Rencontres 2013 : atelier mécanisation - ADABIO & Jardin du temple

De Triple Performance
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Lors de cet atelier des Rencontres 2013, Mathieu présente la démarche portée par l’ADABio, en lien avec des agriculteurs bricoleurs comme Joseph, pour développer l’autoconstruction d’outils agricoles adaptés aux besoins du terrain. L’objectif n’est pas de « souder pour souder », mais bien de mettre la mécanisation au service de l’agronomie, en particulier en agriculture biologique. Depuis 2011, le collectif accompagne des groupes de producteurs, surtout en maraîchage, mais aussi dans d’autres filières, avec des formations, un atelier mobile et des projets collaboratifs, y compris en traction animale. L’intervention met aussi en avant le travail en planches permanentes, expérimenté notamment au Jardin du Temple. Ce système améliore la structure du sol, la portance, la planification du travail et réduit fortement le temps de mécanisation. Enfin, les intervenants évoquent le développement d’outils spécifiques, comme un rouleau Faca adapté aux buttes permanentes et au couchage des engrais verts.

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Résumé
Lors de cet atelier des Rencontres 2013, Mathieu présente la démarche portée par l’ADABio, en lien avec des agriculteurs bricoleurs comme Joseph, pour développer l’autoconstruction d’outils agricoles adaptés aux besoins du terrain. L’objectif n’est pas de « souder pour souder », mais bien de mettre la mécanisation au service de l’agronomie, en particulier en agriculture biologique. Depuis 2011, le collectif accompagne des groupes de producteurs, surtout en maraîchage, mais aussi dans d’autres filières, avec des formations, un atelier mobile et des projets collaboratifs, y compris en traction animale. L’intervention met aussi en avant le travail en planches permanentes, expérimenté notamment au Jardin du Temple. Ce système améliore la structure du sol, la portance, la planification du travail et réduit fortement le temps de mécanisation. Enfin, les intervenants évoquent le développement d’outils spécifiques, comme un rouleau Faca adapté aux buttes permanentes et au couchage des engrais verts.


Présentation de l’atelier

Bonjour, moi c’est Mathieu. Nous sommes venus à deux avec Joseph. Nous sommes agriculteurs : moi en Haute-Savoie, et Joseph sur Grenoble.

L’idée de notre intervention, ce n’est pas de parler de soudure pour la soudure, ni de bricolage pour le plaisir de bricoler. Il s’agit vraiment d’aller dans le sens de l’agronomie. Nous insistons sur notre côté bio, parce que nous sommes issus d’un GAB / groupement qui s’appelle ADABio. Nous avons voulu garder cette filiation, parce que notre objectif n’est pas de partir sur toutes sortes de constructions sans finalité agricole. Le but, c’est vraiment de faire de l’agronomie.

La photo peut être un peu trompeuse, parce qu’on y voit surtout un marteau et de la ferraille, mais ce n’est pas cela l’essentiel : la mécanisation et l’autoconstruction sont ici mises au service des pratiques agronomiques.

Un groupement issu d’ADABio

Nous avons donc un groupement d’agriculteurs issu d’ADABio. Aujourd’hui, c’est une équipe salariée de quatre personnes, avec :

  • des techniciens ;
  • des personnes issues de formations d’ingénieurs ;
  • un responsable administratif ;
  • et une personne chargée de trouver des financements.

La structure existe depuis 2011.

L’idée de départ était de diffuser l’autoconstruction dans les fermes. Par exemple, quand on n’est pas issu du milieu agricole et qu’on ne connaît rien à la soudure, on se retrouve vite dépendant de l’entrepreneur ou du voisin qui facture très cher la moindre petite intervention. L’objectif est donc de faire monter les paysans en compétences.

Développer ensemble des outils appropriés

Le principe est de connecter des agriculteurs entre eux et de développer ensemble des outils appropriés. Nous travaillons avec des paysans intéressés, qui bricolent déjà sur leur ferme. D’ailleurs, si vous connaissez des gens qui bricolent, n’hésitez pas à nous le dire.

Cela va :

Nous travaillons notamment avec une association qui s’appelle L’Atelier Paysan ? [transcription incertaine sur ce passage], ainsi qu’avec des personnes impliquées depuis longtemps en traction animale. Il est aussi fait mention d’une association appelée Hippotèse, qui travaille sur la traction animale depuis une vingtaine d’années. Avec eux, il y a eu co-développement d’outils : nous avons mis à disposition les compétences d’ingénierie, eux avaient des besoins très identifiés sur la traction animale, et cela a permis de développer des outils autoconstruits, moins chers et adaptés.

Des réalisations dans toutes les filières

Le travail concerne potentiellement toutes les filières de production, même si, pour l’instant, l’entrée s’est faite surtout par le maraîchage. Dans les faits, on est presque uniquement avec des maraîchers dans le processus d’animation, mais cela commence à s’ouvrir :

  • un apiculteur a développé un bras pour porter des ruches ;
  • en vigne, certains ont développé d’autres outils spécifiques ;
  • plus largement, cela bricole dans toutes les fermes.

L’idée exprimée est simple : quand on achète du matériel neuf, on a moins besoin de bricoler ; mais dans beaucoup de fermes, les besoins concrets amènent à adapter, transformer ou fabriquer soi-même.

Les groupes de pratique

Les groupes de pratique sont des groupes d’agriculteurs qui se réunissent autour d’un besoin commun.

Un exemple est donné dans l’ouest de la France, où une antenne a été ouverte parce qu’il y avait une forte demande. Là-bas, des céréaliers veulent fabriquer une écimeuse — un outil qui coupe les chardons dépassant des céréales, par exemple. Ce type de machine coûte autour de 15 000 euros dans le commerce. Les agriculteurs se sont donc regroupés en se disant qu’ils allaient essayer de l’autoconstruire, et nous les accompagnons pour cela.

Le principe du groupe de pratique, c’est donc :

  • un besoin identifié ;
  • un collectif d’agriculteurs ;
  • un accompagnement technique ;
  • et un développement d’outil adapté.

Le travail sur les planches permanentes

Un autre groupe de pratique concerne les planches permanentes. Cela fait une quinzaine d’années que des maraîchers se sont réunis autour de cette question. Ils sont allés voir Manfred Wenz [nom restitué à partir de la transcription], puis ont commencé à travailler sur du matériel et des techniques pour appliquer ces principes au maraîchage.

Cela a donné lieu à des travaux menés à la fois :

  • par des producteurs, chacun parfois dans son coin ;
  • par des stations de recherche ;
  • et par des collectifs.

De là sont issus des outils aujourd’hui diffusés, notamment via des :Catégorie:Formations