Semis direct en Italie avec Andrea Fasolo
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Andrea Fasolo est agriculteur, mais aussi conseiller agricole et chercheur en agriculture. Il s'est spécialisé en agriculture de conservation et travaille dans la région de Padooue. Nous avons eu la chance de pouvoir le rencontrer lors du printemps 2024. Le printemps 2024 a été l'anniversaire du printemps 2020.
Introduction
Dans cette vidéo, nous partons à la rencontre d'Andrea Fasolo, agronome et chercheur à l'Université de Padoue, en Italie. Spécialiste de l'agriculture de conservation, il nous présente sa ferme expérimentale située près de Padoue, une zone réputée pour son dynamisme agricole et ses constructeurs de machines agricoles. Andrea Fasolo y mène des travaux approfondis sur les couverts végétaux, la fertilisation et la gestion du semis direct, avec pour objectif de développer une agriculture résiliente capable de tamponner les extrêmes climatiques.
Parcours et démarche expérimentale
Depuis 2014, Andrea Fasolo a entamé une transition vers le semis direct, cherchant à réduire le travail du sol. Son approche repose sur une passion pour les couverts végétaux, qu'il étudie rigoureusement dans ses parcelles :
- Semis direct intégral : Abandon progressif du labour au profit du semis direct, en maintenant un sol couvert en permanence pour préserver la fertilité et la structure.
- Collaboration scientifique : Ses travaux sont menés en partenariat avec l'institut régional de recherche agronomique, la Venetie Agricoltura.
- Matériel : Il utilise des semoirs de précision (type Gaspardo Directa) adaptés aux conditions locales et aux sols parfois difficiles.
Contexte pédoclimatique
La région, située au nord-est de l'Italie, reçoit environ 800 à 850 mm de pluie par an, avec un climat tempéré. Cependant, les changements climatiques modifient les cycles :
- Distribution des pluies : On observe une alternance de périodes très pluvieuses et de périodes extrêmement sèches, rendant la gestion agricole plus complexe.
- Gestion de la fertilité : La priorité est de construire une résilience du sol pour mieux absorber les chocs hydriques.
Gestion des couverts et fertilité du sol
L'expérimentation porte sur la gestion de la biomasse et l'impact sur les rendements :
- Diversité des mélanges : Bien que certains utilisent 15 à 20 espèces, Andrea Fasolo estime que des mélanges de 3 à 8 espèces permettent d'obtenir les meilleurs résultats, évitant ainsi le gaspillage de semences et la concurrence excessive.
- Indicateurs de santé : Il utilise l'indice QBS (Qualité Biologique du Sol) pour évaluer la diversité des micro-organismes du sol.
- Fertilisation : Les essais comparent trois stratégies : minérale classique, fertilisation avec soufre, et substitution partielle par des bactéries fixatrices d'azote. Les résultats montrent une amélioration de la teneur en protéines et du rendement avec une gestion optimisée des couverts.
Culture du soja et du maïs
- Soja : Il réalise des semis directs de soja dans les couverts, avec un objectif de rendement autour de 35 quintaux/hectare. Il insiste sur la nécessité de gérer les mauvaises herbes (graminées d'été) lors des intercultures pour ne pas compromettre la culture principale.
- Gestion de l'humidité : Andrea Fasolo souligne que le sol couvert, bien que souvent plus frais, maintient une meilleure structure et une meilleure disponibilité en eau pour les cultures de printemps comme le maïs.
- Stratégie de désherbage : L'utilisation du glyphosate en post-semis est pratiquée pour nettoyer les parcelles des graminées agressives (comme le sorgho d'Alep), tout en intégrant des rotations longues.
Conclusion et perspectives
L'expérimentation d'Andrea Fasolo démontre que le semis direct, lorsqu'il est couplé à une gestion fine des couverts végétaux et des apports organiques (compost), permet d'améliorer significativement la structure et la vie biologique du sol. L'enjeu futur reste la maîtrise des coûts de mécanisation et la gestion précise de la compétition hydrique entre les couverts et les cultures de rente. Le chercheur continue de collecter des données à long terme pour valider la pérennité de ces systèmes face aux aléas climatiques croissants.