Rencontres 2013 : atelier apports organiques-Emmanuel Chemineau

De Triple Performance
Aller à :navigation, rechercher

Dans cet atelier des Rencontres 2013, Emmanuel Chemineau présente une approche préventive de protection des cultures fondée sur les apports organiques, les extraits fermentés de plantes et les solutions microbiennes. Il explique l’intérêt des phytostimulants et stimulateurs des défenses naturelles pour renforcer l’équilibre plante-sol et stimuler la vie microbienne. Parmi les plantes utilisées, il cite surtout la consoude, l’ortie, la prêle et la bardane, appliquées en extraits fermentés. Il évoque aussi l’usage de solutions microbiennes de type EM (micro-organismes efficaces), pulvérisées sur le sol et sur la plante. À partir d’essais menés notamment sur tomate, il montre que cette stratégie, intégrée à des pratiques culturales adaptées, permet de limiter les maladies et ravageurs, en particulier le mildiou, tout en réduisant le recours aux traitements curatifs. Une démarche qu’il juge prometteuse pour sécuriser la production.

auto_awesome
Résumé
Dans cet atelier des Rencontres 2013, Emmanuel Chemineau présente une approche préventive de protection des cultures fondée sur les apports organiques, les extraits fermentés de plantes et les solutions microbiennes. Il explique l’intérêt des phytostimulants et stimulateurs des défenses naturelles pour renforcer l’équilibre plante-sol et stimuler la vie microbienne. Parmi les plantes utilisées, il cite surtout la consoude, l’ortie, la prêle et la bardane, appliquées en extraits fermentés. Il évoque aussi l’usage de solutions microbiennes de type EM (micro-organismes efficaces), pulvérisées sur le sol et sur la plante. À partir d’essais menés notamment sur tomate, il montre que cette stratégie, intégrée à des pratiques culturales adaptées, permet de limiter les maladies et ravageurs, en particulier le mildiou, tout en réduisant le recours aux traitements curatifs. Une démarche qu’il juge prometteuse pour sécuriser la production.


Présentation de l’intervention

Bonjour.

L’intervenant explique qu’il va présenter une approche qu’il pratique sur son exploitation, autour de l’utilisation de solutions microbiennes et d’extraits fermentés en lutte préventive. Cette approche est pensée surtout en maraîchage, avec une logique de protection des cultures située en amont des problèmes, et non dans une démarche centrée uniquement sur des interventions curatives.

Il précise qu’il produit pour sa famille et qu’il est également en lien avec le CFPPA. Son propos porte sur des pratiques préventives appliquées notamment sur cultures légumières.

Une approche de protection des cultures en amont

Quand il parle de solutions microbiennes et d’extraits fermentés, il situe cela dans le cadre de la protection des cultures avec des méthodes alternatives à la demande de traitements chimiques.

L’idée générale est de se placer avant l’apparition des problèmes, en recherchant des solutions qui conviennent à l’équilibre entre le sol, la plante et leur environnement biologique.

Dans la littérature, plusieurs appellations existent pour désigner ces produits ou ces pratiques. Il cite notamment :

  • les produits de stimulation ;
  • les phytostimulants ;
  • les stimulateurs de défenses naturelles ;
  • les promoteurs de croissance.

Ces catégories recouvrent des produits ou préparations qui ont un but préventif.

Définitions évoquées

L’intervenant revient sur deux grandes notions.

Les stimulateurs de défenses naturelles

Ils sont présentés comme des intrants capables de déclencher les réactions de défense de la plante.

L’idée est donc de renforcer la capacité de la plante à réagir face aux agressions, plutôt que d’agir uniquement une fois le problème installé.

Les phytostimulants

Ils sont décrits plutôt comme des substances ayant une action de stimulation biologique, soit du sol, soit des fonctions physiologiques de la plante.

Cela rejoint une logique d’accompagnement de la croissance et du fonctionnement de la plante, dans un objectif de prévention.

Des mécanismes encore mal connus

L’intervenant indique que les mécanismes d’action sont souvent difficiles à préciser et restent assez mal connus.

Il semble cependant que l’équilibre du couple plante-sol soit très important, de même que les dispositions physiologiques de la plante. Il insiste sur le fait qu’en travaillant sur le vivant, sur un sol vivant, on agit sur quelque chose de complexe.

Il évoque l’idée qu’en favorisant certaines associations biologiques et en renforçant en quelque sorte le “système immunitaire” de la plante, on peut agir de manière positive sur sa santé.

Les principales plantes utilisées

L’intervenant dit utiliser principalement quatre plantes majeures, bien connues, qui ont toutes selon lui des actions intéressantes sur l’explication ou la stimulation de la flore microbienne du sol et de la végétation, à différents niveaux.

Il cite :

Ces plantes lui paraissent très intéressantes dans un usage préventif.

Les solutions microbiennes

En plus des extraits de plantes, il utilise aussi des solutions microbiennes.

Il cite en particulier les « EM », c’est-à-dire les micro-organismes efficaces. Il les décrit comme un mélange de micro-organismes, avec plus de 80 espèces. Il les présente comme une forme de mélange microbien utilisé pour inoculer le sol et peut-être aussi la plante avec une microflore qu’il considère bénéfique.

Il mentionne également d’autres préparations, notamment à partir de produits animaux, en signalant que ce type de pratiques est surtout connu en Inde. Il évoque aussi, de manière plus générale, des fermentations à base de matières organiques.

