Lutter contre les mouches en élevage

De Triple Performance
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L'arrivée des beaux jours et de la chaleur s'accompagne souvent de la prolifération des mouches en élevage. Il existe plusieurs moyens pour lutter contre les mouches[1] :


Prévention

La propreté des bâtiments d’élevage est l'un des principaux leviers dans la lutte contre la prolifération des mouches. Les conditions favorables au développement des mouches sont les milieux non-piétinés par les animaux, humides et chauds.

Ainsi, les fumiers, les parties solides surnageantes des fosses à lisier et les matières en décomposition constituent des milieux favorables.


Voici donc quelques rappels :

  • Limiter voire éliminer les stocks de fumier : stockage au champ des derniers stocks, si possible, à plus de 500 m des maisons d’habitation, des bâtiments d’élevages et des lieux de pâturages.
  • Dans le cas des fosses à lisier sous les aires de vie des vaches, brasser régulièrement pour détruire les lieux de développement des larves.
  • Veiller à ce que les bâtiments et leurs abords soient propres, secs, sans eau stagnante (pneus de silos, bâches…) et que la litière soit la plus sèche possible.
  • Vérifier la propreté des abreuvoirs et des auges.
  • Évitez de laisser des résidus de lait d’abord dans la laiterie et à proximité du lieu d’allaitement des veaux.
  • Dépoussiérer en particulier les systèmes de ventilation dans les bâtiments, pour assécher le milieu.


Remarque : Le compostage des fumiers est une technique très intéressante dans la lutte contre les mouches car elle détruit la presque la totalité des larves  grâce à l’élévation de température.

Les pièges

Les pièges sont un moyen efficace de réduire le nombre de mouches adultes, particulièrement à l’intérieur des bâtiments.

Différents types de pièges existent :

  • Les pièges englués (rouleau, feuille ou ruban).
  • Les pièges appâtés (pièges odorants).
  • Les désinsectiseurs électriques, à utiliser avec prudence en raison du risque de propagation de pathogènes présents sur l’exosquelette de la mouche lorsqu’elle se désintègre (ne pas utiliser à proximité des aires de traite).

S'ils sont plutôt efficace, l'inconvénient de ces pièges est leur non sélectivité.

Les produits naturels

Les huiles essentielles

Certaines huiles essentielles appliquées aux litières et aux animaux peuvent s’avérer efficaces pour repousser les mouches ou interrompre le cycle des mouches.

  • Méthode 1 :
    • Mettre l’huile essentielle dans un bouchon de shampoing (le shampoing permet de disperser  l’huile dans l’eau)
    • Mélanger ensuite le bouchon dans 5 litres d’eau, à utiliser dans les 3 à 5 min qui suivent.
  • Méthode 2:
    • Mélangez l’huile ou les huiles essentielle(s) à 10% dans l’huile de Cade.
    • Pulvérisez dans les bâtiments.


Toutes les huiles essentielles ne sont pas efficaces dans la lutte contre les mouches :

HUILE ESSENTIELLE % EFFICACITÉ
Basilic 88%
Tea Tree 73%
Citronnelle 58%
Géranium 38%
Eucalyptus 36%
Moringa 20%
Lavande 5%


Cependant, il faut noter que :

  • L’effet est plus répulsif qu’insecticide.
  • L’efficacité des huiles essentielles est très variables selon le stade : 50% sur asticots et mouches adultes, 10% sur les pupes – besoin d’un contact direct pour un effet insecticide.
  • Il n’y a pas ou peu de rémanence.


Attention, naturel ne veut pas dire inoffensif !

Il est préférable de ne pas diffuser les huiles essentielles dans les bâtiments proches de la fromagerie et pendant la traite pour ne pas souiller le lait : l’odeur et éventuellement le goût dans les produits transformés pourraient en être modifiés.

D’autres produits, comme la terre de diatomées, la chaux, ou différents produits dérivés de plantes comme la noix de coco ou le son d’arachide, peuvent être ajoutés aux litières et contribuer à la réduction du nombre de mouches.

La pulvérisation de vinaigre d’alcool dilué sur les pattes, ou sous le ventre des animaux, avant de traire par exemple, est une astuce simple et efficace.

La lutte biologique

L’objectif de la lutte biologique est de trouver l’équilibre entre les différentes populations d’insectes pour atteindre des niveaux de pression acceptables.

Différents auxiliaires peuvent être utilisés :

  • Ophyra aenescens : mouche prédatrice dont les larves se nourrissent des larves de mouches domestiques. 
    • Avantage : Les mouches Ophyra ne vont pas sur les animaux
    • Faire un lâcher tous les 15 jours ou 1 fois par mois selon pression
  • Macrocheles robustulus : acarien prédateur qui a pour cible les œufs et les jeunes stades larvaires de la mouche. Il est peu efficace en milieu sec.
  • Muscidifurax raptorellus et Spalangia cameroni sont des guêpes parasites naturellement présentes à proximité des étables. Elles pondent leurs œufs à l’intérieur des pupes de mouche où une guêpe adulte sortira à la place d’une mouche. Elles ne sont pas aussi prolifiques que les mouches et ont un rythme de développement plus lent.


Pour être efficaces en tant qu’agents de contrôle biologique, les populations naturelles doivent être renforcées par des lâchers fréquents de grands nombres d’individus. Ces prédateurs peuvent réduire jusqu’à 50 % les populations de mouches.

Mise en œuvre

Pour être efficace, l'utilisation des guêpes parasites des mouches doivent se faire sous plusieurs conditions :

  • Démarrer tôt dans la saison (mars-avril voir février si forte pression sur l’année précédente), avant l’apparition des mouches. Continuer jusqu’à la mi-septembre ou jusqu’à la fin de la saison des mouches. Les traitements doivent être renouvelés à intervalles réguliers, afin d’agir sur tous les stades du développement des insectes.
  • Faire un lâcher le jour même du curage ou après avoir renouvelé la litière dans les 2 ou 3 jours suivants. Il faut compter au minimum un lâcher par mois, surtout au printemps et en début d’été. Un lâcher tous les trois mois est plutôt réservé aux bâtiments peu sensibles aux mouches. Un lâcher tous les 15 jours est préconisé pour les zones avec une forte pression.
  • Adapter les doses à apporter en fonction de la pression en mouche. Pour se faire, utiliser des panneaux englués positionnés dans les zones sensibles. Prévoir au moins 4 pièges par bâtiment.
  • Disperser les pupes parasitées autour des aires de reproduction de mouches connues ou faire un trou d’environ 1 cm dans le sol ou dans le fumier, y déposer une poignée de pupes, recouvrir avec de la paille, de la terre ou du fumier pour protéger du vent, des rongeurs et des oiseaux.


Les conditions optimum de conservation des micro-guêpes sont de 10 à 15°C, à l’obscurité pendant 1 à 2 jours avant l’épandage dans le bâtiment.




Annexes


  1. Chambre d'Agriculture Bourgogne Franche Comté, Quelles solutions pour limiter la prolifération des mouches?
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