Qu'est ce qu'un GIEE ?
![]()
Un GIEE, qu’est ce que c’est ? Aude Rives, animatrice au sein de MSV Normandie vous explique ce qui se cache derrière cet acronyme !
Si vous êtes maraîchers et vous souhaitez écouter des retours d'expériences sur le fonctionnement d’un GIEE, vous avez l'opportunité d’écouter Nicolas, Régis et Hadrien.
Vous pouvez aussi retrouver le portrait de ferme de Nicolas et Régis sur Triple Performance : https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Ferme_le_Pot%27A%27G%C3%A9g%C3%A8ne_-_ITK_Mara%C3%AEchage_Sol_Vivant,_agroforesterie_et_poules_pondeuses_sur_petite_surface
Présentation du GIEE
Dans cette vidéo, il est expliqué ce qu’est un GIEE, en quoi cela consiste, qui le porte, et comment en réaliser un ou en faire partie.
Le terme correctement utilisé est GIEE, pour Groupement d’intérêt économique et environnemental.
Avant d’entrer dans les explications générales, la vidéo donne la parole à une animatrice de GIEE :
Bonjour à tous, je suis Aude de Rivoyre. Je suis animatrice au sein de l’association Maraîchage sol vivant et j’anime actuellement un GIEE composé de dix maraîchers qui ont souhaité travailler pendant trois ans sur l’évaluation de la qualité gustative et nutritionnelle des légumes en agriculture de conservation afin de valoriser la filière.
Le rôle de l’animatrice
Aude de Rivoyre décrit son rôle d’animatrice au sein du collectif. Son travail consiste à :
- animer le groupe ;
- maintenir une cohésion entre les maraîchers ;
- organiser des visites de fermes ;
- préparer et coordonner les réunions de terrain ;
- organiser les formations pour faire monter les maraîchers en compétences ;
- réaliser le bilan des trois années de travail ;
- capitaliser l’ensemble des informations récoltées.
L’animation apparaît donc comme un élément central du fonctionnement d’un GIEE, puisque le groupe ne se limite pas à des échanges informels : il repose sur une organisation collective, un suivi dans le temps et une mise en valeur des résultats obtenus.
Les objectifs d’un GIEE
La vidéo explique qu’un GIEE est un regroupement de plusieurs maraîchers qui se réunissent afin de dialoguer et d’échanger sur une thématique, le tout accompagné par un animateur.
Ce cadre permet :
- de discuter de nouvelles méthodes de culture ;
- de partager des expériences entre maraîchers ;
- de travailler collectivement sur une problématique commune ;
- d’envisager de nouvelles façons de faire ;
- de rechercher une meilleure productivité pour les exploitations ;
- de générer des bénéfices ;
- de respecter à la fois les dimensions environnementales et humaines.
Le GIEE est ainsi présenté comme un outil collectif permettant de concilier performance économique, amélioration des pratiques et prise en compte de l’environnement.
Retour d’expérience de maraîchers participant à un GIEE
La vidéo propose ensuite plusieurs témoignages de maraîchers ayant participé à un GIEE.
L’un d’eux explique avoir pris part pendant deux ans à un GIEE sur la qualité des légumes en non-travail du sol. Sa ferme est engagée depuis le début dans ce GIEE, qui arrive à la fin de son cycle de trois ans. Le travail a notamment porté sur la tomate et la carotte, avec l’objectif de vérifier si l’absence de travail du sol avait un impact sur la qualité des légumes.
Un autre témoignage précise que, lors de la troisième année, le groupe s’est particulièrement focalisé sur l’étude de la tomate. Chaque participant suivait un protocole un peu scientifique, avec des relevés réguliers du taux de sucre dans les tomates, complétés par des analyses en laboratoire.
Les maraîchers soulignent plusieurs intérêts à participer à un tel collectif :
- se retrouver entre collègues maraîchers ;
- échanger sur les pratiques ;
- savoir où chacun en est dans ses expérimentations ;
- mieux connaître les légumes et les productions ;
- obtenir des informations qu’il serait difficile de produire seul ;
- donner une dimension de recherche plus solide aux expérimentations menées sur les fermes.
Ils insistent aussi sur le fait que cette démarche permet de mettre des données scientifiques sur des pratiques du quotidien. Le cadre collectif impose une rigueur et un protocole partagé par tous les membres du GIEE.
Parmi les moments marquants évoqués figurent :
- les tests de dégustation ;
- les mesures de degrés Brix ;
- les temps de restitution des résultats ;
- les échanges entre maraîchers lors des réunions.
Les participants expliquent également que les résultats peuvent ensuite être valorisés auprès des clients, notamment sur les marchés, en expliquant par exemple les pratiques de non-travail du sol et leurs implications.
Enfin, ils présentent le GIEE comme une expérience stimulante, qui ajoute une nouvelle dimension à un métier souvent exercé de façon isolée, entre production et vente. Le travail collectif est décrit comme une « bouffée d’air » et comme quelque chose de motivant.
La durée d’un GIEE
La vidéo précise qu’un GIEE dure au minimum trois ans et peut aller jusqu’à neuf ans.
Un bilan des projets doit être réalisé tous les trois ans afin de partager un retour d’expérience et de faire le point sur les travaux menés.
Le financement d’un GIEE
Si un collectif souhaite mettre en place un GIEE, certaines dépenses peuvent faire l’objet d’un financement public pouvant aller jusqu’à 80 % des dépenses éligibles.
La vidéo cite notamment les dépenses liées à :
- l’animation ;
- le pilotage du GIEE ;
- la formation des agriculteurs du collectif ;
- la recherche ;
- l’expérimentation ;
- la diffusion des données.
Cet appui financier est présenté comme un levier important pour structurer les projets collectifs sur plusieurs années.
Les prochains GIEE annoncés
La vidéo se termine par un appel à rejoindre les prochains GIEE portés par l’association Maraîchage sol vivant pour la période 2024-2026.
Les personnes intéressées sont invitées à contacter directement l’association, en demandant soit Aude, soit Alexandre.
Trois grands sujets de travail sont annoncés.
L’arbre au sein des systèmes maraîchers
Le premier sujet portera sur l’arbre dans les systèmes maraîchers. Il sera question :
- de la valorisation de la haie bocagère ;
- de l’implantation d’agrumes en Normandie ;
- de l’implantation de vignes ;
- de l’implantation de forêts-vergers.
Ce premier sujet se situera dans la Manche, en Basse-Normandie.
La modélisation des coûts des itinéraires techniques
Un deuxième GIEE, situé en Haute-Normandie, portera sur la modélisation des coûts des itinéraires techniques.
La maîtrise des couverts végétaux et de la flore spontanée
Un troisième GIEE, également en Haute-Normandie, travaillera sur la maîtrise des couverts végétaux et de la flore spontanée.
Conclusion
La vidéo présente le GIEE comme un cadre collectif structuré, animé et financé, qui permet à des maraîchers de travailler ensemble sur des problématiques communes, de tester des pratiques, de produire des références et de partager leurs résultats.
Au-delà des aspects techniques, les témoignages insistent sur l’importance de la dynamique de groupe, des échanges entre pairs et de la montée en compétences que permet ce type de démarche.