Charançon de la tige du colza

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Charançon de la tige du colza. Source : Terres Inovia.
Ravageur
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Le charançon de la tige du colza (Ceutorhynchus napi) occasionne des éclatements de tige très pénalisants pour la culture. Pour ce ravageur, un piégeage à la parcelle donnera une alerte mais l'analyse de risque en réseau est à privilégier par rapport à une simple observation en parcelle isolée. D'une manière générale, les pontes sensibilisent les plantes aux stress ultérieurs et limitent leurs capacités de compensation. Un stress hydrique sur un colza affaibli préalablement par le charançon de la tige est ainsi plus dommageable.



Description

Larve de charançon de la tige du colza. Source : Terres Inovia.

Adulte

  • Couleur gris cendré.
  • Extrémités des pattes noires.
  • Taille de 3 à 4mm.


Larve

  • Corps blanchâtre, tête noire à brun clair, pas de pattes visibles.
  • 7 à 8 mm maximum.


Ne pas le confondre avec le charançon de la tige du chou, de couleur gris clair avec des pattes rousses, qui est inoffensif.

Charançon de la tige du choux. Source : Terres Inovia.


Symptômes sur le colza

La nuisibilité liée au charançon de la tige du colza est liée à la ponte qui engendre une réaction des tissus de la plante.

Les symptômes observables sont alors :

  • Renflements et déformations des tiges.
  • Éclatement de la tige longitudinalement.
  • Dépérissement des plantes touchées gravement.

Les pertes de rendement sont particulièrement aggravées en conditions sèches.

Eclatement de la tige du colza dû au charançon de la tige. Crédit photo : Aurore Baillet.


Période de présence

Selon les conditions climatiques, le vol peut être précoce (mi-février) ou tardif (courant mars).

Période de présence :

J F M A M J J A S O N D



Méthode d’observation

La mise en place d’un réseau de pièges et la bonne identification des insectes capturés restent les meilleurs indicateurs pour appréhender le risque encouru par la culture.

Quand surveiller

Attention : La surveillance n’est utile qu’entre le stade C1 (apparition des premiers entre-nœuds, si absence d’élongation à l’automne) et le stade E (boutons séparés, les pédoncules floraux s’allongent). A partir du stade C2 (entre-nœuds visibles et apparition de tige tendre) du colza, les œufs déposés par le charançon dans les tiges engendrent d’autant plus de dégâts apparents (tige éclatée ou déformée) que la ponte s’effectue dans une tige en croissance rapide.


La cuvette jaune

Cuvette jaune pour repérer l’arrivée des du charançon de la tige. Source : Terra.
  • La cuvette doit être installée dès le démarrage de la végétation à 10 mètres de la bordure et au soleil afin de représenter le risque maximal.
  • Chaque semaine il faut remonter la cuvette sur sa tige pour qu’elle soit toujours légèrement au-dessus du colza.
  • On met un peu d’eau dans la cuvette avec un mouillant (liquide vaisselle) afin que les insectes ne ressortent pas. Cette eau sera changée régulièrement.
  • Chaque semaine on détermine et on dénombre les insectes présents dans la cuvette.


Leur mise en place en amont de l’arrivée des insectes dans les parcelles est indispensable car cela permet ainsi de détecter les vols de ravageurs. La reprise d’activité du charançon de la tige se fait à la faveur de températures douces, autour de 9-10°C. À partir de 12°C, le vol se généralise. Identifier la date d’arrivée est primordial pour raisonner la date d’intervention.


Pour ce ravageur, un piégeage à la parcelle donnera une alerte mais l'analyse de risque en réseau est à privilégier par rapport à une simple observation en parcelle isolée.


Intervention

L’état de la culture, son stade et sa hauteur de tige ou bien encore le nombre de captures dans une cuvette jaune ne sont pas suffisants pour décider d’une intervention ou d’une impasse insecticide à l’échelle de la parcelle.


En revanche, la rétrospective des dernières campagnes montre que les années avec des vols précoces et massifs sont les années où l'on constate le plus de dégâts (fréquence et intensité) dans les parcelles à l’échelle d’un territoire (2019 et 2021 dans le schéma ci-dessous)[1]. Ces années se caractérisent par ailleurs souvent par un second pic de vol fin mars – début avril :

Nombre moyen cumulé d'insectes par pièges et par semaines entre 2017 et 2021 sur le territoire Lorrain. Source : Sources BSV Lorraine, données Vigicultures.


Intervenir au pic de vol

Pas de précipitation pour intervenir lors des premiers piégeages, les femelles ne sont pas aptes à pondre à leur arrivée dans les parcelles. ​​​​​​​Il faut compter entre 7 et 10 jours avant les premières pontes. Inutile de traiter lorsque les premières femelles sont capturées, car le risque est maximal lorsqu’une majorité d’individus est présente sur la parcelle.


Pour sécuriser sa production, il faut donc intervenir 7 à 10 jours après les premières captures "significatives" (environ 4-5 insectes minimum) ou idéalement au pic de vol régional (consulter le Bulletin de Santé du Végétal de votre région pour connaître la date du pic de vol à l’échelle du territoire). L’objectif est d’intervenir lorsqu’un maximum d’insectes est dans la parcelle et avant qu’ils ne débutent la phase active de ponte.


