Sorgho grain

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Production


Le sorgho commun (Sorghum bicolor) est une plante monocotylédone appartenant à la famille des Poaceae (Graminées). Originaire d’Afrique, cette espèce herbacée annuelle peut atteindre 3 mètres de hauteur. Elle est cultivée soit pour ses graines, sous la forme de sorgho grain, soit pour produire du fourrage (sorgho fourrager).

Avec le maïs, le riz, le blé et l’orge, le sorgho fait partie des principales céréales cultivées dans le monde. Il occupe ainsi le cinquième rang mondial en volume de production.

Intérêts de la culture

Intérêts agronomiques

Voici les principaux avantages agronomiques associés à la culture du sorgho grain[1] :

  • Le sorgho présente de faibles besoins en eau : sa capacité à aller chercher les ressources en profondeur dans le sol lui permet de présenter des besoins en eau plus faibles que d’autres céréales comme le maïs,
  • Son rendement progresse grâce au progrès génétique. En France, la moyenne atteignait 61 q/ha en 2021, avec des pics dépassant 100 q/ha. Le rendement du sorgho est près de deux fois inférieur à celui du maïs. Toutefois, lorsque les deux cultures sont conduites sans irrigation, notamment lors des périodes de sécheresse, leurs rendements se rapprochent. Le sorgho peut donc constituer une bonne alternative au maïs dans les régions victimes de la sécheresse, avec des besoins nettement plus faibles en eau et en engrais,
  • Il résiste aux chrysomèles et aux nématodes,
  • Il tolère les principales mycotoxines,
  • La culture nécessite peu d’intrants,
  • Le sorgho dispose de débouchés en alimentation animale, en alimentation humaine et en bioénergie,
  • Il est riche en protéines,
  • La culture du sorgho peut également contribuer à améliorer la fertilité des sols. Au cours de sa croissance, la plante est notamment capable de relarguer des minéraux, dont de l’azote, ce qui lui confère un intérêt dans les rotations[2].

Intérêts économiques

Le sorgho peut être utilisé comme culture alternative afin de diversifier l’assolement.

Sa meilleure résistance à la sécheresse, son faible besoin en eau et en intrants constituent également un intérêt économique pour la culture, notamment dans un contexte de changement climatique[1].

Intérêts agroalimentaire

Le sorgho possède une valeur nutritionnelle importante. Pour 100 g, il apporte 349 kilocalories (kcal), ce qui contribue à prévenir la malnutrition et les carences associées. Les grains contiennent 10,6 % de protéines végétales. Ils sont également naturellement dépourvus de gluten, ce qui présente un intérêt pour l’industrie agroalimentaire. Des farines et des grains certifiés sans gluten sont ainsi disponibles dans des endroits spécialisés dans les allergies alimentaires. Il existe également de la bière certifiée sans gluten à base de sorgho.

Le sorgho contient 3,5 % de lipides, dont la moitié est constituée d’acides linoléiques, précurseurs des omégas 6. Il apporte également 6,7 g de fibres pour 100 g, contribuant ainsi à couvrir la recommandation quotidienne de 30 grammes de fibres.

Le sorgho se caractérise aussi par sa richesse en fer, qui représente 30 % des Apports de Référence. Il contient également des quantités appréciables de potassium, correspondant à 10 % des Apports de Référence, ainsi que de vitamine E, à hauteur de 5 % des Apports Recommandés.

Le sorgho contient aussi des polyphénols qui présentent différents intérêts pour la santé. Ils sont notamment associés à des activités antioxydantes, anti-inflammatoires, antidiabétiques, antiprolifératives et anti-athérogènes.

Le sorgho contient toutefois des facteurs antinutritionnels susceptibles de limiter la digestibilité et/ou l’absorption de certains macro- et micronutriments. Parmi eux figurent :

  • les tanins, qui empêchent l’absorption du fer ;
  • les phytates, qui empêchent l’absorption de certains minéraux ;
  • les glycosides cyanogéniques, qui sont à l’origine de la libération de cyanure[2][3].

Itinéraire technique

Semis et préparation du sol

Le semis du sorgho intervient entre avril et juin. Les graines sont implantées entre 2 et 4 cm de profondeur, avec un espacement de 40 cm entre les pieds et de 30 à 80 cm entre les rangs. L’objectif de peuplement est compris entre 150 000 et 180 000 plantes par hectare. Les semis au-delà de 4 cm ne sont pas conseillés et il est recommandé de resserrer les inters rangs, en particulier pour les fortes densités. Des écartements inférieurs à 60 cm sont à privilégier car ils permettent une meilleure répartition spatiale des plantes.

La graine de sorgho étant de petite taille, et la culture ayant des besoins en température plus élevés que les autres cultures d’été, la préparation du lit de semences doit être particulièrement soignée. Il faut rechercher un bon contact entre le sol et la graine et attendre que le sol soit suffisamment réchauffé, avec une température minimale de 12 °C, afin de favoriser une levée rapide et régulière.

Il est important de soigner la préparation du sol avant le semis du sorgho :

  • Un travail profond à l'aide d'un labour ou d’un outil à dents est à privilégier afin de favoriser un bon enracinement. Lorsque le sol est bien structuré en profondeur, un travail superficiel peut également convenir.
  • Le lit de semences doit être suffisamment régulier et ne pas présenter trop de mottes pour faciliter le contact entre la graine et le sol et obtenir une profondeur de semis homogène. Dans les sols limoneux sensibles à la battance, il faut cependant éviter de réaliser une préparation trop fine, car le sorgho y est sensible.

