Visite Jardin des Peltier : Itinéraires techniques (6/6)
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Broyeurs et gestion des branches
Au départ, le matériel utilisé pour broyer les branches était une vieille ensileuse, transformée en « bolide garni », avec un moteur auxiliaire de 110 chevaux, 6 cylindres en ligne. C’était une grosse machine, mais assez vite, la limite est apparue : dès qu’il fallait gérer des volumes importants de branches en les chargeant à la main, cela devenait vraiment très compliqué.
Cette ensileuse avait été achetée pour presque rien, puis réparée et rafistolée de nombreuses fois. Elle a finalement peu servi ensuite, car elle a été remplacée par un gros broyeur loué ponctuellement. Malgré tout, cette ancienne machine a permis de produire environ 800 m³ de broyat, ce qui a suffi pour démarrer le système à faible coût, à une période où l’orientation technique n’était pas encore totalement arrêtée.
L’idée mise en avant est que les ensileuses anciennes peuvent représenter une piste intéressante : ce sont, dans leur principe, des broyeurs à manches. Si l’on trouve une vieille ensileuse qui ne vaut plus grand-chose au fond d’un hangar, cela peut valoir le coup d’essayer d’y passer des branches, au moins pour de petits chantiers.
Matériel de manutention pour les matières organiques
Pour la gestion des matières organiques sur la ferme, un télescopique est emprunté à un céréalier voisin. Cet outil sert pour le compost, les gazons, les feuilles et, plus largement, toutes les manipulations de chargement, déchargement, brassage et transport. À un moment donné, le télescopique devient un outil presque incontournable, notamment pour remplir les andains, remuer les matières ou les déplacer.
L’idée évoquée est que, même sans posséder ce type de machine, la location à la journée pourrait être intéressante. Le coût estimé est d’environ 250 euros par jour. Pour une ferme qui n’en aurait besoin que deux, trois ou quatre jours par an, cela peut rester économiquement pertinent.
Le matériel emprunté est un gros télescopique Manitou, équipé d’un godet céréalier de grande capacité, autour de 4 m³, ce qui permet de manipuler rapidement de gros volumes.
Tracteurs présents sur la ferme
Il n’y a pas de gros tracteur dédié sur la ferme. Les tracteurs disponibles sont de petits modèles anciens, de 35 et 45 chevaux. Quelques aménagements hydrauliques ont été réalisés sur l’un d’eux afin d’obtenir un débit continu et trois prises hydrauliques supplémentaires, avec un montage jugé assez simple à réaliser.
Une fourche sur tracteur est également utilisée, mais il est rappelé que cela n’a rien à voir avec un télescopique : les capacités et le confort d’usage sont sans commune mesure. Le télescopique reste un outil très performant, mais coûteux, et qui n’est pas utilisé assez souvent pour justifier un achat.
Rouleau faca
Parmi le matériel visible, il y a aussi un vieux rouleau cage acheté sur Leboncoin à un éleveur, puis adapté pour faire office de rouleau faca. Pour être efficace, il faut lui ajouter du poids.
Comme il n’y a plus vraiment de couverts végétaux à rouler dans le système actuel, cet outil est aujourd’hui peu utilisé.
Prototype de chasse-débris
Un prototype de chasse-débris a été fabriqué pour repousser la paille sur le rang. Il s’agit d’un châssis de vieux monosem sur lequel a été monté un moteur hydraulique de tondeuse. L’idée est d’entraîner un disque métallique assez lourd, portant des dents de faucheuse mobiles.
Le principe est proche de ce qui avait été montré par Ulrich : dans son cas, deux disques avec une dent au milieu servaient essentiellement à trancher une ligne dans la paille. Ici, l’objectif est différent : il ne s’agit pas seulement de couper, mais aussi de chasser la paille et de la déchiqueter sur environ 5 cm. Pour cela, trois paires de dents ont été montées avec des espacements différents.
Le système fonctionne plutôt correctement, mais il y a encore plusieurs limites :
- la vitesse de rotation n’est pas assez élevée ;
- à faible vitesse, le résultat n’est pas suffisant ;
- la paille évacuée ne sort pas bien du châssis.
L’outil devra donc probablement évoluer, soit en étant monté différemment, soit en changeant le sens de rotation ou la position de travail pour améliorer l’évacuation des résidus.
Piste d’amélioration avec un outil Stihl
Une autre idée testée consiste à partir d’un outil de type « combi système » de chez Stihl. Il s’agit d’un accessoire normalement prévu pour les bordures de chemin, avec une tête d’outil renvoyée à 90° et déjà équipée de petites roues de guidage.
L’objectif serait de remplacer la lame d’origine par un dispositif de type chasse-débris, probablement plus léger que le prototype actuel, afin de tester plusieurs paramètres :
- la forme du dispositif ;
- le poids ;
- l’écartement des dents ;
- le niveau de dangerosité ;
- le comportement général de l’outil en usage manuel.
Dans ce cas, l’idée n’est pas simplement de couper. Le disque métallique actuel travaille « en avalant », c’est-à-dire qu’il projette la paille contre le sol, ce qui la coupe. Le futur système, lui, devrait travailler « en repoussant », ce qui modifierait la manière dont la paille est déplacée.
