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Désherber mécaniquement l'interceps

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1. Présentation



Caractérisation de la technique

Description de la technique :

Légende : Désherbage mécanique par un intercep rotatif (Gaviglio C., IFV) Le désherbage mécanique sous le rang en vigne consiste à gérer la flore adventice qui se développe sur le cavaillon par des moyens mécaniques, à l’aide d’outils ayant la capacité à intervenir entre chaque pied de vigne et à s’effacer au passage de chacun d’entre eux.

Quels outils pour quelles actions?

On distingue 3 grandes familles : les lames bineuses, les outils rotatifs et les décavaillonneuses. On y trouve une grande diversité d'outils, qui ont des modes d'action différents sur les adventices à maîtriser (voir tableau récapitulatif) :

  • Débuttage : les charrues décavaillonneuses et des outil rotatifs sont efficaces sur adventices développées. Avec une vitesse de travail de 2 à 3,5 km/h, ils permettent un désherbage efficace et durable par un retournement (décavaillonneuse) ou un déplacement de la terre (outil rotatif). Ils génèrent un déplacement de la terre dans l'inter-rang qui peut être corrigé par un buttage. Les outils rotatifs peuvent cependant accentuer la fragmentation et la dispersion des vivaces!
  • Buttage : les disques émotteurs et crénelés recouvrent les adventices au stade plantule en fissurant et émiettant le sol. Ils réalisent un brassage efficace au niveau du cavaillon mais permettent pas de travailler entre les ceps.
  • Sarclage : les lames cureuses, sarcleuses ou tuilées permettent de sarcler et de travailler avec un angle, offrant un plus grand déplacement de terre qu'une lame bineause. Elles sont efficaces sur les adventices au stade plantule. Elles sont un compromis entre les lames bineuses et les charrues décavaillonneuses.
  • Binage : les lames bineuses ou les outils rotatifs de binage à doigts permettent d'intervenir au stade plantule, avec une vitesse élevée (4 à 6 km/h). Leur efficacité est limitée sur sol compact et en présence d'un volume d'adventices important
  • Désherbage par outils rotatifs à fils, (différent de la tonte) : les désherbeuses à fils permettent de gérer un volume d'adventices important sans travailler le sol car agissant en surface, ce qui permet de limiter l'érosion.

Pour avoir de plus amples détails sur les outils et des comparatif, consultez la brochure Désherbage mécanique de la vigne : choisir ses outils interceps (CUMA Occitanie, 2018) et visitez les chaînes vidéos de l'IFV Sud-Ouest et de la Chambre d'Agriculture de Charente-Maritime pour des démonstrations en image.

Précision sur la technique :

Le désherbage mécanique interceps fait appel à différentes catégories d’outils, qui ont des actions variées. Ils sont à utiliser en alternance et de manière complémentaire pour gérer les déplacements de terre induit par leur usage et selon le moment du cycle végétatif des adventices. Pour exemple, consultez les résultats d'essais menés par l'IFV Sud-Ouest sur les stratégies de désherbage mécanique et un comparatif de différents itinéraires techniques de travail du sol sous le rang (CA Vignoble Champenois). Le choix des outils doit être guidé par l'itinéraire de déserbage envisagé et par des éléments liés à la parcelle : les types d'adventices présents, la présence de cailloux, le dévers, la conformation des ceps dans la parcelle...



Période de mise en œuvre

Sur culture implantée



Echelle spatiale de mise en œuvre

Parcelle Exploitation



Application de la technique à...

Neutre

Tous les types de sols :

Généralisation parfois délicate

Le désherbage par outils rotatifs à fils est adapté à tous les types de sols tandis tous les autres types de déserbage mécanique sont à réaliser sur sol ressuyé. Aussi, le sarclage et le binage sont à privilégier sur sol meuble et le buttage sur sol à tendance argileuse ou limoneuse.

Voir page 8 de la brochure Alternatives au désherbage chimique sous le rang : désherbage mécanique de l'IFV Sud-Ouest.





Neutre

Tous les contextes climatiques :

Généralisation parfois délicate



Le contexte climatique joue beaucoup sur la performance de la technique à différents niveaux : pression des adventices, fenêtres d’interventions disponibles, nombre d’interventions annuelles.





Réglementation

POSITIVE

Il s’agit d’une technique alternative aux herbicides, l’évolution de la réglementation pousse donc vers ce type de solution. L'acquisition d'outils de désherbage mécanique des cultures pérennes fait l'objet d'une fiche CEPP (action n°54 : Désherber les cultures pérennes au moyen d'un outil de désherbage mécanique).



