte.

Les nécroses mesurées restent faibles : moins de 1 % avec 2 cm de zone de sécurité, environ 1,5 % avec 1 cm, moins de 3 % avec 0,5 cm. Avec l'acide pélargonique, ces taches ne touchent que les premières feuilles extérieures, qui restent de toute façon au champ à la récolte.

Réduction de la dérive

Agroscope, l'institut fédéral suisse de recherche agronomique, a mesuré la dérive avec des capteurs de traceur fluorescent placés à intervalles réguliers. Selon cette étude, la machine réduit la dérive de plus de 99 % : au-delà de 99,99 %, on passe sous le seuil de détection du matériel utilisé.

Conséquences pour l'exploitation

Comme les produits, même sélectifs, ne sont plus appliqués directement sur la culture, celle-ci couvre le sol plus vite qu'avec un traitement en plein, et les rendements augmentent, ce qui a aussi été observé dans les oignons. Selon une estimation de Pauline Anne fondée sur des données Agreste, avec une carotte vendue en moyenne 1 € le kilo, un rendement supérieur de 10 % représente 10 000 € par hectare ; en oignon, avec jusqu'à 20 % de rendement en plus, cela représenterait 15 000 € par hectare.

La machine ouvre aussi de nouvelles stratégies herbicides, avec des produits non sélectifs comme les acides gras ou le pyraflufen-éthyl, des collaborations sur de nouvelles molécules issues d'extraits naturels, et bien sûr le glyphosate : l'entreprise n'en fait pas l'apologie, mais Pauline Anne juge important que l'agriculteur puisse disposer de tous les leviers.

En résumé, la valeur de l'entreprise repose sur l'intelligence artificielle et la performance des algorithmes. L'ultra-haute précision permet d'appliquer des produits, notamment non sélectifs, en réduisant la phytotoxicité, ce qui ouvre la voie aux extraits naturels et donne aux agriculteurs un nouveau levier contre les adventices problématiques. Les pouvoirs publics doivent toutefois soutenir ces démarches et donner aux agriculteurs plus de souplesse dans l'utilisation des herbicides.

Questions et réponses

Distribution, prix et entretien

Question : qui contacter pour acheter la machine, à quel prix, et comment fonctionne l'entretien ?

Aurélien Garnier : il faut d'abord contacter le distributeur le plus proche, ou l'entreprise directement, qui orientera vers lui pour établir un devis. La machine de 6 m présentée coûte 155 000 € en France. Plusieurs projets d'achat groupé en Cuma sont en cours ou ont abouti pour 2027 ; les Cuma peuvent bénéficier de 40 à 50 % de subventions, selon les régions. Le suivi et l'entretien de la partie machine sont assurés par les distributeurs, formés et habilités à intervenir très vite. Pour les problèmes plus complexes, un service support basé en Suisse, et désormais en partie à Paris, peut prendre la main sur la machine à distance, pour éviter les immobilisations en saison.

Largeur et débit de chantier

Question : existe-t-il des largeurs de 24, 30 ou 36 m ? Quel débit de chantier attendre ?

Les 24 à 36 m ne sont pas prévus dans un futur proche. Mais la gamme va s'élargir d'ici la fin de l'année ou le début de l'année prochaine, avec des machines plus petites pour les petites exploitations et les maraîchers, et des machines plus larges, jusqu'à 12 m, pour les grandes cultures et les exploitations où le débit de chantier est primordial, par exemple en carottes ou en haricots, où la fenêtre d'intervention est très courte. La vitesse optimale est de 7,2 km/h : avec la 6 m, on traite 3 à 4 hectares à l'heure selon le parcellaire ; la 12 m doublera ce débit, mais ne conviendra pas à toutes les exploitations.

Fertilisation foliaire ciblée

Question : peut-on cibler la culture, par exemple pour une fertilisation foliaire ?

Oui : les algorithmes reconnaissent à la fois les adventices et la culture, et l'on peut choisir de ne viser que la culture. On réduit alors les volumes appliqués, d'autant plus que la culture est petite.

Conditions météo

Question : grâce aux capots, peut-on s'affranchir des conditions climatiques et éviter de traiter à 4 h du matin ?

