Entretien avec Anton SIDLER - La Vache Heureuse pour des Agriculteurs Heureux - 1/2

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Installé en Normandie depuis 1992 avec son épouse et leurs quatre enfants, Anton Sidler cultive 145 hectares avec une centaine de vaches. Dans cet entretien, il explique son parcours vers une agriculture plus autonome, plus respectueuse du sol et plus favorable au bien-être animal. Très tôt, il s’est intéressé aux pratiques simplifiées, au semis direct, aux couverts végétaux et à la diversification des cultures, avec un objectif clair : produire mieux avec moins de travail et moins d’intrants. Il insiste sur l’importance des rotations, des doubles cultures et des fourrages diversifiés pour gagner en autonomie protéique et énergétique. Selon lui, la santé des vaches, celle du sol et la rentabilité de la ferme sont étroitement liées. À travers l’expérience de La Vache Heureuse, il encourage les agriculteurs à avancer par étapes, à s’entourer, à observer leurs sols et à retrouver du sens dans leur métier.

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Résumé
Installé en Normandie depuis 1992 avec son épouse et leurs quatre enfants, Anton Sidler cultive 145 hectares avec une centaine de vaches. Dans cet entretien, il explique son parcours vers une agriculture plus autonome, plus respectueuse du sol et plus favorable au bien-être animal. Très tôt, il s’est intéressé aux pratiques simplifiées, au semis direct, aux couverts végétaux et à la diversification des cultures, avec un objectif clair : produire mieux avec moins de travail et moins d’intrants. Il insiste sur l’importance des rotations, des doubles cultures et des fourrages diversifiés pour gagner en autonomie protéique et énergétique. Selon lui, la santé des vaches, celle du sol et la rentabilité de la ferme sont étroitement liées. À travers l’expérience de La Vache Heureuse, il encourage les agriculteurs à avancer par étapes, à s’entourer, à observer leurs sols et à retrouver du sens dans leur métier.

1/2 - Entretien avec Anton SIDLER - La Vache Heureuse pour des Agriculteurs Heureux


Première partie de l’interview d’Anton SIDLER, co-fondateur de La Vache Heureuse (LVH) en collaboration avec Konrad SCHREIBER.


0:12 = Présentation d’Anton SIDLER.

3:35 = Comment changer ses pratiques : en se regroupant ?

5:55 = La double culture en conservation des sols.

7:30 = Vers une autonomie en protéines et en énergie dans les fermes.

10:55 = Comment s’y prendre.

12:40 = La ration des vaches et la ration du sol.

13:55 = Carbone, gaz à effet de serre des vaches, bilan énergétique : des modèles incomplets ?

15:40 = Un bilan carbone positif.

15:55 = Une autre vision du sol.

17:00 = Qu’est-ce que ‘La Vache Heureuse’ (LVH) ?

17:50 = Réponse de LVH sur les critiques concernant la viande et le lait.

19:40 = Conseils et propositions.

20:20 = Démarches à entreprendre pour changer de modèle.

21:45 = Bien s’entourer et changer au bon moment.

23:00 = Vers une économie stable et une alimentation équilibrée pour les vaches.

24:00 = La vache heureuse pour des agriculteurs heureux.


Lien web :

- https://www.lvh-france.com/



Présentation de la ferme et parcours d’Anton Sidler

Anton Sidler est installé en Normandie depuis 1992 avec son épouse et leurs quatre enfants. Aujourd’hui, ils cultivent 145 hectares avec une centaine de vaches et autant de suites.

Sur son parcours professionnel, il explique avoir fait un BTS agricole « comme beaucoup ». Très tôt, il s’est intéressé à des formes de développement plus naturelles. À l’époque, dit-il, on ne parlait pas encore vraiment d’écologie avec les mots d’aujourd’hui : on parlait surtout de quelque chose de naturel et de simplifié.

Dans les années 1990-2000, le défi était de produire plus avec la même main-d’œuvre. Pour lui, cette évolution a amené une vraie réflexion : comment faire avec moins de travail, mais mieux ? Comment protéger le sol en même temps ? Il dit avoir toujours eu cette préoccupation.

Il évoque aussi ses origines suisses, dans un contexte où les questions de pollution des eaux, de nitrates et de protection des nappes étaient déjà connues depuis longtemps, notamment à cause d’un territoire très dense, avec beaucoup de pentes et de lacs. Pour lui, la Bretagne connaît aussi ces problématiques : il faut donc modifier sa façon de faire, mais la vraie question est de savoir quoi modifier pour obtenir un résultat.

Une démarche de pionnier

Anton Sidler explique avoir traversé sa carrière avec des interlocuteurs qui ont voulu aller dans le même sens que lui, même s’il s’agissait au départ surtout de pionniers, un peu rêveurs. À l’époque, ils rêvaient d’autre chose.