Il classe donc les extraits fermentés parmi ces solutions “vivantes”, dans la mesure où elles semblent contribuer à inoculer le sol avec une flore microbiologique active.

Logique d’utilisation

L’objectif de ces pratiques est d’occuper l’espace biologique avec des organismes bénéfiques, afin de laisser moins de place à des organismes pouvant poser problème.

L’intervenant dit utiliser les extraits fermentés à 2 %, en pulvérisation sur le sol et sur la plante. Quand il dit « sur la plante », il parle de la plante entière.

Pour les solutions microbiennes de type EM, l’organisation est similaire, mais avec des doses infiniment plus faibles.

Il insiste sur le fait qu’il raisonne cela dans une logique de prévention.

Exemple d’essai sur tomate

L’intervenant présente ensuite un tableau correspondant à ce qu’il a fait sur tomate au cours de l’année.

Il explique qu’il s’agit d’un dispositif mis en place pour avoir un retour sur ses pratiques.

Le tableau compare :

  • à gauche, 250 pieds de tomates conduits selon son schéma ;
  • à droite, 80 pieds de tomates servant de témoin ou de point de comparaison.

Il indique que :

  • en bleu figurent grosso modo les interventions culturales ;
  • en vert, tout ce qui relève des traitements à but préventif ;
  • en rouge, les opérations à caractère curatif, c’est-à-dire réalisées en cas de maladie ou de ravageurs.

Conduite culturale et mise en place

Dans son schéma classique, après implantation, il commence par des apports ou traitements liés à l’installation de la culture.

Il explique qu’il traite les tomates un certain temps avec des apports de base, puis qu’à partir du moment où il estime que le relais doit être pris, il passe aux renforcements préventifs.

À partir de la plantation sur planche permanente, il met en place ces renforcements de manière relativement systématique.

Les traitements préventifs pratiqués

Les traitements préventifs qu’il a appliqués reposent notamment sur un mélange d’extraits fermentés :

  • ortie à 2 % ;
  • consoude à 2 % ;
  • EM à 1 %.

Il indique qu’il semble y avoir dans la littérature, notamment avec le CTIFL, des éléments montrant un intérêt de l’association entre les extraits fermentés de consoude et d’ortie.

Pour lui, l’association avec les EM est également intéressante. Il considère que ces produits permettent d’occuper l’espace avec des micro-organismes qu’il juge bénéfiques, afin de limiter le développement d’organismes potentiellement nuisibles.

Cette année-là, il dit avoir fait trois traitements de renforcement, soit environ un traitement par mois. Il aurait pu en faire davantage, mais il cherchait déjà à maintenir un niveau de protection suffisant pour éviter les difficultés.

Passage du préventif au curatif

Sur tomate, il indique que les derniers traitements préventifs ont été réalisés à la mi-juin. Ensuite, on passe à des interventions plus curatives, selon les problèmes rencontrés.

Il souligne que, malgré la prévention, la pression des maladies et des ravageurs dépend toujours des conditions de la saison.

Résultats observés

L’un des problèmes récurrents qu’il évoque est l’alternariose.

Il explique qu’en 2012, cette maladie avait pratiquement détruit ses cultures. Depuis qu’il a modifié ses pratiques en mettant en place ces mesures préventives, il observe des effets qu’il juge satisfaisants.

Il précise qu’il y a toujours un peu de maladie, bien sûr, mais que la culture n’est pas détruite et que la production reste largement commercialisable.

Autrement dit, il ne prétend pas supprimer totalement les problèmes, mais il considère qu’il parvient à conserver une production saine et acceptable.

Limites et interventions curatives nécessaires

Il rappelle que les traitements notés en rouge dans son schéma relèvent plutôt du curatif.

Quand la pression est importante, certains produits restent nécessaires. Il cite notamment la bouillie bordelaise, qui lui paraît encore indispensable dans certains cas, en particulier sur tomate et pomme de terre.

Il prend l’exemple d’une parcelle où il avait de l’alternariose, avec des dégâts importants sur tiges, feuilles et fruits. Dans ce genre de situation, il explique qu’on ne peut pas simplement “attendre” : si rien n’est fait, les pertes deviennent importantes.

Son approche préventive n’exclut donc pas totalement des interventions curatives, mais elle vise à en réduire la fréquence ou l’intensité.

Intérêt de l’approche

Ce qu’il retient de cette pratique, c’est qu’elle constitue une manière de renforcer la culture avant l’apparition des problèmes.

Selon lui, les préparations à base de plantes sont intéressantes et prometteuses dans une optique de réduction des traitements.

Il reste prudent sur l’ampleur des résultats, mais il estime que cette voie mérite d’être développée, car elle lui permet déjà de diminuer la nécessité de certaines interventions plus lourdes.

Conclusion

L’intervention présente une approche pratique de protection préventive des cultures, fondée sur :

  • des extraits fermentés de plantes ;
  • des solutions microbiennes de type EM ;
  • une recherche d’équilibre biologique entre le sol, la plante et la microflore.

L’objectif n’est pas de supprimer totalement les maladies ou ravageurs, mais de renforcer les cultures, de limiter les dégâts et de réduire le recours aux traitements curatifs.

À travers l’exemple de la tomate, l’intervenant montre que cette stratégie lui a permis d’obtenir des résultats jugés satisfaisants, notamment face à l’alternariose, avec des cultures mieux préservées et une récolte restant commercialisable.