Associer agriculture et élevage en Afrique

De Triple Performance
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Il s’agit de pratiquer l’agriculture et l’élevage ensemble et de faire le lien entre les deux pratiques en termes de complémentarité.


Contexte

Cette pratique est conseillée dans les situations suivantes :

  • Sol pauvre par manque d'engrais organiques d'origine animale.
  • Alimentation peu diversifiée et essentiellement végétale.
  • Sous-produits des cultures non valorisés.
  • Sources de revenus peu diversifiées.


Portée écologique et intérêts

Cochons nourris avec la jacinthe d'eau issue de la lagune à la Ferme de l'EPMB à Dangbo au Bénin.

L’association de l’agriculture et de l’élevage est intéressante pour les aspects suivants :

  • Les animaux peuvent être nourris avec les résidus et autres sous-produits des cultures, de plus ils peuvent aussi consommer les ravageurs ou les adventices par exemple.
  • La production animale complémentaire à la production végétale que ce soit pour la vente ou la consommation familiale (diversification des revenus et/ou de l’alimentation).
  • Le recyclage des excréments des animaux (mais aussi des os et des plumes) pour maintenir la fertilité du sol et améliorer les rendements agricoles.
  • Les animaux peuvent également participer à labourer et préparer la terre avant une culture, épargnant un certain travail aux paysans.


Le fumier est particulièrement recommandé pour améliorer la fertilité des sols qui ont été dégradés par la culture intensive[1]. Il permet à la fois d’augmenter la matière organique et de fournir les nutriments nécessaires aux cultures[2]. Cependant son utilisation directe comme engrais peut avoir des inconvénients. Le fumier peut sentir mauvais et attirer les mouches ou d’autres indésirables. De plus, sous cette forme, des pertes conséquentes d’azote sont possibles[3]. Il est donc préférable de l’utiliser sous forme compostée.

Les os des animaux (et les restes de poissons) peuvent également être cuits et broyés pour être utilisés comme engrais car ils sont riches en pentoxyde de phosphore (P2O5)[4].


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Conditions préalables

  • Disponibilité en espace et en temps pour la pratique à la fois de l’agriculture et de l’élevage.
  • Compétence et savoir-faire.
  • Disponibilité des animaux (volaille, bovin, etc.).
  • Bonne planification.


Matériel nécessaire

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Il n’existe pas de matériel spécifique pour la pratique qui repose aussi bien sur le matériel utilisé dans l’agriculture que sur celui de l’élevage. À titre indicatif, pour l’élevage, voici le matériel nécessaire et son rôle :

  • Poulailler/bergerie : Abri/habitat.
  • Récipients, seaux  : Conservation de l’eau et de la provende.
  • Mangeoires, abreuvoir : Alimentation des bêtes.
  • Pondoir et perchoir : Ponte et repos des volailles.
  • Pelle, râteau : Nettoyage des abris et manipulation du fumier.
  • Bottes : Protection des pieds.
  • Cache-nez : Protection du nez.
  • Pédiluves : Désinfection des pieds.
  • Balai : Nettoyage des abris.
  • Sécateur : Soins aux onglons.
  • Lame : Castration.
  • Alcool et coton : Désinfection avant et après castration et autres traitements.
  • Matériel de vaccination : Vaccination.
  • Foyer/chauffage : Réchauffement des jeunes poussins.


Matériaux/matières premières

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  • Provende : maïs, riz, sorgho, farine de néré, restes de repas).
  • Eau.
  • Si besoin pierre à lécher, pour apporter les nutriments manquant à la provende.
  • Matériaux de chauffe.


Etapes de mise en place

Les étapes énumérées ci-dessous tiennent compte du principe que l’agriculture se pratique déjà.

  1. Déterminer les animaux à élever et s’assurer de la disponibilité de la provende.
  2. Acquérir le matériel.
  3. Identifier l’emplacement du poulailler, de l’enclos ou de la bergerie.
  4. Construire le poulailler, l’enclos ou la bergerie.
  5. Se procurer les animaux.
  6. Assurer l’entretien et le suivi de l’élevage :
    1. Assurer une alimentation régulière, diversifiée et suffisante.
    2. Castration et vaccination en fonction du type d’élevage (ex.: castration des vieux mâles, castration des jeunes pour l’engraissement rapide, etc.).
    3. Réchauffement des poussins séparés des poules mères.
  7. Collecter les déchets (bouse, fientes, excréments) et les valoriser.
  8. Ramasser les sous-produits agricoles et les utiliser pour nourrir les animaux.


Compostage du fumier

Le fumier peut être incorporé à la fabrication du compost ou alors mis à composter seul :

  • Récolter le fumier, le mettre à l’ombre et en faire un tas en l’humidifiant.
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  • Recouvrir le tas avec de la paille.
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  • Retourner le tas au bout de 2 semaines.
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  • Une fois que le fumier a refroidi, il peut être utilisé directement ou conservé pour des utilisations ultérieures.
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Mode d'utilisation : Le fumier peut être épandu sur la terre avec le même dosage que pour le compost.


Difficultés et contraintes

  • La non maîtrise des techniques d’élevage.
  • La mauvaise gestion du temps entre l’élevage et les cultures.
  • Pénuries d’eau et de fourrage.
  • Accès difficile aux produits vétérinaires.
  • Maladies et morts fréquentes des animaux.


Sources

Manuel des bonnes pratiques agroécologiques - SECAAR.


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Cette page a été rédigée en partenariat avec le projet Urbane et grâce au soutien financier de l'Union Européenne.

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Annexes

  1. Howard, 2011
  2. Seiter and Horwath, 2004
  3. Gliessman, 2014
  4. Haug, 1993
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