Il se souvient des premiers essais en semis direct, quand il n’y avait plus les lignes de blé ou de maïs bien visibles dans les champs. Le regard des autres agriculteurs était souvent très critique : certains pensaient qu’il allait droit dans le mur et qu’il faudrait récupérer les terres quelques années plus tard. Il résume cela en disant qu’on le prenait un peu pour « un con ». Mais il souligne qu’aujourd’hui, ils sont toujours là, et que ces pratiques ont fait leurs preuves.

Pour avancer, il s’est entouré de nombreuses personnes, en France et ailleurs, et a beaucoup observé ce qui se faisait à l’étranger : quelles machines étaient utilisées, à quel moment, avec quelles plantes, et pour quels objectifs. Il considère que cette ouverture a été déterminante dans la réussite.

Du métier d’éleveur au regard sur le sol

Il explique qu’au départ, comme jeune éleveur, il se considérait d’abord comme éleveur de vaches. Aujourd’hui, il dit être devenu à la fois éleveur de vaches et éleveur de vers de terre.

Ce changement de regard est central dans sa démarche. Il conseille d’aller voir ce qui existe, de s’appuyer sur les associations, les structures techniques, les groupes d’échange, mais aussi sur internet, YouTube, les forums et les réseaux de discussion. Selon lui, l’accès à l’information est aujourd’hui un grand avantage : on cherche un sujet, et les informations arrivent immédiatement.

Mais il insiste aussi sur une idée essentielle : à la fin, tout doit être relié à la réalité de la ferme. Chaque exploitation est différente. Après avoir suivi pendant une dizaine d’années d’autres fermes, il affirme que la première différence, c’est la personne elle-même : ses intérêts, ce qu’elle aime faire, sa manière de travailler. Il y a beaucoup de façons de bien faire ce métier, mais il faut être en accord avec ce qu’on met en place. Si l’on se force à faire quelque chose qui ne correspond pas à sa manière d’être, le résultat ne sera pas bon.

Pas d’opposition entre bio et non-bio, mais une logique de pratiques

Anton Sidler refuse de construire son raisonnement sur une opposition simple entre agriculture biologique et agriculture conventionnelle. Il prend l’exemple du lait : on peut le produire de plusieurs façons, mais l’enjeu fondamental est de le faire dans le respect de l’animal et de l’environnement.

Pour lui, l’idée de fond reste la même, quels que soient les outils ou les cadres. Il ne veut donc pas faire une distinction trop rigide entre bio et non-bio : c’est surtout la pratique et l’intention qui comptent.

Il encourage chacun à chercher les savoir-faire disponibles et à constituer rapidement un petit groupe de réflexion, parce qu’à deux ou trois, on avance beaucoup mieux que seul.

La double culture et la couverture permanente du sol

Il parle ensuite de la double culture, un terme qu’on entend beaucoup. Il la définit comme une culture intermédiaire entre deux cultures principales : par exemple entre un blé et un maïs, entre un blé et un colza, ou entre un colza et un blé.

Entre ces deux cultures principales, il estime qu’on peut faire beaucoup de choses, mais qu’il faut toujours garder en tête l’objectif principal : couvrir le sol en permanence. Pour lui, un sol nu est un sol exposé, et cela pose problème. Il explique qu’un sol laissé nu au soleil peut monter à 40 ou 45 °C et sécher très rapidement. Il faut donc le protéger et lui fournir un habitat pour tout ce qui commence à vivre dessous.

En élevage, cette couverture du sol prend aussi une autre dimension : ce qui pousse peut devenir de la matière à manger pour les animaux. Il explique qu’ils cherchent à diversifier au maximum, notamment avec des protéagineux, des légumineuses, des racines profondes et des pivots, afin d’apporter des fonctions différentes au sol et à l’alimentation.

L’[[autonomie protéique]] et énergétique des vaches

L’un des grands objectifs de sa démarche est l’autonomie en protéines et en énergie pour l’alimentation du troupeau.

Il explique que, depuis trente ans, les fermes françaises sont largement parties sur un système fondé sur le maïs, le soja et un peu d’herbe pâturée. Le maïs est devenu le fourrage principal, ce qui a conduit à un système très standardisé : tout le monde fait pareil, avec les mêmes semences, les mêmes traitements, les mêmes références. Mais si les rendements ne suivent pas, l’équilibre économique devient difficile.

Il juge ce système très déséquilibré : le maïs apporte surtout de l’énergie, mais peu de minéraux et peu de protéines. Il faut donc aller chercher du soja et d’autres compléments, ce qui coûte cher. Pour lui, ce n’est pas le maïs en lui-même qu’il faut accuser : c’est le principe d’un système qui finit en monoculture, ou presque, sur l’ensemble de la ferme.