Une intervention trop précoce risque de ne pas couvrir le risque lié à des arrivées plus tardives. Il vaut donc mieux patienter quelques jours, même s’il est vrai que l’organisation des chantiers (semis, azote...) et les conditions météorologiques peuvent compliquer la mise en œuvre à cette période de l’année. ​​​​​​​Bien sûr, si des piégeages très importants ont été observés depuis plus de 5 jours et si la météo annoncée n'est pas bonne(fortes pluies empêchant une intervention), il peut être pertinent de ne pas attendre. Il ne faudra pas négliger les infestations ou ré-infestations tardives.


Dans le cas où aucune capture significative n’est enregistrée, il faudra vérifier que la cuvette soit correctement positionnée et poursuivre le suivi sur la parcelle. Parallèlement il faut se renseigner sur la situation des parcelles alentours et suivre l’évolution des captures du réseau de surveillance via le BSV.


Exit le seuil "tige 20 cm" : des éclatements de tiges peuvent survenir sous les bouquets floraux jusqu’au stade boutons (D2 - E). Généralement, une seule intervention bien positionnée suffit à maîtriser la majeure partie du risque. Toutefois, s’il survient un second pic de vol 2-3 semaines après l’application, une nouvelle intervention peut s’envisager.


En 2021, l’étalement du vol (février à avril) avec un second pic fin mars-début avril, a rendu difficile le positionnement des interventions insecticides et explique les symptômes de tiges déformées et la présence de larves dans les tiges. La couverture début mars n’a pas suffi à couvrir la période de risque.


Niveau de pression

Si la présence du charançon de la tige est avérée autour de la parcelle, il faut alors accentuer la régularité de la surveillance.

  • Faible : Observation d’un individu dans la cuvette jaune.
  • Moyen : Observation de plus d’un individu dans la cuvette jaune.
  • Fort : Observation de plus d’un individu dans la cuvette jaune et des premières pontes, lorsque la température maximale journalière de l’air dépasse 9-10 °C.

Les niveaux de pression sont donnés à titre indicatif et ne sauraient refléter une précision exacte de gravité d’infestation à un instant T ou de dommages ultérieurs. D’autres facteurs propres à la culture et à la dynamique d’évolution des symptômes ou infestations interviennent.


Les solutions insecticides

En cas de traitement, faire attention aux abeilles. Le colza est une plante mellifère très visitée par les insectes pollinisateurs ! Si un traitement phytosanitaire est envisagé, il faut respecter les règles définies par la réglementation. Réaliser le traitement tard le soir permettra à la plante d’avoir toute la nuit pour absorber le produit.

  • Les références DECIS PROTECH 0.33 l/ha et KARATE ZEON 0.075 l/ha sont efficaces pour réduire les dégâts du charançon de la tige du colza (réduction du nombre de tiges déformées et/ou éclatées).
  • SMART est inférieur aux références(synthèse des essais 2007-2021 Terres Inovia à retrouver ici).


Attention : Veiller à réserver les produits TREBON 30 EC ou MAVRIK SMART pour la lutte éventuelle contre méligèthes entre les stades D1 et E-F1. A noter qu’en cas de risques simultanés de méligèthes et charançons de la tige, mieux vaut privilégier TREBON 30 EC pour lutter contre les 2 cibles à la fois.



Les leviers agronomiques

L'objectif va être de faire en sorte d'avoir un colza robuste qui sera plus résilient face aux attaques de charançons. Pour cela plusieurs leviers agronomiques peuvent être mis en place :

  • Décalage de la date de semis.
  • Plantes compagnes.
  • Atteinte des états clés.
  • Choix de la variété.
  • Avoir une croissance dynamique non stop du colza pendant l'automne et pour cela une gestion fine de la fertilisation azotée est nécessaire.

D'autres leviers sont en cours d'étude comme le pâturage par des ovins.


Evaluer la quantité d'azote dans le sol

Les quantités d’azote absorbées à l’automne sont très variables d’une situation à une autre, et nécessitent donc d’être évaluées : la pesée de biomasse en sortie d'hiver est incontournable. Après quoi, les apports seront réalisés selon l’état du colza, et la dose totale d’azote à apporter.

En pratique :

  • Prélever et peser la biomasse aérienne de colza sur 1 m² dans le cas d’un semis au semoir céréales ou bien l’équivalent pour les semis au monograine (1.67 mètre linéaire pour un écartement à 60 cm ou 1.25 mètre linéaire pour un écartement à 80 cm).
  • Une fois les pesées réalisées, les valeurs doivent être saisies dans l’outil Réglette Azote colza®, au même titre que l’objectif de rendement (moyenne olympique des 5 dernières années).
  • L’outil calcule alors la dose d’azote à apporter sur la parcelle.


Résultats [2]:

  • Pour les "petits colzas" (biomasse < à 1kg), n’ayant stocké que peu d’azote avant la reprise de végétation, il est recommandé de réaliser un premier apport (pas plus de 50 unités) dès l’émission de nouvelles feuilles, en reprise de végétation.
  • Les "gros colzas" (biomasse > à 1.5 kg), ne présentant pas de signes de faim d’azote, ont stocké suffisamment d’azote pour assurer la reprise végétative voire même le début de la montaison, c’est dire la production de tige, pour les plus gros.
  • Pour les colzas dont la biomasse est comprise entre 1 kg/m² et 1.5kg/m², le premier apport se fait en fonction de l’état des colzas, en repérant notamment d’éventuels signes de faim d’azote (rougissement).


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Cet article a été écrit en partenariat avec Agrifind et Terres Inovia.

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Sources


Annexes

S'attaque aux cultures

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