Hydroseeding

L'ensemencement hydraulique ou hydroseeding, hydromulching ou encore hydro-ensemencement est une pratique qui permet de semer facilement et rapidement sur des espaces où l’on ne pensait pas pouvoir le faire. En France, son application concerne les abords d’autoroute, les centrales solaires, l’agriculture et maintenant les zones de réaménagement de bassin versant par les pratiques d’hydrologie régénérative.
Origine
L’origine du procédé date de la fin des années 1940, dans le Connecticut, où l'administration américaine routière cherche à végétaliser des talus trop raides et trop instables pour être semés à la main. L’idée émerge d’une suspension de graines dans l'eau qui peut être projeté. En 1953, Charles Finn industrialise l'idée avec le premier « Hydroseeder » une cuve de 800 L, une agitation mécanique, une pompe et une lance. Le principe n'a pas varié depuis : un mélange de semences et de fibres projetées sous pression pour végétaliser des zones difficiles d’accès ou non adaptées au semis traditionnel.
Sa pratique aux USA se généralise avec les politiques de conservation des sols et la lutte contre l’érosion. L’hydroseeding devient le moyen le plus sûr pour assurer la stabilisation des sols et leur revégétalisation de manière assurée.
En France
Le procédé gagne l'Europe dans les années 1970 et la filière se structure progressivement. En France, la diffusion se fait essentiellement par le développement des grands projets (autoroutes, ferroviaire, domaines skiables).
Des techniques variables apparaissent depuis l’application de la loi « zéro phyto » de 2017 pour maintenir des espaces végétalisées en zones urbaines, avec des espèces locales, favoriser la biodiversité et créer des espaces naturels en ville. Parmi ces variables, on retrouve l’hydromulching qui consiste en la projection de « mulch densifiés » afin d’améliorer et de protéger les réalisations récemment plantées.
Usage

Centrales solaires
L’hydroseeding gagne les parcelles agricoles et les centrales solaires afin de végétaliser des zones compliquées d’accès.
En agriculture-horticulture, les applications concernent surtout les sols battants, les ravines et berges non accessibles au semoir, les talus de parcelle et la reprise de bandes enherbées à proximité des cours d’eau. En viticulture, le semis de couverts végétaux au pieds des vignes apparait comme extrêmement pertinent. Dans la production d’asperges, on retrouve une application pour le semis de couverts végétaux en inter-rang pour protéger des vents desséchants et conserver une zone humide au sol.
Sur les centrales solaires, l’hydroseeding répond au fait de pouvoir végétaliser sous les panneaux solaires inaccessibles à un semoir en assurant le développement de cortège floristique diversifié et mellifère favorable à la biodiversité environnante. Également, les zones difficiles d'accès, fronts de taille, remblais raides, berges, abords d'ouvrages sont des zones où la projection hydraulique permet de végétaliser là où aucun autre engin de semis ne peut accéder.
Hydrologie régénérative
C'est peut-être le débouché le plus intéressant actuellement pour massifier la revégétalisation locale avec le maximum de résultat tout en évitant le développement d’espèces invasives. Une baissière ou une noue végétalisée avec une haie n'est stable qu'une fois enherbée et sa fenêtre critique se situe dans les semaines qui suivent le terrassement.
L'hydroseeding assure une végétalisation sur la noue : le fond, les flancs et le merlon aval, y compris les pentes inaccessibles au semoir, et permet d’assurer une protection de l’ouvrage de l’érosion. Le recours à des semences d'origine local apporte des écotypes déjà adaptés au contexte pédoclimatique, mieux armés face aux étés secs et sécurise le volet écologique auprès des services instructeurs.
À l'échelle d'un projet, cela transforme un ouvrage hydraulique basique en un linéaire fonctionnel riche de biodiversité dès la première saison.
Conclusion
Ce que l'hydroseeding apporte c’est une implantation sécurisée d’un couvert végétal sur un espace difficilement accessible et moyennement favorable à recevoir une végétation. Il permet de couvrir vite et à grande échelle des sols que rien d'autre ne permet de semer, au moment précis où ils sont le plus vulnérables.
Dans un contexte de réchauffement climatique où les épisodes pluvieux se concentrent aléatoirement et où chaque chantier laisse une fenêtre d'exposition assez courte, cette capacité à revégétaliser rapidement des territoires, routiers, agricoles, solaire ou d’hydrologie régénérative permet d’assurer le maillon végétal d’un aménagement.
Sources
La version initiale de cet article a été rédigée par Christophe Foti (Vegelande Est) et Xavier Riveau (Sillons & Co).