À l’inverse, il défend une bonne rotation avec des cultures de printemps et d’automne, diversifiées. Si l’on commence à produire à la ferme les protéines et l’énergie, on peut retrouver de l’équilibre. Il cite comme ressources possibles les pois, les légumineuses, la luzerne, les graminées, les protéagineux, les féveroles, les vesces, intégrés notamment dans des méteils.

Le méteil et les fourrages diversifiés

Sur sa ferme, ils font du méteil soit pour le récolter en plante entière, soit pour aller jusqu’à maturité et récupérer un concentré grâce aux céréales et aux protéagineux présents dans le mélange.

Il évoque également le maïs grain ou le maïs épi. Cette approche permet, selon lui, de supprimer un grand défaut du maïs fourrage classique : la tige. Il explique qu’à une époque, ils ont laissé les cannes de maïs au champ au lieu de les donner aux vaches, et cela a changé beaucoup de choses.

Du côté du troupeau, ils avaient auparavant de nombreux problèmes : fécondité, reproduction, santé générale. En modifiant les fourrages, les frais vétérinaires ont été divisés par trois ou quatre, et le suivi du troupeau est devenu beaucoup plus simple.

Dans le même temps, laisser les cannes de maïs au sol a permis d’apporter énormément de nourriture au sol, hectare par hectare. C’est là, dit-il, que le sol a commencé à vraiment travailler. Cette matière a permis d’alimenter la vie du sol. Ce qui manquait ensuite, c’était surtout l’azote, sujet qu’il dit aborder plus loin dans sa démarche.

Une alimentation du troupeau pensée sur la matière sèche

Anton Sidler insiste sur un objectif alimentaire très précis : parvenir à un mélange de fourrages qui atteigne environ 50 % de matière sèche sur l’ensemble de la ration quotidienne.

Selon lui, c’est une condition idéale pour les vaches laitières. Si la ration est trop humide, cela rappelle les anciennes rations : la vache ne peut pas en manger assez. Si elle est trop sèche, ce n’est pas bon non plus, car l’ingestion baisse également. En jouant entre les deux, on obtient une ration que les vaches peuvent consommer au maximum.

Il estime que c’est une des grandes différences de son système : les vaches mangent davantage, jusqu’à 24 ou 25 kg de matière sèche par jour, soit 4 à 5 kg de plus que ce qui est souvent calculé dans les références classiques. Et ces 4 kg supplémentaires se traduisent directement par 3 à 4 kg de lait en plus. Pour lui, c’est une différence économique majeure.

Le lien entre alimentation des vaches et alimentation du sol

Il fait un parallèle très fort entre les besoins de la vache et les besoins du sol. La vache a besoin de fibres, d’énergie et de protéines au travers de ces fibres. Le sol, lui aussi, a besoin de beaucoup de fibres : ce qu’il appelle du carbone.

L’azote, dit-il, est pris en charge par toute la vie du sol : vers de terre, champignons, bactéries, et l’ensemble des organismes qui travaillent en harmonie à condition qu’on les laisse tranquilles. Si l’on évite de bouleverser le sol et qu’on lui laisse un habitat, une couverture, cette vie se développe et fonctionne.

Il explique que cette vie du sol va capter les protéines, l’azote de l’air et les différents éléments pour construire la fertilité. C’est pourquoi son travail consiste aussi à calculer le bilan carbone de la ferme.

Le bilan carbone de la ferme

Dans son raisonnement, le bilan carbone ne peut pas se limiter aux entrées et sorties classiques. D’un côté, il y a les consommations d’énergie, les machines, le gasoil, le pétrole, les achats d’aliments ou d’intrants. De l’autre, il y a ce qui sort de la ferme : le lait, la viande, les céréales.

Mais il ajoute qu’il faut aussi tenir compte du fait que les animaux mangent des végétaux, et que ces végétaux ont eux-mêmes capté du CO2. Lorsque la ferme met en place des doubles cultures, celles-ci captent davantage de CO2, et cela doit être comptabilisé.

À partir de là, il affirme qu’un éleveur qui travaille très bien peut devenir positif sur le plan carbone. Il prend l’exemple de sa propre ferme, où il dit atteindre aujourd’hui un recul d’environ 3 tonnes de CO2 positives par hectare.

L’augmentation de la matière organique

Pour lui, l’un des résultats les plus concrets de cette manière de faire est l’augmentation de la matière organique du sol.

Il explique avoir commencé, il y a environ vingt-cinq à trente ans, avec un taux aux environs de 2,8 à 3,2 % de matière organique. Aujourd’hui, il dit arriver à 4,5 %, avec pour objectif d’aller encore bien au-dessus, vers 5 ou 6 %.

L’enjeu, à ses yeux, est de stocker davantage de valeur dans le sol et de laisser à ses successeurs un capital beaucoup plus important que celui qu’il a lui-même récupéré. Il oppose cela aux systèmes où le labour, le bouleversement fréquent du sol et le recours permanent à la chimie finissent par dégrader la matière organique : dans ce cas, le sol ne devient plus qu’un simple support.

