Fertilisation en agriculture biologique, Loic Prieur

De Triple Performance
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Dans cette vidéo, Loic Prieur partage son expérience approfondie de la fertilisation en agriculture biologique, acquise durant vingt ans d'expérimentations sur les terres argilo-calcaires du Sud-Ouest. L’expert souligne que le raisonnement de la fertilisation en bio reste complexe et souvent guidé par des impératifs technico-économiques plutôt que par une approche agronomique précise. Loic Prieur détaille les enjeux liés à l'efficacité des fertilisants organiques, dont la minéralisation est fortement dépendante des conditions climatiques annuelles. Il explique qu'un apport unique de 80 à 100 kg d’azote par hectare au stade « épi 1 cm » constitue souvent le meilleur compromis pour optimiser à la fois le rendement et le taux de protéines des céréales. Enfin, il aborde les difficultés majeures rencontrées par les agriculteurs, notamment la caractérisation réelle des fournitures du sol, la gestion des adventices et des maladies, ainsi que les nouvelles problématiques posées par les cultures associées.

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Résumé
Dans cette vidéo, Loic Prieur partage son expérience approfondie de la fertilisation en agriculture biologique, acquise durant vingt ans d'expérimentations sur les terres argilo-calcaires du Sud-Ouest. L’expert souligne que le raisonnement de la fertilisation en bio reste complexe et souvent guidé par des impératifs technico-économiques plutôt que par une approche agronomique précise. Loic Prieur détaille les enjeux liés à l'efficacité des fertilisants organiques, dont la minéralisation est fortement dépendante des conditions climatiques annuelles. Il explique qu'un apport unique de 80 à 100 kg d’azote par hectare au stade « épi 1 cm » constitue souvent le meilleur compromis pour optimiser à la fois le rendement et le taux de protéines des céréales. Enfin, il aborde les difficultés majeures rencontrées par les agriculteurs, notamment la caractérisation réelle des fournitures du sol, la gestion des adventices et des maladies, ainsi que les nouvelles problématiques posées par les cultures associées.

Pour en savoir plus sur le Comifer : https://comifer.asso.fr/evenements/#rencontres-cg

Pour voir tout les Actes de la JT 2024 : https://comifer.asso.fr/actes-des-journees-thematiques-2024/

1er février 2024 : Journée Thématique du Comifer organisée au FIAP Jean Monnet (Paris 14è) sur le thème « Quelles pratiques de fertilisation pour accompagner la diversité des systèmes de culture ? »

Autour d’un programme construit en 3 parties : - État des lieux sur la diversité des pratiques de fertilisation - Premiers enseignements pour la gestion de la fertilisation tirés de dispositifs expérimentaux mobilisant des leviers agroécologiques - Nouvelles mesures, méthodes et indicateurs pour raisonner la fertilisation face à la diversité des systèmes de culture

Cette JT présente et analyse la capacité des méthodes actuelles de raisonnement de la fertilisation à couvrir la diversité des systèmes de culture existant et propose, sur la base de résultats d'essais, des évolutions de méthodes et d'outils afin de répondre aux besoins de la profession.


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Introduction

Loic Prieur, fort d’une expérience de vingt ans (1997-2017) au sein du CRAB (Centre régional de recherche et d’expérimentation en agriculture biologique) en Midi-Pyrénées, partage son expertise sur la fertilisation organique en agriculture biologique. Bien qu’aujourd’hui chef de culture sur une exploitation en bio ayant réintégré l’élevage, son intervention se concentre sur les enseignements tirés de ses essais en grandes cultures sur des terres argilocalcaires du Sud-Ouest.

Les pratiques de fertilisation en agriculture biologique

En agriculture biologique, l’achat d’engrais organiques est principalement le fait des exploitations en systèmes de grandes cultures engagées dans les circuits longs (coopératives). Les producteurs en circuits courts utilisent ces intrants de manière plus irrégulière, car ils sont soumis à des contraintes de qualité moindres pour leurs produits finis.

Dans les systèmes de polyculture-élevage, le recours aux engrais du commerce est plus rare. La fertilisation privilégie l’épandage des effluents d’élevage sur les parcelles proches du corps de ferme, tandis que les terres éloignées, plus typées “grandes cultures”, reçoivent des fertilisants du commerce.

La fertilisation ne concerne pas toutes les cultures en raison du coût élevé des engrais. Elle est ciblée sur les espèces exigeantes en azote, en particulier le blé panifiable. Pour répondre aux exigences des débouchés classiques (11,5 % de protéines), la fertilisation organique devient un levier indispensable, tout comme pour d’autres cultures gourmandes comme le maïs.

Résultats d’essais sur la fertilisation du blé

Historiquement, le guano a été utilisé avant son déclin, suivi par des produits à base de fientes de volaille ou des mélanges commerciaux. Les essais ont montré qu’une dose de 80 à 100 kg d’azote par hectare était le compromis optimal entre rendement et rentabilité économique.

Concernant le fractionnement de l’apport, les essais ont démontré que : - L’apport précoce (moitié au semis, moitié au stade épi 1 cm) favorise le rendement mais peine à améliorer la teneur en protéines. - L’apport décalé (stade 2 nœuds) pénalise le rendement mais favorise la teneur en protéines. - L’apport unique au stade épi 1 cm constitue le meilleur compromis.

Efficacité et variabilité des engrais organiques

L’efficacité des engrais organiques (Coefficient apparent d’utilisation - Cau) est limitée par rapport aux engrais conventionnels. Les essais révèlent des taux d’utilisation de 20 à 40 %, et des tests en conditions contrôlées montrent un plafonnement de la minéralisation autour de 60 %. Cette variabilité est exacerbée par : - L’effet année (climatologie) : Les précipitations et températures influencent drastiquement la minéralisation. En année sèche, l’efficacité chute (10-15 %), tandis qu’en conditions hydromorphes, les pertes par dénitrification peuvent rendre l’efficacité quasi nulle. - La nature des produits : La granulation et la finesse de broyage impactent la vitesse de minéralisation. - Le stockage : Le stockage en bord de champ, exposé aux intempéries, altère la qualité des produits et rend le raisonnement agronomique complexe.

Enjeux et limites du raisonnement en bio

Le raisonnement de la fertilisation en bio fait face à deux obstacles majeurs :

  1. La caractérisation des produits : La difficulté à connaître précisément la quantité d’azote réellement disponible pour la plante.
  2. La caractérisation des fournitures du sol : La majeure partie de l’azote provient du sol (précédents légumineuses, reliquats). Le complément apporté par l’engrais est faible, ce qui rend la prédiction précise du besoin très complexe.

De plus, l’augmentation de la fertilisation peut favoriser la pression des adventices (ex: [[folle avoine]]) et potentiellement celle des maladies, qui compromettent la translocation de l’azote vers l’épi. Enfin, les nouvelles pratiques comme les cultures associées (blé-féverole, etc.) manquent cruellement de références bibliographiques concernant les méthodes de calcul du bilan azoté.

En conclusion, faute d’outils de pilotage précis et face à une forte variabilité climatique, les agriculteurs se tournent majoritairement vers des doses empiriques qui leur permettent de maintenir un équilibre technico-économique satisfaisant.