Les résultats de ces essais sont annoncés comme imminents, et doivent ensuite servir à concevoir soit un système trois rangs, soit une adaptation sur broyeur.
Limites des broyeurs axiaux pour chasser la paille
Une piste envisagée serait de conserver certaines rangées de couteaux sur un broyeur afin de chasser la paille uniquement à l’endroit souhaité. Mais un problème apparaît avec les broyeurs axiaux : si la planche n’est pas parfaitement plate, le milieu sera bien travaillé, tandis que les côtés le seront moins.
C’est pour cette raison que l’idée d’un système à deux rangs est avancée : avec deux rangs, on reste symétrique, ce qui évite le problème d’un rang central situé plus bas que les autres lorsque la planche est asymétrique.
Ancien appareil à dents de faucheuse
Un autre outil est mentionné : une sorte d’ancien appareil rouillé, composé de dents de faucheuse à l’intérieur. Le fonctionnement est le suivant : l’outil prend la paille devant et la rejette derrière.
Le problème rencontré avec ce système est que la paille n’était pas rejetée de manière homogène. Il y avait un important travail de retraitement ou de répartition de la paille derrière, ce qui rendait l’ensemble assez contraignant à l’usage.
Gros broyeur polyvalent
Le gros broyeur actuel, loué selon les besoins, a de nombreux usages. Il permet de broyer à peu près tout : broussailles, végétaux divers, paille, etc. C’est un matériel jugé très solide.
En avançant plus lentement, on peut broyer la paille de façon relativement fine. Il est aussi possible d’y installer des peignes et des couteaux de type hache-paille, prévus à l’origine pour travailler derrière des moissonneuses-batteuses.
Le broyage obtenu dépend beaucoup de plusieurs réglages :
- le régime moteur ;
- la vitesse d’avancement ;
- la vitesse de rotation ;
- le réglage des pales sur la hotte.
Ces pales sont facilement réglables. Elles permettent d’orienter le jet de matière. Par exemple, si l’on souhaite retirer un peu de paille du centre pour en renvoyer davantage dans les passe-pieds, il est possible de modifier l’orientation du flux. Cela permet de jouer sur la répartition et, indirectement, sur la perception de la finesse de broyage.
Ce broyeur est présenté comme un très bon outil. Son principal défaut est son poids : il nécessite de mettre des masses à l’avant du tracteur.
Round-baller pour les bottes de paille
La ferme possède aussi un round-baller pour faire des bottes de paille. La machine a été achetée parce qu’elle ne coûtait vraiment pas cher. Auparavant, les bottes étaient faites par prestation extérieure, mais il est apparu qu’en les réalisant soi-même, la machine pouvait être amortie en deux ans.
Le prix annoncé est de l’ordre de 1 000 euros. Le matériel est ancien, mais pleinement fonctionnel. Pour l’utiliser, un tracteur est emprunté. La puissance nécessaire n’est pas très élevée : il faut surtout disposer des bons distributeurs hydrauliques et d’une hauteur d’attelage adaptée.
Planteuse et chasse-débris motorisé
La planteuse est associée à un chasse-débris motorisé, qui tourne en repoussant, donc dans le sens inverse de la marche. Ce système fonctionne, mais avec une limite importante : il ne peut pas chasser des pailles ou débris trop longs. Il faut donc d’abord réduire la longueur des brins avec un passage de broyeur, puis intervenir avec le chasse-débris. Une fois cette préparation faite, le résultat est décrit comme « absolument nickel ».
Le système permet de travailler sur différents écartements et configurations : carrés, deux rangs, trois rangs, quatre rangs, cinq rangs, ainsi que des plantations à 30 ou 60 cm.
Comme il n’y a qu’un seul élément planteur, le travail en deux rangs impose de passer dans un sens puis dans l’autre. Pour du trois rangs, il faut faire soit les côtés puis le milieu, soit l’inverse. À chaque changement, il faut déplacer les éléments, ce qui prend environ cinq minutes, avec quatre boulons à reprendre.
Coût des éléments de plantation
L’élément de plantation lui-même coûte environ 4 500 euros. Il s’agit de matériel neuf, difficile voire impossible à trouver d’occasion. C’est un point important : le système fonctionne, il est opérationnel, mais son coût reste élevé.
Ensuite, si l’on souhaite ajouter d’autres éléments, il faut compter environ 1 500 euros supplémentaires par élément.
Le point clé est donc le suivant :
- le système de plantation avec chasse-débris fonctionne ;
- en revanche, il faut actuellement raccourcir la paille avant le passage ;
- si un chasse-débris plus rapide et plus efficace est mis au point, cette étape préalable pourrait être supprimée.
Conclusion
La visite montre une approche très pragmatique de l’équipement : beaucoup de récupération, de bricolage, d’essais et d’adaptations successives. L’idée générale n’est pas de disposer d’un parc matériel standardisé ou parfait, mais de trouver des solutions techniques cohérentes avec les besoins réels de la ferme, à coût maîtrisé.
On voit ainsi coexister :
- des machines anciennes remises en état ;
- du matériel emprunté ou loué selon les besoins ;
- des prototypes maison ;
- et quelques investissements ciblés sur des outils jugés vraiment utiles.
L’ensemble illustre bien une logique d’itinéraires techniques construits progressivement, par essais, ajustements et observations de terrain.