La Vache Heureuse

Anton Sidler explique que La Vache Heureuse est une structure portée par trois personnes, créée à l’origine pour publier, expliquer et crédibiliser cette manière de faire à partir de résultats plus larges que ceux de leur seule ferme.

Aujourd’hui, il observe que des centaines de fermes travaillent dans ces logiques, parfois en étant passées par eux, parfois par d’autres voies. Il voit aussi que beaucoup de personnes ont pris le relais, ce qui lui fait plaisir. Il considère que cette manière de faire se consolide et que, dans vingt ans, on n’en parlera peut-être même plus comme d’une démarche alternative : ce sera devenu une évidence acquise.

Une critique du modèle agricole dominant

Sa critique vise en bonne partie les façons de faire traditionnelles. Il dit que, lorsqu’on élargit l’analyse au-delà de la seule chimie des produits, du sol ou de l’air, on perçoit aussi des informations, des messages transmis au travers des produits issus d’un sol vivant.

Selon lui, si le sol n’est pas dégradé et peut se développer comme dans une forêt, ces informations reviennent vers l’être humain à travers le lait, les céréales et la viande. Il y voit des conséquences possibles pour la santé, le bien-être, l’eau et l’air.

Il insiste sur le fait que l’eau et l’air sont des éléments que l’on ne peut pas changer facilement : il faut donc raisonner à très long terme. À ses yeux, les cinquante dernières années de chimie agricole, avec l’arrivée des engrais et des pesticides, ont dégradé les sols.

Comment engager la transition

Sur le plan très concret, il explique que la première démarche, si l’on veut aller vers plus d’autonomie et faire évoluer le troupeau comme le sol, est de ne rien changer tant qu’on n’a pas suffisamment de stock.

Il entend par là à la fois des stocks de fourrages, des marges économiques et une certaine sécurité. Un changement entraîne toujours un peu de pertes et des erreurs au début. Il faut donc disposer d’une réserve. Il compare cela à la trésorerie : ce n’est pas quand on est au plus bas qu’il faut tout bouleverser, sauf à être extrêmement bien entouré avec un projet solide.

Concernant le matériel, il affirme qu’il n’est pas forcément nécessaire de changer toutes les machines. On peut déjà faire beaucoup avec ce qui existe. Pour certaines interventions spécifiques, comme du semis direct particulier, il peut être utile de faire appel à un collègue ou à un entrepreneur. Il souligne qu’un semoir spécialisé coûte toujours beaucoup moins cher en prestation qu’en investissement individuel.

L’importance de ne pas rester seul

C’est un message qu’il répète à plusieurs reprises : il ne faut jamais rester seul. Il faut commencer en s’entourant, toujours, avec un groupe d’échange, d’autres collègues, des structures comme La Vache Heureuse ou d’autres organisations.

Il observe que la plus grande difficulté de toutes ces démarches, c’est qu’elles peuvent conduire à l’isolement. Lorsqu’on change de pratiques, on se coupe parfois de ses anciens partenaires ou de son environnement habituel, et l’on reste constamment en train de se demander si l’on est sur le bon chemin. Pour avancer, il faut parfois accepter de fermer certaines portes et de décider de poursuivre avec un nouveau cadre de référence, afin de ne pas douter en permanence.

Il compare cela à une conversion au bio : cela ne se fait pas d’une année sur l’autre sans préparation. Il faut se préparer par la formation, par l’économie, par l’organisation des fourrages. Et ici c’est pareil : il faut prendre confiance progressivement.

Avancer par petites étapes

Il conseille de commencer modestement, par exemple sur 2 ou 3 hectares. Il ne sert à rien de vouloir transformer 30 hectares d’un coup. On peut commencer avec une parcelle, puis en faire trois l’année suivante, et ainsi de suite.

Cette progressivité permet de se rassurer soi-même, d’apprendre, de construire son savoir-faire et d’avancer étape par étape.

Retrouver du sens et du bonheur dans le métier

En conclusion, Anton Sidler dit constater quelque chose de très fort chez les agriculteurs avec lesquels ils travaillent : les familles, et pas seulement les exploitants, deviennent beaucoup plus heureuses.

Selon lui, cela vient du fait qu’elles retrouvent une satisfaction dans leur travail. Elles ont le sentiment de faire quelque chose de bien. Elles se remettent aussi à observer leurs parcelles, parfois avec une bêche, pour surveiller non pas dans une logique de contrôle, mais pour voir ce qui se passe réellement dans la nature chez elles. Beaucoup ne le faisaient plus auparavant.

Pour lui, cela signifie qu’ils redeviennent véritablement « les seigneurs de la terre ».