Pauline Anne a déjà traité par grand vent, pour finir un passage avant un orage, sans observer de phytotoxicité. Sur le principe, c'est donc possible. Mais le vent fait sécher la bouillie plus vite et réduit l'efficacité des herbicides : il faut rester vigilant, car il existe des conditions optimales d'application.

Buses bouchées

Question : comment savoir si une buse est bouchée, sous le capot ?

Il faut vérifier les buses une par une avant chaque traitement. Il n'existe pas encore d'alerte en cas de buse bouchée, partiellement bouchée ou usée ; c'est en développement. Un bon rinçage en fin de mission est aussi indispensable, sinon la précision du traitement suivant en pâtit.

Rumex en prairie

Question : où en sont les essais en prairie, pour viser les rumex sans détruire les trèfles ?

Des essais ont été menés contre les rumex dans des prairies fleuries, mais l'algorithme n'est pas entraîné pour cela. Il vaut mieux l'utiliser dans des prairies pâturées, et pas dans des prairies fauchées : l'algorithme reconnaît moins bien les rumex fauchés. L'efficacité est bonne, mais l'économie de produit dépend de la densité de rumex : moins il y en a, plus l'économie est grande.

Réduction des matières actives

Question : la presse agricole parle de 50 à 90 % de réduction de matière active selon les cas. De quoi cela dépend-il ?

De la quantité de cibles à l'hectare. Pour réduire encore l'usage, on peut viser seulement certaines adventices, comme les repousses de pomme de terre, plutôt que faire un désherbage complet. Un outil est aussi en développement pour ne cibler que le centre de la plante. On peut encore choisir de ne traiter que les plus grosses adventices, qui demandent une concentration plus élevée. Cela demande parfois plus de passages, et une autre façon de penser le désherbage : adapter le produit, la concentration et le réglage de la machine à l'objectif.

Projections de terre

Question : la terre projetée peut-elle salir les caméras et faire traiter la culture à l'aveugle ?

Les buses sont à 26 cm du sol et les caméras à environ 1 m : ce problème n'a pas été rencontré. Des capots entourent la machine et évitent les projections du tracteur. Il est tout de même conseillé de nettoyer les vitres des caméras avant de commencer. Pauline Anne raconte qu'une fois, la machine ne reconnaissait plus rien : une araignée avait tissé sa toile devant une caméra.

Et si l'algorithme est perdu ?

Question : si le logiciel ne reconnaît plus les adventices, va-t-il traiter n'importe quoi ou s'arrêter de lui-même ?

L'agriculteur peut vérifier la détection sur sa tablette, dans un sous-onglet qui montre comment la machine voit le champ, et ajuster la zone de sécurité si nécessaire. L'expérience aide aussi : avec une couverture d'adventices estimée à 5 %, on s'attend à 10 à 20 L/ha au maximum ; si l'on passe à 150 L/ha, quelque chose ne va pas. On peut aussi suivre l'activation des buses. En revanche, rien n'alerte automatiquement l'agriculteur.

Ce que l'algorithme n'a jamais appris, il ne peut pas l'inventer : il se débrouille, sans être fiable à 100 %. « C'est comme si je vous avais appris l'alphabet et le français, puis que je vous emmenais en Italie : vous reconnaissez les lettres, mais vous ferez sûrement des erreurs en commandant votre gelato. » Le modèle progresse avec les retours du terrain : dans un contexte nouveau, par exemple un sol rouge jamais rencontré, l'agriculteur prend des images, qui servent à améliorer l'algorithme.

Le mot de la fin

Aurélien Garnier se tient à disposition, avec le réseau de distributeurs, pour les projets, les questions sur les cultures, et la mise en place de tests et de démonstrations en saison : l'entreprise a besoin d'essais et de retours terrain.

Pauline Anne se dit fière, en tant qu'agronome, de travailler pour une entreprise qui porte de belles valeurs et veut changer l'agriculture d'aujourd'hui et de demain. Elle remercie ses collègues : les résultats présentés sont le fruit de plusieurs années de développement des algorithmes et de la précision de la machine.