Blé associé contre les ravageurs d'automne : retour de 3 ans d'essais
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Cette vidéo est une rediffusion du webinaire de restitution du projet ICIBA (Intérêts des Cultures Innovantes de Blé Associé) porté par la Chambre d'agriculture Centre-Val de Loire entre 2020 et 2023. Sont présentés les résultats de trois ans de recherches sur l’intérêt du blé tendre associé avec des plantes compagnes pour lutter contre les pucerons d’automne vecteur de la JNO et de la maladie du pied chétif. 🌾🌾
Pour en savoir plus, rendez-vous sur leur chaîne Youtube : https://www.youtube.com/@chambredagriculturecentre-9183 ou leur site internet : https://centre-valdeloire.chambres-agriculture.fr/
Blé associé contre les ravageurs d’automne : retour de 3 ans d’essais
Ce webinaire présente les résultats du projet « Ici-Bas », une expérimentation menée entre 2020 et 2023 visant à évaluer l’intérêt d’associer le blé à des plantes compagnes pour limiter les ravageurs d’automne, en particulier les pucerons (vecteurs de la jaunisse nanisante de l’orge - JNO) et les cicadelles (vectrices de la maladie des pieds chétifs).
Contexte et objectifs
Les dégâts de viroses sur céréales peuvent entraîner des pertes de rendement importantes (jusqu’à 40 quintaux/hectare pour la JNO et plus de 70 % pour les pieds chétifs). Suite à l’interdiction des néonicotinoïdes en 2018, la lutte chimique repose désormais sur des insecticides en végétation à l’efficacité limitée.
L’hypothèse du projet était que les plantes compagnes pourraient perturber les ravageurs (perturbation olfactive, visuelle ou physique) ou favoriser leur régulation naturelle par des auxiliaires (parasitoïdes, coccinelles, syrphes, carabes, araignées) en leur fournissant des ressources alimentaires à l’automne.
Le projet s’est articulé autour de trois axes :
- Screening en micro-parcelles : Évaluation de la faisabilité technique de différentes associations (féverole, pois, vesce, etc.).
- Essais en grande bande : Suivi des ravageurs, des auxiliaires et des rendements à plus grande échelle.
- Valorisation et diffusion : Création de recommandations techniques pour les agriculteurs.
Résultats des essais en micro-parcelles
Les tests ont porté sur huit espèces semées un mois avant le blé.
- Développement des couverts : Globalement faible en raison d’années sèches. La féverole, le pois et la vesce ont été retenus pour leur capacité à produire un couvert significatif.
- Rendement et qualité : Les différences entre les modalités traitées et non traitées étaient peu significatives, faute de pression parasitaire importante sur les sites d’essais. L’impact sur le taux de protéines a été jugé négligeable (+/- 0,2 %).
Résultats des essais en grande bande
Les essais ont comparé un témoin (blé seul) à des associations blé-féverole, blé-pois et blé-vesce.
- Rendements : Une légère tendance à la baisse (perte moyenne de 5 à 6 quintaux/ha pour les associations) a été observée, particulièrement marquée en 2022 lors d’un échaudage thermique de fin de cycle.
- Viroses : Bien que les résultats soient non significatifs statistiquement en raison de la faible pression virale durant les 3 ans, une tendance montre une fréquence de viroses environ deux fois moindre dans les bandes associées par rapport au témoin.
- Auxiliaires : Les associations ont favorisé la présence de punaises anthocorides et d’hyménoptères parasitoïdes. L’effet sur les carabes et opilons est globalement positif, bien que très dépendant des conditions locales et de l’année.
Analyses biochimiques et nutritionnelles
L’utilisation de techniques d’analyse des profils glucidiques (machine learning) sur les parasitoïdes a montré qu’ils ne semblent pas manquer de nourriture à l’automne dans les parcelles. Lorsqu’il y a beaucoup de pucerons et de miellat, les auxiliaires privilégient ces sources de nourriture disponibles plutôt que le nectar des plantes compagnes.
Recommandations techniques
Pour réussir une association blé-plante compagne :
- Choix de l’espèce : La féverole est recommandée pour sa rusticité, sa facilité de levée et sa tolérance aux herbicides.
- Semis : Réaliser un déchaumage précoce suivi d’un semis des plantes compagnes 3 à 4 semaines avant celui du blé.
- Gestion du désherbage : L’enjeu est de contrôler les adventices sans détruire la plante compagne. Il est préconisé de limiter les doses d’herbicides (notamment le DFF) et de bien gérer le glyphosate en pré-semis du blé.
- Destruction : Une destruction au printemps est préférable pour maximiser les services écosystémiques du couvert, sauf en cas de forte concurrence hydrique ou nutritionnelle avec le blé.
Conclusion
Le projet montre que l’association de culture est une pratique prometteuse mais complexe à mettre en œuvre. Elle offre des bénéfices en termes de régulation biologique et d’apport de [[matière organique]], mais présente un risque économique (perte de rendement) et nécessite une maîtrise technique fine du désherbage. Elle semble particulièrement intéressante dans des systèmes de polyculture-élevage où le couvert peut être valorisé.