Au moment du semis du sorgho, il est très important que le sol soit suffisamment frais (ou qu’une pluie soit annoncée). L’utilisation d’un semoir monograine permet une meilleure maîtrise de la densité de semis, une régularité de profondeur et de répartition des semences sur la ligne et permet la réalisation de binages. Il est cependant possible d‘utiliser un semoir à céréales performant (distribution et mise en terre) en fermant un rang sur deux ou deux rangs sur trois[3][4].

Choix de la variété et de la date de semis

Le choix d’une variété précoce est nécessaire pour que la plante fasse son cycle. La variété choisie doit avoir une précocité en accord avec le contexte climatique de la région, en tenant compte des dates de semis et de récolte souhaitées.

Dans les régions du Sud, notamment dans la vallée de la Garonne, en Occitanie et dans la vallée du Rhône, la période optimale de semis peut commencer au plus tôt à partir du 15-20 avril. Elle se poursuit ensuite au cours de la première quinzaine de mai[1][4].

Densité de semis

La densité de semis doit être définie en fonction de plusieurs paramètres : la précocité de la variété, le potentiel de la parcelle et les conditions de semis.

Les variétés les plus précoces présentent un indice foliaire et un nombre de grains par panicule plus faibles. Elles nécessitent donc des densités de peuplement plus importantes que les variétés plus tardives.

La réserve utile du sol doit également être prise en compte. Dans les situations séchantes, une densité trop élevée entraîne une forte production de biomasse. La concurrence entre les plantes intervient alors plus tôt et la réserve en eau s’épuise plus rapidement.

Lorsque le stress hydrique survient précocement, les difficultés d’épiaison sont accentuées. Si le manque d’eau intervient pendant la formation et le remplissage des grains, les risques de verse physiologique et de maladies des bas de tiges, notamment la macrophomina et la fusariose, augmentent.

Dans les situations irriguées ou dans les milieux présentant une forte réserve en eau, des densités plus élevées peuvent être valorisées et permettent de maximiser le rendement. De même, en cas de semis tardif, le nombre de grains par panicule étant toujours plus faible, la densité de semis doit être augmentée.

Le taux de perte à la levée doit enfin être intégré au raisonnement. Dans de bonnes conditions, il est d’environ 20 %. Il peut cependant être supérieur lorsque les conditions d’implantation sont défavorables, par exemple en cas de mauvaise qualité de semis ou de sol froid[4].

Fertilisation

Comme pour le maïs, un engrais starter apporté localement au moment du semis peut favoriser la vigueur du sorgho en début de cycle et contribuer à obtenir une levée homogène. Il peut également être intéressant pour accompagner la lutte contre les ravageurs du sol.

Le phosphore est l’élément principalement concerné par cet apport. Lorsque le semoir est équipé d’un fertiliseur permettant une application localisée, l’engrais starter doit être placé sous la graine et à 4-5 cm de la ligne de semis.

En dehors de cet engrais starter, la culture du sorgho est peu consommatrice en intrants. Elle a surtout besoin d'azote, mais peu de phosphore et de soufre. Les besoins en azote sont de l’ordre de 50 à 100 U/ha[1][4].

Ravageurs et maladies

Le sorgho est généralement considéré comme peu sensible aux maladies et aux ravageurs par rapport à certaines autres cultures d’été. Une surveillance reste néanmoins nécessaire.

Dans les parcelles présentant un risque, les taupins peuvent attaquer le sorgho grain au moment de la levée. La première mesure préventive consiste à réunir les conditions favorables à une levée rapide de la culture. Un traitement du sol localisé au moment du semis peut ensuite être nécessaire.

Aujourd’hui, Belem 0.8MG/Daxol est le seul microgranulé à base de pyréthrénoïdes dont les conditions d’emploi permettent l’utilisation d’un diffuseur. Les autres produits à base de pyréthrénoïdes doivent être incorporés au sol, ce qui n’est pas compatible avec l’utilisation d’un diffuseur.

De nombreux essais réalisés sur maïs ont mis en évidence une efficacité moyenne de 70-75 % lorsque le produit est appliqué avec un diffuseur, contre seulement 30-35 % sans diffuseur. Pour les différents produits évalués, les écarts d’efficacité liés au mode de positionnement des microgranulés sont comparables[4].

La culture de sorgho ne requiert pas l'utilisation de fongicides[5].

Récolte

Les graines se récoltent à l'automne lorsqu'elles sont dures, idéalement avant les gelées. Il faut ensuite les faire sécher et les décortiquer pour enlever le son. Le sorgho est à maturité à partir de 35 % d’humidité du grain. La récolte peut commencer à partir de 25 % d’humidité mais en général elle se réalise autour d'environ 15 ou 16 % d’humidité. Seules les panicules sont récoltées si possible, afin d'éviter d’augmenter l’humidité du grain car les feuilles sont vertes. La récolte se réalise avec une moissonneuse batteuse classique sans équipement spécifique[1][3].

En France, le rendement moyen est de 53 quintaux par hectare.

Sources

Annexes