2. Services rendus par la technique



voir +

Régulation et gestion des adventices

Selon l'outil mobilisé, les adventices sont retournées, sectionnées ou arrachées. Attention cependant à la possibilité de dispersion des vivaces. Il n'y a pas de persistance de l’action, qui a une forte dépendance aux conditions pédoclimatiques et aux réglages. Cette technique peut être à combiner avec l'épamprage mécanique. Niveau d'effet : MOYEN si technique utilisée seule, à combiner Indice de confiance : MOYEN

TECHNIQUE(S) COMPLEMENTAIRE(S)

TECHNIQUE(S) INCOMPATIBLE(S)

Pratiquer l'enherbement total en vigne



3. Effets sur la durabilité du système de culture



Critères "environnementaux"

Positif

Effet sur la qualité de l'air :

En augmentation

Le recours au désherbage mécanique permet de limiter ou supprimer l'utilisation d'herbicides, limitant la dérive de produits phytosanitaires. La dérive en application d'herbicides (au sol) reste cependant faible comparativement celle liée à la pulvérisation de produits antifongiques (sur la canopée) par exemple.



Effet sur la qualité de l'eau :

Variable

Le transfert des molécules herbicides est réduit par la limitation ou la suppression de l'utilisation d'herbicides. Cependant le risque vis-à-vis de la turbidité est augmenté car le travail du sol facilite l’érosion.



Négatif

Effet sur la consommation de ressources fossiles :

En augmentation

Les stratégies de désherbage mécanique nécessitent une augmentation du nombre d'interventions (2 à 3 fois plus d’interventions annuelles qu'en désherbage chimique) et avec des puissances de travail plus importantes, augmentant de facto la consommation de carburants.





Critères "agronomiques"

Productivité :

Variable

Le désherbage mécanique affecte naturellement le réseau racinaire superficiel de la vigne qui se développe sans contrainte en l'absence de travail du sol.

Des essais menés par l'IFV ont montré des impacts agronomiques variables suivant le type de travail réalisé et selon les parcelles sur lesquelles cette technique est mise en oeuvre. Les cas les plus graves montraient une baisse de rendement pouvant atteindre 40 % au bout de 3 ans de pratique, ceci pouvant être réversible selon la capacité de la vigne à adapter la distribution de son système racinaire. Dans les cas les plus favorables aucune variation significative du rendement n’est enregistrée. La préparation du vignoble, le réglage des outils et le type d’outil sont les facteurs explicatifs de cette variabilité.

Voir page 18 de la brochure Alternatives au désherbage chimique sous le rang : désherbage mécanique de l'IFV Sud-Ouest.





Fertilité du sol :

Variable

Le type de travail réalisé (profondeur, fréquence des intervention) peut jouer sur les caractéristiques du sol et sur la présence de la faune du sol (vers de terre par exemple). Avec une pratique raisonnable, compte tenu de la faible emprise au sol en termes de surface, la technique ne devrait pas avoir d'impact notable.

Aussi, le risque d'érosion est augmenté par la mise à nu du sol. Il dépend de la pente et du type de travail réalisé.







Critères "économiques"



Négatif

Charges opérationnelles :

En augmentation

La consommation de carburants est plus importante que dans le cas de stratégies chimiques du fait de l'augmentation du nombre d'interventions (2 à 3 fois plus d’interventions annuelles) et avec des puissances de travail plus importantes.



Négatif

Charges de mécanisation :

En augmentation

L’équipement nécessaire peut être assez coûteux : autour de 20 000 €, auxquels il faut ajouter l’entretien, les pièces d’usure et les réparations car le travail est exigeant (beaucoup de vibrations, de contraintes dans le sol, etc.). En fonction de la surface sur laquelle la technique est déployée, les besoins en traction et chauffeur peuvent être démultipliés (ratio 15 ha pour un ensemble tracteur-outil-chauffeur).



Négatif

Marge :

En diminution

Pour un niveau de valorisation identique, la marge est en diminution du fait de l'augmentation des charges opérationnelles et de mécanisation.

Voir page 21 de la brochure Alternatives au désherbage chimique sous le rang : désherbage mécanique de l'IFV Sud-Ouest.







Critères "sociaux"



Négatif

Temps de travail :

En augmentation

Il faut compter 10 h/ha/an pour un désherbage mécanique contre 1h30 à 2 h/ha/an avec un désherbage chimique.







4. Organismes favorisés ou défavorisés



Bioagresseurs favorisés



Bioagresseurs défavorisés



Auxiliaires favorisés



Auxiliaires défavorisés



Accidents climatiques et physiologiques favorisés



Accidents climatiques et physiologiques défavorisés



5. Pour en savoir plus

6. Mots clés



Méthode de contrôle des bioagresseurs :

Lutte physique

Mode d'action :

Atténuation

Type de stratégie vis-à-vis de l'utilisation de pesticides :

Substitution

Annexes

Cette technique est évoquée les exemples de mise en œuvre suivants :


Voir les cultures suivantes :

Pratiques incompatibles


Objectifs ciblés par la pratiques