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Maïs ensilage

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Le terme de maïs ensilage désigne le maïs, dont la plante entière est appelée maïs fourrage, quand il est destiné à être stocké sous forme d'ensilage.


On peut distinguer le maïs ensilage du maïs grain. Le maïs ensilage est cultivé pour l'alimentation du bétail.


L'utilisation du maïs ensilage en tant que plante fourragère s'est développée dans les années 1960.


Technique de l'ensilage

L'ensilage est une méthode de transformation/conservation en anaérobie et humide de certains végétaux. L’acidité et l’anaérobiose du milieu de conservation bloquent le développement de la flore microbienne responsable de la dégradation de la matière organique exposée à l’air libre.


Matériels

Le maïs ensilage est récolté à l'aide d'une ensileuse. Puis l'ensilage est stocké en tas bâchés (pour créer et entretenir le milieu anaérobie). La récolte du maïs ensilage est plus précoce que celle du maïs grain. Pour récolter le maïs ensilage, la plante doit encore être verte et les grains ne sont pas encore mûrs.

L'ensilage est distribué à l'aide d'une désileuse.


Étapes

Pour la qualité du produit final, une maturité homogène de la parcelle de maïs est recherchée, avec un taux de matière sèche ne dépassant pas 30 à 32 % le jour de la récolte (notamment en cas de chantier unique de récolte, sinon, plusieurs récoltes peuvent être mélangées pour homogénéiser le tout)[1]. Un ensilage idéal présente une proportion d'amidon (jusqu'à 50 % de la matière sèche) et de fibres correspondant au mieux au besoin des bovins d'élevage.


Le produit doit être finement haché, mais le déchiquetage du maïs le rend plus sensible à la déshydratation, les remorques et camions doivent donc être soigneusement bâchés durant le transport, ce qui limitera aussi les pertes par envol. Ensuite, le produit doit être fortement tassé dans, un silo adéquat et correctement fermé, sous peine de le voir se dégrader.


Vient ensuite le temps de la maturation (acidification) du contenu du silo. Selon un sondage effectué en France en 2017 plus de la moitié des éleveurs (59,1 %) ouvrent leur silo de maïs trop tôt (ils attendent deux semaines au plus avant d'entamer ce stock et 26,4 % attendent même moins d'une semaine, ce qui est très insuffisant : la stabilisation du produit nécessite 30 à 45 jours. Si l'ensilage est ouvert plus tôt, cette nourriture sera mal digérée par les bovins. Un silo tampon est parfois recommandé au moment de la mise en silo de la nouvelle récolte de l'année, avec ajout d'un conservateur (acide, inoculat bactérien...) pour acidifier plus vite la matière et permettre sa conservation ; afin de permettre de nourrir durant un mois au moins les bovins, avant d'entamer le silo principal qui aura eu le temps de suffisamment maturer.[2]


Qualité du produit

Elle se mesure via plusieurs indicateurs dont :

  • Matières sèches (MS) : Le taux de MS varie selon le stade de récolte et les conditions de transport et conservation du maïs (30 à 32 % de MS au moment de la récolte est l'idéal)
  • Matière azotée totale (MAT) : c'est l'un des descripteurs de la valeur protéique du maïs. Le maïs contient en moyenne 7 % de MAT, c'est-à-dire bien moins que l'herbe et dans tous les cas pas assez pour répondre aux besoins azotés du bovin, mais même aux besoins des microorganismes de son rumen. Un complément azoté (et en minéraux) est donc nécessaire
  • Cellulose brute (CB) représente la teneur en parois végétales. La valeur idéale se situe entre 18 et 22 % de MS. Si elle est trop faible, la ration devra être corrigée en celluloses et en fibres
  • absence de fermentation alcoolique
  • teneur adéquate en minéraux et oligoéléments
  • absence ou présence sous les seuils de sécurité de métaux lourds, métalloïdes, pesticides, radionucléïdes et autres substances polluantes ou indésirables
  • absence de terre et/ou de corps étrangers (débris de métal, de verre, grenaille de chasse, etc.)


Le Maïs est une plante qui demande beaucoup d'eau. En cas de sécheresse estivale au moment de la floraison ou ensuite (août) la récolte doit donc être plus précoce (pour éviter le dessèchement de la plante). Par exemple en climat continental plutôt chaud et sec l'ensilage se fera entre le 15 et le 30 août.


Si les grains n'ont pas pu se former, le maïs reste un aliment possible pour les bovins dans le cas de variétés demi-tardives et tardives qui produisent des tiges gorgées de sucres, à bonnes teneurs en énergie (0,96 UFL en moyenne) tout en présentant des taux en MAT (Matière azotée totale) suffisants.


Notamment si les teneurs en glucides solubles étaient importantes au moment de la récolte, des microbes (bactéries, moisissures, levures... indésirables et éventuellement productrices de substances toxiques) peuvent coloniser le front d’attaque du silo si l'exploitant n’avance pas assez vite et/ou si les températures sont élevées, ce pourquoi les silos sont toujours de forme allongée (ce qui limite la section du front d'attaque).


Valeur alimentaire

Sa teneur en protéines est assez faible et il est pauvre en lysine et en méthionine. Il faut donc donner en plus de cet aliment, un complément azoté. Le maïs ensilage a une bonne valeur énergétique. II peut apporter à la vache jusqu'à 80 % de l'énergie. 1,5 kg de maïs, avec un bon complément azoté (soja, colza), suffit pour produire environ 1,5 kg de lait.


Comment choisir ses variétés de maïs ensilage

Choisir une précocité adaptée à son contexte et valoriser le progrès génétique sont les deux clés pour assurer performances du troupeau et rentabilité de la culture.


La précocité : un compromis rendement/qualité

La productivité du maïs fourrage est liée à la précocité. Ainsi, un point d’écart de teneur en matière sèche à la récolte se traduit en moyenne par une production de 0,2 t MS/ha supplémentaire pour une variété plus tardive. Mais cet avantage ne s’exprimera que si l’offre climatique est suffisante. L’essentiel est donc d’adapter la précocité à son contexte, fonction de la zone de culture et de la date de semis (tableau 1). L’objectif sera de récolter un maïs entre 32 et 35 % MS plante entière pour un bon compromis entre rendement, conservation au silo et valeur alimentaire (teneur en amidon, digestibilité des fibres, ingestibilité).


En secteur froid, il faut viser une récolte à au moins 30 % MS, quel que soit le scénario climatique, et avant la mi-octobre. En secteur chaud, l’objectif est de ne pas récolter à surmaturité, tout en valorisant au mieux la température et la lumière disponibles.


Sommes de températures (base 6 – 30°C) nécessaires pour atteindre le stade 32 % MS plante entière, selon le groupe de précocité du maïs fourrage

Source: Arvalis - Institut du végétal


Productivité et régularité pour la performance économique

La productivité est un critère de choix important pour la performance économique. A précocité identique, un écart de 5 % de rendement se traduit par un écart de recettes du même ordre. En production laitière, le rendement du maïs fourrage étant synonyme de stock fourrager, la régularité est à prendre en compte, notamment dans les secteurs à alimentation hydrique limitée, pour assurer chaque année la ration hivernale du troupeau. Pour ce critère, il faut prendre en compte la régularité des performances multi-sites et surtout pluriannuelles dans les résultats d’essais.


Le progrès génétique pour les variétés de maïs fourrage est estimé entre 0,13 et 0,18 t MS/ha/an. Intégrer régulièrement des variétés récentes dans son assolement permet de valoriser ces gains de productivité.


Tenue de tige et tolérance aux maladies pour la sécurité

Depuis une vingtaine d’années, le progrès génétique en matière de « tenue de tige » est manifeste. Il permet de sécuriser le rendement et la qualité du fourrage récolté. Lors du choix variétal, la vigilance reste de mise, surtout en cas de risque de récolte tardive.


La tolérance à l’helminthosporiose dans les zones à risques endémiques (Bretagne et sud Aquitaine notamment) est à considérer pour préserver le potentiel de production et réduire le risque infectieux dans un secteur donné.


La valeur énergétique, clé de la production laitière

La valeur énergétique du maïs fourrage est estimée par la concentration en UFL (Unité Fourragère Lait). Pour des vaches qui produisent 20 à 30 kg de lait par jour et qui consomment 16 kg MS de maïs, un écart de 0,035 UFL se traduira par une différence de production de l’ordre de 1 kg de lait par vache et par jour. A noter qu’une faible valeur UFL ne peut être compensée par une ingestion supérieure.


La construction de la valeur UFL est à prendre en compte également. Les variétés avec un profil énergétique équilibré entre la concentration en amidon et la digestibilité de la partie tiges + feuilles présentent l’avantage de s’adapter à tous les types de ration. Plusieurs critères permettent de caractériser la digestibilité des fibres :

- le dMOna (digestibilité de la matière organique, hors amidon) caractérise la digestibilité de la partie tiges + feuilles,

- le dNDF renseigne sur la digestibilité des parois végétales NDF.


Il existe des différences significatives de valeurs alimentaires entre variétés, mais l’impact des conditions de culture est lui aussi très important. Le respect du stade de récolte optimal - entre 32 et 35 % MS - est indispensable pour valoriser la qualité intrinsèque des variétés.


En résumé : un choix multicritères et une bonne gestion du risque

Un choix variétal raisonné doit s’appuyer sur des résultats d’essais fiables et représentatifs. Le bon compromis précocité – productivité est la priorité, sans oublier la régularité des performances.


En situation à risque particulier (récolte tardive, risque maladies), le choix variétal intégrera des critères supplémentaires.


En maïs fourrage, il existe des écarts significatifs de valeur alimentaire entre variétés, indépendamment des conditions de culture et de la date de récolte qui reste primordiales pour assurer la qualité du produit conservé puis distribué.


Pour une bonne gestion du risque, il est préférable de choisir plusieurs variétés sur l’ensemble de la sole maïs fourrage. Les « valeurs sûres », évaluées en situations variées depuis 2 ou 3 ans, tiendront une place principale. Pour préparer les prochaines campagnes, des nouvelles variétés performantes pourront être essayées sur une partie de la sole.


Pour en savoir plus sur le choix des variétés de maïs ensilage: PLUS DE 400 VARIÉTÉS DE MAÏS COMPARÉES SUR LES PRINCIPAUX CRITÈRES DE CHOIX

Annexes

Cette culture est évoquée dans les exemples de mise en œuvre suivants :


Voir les cultures suivantes :

Guides et outils renseignant ce sujet


Pratiques s'appliquant à ce type de culture


Sources

  • Christophe Diss (2017) Maïs fourrage ; Panacher ses indices de précocité pour une maturité homogène à l'ensilage Web-Agri ; publié 30/11/2017 | Terre-net Média
  • Web-Agri (2017) Sondage Terre-net Média : Maïs fourrage - La majorité des éleveurs attendent deux semaines avant d'entamer le nouveau silo. C'est un minimum !